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Donner le ton | Le personnel de Koldovstoretz

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23/3/2017, 20:53
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31 janvier 1930

Dans le silence hivernal de son nouveau bureau, seul le grattement de la plume au contact du parchemin poussait un râle grave et haché. Il y avait aussi un gémissement étouffé dont la mélodie en arrière fond donnait un sourire, par moment, au directeur de Koldovstoretz. Son écriture était sèche et disgracieuse. Si elle en demeurait lisible, elle n’était pas moins peu naturelle. Depuis sa quatrième année, le droitier qu’il était, avait été privé de l’usage aisé de son bras de préférence, le contraignant à écrire de sa gauche dextre, maladroite. En plus de vingt années, et malgré l’habitude qui s’était installée, cette main demeurait un handicap dont la souffrance était mise sous silence, au moins pour l’honneur de son haut statut. Son bras droit était maintenu contre son corps par une atèle orthopédique d’épaule et recouvert d’une lourde cape, par les ténèbres colorée. On toqua à l’entrée et Nikolaï interrompit son action, relevant ses prunelles d’un bleu azuré, sur l’imposante porte de bois ouvragée puis son attention se porta sur les six membres de la Main Noire qui, avec lui, avaient accompli la volonté de Raspoutine et qui s’effacèrent derrière lui, main sur l’extrémité de leur baguette, en garde. D’un geste sec de la baguette, il fit ouvrir lentement la lourde porte avant que redonner de l’importance à ce qu’il écrivait. Le personnel de l’école serait probablement surpris de le voir lui : c’était bel et bien l’ancien directeur qui les avait invités, dans une réunion devenue traditionnelle avant la rentrée officielle et c’était Nikolaï qui se trouvait assis à sa place comme un aveu annonciateur. Mais que ses professeurs et surveillants ne se fassent pas trop de soucis… Leur ancien directeur n’était pas bien loin…

Le bureau était une pièce circulaire. Sans être vaste, les tableaux qui recouvraient ses murs d’une hauteur peu commune donnaient une impression faussée de l’espace qui s’y trouvait. La cheminée diffusait une lumière dansante que les bougies d’un chandelier accentuaient près du bureau de bois  visiblement trop bien rangé. Achevant sa phrase d’un point impeccable, il reposa la plume avec délicatesse sur la surface boisée. « Entrez, voyons, nous n’allons tout de même pas faire cette réunion sur le pallier. » Ironie doucereuse qui dans sa voix grave transpirait en abondance malgré un visage resté de marbre. Ses yeux clairs se posaient sur le corps professoral, perçant chacun d’eux, un à un, quelques longues secondes en silence d’une legillimancie naturelle. Il était amusant, parfois, de percer les esprits qu’on marquait de surprise. Ce personnel ne s’était pas attendu à le voir, lui, ici. Il s’était encore moins attendu à voir un homme, au dessus d’eux, la tête en bas, comme pendu par les pieds, inerte et dont le sang gouttait de manière régulière au centre de la pièce. Par instant un glapissement étouffé de douleur provenait de cette victime, répandant sur le sol une giclée carmine, marque de l’agonie sadique. Nombreux l’avaient reconnu : il s’agissait de l’ancien directeur. Lorsque tous furent entrés, il se leva, baguette à la main et d’un informulé sort, la porte se refermait. Il contourna son bureau pour se rapprocher de ces nouveaux entrants, port altier, visage fermé dans une expression calme.

« Vous n’êtes pas sans ignorer que Grigori Efimovitch Raspoutine a déclaré en décembre l’état de guerre et pour assurer l’avenir de notre glorieuse nation, il était évident qu’il se tournerait vers nos jeunes sorciers. Je m’en réjouis autant que j’ai été au regret d’apprendre que le directeur de cette école se montrait réfractaire aux mesures indispensables qui concernent Koldovstoretz. » Des mesures bien sombres et radicales dont le personnel de l’école aurait bientôt connaissance. « Malgré d’âpres négociations, il a fait preuve d’une entrave intolérable à la grandeur de notre pays, raison pour laquelle, il a été nécessaire pour la Main Noire d’intervenir et de mettre fin à sa folie hérétique. » Chaque mot était choisi avec le soin d’un homme politique désireux de faire passer des idées claires et fermes. Il ne s’attendait pas à des ripostes : ceux qui le feraient se dénonceraient comme traître.  Ça n’était pas judicieux mais les membre de l’URSA Major étaient des suicidaires dans l’âme. Cela pouvait donc toujours arriver. « J’ai été nommé à la direction de cette école et sauf si ces premières informations appellent à des observations de votre part, je vais pouvoir vous présenter les nouvelles dispositions du règlement intérieur. » Il marqua un silence, pour leur laisser la parole, attentif et son regard était… Bienveillant ?
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25/3/2017, 17:53
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Le léger grincement de la porte de bois ouvragée sembla se faire vile annonciatrice des ignominies qui en ces lieux se terraient, moqueuse dans le salamalec évident de cette imagerie mille fois flouée, mais qui n'aurait pu mieux seoir à la pantomime qui les attendait. Et pendant un bref moment, Ioann ne pu que se demander avec un détachement sensiblement amusé si leur hôte avait décidé de le faire exprès, ou s'il s'agissait là d'une simple mais divertissante coïncidence. Pendant un bref moment seulement, néanmoins, car s'avérant proche de l'ouverture, il fut parmi les premiers à constater que l'homme avachit sur le large bureau laqué n'avait rien de la personnalité qu'ils étaient sensés rencontrer. La constatation lui rendit immédiatement son sérieux, sans que le changement ne s'avéra visible pour un observateur extérieur du fait de l'illisibilité de son expression, maintenue à dessein depuis l'instant où il avait posé le pied dans cette école réputée. Il était pourtant d'un naturel expressif, et seule la situation et une discipline de fer lui avaient offert les moyens de se dédouaner de ces habitudes en la matière, ce qui s'avérait un précieux atout, en particulier au sen de l'assemblée qui se formait. Un bref coup d’œil en arrière lui fit constater que tous ne se dominaient pas aussi bien, certains par sincérité, par probité… et naïveté, d'autres avec, sans doute, des sentiments moins bien apprêtés. Mais en quoi cela le concernait-il, lui, après tout ? Il n'était pas leur objecteur de conscience, encore mois leur garde-fou. Il aurait certes bien assez à faire avec les gosses sans en plus s’embarrasser à veiller sur le personnel.

L'admission tacite fut saisie à la volée, et il pénétra dans l'auguste saint sans même la correction de paraître aussi grave que l'heure ne le nécessitait. A la place et pendant que l'intrus invitait les autres à l'imiter, son regard dépareillé se glissa sur la plume laissée à-même le bois… tututu, voyons qu'était-ce là que ces manières ? Il était bien mûre pour se permettre encore à son âge de telles bavures, sans le moindre jeu de mot. Mains dans les poches, il se contenta néanmoins de poursuivre son inspection des lieux, n'ayant jamais auparavant eut loisir de les observer, et voulant se donner contenance pour la suite de cette mascarade si bien orchestrée. Il en bouillait encore, intérieurement, derrière les arpents lisses et sans défauts de son apparence et de sa discipline, oh oui, il en bouillait, de s'être laissé si stupidement flouer. S'il avait su alors qui était l'ivrogne qu'il avait manqué occire, il aurait certainement décidé de passer outre ses beaux principes, une exception que l'autre n'aurait pas volé ! Hélas, il n'était plus temps de revenir sur ce magnifique raté et de changer ce qui était à présent inscrit dans le passé, fort heureusement, il avait déjà une idée en tête pour se rattraper et garderait l'humiliation pour sa seule personne, pas malheureux d'avoir agit seul en cette soirée. Il suffisait de prendre son mal en patience et de ne rien laisser au hasard, à commencer par l'image qu'il lui fallait cultiver. Ça, c'était un jeu qu'il connaissait, tout le reste e découlerait lentement au cours de cette année où il devrait serrer les dents.

Joie et bonheur…

Pour le directeur si aimablement remercier également, semblait-il, maintenant qu'il le remarquait. Et bien oui, il ne l'avait pas vu, jusqu'à ce que ses yeux se posent sur la forme outragée, mais il fallait bien lui concéder que ce n'était ni le premier ni le dernier gisant auquel il serait confronté. Ce qui ne l'empêchait nullement d'adresser de silencieuses excuses au martyre ainsi exposé. Pauvre homme, vraiment, lui dont la réputation avait été de celles qu'il respectait, cette fin n'était pas digne de lui, ni de personne, à bien y regarder. Quel genre de malade mental sadique pouvait bien infliger ça à son prochain ? Un membre de la main noire, certes mais tout de même ! « Demain, on en viendra à brûler des juifs dans des fours... » fit-il, pensif et d'une voix légère, plus pour lui-même que pour qui que ce soit d'autre. Il ne pouvait guère s'empêcher de commenter, parfois, en particulier si cela l'empêchait de se montrer plus acerbe que recommandé. Son regard s'abaissa de la forme à l'agonie jusque sur le bois magnifique du plancher, à présent profondément souillé de purpurin violé. Faisant un moment abstraction de la scène, de sa compagnie et de tous les enjeux qui s'attachaient à cet espace et à cette présence, le dernier héritier des Romanov examina avec soin le sol, avec une pensée silencieuse, égale à celle qu'il dédiait au futur trépassé. Pendant une poignée de minutes, rien d'autre n'eut d'importance que cette saugrenue constatation…

« Vous auriez pu mettre une bâche au-dessus du sol tout de même… Je ne sais pas si un sortilège suffira à rattraper le bois. Un parquet centenaire comme ça, c'est aussi délicat qu'une jeune fille de bonne famille »

Le silence de mort et la gêne qui s'ensuivit lui indiquèrent à loisir que quelque chose dans son intervention, dans son agencement au reste de la scène, tombait fort mal. Relevant enfin les yeux, il constata, un peu à retardement, qu'il venait sans doute d'énoncer ses pensées piles au moment où le nouveau directeur attendait une réaction de leur part. Son regard, égal, passa du faciès mangé par une barbe noire fournie à ceux de ses nouveaux collègues, le laissant croiser le regard de Caelan un bref instant, avant qu'il ne reporte son attention sur l'acteur principal de cette scène qui venait certainement de perdre un peu de son macabre, au moins pour lui...
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Né(e) il y a : 36 ans
, à : Moscou.
, mes proches me surnomment : Professeur, Monsieur, ou simplement Lazar pour les amis et intimes
et pensent que je ressemble à : Luke Evans.
Actuellement je suis : Célibataire.
J'ai fait des études : Archéologie Magique
, aujourd'hui je travaille en tant : Professeur de DCFM à Koldovstoretz
Sans le cacher je soutiens : non défini
J'ai rédigé : 297
parchemins, et récolté : 275
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : LΛZΛRE (avatar), Asshai (gif sign.), northern lights (code sign.).
Ma baguette est faite en : Bois de Palado, 36 cm, écaille de Zmey, le mot вампир est gravé sur le bois et un rubis est incrusté sur son pommeau.
Mon niveau de combat est : 3.


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http://koldovstoretz.forumactif.com/t99-confessions-d-un-vampire
27/3/2017, 20:14
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Le personnel de Koldovstoretz
" Accoutumons-nous à considérer la mort comme une forme de vie que nous ne comprenons pas encore. Apprenons à la voir du même oeil que la naissance. Il est tout à fait raisonnable et légitime de se persuader que la tombe n'est pas plus redoutable que le berceau. " Maurice Maeterlinck

Cela sera ma cinquième année scolaire, la cinquième que je passerais enchaîné à ce poste de professeur, à ce bureau dans cette salle quelque peu humide, et à voir comment les choses se passent dans le monde magique Russe, je me dis que je risque d'y rester encore un moment. Plus question les virées pour faire des fouilles à l'étranger, ils ne me laisseraient jamais revenir, et je ne suis même pas sûr qu'on me laisse partir d'ailleurs, si les frontières sont si fermées, ça doit probablement se faire dans les deux sans. C'est triste, ce genre de situation m'attriste beaucoup parce que c'est se fermer au monde et à tout ce qu'il pourrait nous apporter. Si cela avait été par simple peur encore, je n'aurais pas été aussi amer, mais le fait que ce soit par pure discrimination gratuite, pour préserver le sang sorcier, pour propulser la Russie magique au sommet, non, ces idéaux, je ne les reconnais pas et je ne me reconnais pas dedans.

Certes je suis légèrement amer de ne pouvoir continuer le travail que j'avais choisis de faire à la base, mais je me complet quand même dans celui de professeur, il faut l'admettre. Je ne suis pas engagé, je suis juste les événements d'un œil pour pouvoir voir venir l'embrouille si jamais elle se présente. J'ai surtout peur pour mon père, j'ai peur que le gouvernement ne veuille revenir sur les lois s'appliquant aux êtres magiques, peur qu'il n'en souffre. Si d'aventure nos vies devaient être menacées, je sais que nous pourrions toujours nous réfugiés dans une grotte dans les Carpates, celle où mon grand-père résidait avant son grand saut vers l'autre côté. Mais cela me ferais beaucoup de mal de laisser derrière moi tous ceux que j'aime tous ceux à qui je tiens et qui eux risqueront leurs vies. Je suis un vampire, du moins en partie, je vivrais plus vieux qu'ils ne le feront, alors pourquoi je me suis embarrassé de tous ces sentiments, c'était stupide, même si je sais que je n'ai jamais pu le contrôler. Je me suis attaché à certaines personnes, des personnes que je ne veux pas perdre, c'est triste puisque cela arrivera inéluctablement un jour.

Comme je le disais, cela sera ma cinquième année en tant que professeur et comme à chaque fois, nous sommes convoqués dans le bureau du directeur avant la rentrée pour pouvoir faire un petit point, un débrief du passé et de la situation à venir. C'est un peu les mains dans les poches que je me dirige vers les immenses portes ouvragées qui ornent magnifiquement l'entrée du bureau. J'y retrouve Caelan, comme toujours je lui fait un petit signe tout en avançant vers lui. C'est plutôt plaisant de travailler avec un de ses meilleurs amis, même si ces derniers temps n'ont pas étés faciles à vivre. " On se boit un café ensemble ensuite, comme d'habitude ? " C'est plus pour la forme que je pose la question parce que c'est ce qu'on fait toujours, c'est devenu comme un petit rituel et puis on ne dit jamais non à un café entre amis pour se détendre avant le rush de la rentrée.

La porte s'ouvre devant nous tandis que je regarde d'un coup d’œil discret le reste de mes collègues, il semble que le nouveau surveillant ai aussi été convié, je l'ai croisé vaguement quand il est venu prendre son poste auprès du directeur quelques temps plus tôt, je passais ranger quelque peu ma classe que j'avais laissé légèrement en désordre avec la flemme typique de la fin d'année. Mais ce fut le choc qui me stoppa net une fois le pas de la porte passé. L'ancien directeur, celui là même qui m'avait demandé quelques années plus tôt de lui rendre un service et de remplacer un professeur provisoirement absent pendant tête en bas au milieu de la salle. Du sang coulait le long de son corps et tombait en de petits clapotis sur le parquet. Cette vision me glaça jusqu'au sang, cet homme je l'apprécie, ce n'est pas un ami mais j'ai beaucoup de respect pour lui et le voila pendu comme un jambon, juste là pour nous faire comprendre que les choses allaient changer à partir de cet instant. *Et merde* Réaction totalement sincère, heureusement que ces mots ne passèrent pas la barrière de mes lèvres parce que l'homme qui se tient devant nous et occupe la place du directeur, je le connais, du moins je reconnais son visage et il n'a pas une réputation d'enfant de cœur. Ça y est, c'est le début de la fin de notre vie paisible à l'école, la Main Noire a prit possession des lieux. J'essaye comme je peux de reprendre mes moyens, après tout j'ai déjà vu pire mais c'est sûrement le fait que ce soit là, chez moi que ça se passe qui me rend la chose moins facile à avaler. Un dernier regard sur l'ancien directeur, la pitié peu se lire sur mon visage, je suis désolé pour lui, il aura défendu ses idéaux mais il a perdu. Retrouvant quelque peu ma neutralité toute vampiresque, je redirige mon regard vers le nouveau directeur, puisque je suppose que c'est son titre à présent. Je remet mes mains dans mes poches et tente de regagner complètement le contrôle de mon cœur qui bat bien trop fort à mon goût. Je m'attends un peu à tout, je me demande juste ce qui va changer, parce que c'est sur et certain maintenant, les choses vont changer ici.
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Life is an eternal quest
Nul homme ne sait, tant qu'il n'a pas souffert de la nuit, à quel point l'aube peut être chère et douce au cœur. (⚡️) Bram Stoker Dracula
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1/4/2017, 01:23
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With blood on our hands and dirt on our knees, we tear at the ones who brought the disease.

La réunion de pré-rentrée. L’un des rares moments où tout le personnel de l’école se trouve réuni sans les élèves et étudiants. L’occasion de revoir chaque collègue, du plus discret au plus extraverti, du plus apprécié au plus désagréable, de découvrir de nouveaux visages et de se projeter pour l’année prochaine. Svetlana toute pimpante se rendait d’un pas sautillant vers le bureau du directeur. Elle gratifiait d’un sourire tout ceux qu’elle croisait. Certes certains avaient le droit à un sourire plus large et sincère encore mais qu’importe ce genre de réunion la mettait toujours de bonne humeur. Le goût d’apprendre avait commencé entre ses murs et ne la quittait plus. A chaque rentrée elle éprouvait la même excitation qu’à son premier jour. Tout juste quatorze ans, impatiente de découvrir la couleur de son parchemin. L’ambre. Yantarnyy.  Le dragon. Le père approuvant d’un signe de tête. A l’époque cela avait de l’importance. La joie de découvrir ses manuels. Sentir l’odeur des livres neufs ou usés, retrouver des marques-pages oubliés avec toutes sortes d’annotations.

La quasi-totalité du personnel attendait devant le bureau du directeur. Lazar se tenait près des portes et Svetlana fut tentée de le rejoindre mais elle le vit en compagnie d’un autre collègue. C’était mieux ainsi. Elle se rappelait trop bien l’attitude distante qu’il avait adopté ces derniers temps. Il voulait respirer. Tant pis. Ce n’était pas la première fois que l’on se détournait d’elle. Ce serait pénible les premiers jours puis elle s’y habituerait. L’être humain s’habitue à tout parait-il. Les portes s’ouvrirent. Bien qu’elle fut enseignante ce n’était pas un lieu dont elle foulait le sol tous les jours. Elle prit donc le temps d’observer les différents tableaux aux murs, s’attardant comme à chaque fois qu’elle le pouvait sur ceux représentants les différentes écoles de magie, Poudlard, Durmstrang, Beauxbâtons, Ilvermorny, Mahoutokoro… A cette période de l’année la plupart des autres écoles étaient déjà ouvertes. Leur collègue faisaient peut-être même classe à cette heure. Alors que la jeune femme levait la tête pour admirer le plafond de cinq mètres de hauteur – dimensions peu banales avouons-le – elle fut frappée d’effroi. Cela ne pouvait être possible. Ses yeux lui jouaient des tours. Le directeur flottait au dessus d’eux, la tête en bas, son sang se répandant sur le sol. Elle était incapable de dire s’il était vivant ou non. Comme pour lui répondre il émit un gémissement qui eu pour effet de déverser une autre giclée de sang.

Svetlana plaqua une main contre sa bouche. Elle chercha parmi l’assemblée un soutien quelconque. Rien. Pas même un regard. Tous les yeux étaient tournés vers celui qui se tenait au bureau de leur supérieur. Le fils de l’ancien Ministre de la Magie Sergueï Ivanov. Membre connu de la Main Noire.  Voilà donc leur manière d’agir. Égorger et pendre par les pieds celui qui ne pense pas comme eux. Que pouvait-on attendre d’une groupe qui avait assassiné la famille impériale et le ministre après tout ? Et il osait parler de grandeur et dépeindre le directeur comme un fanatique. Mais qui agissait comme un fanatique en ce moment ? La stupeur laissait place à l’incompréhension. Pourquoi ? Pourquoi en arriver aussi rapidement à une telle violence ? Pauvre directeur. Svetlana osa un nouveau regard vers le corps en lévitation. Elle voulait agir mais elle ignorait comment. Sa réflexion fut brève. Prendre la place du directeur ? Après lui avoir infligé pareille souffrance ? Pure provocation. Qu’espérait-il ? Que l’on crie le directeur est mort, vive le directeur ? Jusqu’à maintenant elle était restée officiellement neutre malgré son horreur pour le meurtre des Romanov. Mais torturer le directeur sous ses yeux… Une voix s’éleva, brisant le silence. Pas la sienne hélas. Une autre. Celle d’un homme qu’elle ne connaissait pas. Il se plaignait du sang qui abîmait le parquet. Ce n’était pas vraiment ce qu’elle espérait mais au moins quelqu’un avait ouvert la bouche. Si seulement elle pouvait être aussi à l’aise pour exprimer ses opinions. Elle se sentait incapable de l’imiter ou même de simplement l’approuver à voix haute même si l’état du parquet était le cadet de ses soucis. Muette. Immobile. Inutile.
   
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2/4/2017, 20:39
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Ce jour de pré-rentrée se révélait être l'un de ces rares moments où ils venaient à tous se croiser en dehors des repas ou encore de la Cérémonie de répartition des nouveaux élèves. Plus encore, il s'agissait d'une des seules fois où l'on verra le Professeur O'Reilly autrement qu'en coup de vent. Depuis la mort de sa fille, l'Irlandais s'était refermé sur lui-même et n'abordait plus réellement son entourage, que ce soit celui de Koldovstoretz ou celui social avec ses anciens clubs et soirées mondaines, si ce n'était pas pure obligation ou impératif. Il dormait carrément dans la première de ses serres, ayant dressé un paravent pour offrir un peu d'intimité au lit de camp qui lui servait grossièrement de chambre. Le souvenir de sa demeure, en ville, lui donnait des sueurs froides alors que le souvenir des moments heureux de jadis hantaient l'endroit au travers de ses yeux usés par le chagrin. Habillé en « civil » puisque les portes de l'école étaient encore closes, il ne portait qu'une chemise blanche aux manches proprement repliées jusqu'aux coudes, son gilet à trois boutons croisés ainsi qu'un pantalon droit aux ourlets pincés servant le reste de sa tenue. Sa veste et son manteau reposaient dans la salle des professeurs, n'ayant pas à s'en encombrer puisque les couloirs étaient chauffés par magie. Il portait encore à son annuaire gauche sa bague de mariage, n'ayant pu se résoudre à l'enlever quand bien même une année s'était presque écoulée depuis le décès de son épouse.

Le visage mangé d'une barbe parfaitement entretenue, ses traits restaient de marbre alors qu'il rendait les salutation avec une courtoisie impeccable. L'approche de Lazar lui arracha cependant un sourire et il lui serra la main avec affection, puis calqua le rythme de ses grandes enjambées sur les siennes, ne voulant pas le distancer et profitant des quelques instants qu'il leur restait pour taper la conversation. Bien entendu, il accepta de prendre le café avec son ami et lui proposa même de goûter aux grains fraîchement importés des îles, qu'il avait reçu lors des fêtes. L'un des nombreux avantages à être du monde sorcier, c'est que les douanes moldues ne s'appliquaient pas à leur commerce ! Il pouvait ainsi profiter de toutes les merveilles des Étas-Unis, des îles britanniques ou encore des Indes sans avoir à suer d'inquiétude à chaque commande. Devenu silencieux à l'approche des doubles portes qui constituaient le bureau du Directeur, Caelan palpa l'intérieur de son gilet pour être sûr d'avoir sa boite à cigarettes ainsi que son paquet d'allumettes. Les portes s'ouvrirent alors qu'il se glissait avec ses collègues sur le seuil et il lui fallu quelques secondes pour assimiler ce qu'il se révélait à eux tous. Un froid lui saisit les tripes alors qu'un frisson naissait de sa nuque pour tomber à ses reins, faisant se hérisser ses poils autant que ses cheveux.

La forme brisée et agonisante du Directeur flottait dans les airs, le malheureux avait la tête vers le bas et le corps marqué de profondes coupures. Il gargouillait des râles, visiblement inconscient tandis que son sang gouttait sur le parquet pour former une large flaque poisseuse, parsemée de quelques bulles rosâtres. Pris d'un haut-le-coeur, Caelan songea bêtement que même le sort Tergeo ne parviendrait probablement pas à nettoyer ce merdier une fois la petite séance de spectacle achevée. Il fallu plusieurs secondes à l'Irlandais pour se défaire de la vision macabre et venir observer les silhouettes de sorciers qui flanquaient le bureau du nouveau Directeur. Plissant des paupières, il ne manqua pas à l'homme de reconnaître le responsable de toute cette mascarade. Nikolaï S. Ivanov. Bien entendu... ça ne l'étonnait même pas de le voir ici, à se régaler de leur réactions. Avec un froncement de sourcils, il vint à sortir sa bague de tabac et se roula une cigarette avant de la glisser entre ses lèvres, puis de craquer une allumette et d'aspirer les premières bouffées riches et salvatrices de nicotine. Les yeux clos encore un moment, il ne pu s'empêcher de sourire lorsque le nouveau surveillant de Koldovstoretz glissa tout haut ce qu'il pensait tout bas, permettant de détendre Caelan qui haussa légèrement des épaules. Si la tâche persistait, il suffira de mettre un tapis, se dit-il avec une ironie noire et acide.

« - Vraiment... si cela est la nouvelle politique de retraite de notre leader bien aimé, je crois que j'aimerai revoir les closes de mon contrat... Directeur Ivanov. »

Enfin, il plongea son regard dans le sien et haussa un sourcil vaguement incrédule avant qu'il ne revienne sur la silhouette pitoyable d'un homme qui, au cour de la dernière décennie, était devenu un de ses rares amis. Oh il ne pouvait pas étouffer la colère et la tristesse qu'il éprouvait à sa vue, mais que pouvait-il réellement changer ? Il était à l'agonie et des soins urgents seraient probablement inévitables, mais l'irlandais doutait grandement que la Main Noire n'envoie ce vieil homme à l'hôpital par charité. Son sort était scellé, condamné à mourir d'une lente torture, simplement pour une divergence d'idées politiques. Il soupira, puis fronça les sourcils et gronda alors qu'il réalisait, aux autres réactions qui accompagnaient leur découverte, qu'ils n'étaient pas seuls dans le bureau.

« - Sur une note plus sérieuse, Sir Ivanov. Nous avons des femmes ici, il n'était pas nécessaire de risquer l'hystérie en leur montrant pareil spectacle... »

Malgré le paternalisme de ses propos, il ne s'agissait pas réellement d'une attaque précise envers la gente féminine, ce n'était que le fruit de son éducation au milieu de ce siècle prodigieux. A une époque où les femmes n'avaient pas encore le droit de vote dans tous les pays dits civilisés, où nombre d'entre elles n'étaient éduquées qu'en vue de tenir une maison et produire des héritiers pour leurs familles, il lui était naturel de penser que leurs esprits n'étaient guère construits pour contempler telles horreurs. Cigarette aux coins des lèvres, il regarda par dessus son épaule et avisa la pâleur inquiétante de la jeune Svetlana et fronça les sourcils avant de l'approcher pour lui offrir son bras en soutient galant et soucieux. Il se pencha légèrement vers elle, veillant à ne pas l'incommoder par la fumée du tabac et lui demanda d'une voix basse si elle désirait s'asseoir et si elle avait besoin d'un verre pour se remettre de ses émotions. Une liqueur, sucrée mais forte, saurait très bien convenir à une jeune demoiselle et pourrait l'aider à surmonter le choc qu'elle vivait actuellement.
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3/4/2017, 21:29
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Charmants. Ils étaient tous charmants dans leur singularité ébranlée à ce qu’il leur exposait. Ses mires azurées contemplaient leurs visages graves, leurs yeux à la lueur soudain troublée, comme une bougie sur laquelle on soufflait sans l’éteindre. La flamme vacillait, tremblotait telle une feuille rousse au vent impitoyable d’automne ; ainsi avait-elle fait son temps et devait laisser place aux ténèbres d’un hiver violent. Nikolaï se faisait saison stérile aux bras de glace, grinçant de son souffle givré les chaumières restées bien trop longtemps à l’abri, si bien dorlotés, dans un cocon de plumes blanches et de miel ambré. La Main Noire s’était emparée de l’école en cet instant, là où l’avenir basculait pour les jeunes générations. Ces si précieux joyaux des lendemains de leur mère patrie venaient d’entrer au creux de sa poigne de fer. Ainsi en avait décidé leur leader.

Penchant la tête lentement sur le côté, il posa ses prunelles sur Lazar, sondant son esprit sans y être invité pour y prendre les souvenirs qui l’intéressaient autant que le flot actuel de ses pensées. Croyait-il ne pas avoir parlé ? Nikolaï l’entendait comme à des mots de vive voix prononcés. L’ancien directeur avait joué et il avait perdu à la roulette russe, la balle s’était logée dans ses idéaux à jamais. Le vampire ne l’inquiétait pas. Ses yeux s’orientèrent vers la professeur en proie à quelques paniques. Il savourait sa détresse, sa fragile sensation de peur. Et s’il faisait ‘bouh’, elle partait en courant ? Ah les femmes… Pauvres créaturelles démunies face à l’adversité, pour elle il n’avait que de la pitié de grand seigneur. Il la surveillerait de près. Nikolaï emboîta son regard dans celui de l’irlandais, celui-là même qu’il avait côtoyé bien des années avec l’écœurement qu’il vouait aux étrangers, surtout lorsqu’il traînait un peu trop près des demoiselles au sang-pur. A ses pensées au sujet du parquet, il eut presque envie de rouler des yeux, il ne s’attendait pas à ce qu’un autre idiot vienne s’étendre sur cette préoccupation de vive voix.

Ses prunelles acérés comme des larmes d’acier s’orientèrent sur le pragmatique nouveau surveillant dont les pensées lui demeuraient inaccessibles. Nikolaï n’aimait pas les occulumens. Ils étaient trop incertains à ses yeux, trop suspicieux. Et celui-ci en particulier avait déjà croisé sa route. Ses traits se détendait en reconnaissant ce camarade de soirée qui l’avait aimablement raccompagné chez lui il y a quelques jours. Un bon garçon. Son attention bifurqua de nouveau sur le professeur irlandais qui s’exprimait. Un rictus acerbe arqua le coin de ses lèvres alors qu’il répliquait avec une douceur galante qui cachait sans nul doute un coup de couteau en traître : « Pardonnez-moi, Caelan. Je vous en prie, asseyez-la. » D’un geste de la baguette, il rapprochait une chaise qui grinça sur le parquet à son déplacement. « Vous êtes assurément bien plus habile que moi pour prendre soin des femmes. C’est certain. » Elle était là, la lame remuée dans la plaie. L’irlandais n’était-il pas récemment veuf alors que le russe faisait porter à son épouse son quatrième enfant ? De l’ironie doucereuse. Et servie avec les compliments de la maison.

« Je crains néanmoins que ces situations soient courantes à présent. Les ennemis de la Russie envahissent nos rues et préparent sa destruction. Notre leader a été ferme dans sa volonté de protéger la population. Le sang de nos opposants risque de souiller bien plus que mon parquet. Aussi vaut-il mieux que Madame s’endurcisse dans mon bureau plutôt qu’elle ne perde ses moyens avec la charge de nos enfants sur ses épaules. » Il se mordit la lèvre inférieure en posant son regard sur la femme avant d’ajouter : « Si vous ne vous sentez pas prompte à assumer vos responsabilités dans ses évolutions inhérentes à notre état de guerre, Svetlana Nikolaïevna, j’attends votre démission sur mon bureau. » Il poussa un soupir, considérant cette problématique comme définitivement résolue. Ses mires se baissèrent sur la flaque de sang dont la surface carmine était perturbée de goutte s’y échouant de façon régulière. Et même de plus en plus lentement. Il éleva les yeux sur la silhouette qu’il maintenait en lévitation inconfortable, penchant la tête sur le côté, observant en silence plusieurs secondes le spectacle.

« Bien. » reprit-il. « Puisque vos uniques problématiques concernent la souillure d’une femme et les états d’âmes de mon parquet…. » Ou l’inverse. Homme politique qu’il était, c’était une boutade volontaire. Une fausse trahison d’un lapsus : pour Nikolaï, c’était au même niveau de désintérêt. Quant à la retraite… Caelan n’avait rien à craindre s’il entrait dans le rang. Il n’avait pas besoin de le signaler, c’était entendu implicitement par son silence sur le sujet. « Voici les principaux changements qui vont rythmer cette nouvelle année. » Lentement, Nikolaï se retira jusqu’à son bureau pour s’y asseoir. Sa démarche était sereine. Trop sereine pour quelqu’un de visiblement dérangé.

« La défense de notre pays réclame que nos jeunes sorciers y soient préparés. C’est la raison pour laquelle nos élèves de septième année et ceux en formation professionnelle auront l’immense fierté de soutenir la Russie dans un service militaire obligatoire. » Il marqua une pause, les mirant solennellement avant de poursuivre : « Nos étudiants devront être préparés à venir en soutènement de leur plus jeunes camarades si l’état de guerre venait à le nécessiter. A cette effet, ils seront tous formés en conséquence. » La magie noire, les sortilèges impardonnables. Il aurait aimé être élève, là, maintenant. Cela lui aurait évité des années au ministère et dans la bibliothèque à glaner des informations sur les sciences occultes. « Aucun renégat n’est autorisé à établir ses activités terroristes dans mon école. Je vous invite à les détourner de leurs projets… Avec une sévérité exemplaire. » Il détachait chacun des mots avec une profondeur meurtrière. « Tout laxisme de votre part me conduirait à craindre votre complicité. »

Nikolaï poussa un soupir, à nouveau, et orienta sa baguette sur la flaque de sang qui remonta à son propriétaire pour pénétrer son corps déjà meurtri. L’ancien directeur poussa un hurlement de douleur qui bien qu’intense ne faisait qu’approcher le savoureux doloris sans l’atteindre. Le pourpre liquide retournait aux veines, au cœur, à ces plaies béantes, tel un sablier qu’il retournait pour que le temps s’écoule encore et encore. La torture pouvait durer ainsi encore si longtemps… « Et je ne saurais que trop vous conseiller de ne pas avoir à passer entre mes mains... »
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5/4/2017, 17:45
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Ninel n'était pas professeur depuis assez longtemps pour connaitre tous les us et coutumes d'une rentrée scolaire, mais cette convocation au pied levé lui semblait contre toutes les convenances. A peine avait-elle eu le temps ce matin de faire déjeuner ses garçons et de se préparer pour partir qu'un hibou l'avait convié à une réunion de crise. Déja ? Pensa-t-elle intérieurement. Une petite voix lui disait que tout ceci avait un rapport avec la grande agitation qui transperçait son mari depuis plusieurs jours.

Préparée, les cheveux légèrement mouillés encore - attention au coup de froid - la jeune professeur arriva à l'heure à l'école, montant les escaliers sans trop souffrir, vétue d'une longue robe noire seyante et de chaussures aux semelles de phoque très confortables. Entrant à la suite de ses collègues avec un sourire et un signe de tête, elle ne remarqua presque rien au cours des quelques secondes qu'elle mit à se défaire de son manteau de fourrure. La voix leur adressant la parole lui fit relever les yeux avec étonnement, et elle resta muette, interdite, devant cet homme qui s'arrogeait la place. Où était le directeur, que se passait-il ?!

Choquée, elle resta les yeux fixés sur cet Ivanov, un de plus, jusqu'à remarquer les gouttes de sang tombant du plafond. Un cri d'effroi silencieux la parcourut lorsqu'elle leva la tête, comprenant enfin le drame qui s'était joué ce matin. Oh, l'infame, le maudit ! Un homme si bon ! La colère s'empara d'elle, puis disparut tout aussi soudainement, alors qu'elle s'accrochait au bras de l'homme le plus proche d'elle, prise d'une nausée subite. La tête lui tournait, les oreilles sifflaient ; la voilà qui faisait un malaise.

"Je... veuillez m'excuser." Un murmure à peine audible, elle qui se trouvait d'un coup bien en peine de reconnaître son collègue. Apercevant une chaise, elle s'y laissa glisser, chancelante, sans attendre l'autorisation, avant de remarquer qu'elle s'était ainsi rapprochée de la victime, et de blémir. Les paroles de l'assassin la transpercèrent un peu plus, et elle tressaillit, les mains agrippées aux accoudoirs de son siège pour ne pas se laisser aller à vomir. Une armée.. voilà à quoi il destinait leurs enfants ? "Formés ? Je crains ne pas saisir votre propos, Monsieur." Formés à quoi ? A tuer ? A secourir ? Le souffle court, le coeur au bord des lèvres, Ninel ne pensait soudainement plus à rien qu'à son bébé et au fait qu'elle avait choisi une bien mauvaise période pour l'amener dans ce monde.
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7/4/2017, 20:41
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Parlera, parlera pas, parlera, parlera pas… Serait-il donc le seul à s'exprimer, sur l'état du parquet ou sur quoi que ce soit d'autre ? De toute évidence, ce serait le cas, quel dommage, il n'y en avait donc aucun pour avoir un peu de cran, ou simplement des manières, pour ne pas laisser le silence s'égrener et l'inconfort s'installer, prendre racines plus que de raison. Déjà dépité, Pavel plissa sensiblement les yeux, et ne fut soutenu que par l'intervention de Caelan, aussi assumée que la sienne et qui, immanquablement, lui plaisait. Oui, effectivement, les conditions de retraite n'étaient idéales, et un peu trop définitives à son goût, mais il ne s'en inquiétait pas pour autant, se promettant d'appliquer les mêmes aux membres de la main noire si son camp parvenait à venir à bout de l'oppression de Raspoutine. La lueur de ses yeux dépareillés se fit méprisante pendant quelques instants, presque hautaine tant ce silence le rebutait… Allons, ce n'était certainement pas le premier meurtre perpétré ici, et encore moins le premier pour lequel ils étaient prit à témoins. Quoi que pour ces dames, c'était certainement le cas, pauvres petites créatures délicates qu'elles étaient, à qui l'on cachait beaucoup des horreurs de ce monde, simplement parce qu'il n'était pas dans leur nature de pouvoir les accepter. Et elles ne faisaient guère mentir le point de vue, en cet instant, si prêtes de défaillir que même ce rustre d'irlandais se sentait l'âme courtoise. Ah les femmes… sans doute auraient-elles dû rester à la maison, plutôt que de se voir attribuer des postes pour lesquels elles n'avaient vraisemblablement pas les épaules. L'image qu'elles donneraient lorsqu'elles apparaîtraient devant les élèves ! Mais enfin, ce n'était pas à lui de s'en préoccuper, en fin de compte. Et les autres ? Oh, pas un seul pour réprouver, pour réfuter ? Non pas un… Lui ne pouvait pas se le permettre, les autres pensaient sans doute de même pour leurs propres comptes, et la boucle se bouclait inéluctablement sans que quiconque se dresse face à cet homme pour donner l'exemple. C'était méprisable, et frustrant, sans compter l'amertume de sa propre situation, et le rappel cuisant que s'il avait accepté de se défaire un moment de ses valeurs, l'Ivanov ne serait déjà plus de ce monde pour causer un tel émoi.

Il était inéluctablement responsable de ce qui se passait, sans que personne ne le sache. Intérieurement, il l'ajouta cependant à l'addition qu'il serait forcé de payer un jour pour préserver son intégrité. Croisant les bras, le prince exilé se contenta d'attendre, laissant au maître d’œuvre tout loisir de poursuivre sa démonstration, se promettant de faire tout son possible pour qu'au bout du compte, Nikolaï ne puisse plus blesser personne. Jugulant ses véritables sentiments, il s'adjugea le calme nonchalant dont il paraît son identité d'emprunt, et à la tirade composée, et insensible, il se fleurit d'un sourire, décochant un regard amusé et faussement surpris au nouveau directeur, avant de le porter vers le professeur de botanique. « Le parquet a des états d'âmes… je crois que c'est une raison supplémentaire de vouloir le préserver. Peut-être qu'en frottant bien et en repassant une couche de vernis... » Oui bon, voilà que le tueur devant eux poursuivait et il abandonna la plaisanterie à moitié construite pour un froncement de sourcils de circonstances. Voilà que les choses devenaient réellement intéressantes. Qu'est-ce qu'il escomptait exactement, en leur brandissant ce diktat, une adhésion pleine et entière, certes, une acceptation vocalisée ? Rien peut-être. Il ne le connaissait pas encore assez pour pouvoir l'affirmer sans le moindre doute, et préférait autant attendre avant de s'aventurer sur ce terrain glissant. En attendant et pour convenir à son rôle, il lui serait plus simple d'acquiescer silencieusement. Parce que le peu qu'il connaissait, en revanche, lui laissait la criante impression que cet homme était relativement prompte à s'ostraciser ceux sur lesquels il avait des doutes. Et au rayon des impressions, l'une des siennes, ou devrait-il dire des leurs, se vérifiait… La main noire voulait faire de l'école un vivier dans lequel piocher. Une source de soldats pour leur armée de fanatiques. Ce n'était vraiment pas bon, ça, vraiment pas… eux aussi avaient besoin de soldats, et ne pouvaient les recruter avec la même facilité, derrière ces discours démagogiques. Hélas, s'il voulait vraiment des adhérents, il risquait de devoir les chercher parmi les adultes, moins aisés à modeler que des enfants en apprentissage…

« Quelque chose m'interpelle dans votre discours, Mr. Ivanov… Un service militaire ? Doit-on comprendre... »

Il n'alla pas au bout de sa phrase, interrompu par l'une des femmes présentes, à croire qu'il n'y avait qu'elles pour causer des problèmes. Néanmoins, cela le concernait d'un seul coup bien davantage… Cette idiote de Zimira… qu'avait-elle soudainement, elle aussi perdait la tête à la vue d'un cadavre ? Bon sang, son mari aurait vraiment dû la tenir davantage… Il ne pouvait pourtant pas la laisser aller trop loin, perdre encore un partisan de l'Ursa Major alors qu'ils étaient si peu nombreux, et ce même si elle avait prit ses distances… non il ne pouvait pas. Heureusement, à bien y réfléchir, qu'elle défaillait, cela l'empêchait peut-être d'aller trop loin. Se rappelant soudainement que sa belle brune était legilimens, il pria intérieurement que cette femme se contente d'hyperventiler, même par la pensée. Un blanc s'était soudainement installé en plein milieu de leur petite réunion, et le sorcier cessa d'observer Ninel, bien décidé à essayer de détourner l'attention de l'Ivanov. Hors de question d'avoir un second corps pendu au plafond aujourd'hui, un seul était bien suffisant.

« Doit-on comprendre, disais-je donc, que les hautes instances s'attendent à devoir affronter d'autres nations… ? » Un sourire légèrement méprisant, quoi que bon enfant, vint illuminer ses traits acérés. « Allons, on ne va tout de même pas lancer l'avenir de notre pays aux trousses de la fange moldu et d'une poignée de rebelles potentiels, n'est-ce pas ? » Le ton était clairement celui de la surprise, celui d'un homme qui ne parvient pas à croire à l'hypothèse surréaliste qu'il énonçait. Pourtant, cela ne l'étonnerait même pas si Raspoutine pensait à envahir d'autres pays et à prendre possession d'autres ministères, ce serait même la marche suivante la plus logique après son écrémage de la Russie. Cependant, comment être jamais certain avec un fou ? Décidant de ne pas en rester là, il nuança le son de sa voix, offrant un questionnement moins abrupte, plus paisible quoi qu'intéressé. « Avez-vous déjà des directives pour chacun de nous concernant cetteuh… formation supplémentaire ? » Une vague idée commençait à germer dans son esprit, mais s'il pouvait s'assurer avant du terrain où il s'aventurait et lui faire croire que l'idée venait de lui plutôt que que d'une tierce personne…
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22/4/2017, 15:31
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Aux néophytes de son passé, le commentaire du Directeur pu passer pour une courtoise excuse voire la galante sincérité d'un gentleman réalisant la grossièreté de sa mise en scène. Cependant, pour l'irlandais veuf depuis quelques mois et ayant perdu son unique enfant quelques années plus tôt, la remarque fut aussi incisive et douloureuse qu'un poignard planté en son cœur. D'un pincement de lèvres, il fronça légèrement les sourcils et se passa de toute réplique ; la bassesse de cette attaque ne méritait pas qu'il gaspille sa salive. Sans être un pur-sang et de noblesse russe, on lui avait appris l'honneur et la fierté de ses racines irlandaises. Il n'était pas homme à se verser dans une joute mesquine sur le seul crédit d'une rancœur obtuse et arriérée. A la place de quoi, le professeur de botanique se contenta d'aider la pauvre femme à s'installer et, tournant la tête en direction de Ninel, poussa un soupir inaudible en voyant qu'elle aussi manquait de défaillir : pire, elle avait le teint cireux de celles prêtes à rendre leur repas. Toujours dans un élan de galanterie et de pragmatisme, Caelan s'approcha d'elle et vint à lui prendre le coude d'une main douce mais ferme de sorte à la guider pour l'éloigner du corps suspendu. Il n'osa pas sortir sa baguette, craignant que les figures sinistres qui flanquaient Nikolaï ne prennent le geste pour une agression hypothétique et ne l'expédient d'un sortilège impardonnable. Aussi le sorcier fut-il donc contraint d'user de moyens plus classiques pour aider Ninel à se rasseoir : il se contenta de tirer la chaise depuis l'avant du grand bureau pour le lui apporter à proximité de la porte de sortie.

Une fois l'arrangement terminé pour ces femmes aux estomacs et esprits fragiles, l'irlandais se tourna vers le reste de la salle avec un froncement de sourcils bien plus prononcé. Ses yeux passèrent de Lazar qu'il trouvait bien silencieux, à ce nouveau Surveillant dont la langue était bien trop pendue pour l'humeur générale. Son visage lui disait vaguement quelque chose, de même que son insolence enrobée de cynisme... pourtant, il lui était impossible de remettre un nom sur ce visage. Légèrement soucieux, il continua de fumer cette cigarette qu'il avait oublié ces dernières minutes. Pratiquement consumée, il soupira et l'écrasa sous la semelle d'un de ses mocassins avant de ranger le mégot dans une poche de son gilet et de se sortir un nouveau bâton de nicotinique qu'il alluma en s'assurant de ne pas lâcher du regard le nouveau Directeur. Prenant une longue bouffée salvatrice à ses nerfs éprouvés de si bon matin, Caelan fourra les mains dans les poches de son pantalon et vint à expirer la fumée par les narines. L'invitation à la démission de ces dames lui était passée bien au dessus du chef et il observa d'un œil tiède la réaction qu'adoptèrent ces dernières : il ne pouvait pas entièrement donner raison à Nikolaï sur ce point. Si elles ne supportaient pas la vue du sang ou la violence d'un acte semblable, elles n'avaient malheureusement pas leur place dans cette école. Ce spectacle n'était qu'une mise en bouche des horreurs à venir : leur état était en guerre, autant contre les moldus que les autres sorciers, d'ici ou d'ailleurs. Les rues allaient se gorger du rouge, malheureusement pas celui du Communisme, mais du sang versé. Il était vital que ces sorcières contrôlent leurs émotions ou se retirent dès à présent... avant qu'elles ne soient « punies » par le nouveau Directeur en cas de désobéissance.

Un énième soupir silencieux vint à secouer la haute silhouette de l'irlandais dont l'attention retourna avec regret sur l'Ivanov. Ce qu'il annonça n'était pas de bon augure et ce, sur de nombreux points. L'âge des élèves à Koldovstoretz était déjà bien plus haut qu'en toutes les autres écoles au travers du monde, en partie à cause de la maturité des cours que des exercices pratiques bien plus rudes et dangereux qu'en toute autre programme abordé ailleurs. Aussi, le fait de durcir ces enseignements et d'y ajouter en plus une formation militaire ? L'homme claqua de la langue contre son palais, trahissant d'un bruit sec combien cette affaire ne lui plaisait pas. Allait-il s'y opposer ? Non. Ce n'était certainement pas à lui de secouer les nouvelles fondations de cette société. De plus, que pourrait-il apprendre de différent lors de ses cours ? Il était un foutu professeur de botanique ! Pensif, il regarda par les fenêtres et se frotta une joue mangée de barbe en un geste distrait. Il était probable que ceux en Formation d'Alchimie Supérieure aient des cours davantage orientés sur les poisons, leurs antidotes ou encore d'autres sciences plus obscures liées aux cours de Potion et de ce fait ; une connaissance des plantes associées. Pour les deux autres formations à sa charge, cependant, il ne voyait absolument pas comment les rendre « militaire ». Il s'agissait de Soins, par la barbe de Merlin ! La voix tremblante de la jeune femme s'éleva dans les airs, peu de temps couverte par celle du Surveillant Vetrov. Le point soulevé par ce dernier le fit se tendre et un frisson coula en son dos musclé. Attaquer d'autres nations ? Il cligna des yeux, déstabilisé par la pensée même d'une guerre magique. Non, c'était absurde... n'est-ce pas ? Nerveux, il regarda en direction de Nikolaï et s’efforça de garder une expression neutre. Combattre entre sorciers était ridicule, mais plus encore l'hypothèse de s'attaquer aux moldus.

La suite s'écoula comme dans un brouillard alors qu'il continuait de fumer sa clope, la cendre tombant sur le parquet en laissant parfois quelques esquilles poudrées sur le devant de son gilet. L'air sombre et le regard perdu dans le vide, l'irlandais prêta une oreille distraite au seconde point : les cours. Il ne se sentait décidément pas concerné, pour les raisons évidentes dont il avait déjà réfléchi quelques minutes plus tôt. Il s'interrogeait toutefois sur le bon sens à quitter cette Russie en perdition : toute une nation qui ne voulait pas de lui, de toute façon... et qui lui plaisait de moins en moins. Son regard se posa encore sur Lazar et il soupira en expulsant un nuage de fumée opaque. Non, il ne pouvait pas quitter cette contrée gelée : sa femme et sa fille y reposaient, avec elles toutes les plus belles années de sa vie. Il gronda vaguement, une main portée à sa nuque pour la lui masser dans l'espoir de chasser un peu de sa tension. Ses yeux se posèrent sur le sang-pur et les mages qui l'escortaient puis une fois de plus sur le corps agonisant de l'ancien Directeur. Décidément, quel temps pour être en vie.
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Né(e) il y a : 36 ans
, à : Moscou.
, mes proches me surnomment : Professeur, Monsieur, ou simplement Lazar pour les amis et intimes
et pensent que je ressemble à : Luke Evans.
Actuellement je suis : Célibataire.
J'ai fait des études : Archéologie Magique
, aujourd'hui je travaille en tant : Professeur de DCFM à Koldovstoretz
Sans le cacher je soutiens : non défini
J'ai rédigé : 297
parchemins, et récolté : 275
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : LΛZΛRE (avatar), Asshai (gif sign.), northern lights (code sign.).
Ma baguette est faite en : Bois de Palado, 36 cm, écaille de Zmey, le mot вампир est gravé sur le bois et un rubis est incrusté sur son pommeau.
Mon niveau de combat est : 3.


Sacoche magique
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http://koldovstoretz.forumactif.com/t99-confessions-d-un-vampire
22/4/2017, 23:25
Donner le ton
Le personnel de Koldovstoretz
" Accoutumons-nous à considérer la mort comme une forme de vie que nous ne comprenons pas encore. Apprenons à la voir du même oeil que la naissance. Il est tout à fait raisonnable et légitime de se persuader que la tombe n'est pas plus redoutable que le berceau. " Maurice Maeterlinck

Je n'aime pas son regard, vraiment, ce type est bien trop calme, il regarde la mort sans sourciller, au contraire même il semble aimer ça et ça me glace le sang. J'ai comme l'impression qu'il me perce à jour, qu'il voit au plus profond de mon âme et qu'il sait tout ce que je pense. Peut-être que c'est vrai, il est courant chez les membres du ministère que la legilimencie ou l'occlumencie soient pratiquées alors peut-être que ... Si c'est ça alors je suis encore plus inquiet. Je me demande ce qu'il pourrait bien voir en moi, sûrement du dégoût là tout de suite, pour ce qu'il a été capable de faire subir à une personne que je respecte énormément. Je sais qu'il n'a plus longtemps à vivre, ce pauvre homme que j'appellerais toujours dans mon cœur directeur, mais je me refuse pour l'instant à parler de lui au passé.

Si on continue, il verrait également la peur poindre parce que oui, j'ai peur. Même si j'essaye de paraître le plus neutre et calme possible, j'ai peur, peur de ce qui va advenir de cette école maintenant que Raspoutine et sa Main Noire ont prit possession des lieux. J'ai aussi peur pour mes élèves, ces petites têtes blondes encore si naïves, si loin d'imaginer ce que leur réserve la vie et surtout ce que leur réserve cette année. On va les précipiter sans retenue vers une voie sombre et sinistre qui ressemble bien trop à ce qu'on appelle la guerre et que des enfants ne devraient pas côtoyer. Et visiblement les femmes du corps enseignant n'y sont pas non plus préparées. Je m'inquiète un peu pour elle, Sveti et Ninel sont deux femmes que j'apprécie et je n'aimerais pas les voir renvoyées juste parce qu'elles se sont senties un peu faibles à la vue d'un corps torturé et mutilé et d'une grande flaque de sang. Il faut les comprendre aussi, un tel spectacle ne se produit pas souvent dans une vie et en plus comme ça par surprise, cela prend forcément au dépourvu et quelque peu aux tripes. Moi ça m'a prit aux tripes, mais pas pour les mêmes raisons, l'odeur du sang frais ... Je me suis instantanément détesté d'être alléché parce que c'était le sang de cet homme.

Comble de l'horreur voilà qu'il continue de torturer son prédécesseur en faisant douloureusement revenir tout ce sang impur à sa place, maintenant c'est sur que si il ne meurt pas des suites de ses blessures, au moins il mourra dans quelques jours d'une vraisemblable septicémie. Je ne peux imaginer ce qu'il a pu ressentir depuis que cet Ivanov est entré dans ce bureau et je ne veux pas essayer de le faire. Je me contenterais d'arrêter de le regarder et de me concentrer pour éviter que mes émotions ne prennent le pas. Je sens à de nombreuses reprises le regard de Caelan sur mon dos, je sais qu'il a accompagné Ninel vers la porte pour qu'elle ne soit pas si près de ce massacre et reprenne ses esprits, je sais qu'il espérait une intervention de ma part, mais il me connait en même temps, je ne suis pas du genre à prendre partit, tant que l'ont ne m'empêche pas de faire ce que j'aime faire. Mais il est vrai que depuis un an on m'empêche totalement de faire ce que j'aimerais faire, mon métier d'archéologue. J'essaye déjà de digérer ce fait alors je ne vais pas commencer à m'emporter pour des changements dans l'école, je sais c'est dur de dire ça, mais je préfère me refermer derrière ma carapace d'insensibilité, comme au tant de ma jeunesse. " Je suppose que le programme des cours de défense contre les forces du mal va considérablement changer. Vous avez quelques directives particulières ? " Les mains toujours dans les poches je me contente d'un dialogue purement professionnel,   je sais, c'est étrange, mais je n'ai jamais affiché la moindre appartenance ou le moindre ressentiment sur ce qui se passe dans le pays alors pourquoi changer maintenant ? J'espère juste que je pourrais passer à travers cette année avec le moins d'ennuis possible.
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Nul homme ne sait, tant qu'il n'a pas souffert de la nuit, à quel point l'aube peut être chère et douce au cœur. (⚡️) Bram Stoker Dracula
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27/4/2017, 22:46
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L’observation de la petite scène qui se déroulait sous ses yeux était des plus instructives… Et amusante. Son faciès si sérieux et dur se fendit d’un petit sourire en coin à la réplique de Pavel au sujet de ce fameux parquet. Il s’alluma une cigarette avant de la porter à ses lèvres et d’en inspirer une bouffée. Il la laissa infuser dans sa cavité buccale alors que ses prunelles d’un bleu céruléen balayait l’audience comme un roi contemplait son peuple en émoi. Il y avait bien des sentiments, des colères qui nimbaient le bureau du directeur. Tellement de mots retenus, d’insultes étouffées, tellement de terreur pour les jours à venir. Nikolaï les mira très longuement, logé dans son silence impressionnant, royal. Un battement de cil et sa legillimancie traversait l’esprit de Ninel, se rassasiant de ce qu’il découvrait de cette catin méprisable. Comment apprendre aux élèves de Koldovstoretz la grandeur de la Russie quand l’enseignante avait la tête dans les étoiles plus que ce que sa profession exigeait et écartait les cuisses devant le premier venu ? Ça n’était pas un exemple. Il devrait s’en débarrasser. Son attention détournée, il réorienta son regard sur Pavel en recrachant lentement le nuage de fumée. A nouveau, un sourire vint briser le masque insensible de ses traits. Bien, si personne ne s’attaquait à lui, il pouvait bien se permettre de se détendre. Après tout, il était chez lui ici, à présent.

Il appréciait l’esprit vif de Pavel : là où d’autres s’interrogeaient sur leur pragmatique quotidien, son surveillant voyait plus loin, l’ampleur des conséquences que leur leader prenait. S’il avait été en tête à tête avec lui, peut-être aurait-il répondu à cette question avec honnêteté, pour satisfaire l’intellect de Vetrov et l’éclairer de son opinion sur le sujet. Mais ils n’étaient pas seuls, et le corps professoral de l’école n’avait pas à entrer dans les considérations politiques qui plaisaient tant à l’Ivanov. En bon porte-parole, il répondrait comme il parlait quelques semaines plus tôt à des journalistes, ces plumes qui envoyaient au peuple la parole des hautes sphères. Il devait alors simplifier, épurer et ne donner que ce que la plèbe devait savoir à ce sujet. Mais ses prunelles furent captées à nouveau par Ninel, prise en main par Caelan. Il laissa échappé un soupir, relâchant à nouveau de la fumée avant de se lever et revenir, terriblement paisible, vers ses employés. « Des rebelles potentiels ? » répéta-t-il, intrigué par la formulation, venant se placer juste devant le surveillant qui avait usé de ces mots : « Vous auriez tord de les sous-estimer, Monsieur Vetrov. Ils ne sont pas un mythe dont on présume l’existence. Ils sont partout. Ils sont même ici, dans ce bureau. »

L’annonce tomba comme un couperet. Il fixa les prunelles hétérochromées de Pavel, se laissant quelques secondes hypnotiser par leurs colorations troublantes. Il sentit les hommes de la Main Noire se crisper à cette évocation, dans son dos, attendant visiblement des ordres. Il aimait la tension qui s’installait dans la pièce, la suspicion, la crainte. Un sourire marqua ses lèvres avant qu’il ne plaisante : « Promis, Monsieur Vetrov, je ne ferai pas d’insinuation douteuse sur votre filiation. » Non, ça n’était pas lui sa cible. Peut-être aurait-il du. Tenant sa cigarette entre deux doigts, il vint taper de sa main valide l’épaule du surveillant, un geste amical avant de se détourner de lui et de s’approcher de Lazar. Il reprit une bouffée de sa cigarette. Changeant radicalement de sujet pour répondre à la question du Professeur, il laissait le suspens peser sur les épaules de son personnel. « Lorsqu’il m’a été enseigné la défense contre les forces du mal, Monsieur Obolinsky, j’ai beaucoup regretté qu’on ne m’explique pas d’avantage les mécanismes de ces ombres auxquelles il ne fallait surtout pas toucher. Le Mal, le Bien. Comme des entités séparées d’un monde manichéen. »

Arrivant face au vampire, il mirait ses traits gravés dans le marbre pour des siècles et des siècles : « S’il y a bien une chose que la legillimancie m’a appris, c’est que le monde est tout sauf manichéen, qu’en chaque être sommeillent l’ange et le démon. Se défendre contre les forces du mal… C’est comme engager un combat contre une partie de soi, c’est se leurrer, s’aveugler d’une ignorance stupide. C’est la pointer du doigt chez les autres et se noyer dans sa propre hypocrisie. La morale est castratrice, Monsieur Obolinsky, une invention des faibles pour parvenir à se sentir mieux, supérieurs à ceux qui avaient eu le courage de sauter dans le vide des Ténèbres. » Nikolaï haussa les épaules avant de se détourner et poursuivre, observant Caelan : « Tout comme rompre avec le Bien est une sottise. On ne s’impute pas de notre lumière. » Étrange comme ces mots venaient de lui. Il les pensait pourtant très sincèrement. Il se retourna d’un geste vif vers Lazar, comme s’il allait faire ‘bouh’ : « Prenons un exemple. Saviez-vous que pour parvenir à lancer un sortilège de torture, il faut désirer la souffrance ? Qu’au plus profond de soi, il faut éprouver du plaisir à voir sa victime se tordre de douleur ? » Il alla écraser sa cigarette dans le cendrier et reprit sa baguette. « Je vous vois déjà me dire qu’il faut être un monstre pour lancer un tel sort. A cela, j’ai envie de vous répondre que vous seriez étonné du nombre de personnes qui en sont capables, de la plus immonde pourriture… Au plus blanc chevalier. J’aimerais que mes élèves le sachent. » Voilà ce qu'il attendait des professeurs. Il pointa sa baguette sur Ninel : « Endoloris. »

Les cris de la jeune femme le laissaient insensible, qu’elle accouche sur place ne lui faisait ni chaud ni froid. Il se rassasiait de sa faiblesse, de sa souffrance. Ce n’était rien à côté de ce qu’il endurait lui-même. La vengeance lui faisait du bien : il n’y avait pas de raison pour qu’elle ne pâtisse pas autant que lui. D’un geste vif de la baguette, il cessa et posa son regard sur Pavel : « Vous voyez, Monsieur Vetrov ? Ils sont vraiment partout. » Il orienta son regard vers deux hommes de la Main Noire : « Escortez-la au centre de redressement. Je suis certain qu’elle a beaucoup de choses à dire. »

Note : J'avais déjà cette idée en tête avant le départ de Ninel, je l'ai donc conservée. Si toutefois cela pose soucis, n'hésitez pas à me le faire savoir les admins ♥
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30/4/2017, 17:36
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Parlera, parlera pas, parlera, parlera pas… décidément, cette rengaine n'avait pas de fin, en cette journée, à croire que le tourne-disque était rayé et bon à jeter. Sauf que cette fois, ce n'étaient pas seulement du corps enseignant dont il s'agissait, le directeur était maintenant tout autant dans sa ligne de mire. Le prince voyait lentement le paysage du pouvoir se dessiner, les caractères s'esquisser, et il n'attendait que peu de chose de la scène qui se jouait. En fin de compte, il n'attendait vraiment que la réponse de l'Ivanov, et un signe de la part du professeur de Botanique, qui ne venait pas d'ailleurs puisque le vieil irlandais était occupé à ronger son fiel en silence. En même temps, avec ce que l'autre sociopathe lui avait décoché dans les dents, ce n'était pas étonnant que de le voir digérer tout ce qui se disait sans intervenir davantage. Et soudainement, comme de juste, la réponse à la perche qu'il tendait… ne vint pas. Un sourire crochu lui mordit les traits, cynique, mais en rien surpris par le choix effectué. Oh, cela reviendrait simplement à prolonger un peu le 'suspens' comme disaient les Américains. Il saurait, bien assez tôt. Il saurait, les moyens étaient là, il fallait simplement s'organiser, et espérer que le reste de la résistance ne décide pas de paniquer pendant ce temps en jetant à l'eau tout les efforts qu'il fournissait pour leur rendre une accroche dans la course au pouvoir suprême de la Russie. Cependant, s'il s'était attendu à voir le nouveau directeur esquiver le cœur de l'interrogation, le fond de la réponse lui faisait froid dans le dos… Qu'est-ce qu'il entendait exactement par-là ? Avait-il découvert qui il était ? Non… Non, impossible, rien n'avait changé depuis la dernière fois, sa cellule avait travaillé jour et nuit pour s'assurer que sa couverture soit parfaite et il son esprit était trop bien scellé pour qu'il risque d'être pénétré de cette façon. Puis, immédiatement, il se souvint que Ninel Zimira était elle aussi une résistante, bien qu'elle ne prenne aucun risque en raison de sa famille, une attitude qu'il trouvait parfaitement hypocrite et injustifiée.

Ce n'était pas pour autant qu'il avait envie de la voir être découverte. Alors si c'était le cas, quoi ? Devait-il se battre et la sortir de là ? En abandonnant tout ce qu'il pouvait accomplir pour la cause qu'ils défendaient tous deux ? Ou bien la sacrifier, sachant que cela lui permettrait de continuer son travail de sape et à terme ? De réussir à s'ouvrir une brèche dans la Main Noire ? Non. En vérité la question ne se posait pas. Il était un résistant, mais jamais il ne se considérerait comme un homme bien… et sacrifier un pion pour prendre une pièce plus importante était un mouvement usuel aux échecs comme en stratégie militaire. Si elle était découverte, alors elle mourrait. Il devait rester, et il savait déjà que ce qui risquait de se passer ne lui ferait en fin de compte ni chaud ni froid. Si elle s'était engagée sans comprendre les enjeux et les risques, en s'imaginant qu'elle pourrait faire dans la demi-mesure, alors c'était que cette femme était naïve et stupide, et malheureusement, en ce monde et en ce temps, cela signifiait la mort. Il n'y pouvait rien et n'était pas garant d'elle… elle n'appartenait même pas à sa cellule, mais à celle d'un de ses compagnons d'armes originels. Les autres fondateurs. N'affichant rien de plus qu'un haussement de sourcil à demi incrédule et à demi méfiant,  interrogateur, il attendit de voir comment tout cela se déroulerait. La suite, plus simple qu'il n'aurait pensé, lui tira un sourire tranchant et presque mauvais, faisant luire ses yeux d'un éclat dur. « Si vous voulez tester mes compétences, vous n'avez pas à vous embarrasser de ces enrobages Mr. Ivanov...  » Le ferait-il seulement ? Non ? Non… il le gardait en réserve, et à la place, railla davantage : « A moins que vous n'aimiez les dîners spectacles ?  » Lui n'hésiterait pas à accepter un duel, rien que pour se passer un peu les nerfs.

Ils furent pourtant interrompus par l'un des professeurs, lequel exactement il ne se souvenait plus, sur le coup. Lazar ? Oui, ça devait être ça. Il enseignait… ah oui, merci au concerné, la défense contre les forces du mal, JUSTEMENT ! Pour une fois il décida de se taire, même s'il estimait que les deux points de vue se tenaient. Au moins, l'explication de l'Ivanov tenait la route autrement qu'en termes de propagande commanditée à la virgule près. Il n'avait jamais compris tous ces politiciens qui récitaient des discours appris par cœur,  y comprit quand il s'agissait de sa propre famille… Surveillant tout de même le duo du coin de l’œil, il se rapprocha, d'abord de l'homme pendu au plafond, en se demandant à quel point Nikolaï serait énervé et frustré s'il le tuait dès maintenant pour mettre un terme à son agonie, puis du professeur de Botanique et de la professeur d'Astronomie. Ils échangèrent un bref regard, le sien troublé, et défait de toute tranquillité, et celui du prince, de silex face à une situation qui, justement, prouvait profondément ce que son instigateur touchait du doigt. Qu'allait-elle faire ? Décider ? Elle n'était plus en position d'hésiter et de faire dans la demi-mesure mais le comprenait-elle ? Si elle était découverte, aurait-elle la force de faire de ses derniers instants un coup qui porterait réellement, qui aurait un véritable sens ? Ou serait-elle une lâche jusqu'à la fin ? Allait-elle enfin cesser cette innocence stupide et surannée ? La réponse arriverait plus tôt qu'il ne le pensait lui-même, lorsqu'il la vit s'effondrer en se tordant de douleur. Se détournant, il ouvrit les bras, dans l'expression manifeste de sa perplexité, et du fond blasé qu'on entretenait chez lui depuis son entrée dans ce bureau : « Mais… mais sincèrement, qu'est-ce que vous avez avec ce parquet… ? Il a insulté vos grands ancêtres ?  »  Et il montra dans un geste d'impuissance à moitié amusée tellement c'était aberrant, la femme qui se tordait au sol.

Soudain, les cris se tarirent, remplacés par la voix du tortionnaire, et il renâcla avec un mélange de cynisme et de gaîté, se faisant bon joueur sur ce coup-là… Ninel ne le voyait sans doute pas du tout comme cela, mais c'était de bonne guerre. « Effectivement...  » Il allait poursuivre, s'avançant vers le centre de la pièce, lorsqu'un trait de magie fusa près de son épaule, le faisant tirer sa baguette immédiatement, tous les muscles crispés. Le regard sauvage trouva finalement le responsable, et se para de surprise et d'une ébauche d'admiration. La femme s'était reprise bien plus vite que son attitude jusque là ne le laissait imaginer. Il s'était attendu à ce qu'elle soit faible et sanglote au sol, au lieu de quoi, elle venait de tirer sa baguette et avait attaqué… Oui, il était sincèrement prit de cours cette fois-ci, cessant de jouer alors qu'il l'observait de derrière le bouclier qu'il avait érigé. Le regard dans les yeux de cette femme, il l'avait vu une ou deux fois. C'était la lueur folle qu'une situation inextricable pouvait provoquer, chez certains êtres. Là où la majorité abandonnait, il existait des êtres qui se rebellaient, faisant tomber les limites de l'éducation et des capacités par l'adrénaline et la certitude de se trouver face à la fin… Lui qui avait voulut savoir de quelle catégorie elle serait, il avait la réponse, et elle se retrouvait dans un simple et vieux dicton : 'quand il est acculé, le rat mord le chat'. S'écartant légèrement, il abaissait sa baguette alors que la femme relevait la sienne pour faire fuser un nouveau sortilège…

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1/5/2017, 19:41
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- Le personnel de Koldovstoretz -

   

With blood on our hands and dirt on our knees, we tear at the ones who brought the disease.

Un autre homme pris la parole. Svetlana reconnu rapidement la voix de Caelan O'Reilly, le professeur de botanique. Ce dernier émit également sa désapprobation mais tout comme celui qui avait parlé avant lui, un nouveau surveillant après mûre réflexion, le détail gênant de cette situation n’était pas la souffrance endurée par le directeur. L’un s’inquiétait du délabrement du parquet tandis que l’autre se souciait de son contrat. Mais dans quel monde vivait-on ? Personne n’allait donc hurler à la barbarie et au non respect de la dignité humaine ? Le professeur n’en revenait pas. Elle était trop énervée pour songer que l’humour et l’ironie étaient une arme de défense dans les situations périlleuses. Même si la colère n’obscurcissait pas son jugement elle n’avait pas le sens de l’humour suffisamment développé pour y penser.

Honnêtement elle essayait vraiment de garder son calme mais tout le monde semblait s’acharner sur elle. L’hystérie ? Pardon ? C’était une blague, oui cela ne pouvait être qu’une blague. Alors quand un homme est vidé de son sang et pendu par les pieds comme un porc, la seule inquiétude c’était que la sensibilité féminine pouvait virer à l’hystérie. Il y a des gifles qui se perdent vraiment. O’Reilly s’approcha d’elle et lui proposa une chaise ou un verre pour se remettre de ses émotions. Oui s’asseoir ou prendre une boisson étaient des méthodes bien connues pour être soulagé quand on assiste à un meurtre. Ce n’était pas une gifle qu’il allait se prendre mais la chaise sur la tête ! Que pouvait leur importer sa prétendue sensibilité quand un homme souffrait le martyr ? Svetlana ne put d’empêcher de jeter un regard noir à son collègue et de lever la main en signe de refus. Si on en croyait l’assistance seules les femmes avaient le droit d’être choquées par ce spectacle et les hommes forts et virils allumaient une cigarette et faisaient face à la dureté de la vie. Dans ce cas heureusement qu’elle était une femme, elle avait un cœur au moins. Elle se sentait prête à argumenter contre leurs balivernes mais la cause féministe attendrait. Un homme mourrait au dessus de leur tête. C’était la priorité. Svetlana redressa la tête et repoussa du pied la chaise que la magie du nouveau directeur avait amené vers elle.

La guerre ne justifiait par les horreurs commises, encore moins dans une école, lieu de savoir et non de torture. Raspoutine avait déclaré la guerre mais la guerre ne devait pas avoir lieu dans l’école. Les conflits ne franchissaient par la porte de l’établissement. Guerre ou paix elle était professeur et ses cours ne changeraient pas. Les runes existaient bien avant et perdureraient encore les querelles mortelles.
   
« Mademoiselle pas madame. » précisa-t-elle. « La guerre ne change rien à mon statut de professeur aussi n’attendez pas de démission de ma part. »

Svetlana rencontra enfin le regard du nouveau directeur et elle réalisa alors à quel genre d’homme elle avait affaire, ou du moins elle en comprit une partie. Il était déterminé et aucun de ses arguments de sauveraient le directeur, son sort était scellé. Juge, jury et bureau il avait annoncé et exécuté la sentence. La mort. Quiconque s’y opposerait subirait le même traitement. Elle n’avait pas l’intention de mourir et son sacrifice ne serait d’aucune utilité, elle ne serait qu’un macchabée de plus sur le parquet. A regret elle ne put que recommander l’âme de son supérieur.  La froideur dans le regard d’Ivanov lui glaçait encore l’échine.

Elle croisa les bras tout en écoutant la suite du discours de pré-rentrée. Son langage corporel exprimait clairement la méfiance mais elle ne parvenait pas à adopter une attitude nonchalante comme certains de ses collègues. Elle fixait l’estrade, gardant bien les yeux sur les pieds du bureau mais surtout pas ailleurs, pas vers le corps en suspension, pas vers la tâche de sang, pas vers les yeux d’Ivanov. Les décisions du nouveau directeur étaient en accord avec l’ambiance qui s’était abattu sur le pays. Tout était préparé pour la guerre et même la jeunesse était enrôlée dans ce combat contre les rebelles. Une discipline de fer serait imposée aux élèves. Et dire qu’à peine quelques mois plus tôt elle se désolait des rares élèves qui se passaient des mots pendant ses cours.

Son calme apparent fut perturbé par le malaise d’une collègue. A elle c’était certain, il fallait une chaise et sans aucun doute un verre. Svetlana sortit sa baguette et l’agita en murmurant un sort qui fit apparaître dans sa main un verre de liqueur. S’avançant vers sa collègue, elle lui tendit le récipient. Une part d’elle-même se sentit aussitôt soulagée. Les deux femmes se trouvaient à l’écart du directeur à l’agonie, près de la sortie et quelque peu éloigné des conversations. Elle voulait qu’ils se taisent tous. Cette réunion n’était qu’une mascarade, ils n’avaient pas leur mot à dire, on ne leur accordait aucune importance. Que le nouveau directeur expose ses exigences ou mieux qu’il leur envoie un courrier. Et que toute cette cruelle et grotesque mise en scène cesse. Elle n’écoutait plus que d’une oreille ce qui se passait, elle n’y trouvait plus aucun intérêt depuis qu’elle avait compris que le combat était perdu d’avance, du moins pour le moment. Soit on acceptait les nouvelles mesures, soit on quittait les lieux avec sans doute une petite séance de torture avant et un allé simple pour un sinistre cachot voire le Paradis lui-même. Son esprit tentait certainement de la protéger des horreurs qui se déroulaient car elle se sentait comme enveloppée dans du coton. Quelques phrases, une poignée de mots, le bruit étouffé des pas, c’était tout ce qui parvenait à ses oreilles. « Rebelles » « dans ce bureau » un débat sur le Bien et le Mal « douleur » « monstre » « endoloris ». Le sortilège interdit tira Svetlana de son isolement et elle sentit quelque chose passer juste devant elle avant de s’abattre sur Zimira. Impuissante elle assista au supplice de la jeune mère. Elle aurait pu crier d’arrêter, qu’elle était enceinte, mais cela n’aurait eu aucun effet. Parce que Ivanov prenait son pied à ce moment précis en infligeant une douleur innommable à cette pauvre femme et parce qu’il avait définitivement quelque chose à prouver aujourd’hui.

Quand il se lassa de son petit jeu Svetlana se précipita vers Zimira, prête à la prendre contre elle mais elle n’en eut pas le temps. Déjà deux hommes s’approchaient de sa collègue pour exécuter l’ordre de leur supérieur : la mener dans un centre de redressement. Bon sang mais qu’est-ce que cela pouvait bien être encore ? Elle ne pouvait même pas imaginer dans quel endroit sordide ils l’emmèneraient et les atrocités qu’elle allait devoir endurer sans que personne ne puisse lui porter secours. Et l’autre qui en remettait une couche avec le parquet ! Elle allait lui ordonner de fermer son clapet mais les mots ne franchirent pas ses lèvres. Zimira s’était relevée, baguette en main et magie en action. Animée par l’énergie du désespoir la jeune femme s’attaquait à son tortionnaire. Mais ils étaient trop nombreux, même en donnant tout ce qu’elle avait, en puisant au plus profond de son être pour protéger sa vie et celle de son enfant à naître, elle se ferait surpasser par le nombre et par leur puissance. Ils étaient formés au combat, ils ne reculaient devant rien. Svetlana aurait voulu l’aider mais sa maîtrise des sortilèges de combat étaient pitoyables. Il faudrait que tous se dressent à cet instant comme un seul homme mais ils ne le feraient pas, elle le savait. Parce qu’il faudrait tuer les membres présents, ce dont elle était incapable, et ensuite ? S’enfuir, pourchassé par le reste de la Main noire, quitter le pays et quand bien même ils ne seraient pas en sécurité pour autant.

   
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9/5/2017, 16:10
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Il ne pu s'empêcher de rouler des yeux avec exaspération lorsqu'il se re-concentra enfin sur la conversation en cours, quittant ses propres affres et mélancolies pour ne pas se faire distancer sur le sujet des cours. Aussi, le monologue du Directeur sur sa façon d'appréhender une notion aussi abstraite que le « Bien et le Mal » mirent les nerfs de l'irlandais à rude épreuve, le contraignant à se mordre le bout de la langue pour ne pas cingler le noble de quelques contreparties saignantes. Il n'était pas venu ici pour entrer dans un débat philosophique, si l'on pouvait vraiment appeler ces mots bavé à sa seule expérience comme tels, et encore moins pour entendre l'autre arguer tout seul face à un auditoire consterné. Aimait-il tant que cela entendre le son de sa propre voix ? Vraiment... cette réunion tournait de plus en plus à la farce grotesque. Sourcils froncés en un trait réprobateur sur un visage fermé, Caelan serra les dents sur le pauvre bout de sa cigarette et manqua bien de la sectionner en deux tant il ravalait sa colère et son indignation. Le corps du précédent Directeur flottait toujours au dessus de leur tête, gui sinistre en cette célébration aussi hypocrite que celle du Christ.

Il allait finalement céder à son caractère bourru, prêt à venir secouer l'autre comme un prunier pour qu'il arrête de les emmerder, quand enfin les préliminaires outrageusement longs trouvèrent une finalité en la torture soudaine et complètement scandaleuse de Mademoiselle Zimira. Il serait injuste d'accuser l'Ivanov d'être inapproprié sur cette attaque, surtout vu les interminables minutes qui l'avaient précédé et servis d'entrée pour ce plat de résistance... si vous m'excuser le jeu de mot. Comme à l'écho des hurlements qui s'élevèrent brutalement dans la pièce, le corps de l'irlandais se crispa et se tendit par longs frissons nerveux. Seul un fou n'aurait pas d'angoisses à ce tableau, à cet acte de violence gratuite. Pour autant, le sentiment qui lui glaça le sang ne fut pas suffisant pour le paralyser et déjà l'irlandais s'approchait de la jeune femme pour poser genoux au sol et venir prendre son pouls ainsi que vérifier l'état de ses pupilles, vérifiant qu'elle ne faisait pas une attaque. Il posa enfin une main sur son ventre gonflé par une vie précieuse, mais ô combien précaire pour s'assurer que le traitement infligé n'avait pas causé des labeurs ou pire : une fausse couche. L'arc de ses sourcils s'accentua au point de créer une ride entre eux, les arcades ainsi froncés assombrirent alors un regard déjà sinistre, offrant à l'homme une expression dangereuse quand il leva la tête vers les agents de la Main Noire qui approchaient.

Sa baguette était à portée de main, il pourrait aisément défaire l'un des hommes, mais dans une pièce aussi encombrée tant par les meubles que les êtres vivants, Caelan craignait qu'une victime collatérale à son saut d'humeur ne vienne alourdir davantage encore le tableau de ses deuils. Il grinça des dents, ne pouvant rien faire pour épargner à Ninel de finir torturée et humiliée dans les geôles de la Douma, de perdre son enfant puis sa vie pour lâcher quelques informations hypothétique sur le groupuscule qui faisait si peur à la Main Noire. Il était cependant surpris qu'une femme, à plus forte raison enceinte et déjà mère de famille, puisse ainsi s'engager dans une lutte mortelle. L'irlandais ne savait s'il devait la considérer comme d'une bravoure exemplaire et d'un patriotisme émouvant ou alors d'une bêtise consternante... et son hésitation trouva rapidement réponse lorsqu'il la vit se relever pour attaquer Nikolaï ainsi que ses agents. Toujours un genoux au sol, il la regarda se lever avec maladresse autant par son ventre que la douleur qui continuait de créer quelques spasmes dans ses muscles torturés. Mais de ce qu'il voyait de son profil, la femme était déterminée à rendre sa capture la plus difficile et payante qui soit ! Stupide. Dangereux. Dans cette pièce, peu de personnes savaient se battre et encore moins se défendre correctement. Certaines n'étaient que des professeurs, pas des ex-aurors ou des bouchers qui se prétendaient agents de l'ordre sous un régime grossier.

A la frêle silhouette de la jeune femme, surplomba bientôt l'ombre immense de l'irlandais alors qu'il se relevait dans son dos. Haut de son mètre quatre-vingt dix, Caelan la dépassait sans mal d'une bonne tête et son visage, exposé au reste du bureau, affichait une expression lisse de toute émotion. Cigarette pendue au coin des lèvres, regard aquatique aussi vide et glacé qu'une jade, il vint ceinturer la blonde d'un bras en travers de son torse, agrippant son épaule pour la plaquer fermement contre son torse puissant. Assuré qu'elle ne pourrait pas bouger le tronc principal, il lui attrapa avec douceur le bas de sa mâchoire, menton en coupe de sa paume alors qu'il verrouillait ses doigts sur ses joues pâles et arrondies. L'instant sembla se figer alors qu'il l'observait sans ciller le temps d'un battement de cœur et que d'un coup sec, sans une once d'hésitation, il vint à lui briser nettement la nuque. Le craquement claqua, bref, caractéristique et pourtant noté de ce quelque chose de grotesque au rappel d'une vulgaire brindille de bois sec rompue. La baguette de Ninel tomba au sol, claqua sur le parquet d'un rebond avant de rouler plus loin. Le corps de la femme s'affaissa dans l'étreinte toujours affirmée de l'irlandais qui n'eut aucun mal à soutenir son poids. La tête blonde ballotta sur une épaule, le regard vidé de toute étincelle de vie et de combat.

Silencieux, il vint à fléchir des jambes de sorte à pouvoir passer son bras libre sous les genoux de la morte et la souleva à la façon d'une princesse. Sa cigarette continuait de fumer à ses lèvres tandis que son visage restait figé dans une indifférence forcée. Au contraire de ce masque, son esprit était comme un orage de culpabilité, de soulagement, mais aussi de pitié pour cette pauvre créature. Il ne l'avait pas tué parce qu'il était lui-même de son camps et ainsi se refusait à voir des informations être confiées à la Main Noire. Non. Il l'avait tué car il n'avait simplement pas désiré voir d'autres personnes souffrir à l'autel d'un duel perdu d'avance. Il n'avait pas pu laissé ces hommes continuer de faire souffrir une femme désespérée et, surtout, enceinte. Quand bien même avait-elle choisi son camps, ses actions, elle ne pouvait être tenue responsable de ses choix : elle restait une femme. Plus encore : une mère portant la vie en son corps. Caelan était beaucoup de choses, mais il n'était pas un pleutre et encore moins un monstre. Du moins, à son sens. Il possédait sa propre ligne de morale, sa propre perception du Bien et du Mal et n'acceptait pas de laisser en toute conscience une femme enceinte être blessée. Il en allait de même des enfants et d'autres choses trop précises et contextuelles pour être citées. L'homme traversa donc une partie de la pièce pour venir allonger la défunte sur un sofa, lui ferma les paupières d'une main et lui croisa les bras sur sa poitrine en une posture de repos cérémoniel. Enfin, lorsqu'il se redressa, il retira la clope de ses lèvres pour l'écraser lentement au creux de son poing.

« - Si nous en avons fini ici, j'ai une rentrée à préparer. »

La voix rauque, basse et grondante, il posa un regard animal sur Nikolaïs, le sommant de l'empêcher de partir, le sommant d'oser encore se moquer de lui et de ses maux passés ou présents. Il était homme patient et capable de prendre beaucoup, mais là ? Oh là il était sur le fil et toute sa silhouette se massait en une colère contenue, à la musculature puissante tendant la fibre de sa chemise blanche tant elle se crispait et roulait sous le derme. Les traits durs, il lâcha la cigarette froissée au sol et se détourna pour gagner la porte d'entrée. Il posa une main sèche sur la poignée, faisant claquer le cuivre contre sa chevalière.

« - Monsieur le Directeur, merci de vous référer à mes horaires de cours si vous désirez une entrevue personnelle. Vous n'aurez aucun mal à y trouver mes heures de libres. Bonne journée à vous. »

Il regarda brièvement Svetlana.

« - Mademoiselle. »

Il ouvrit la porte et la referma sèchement derrière lui.
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7/6/2017, 22:37
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Effectivement, oui. L’Ursa Major avait beau être mal en point, elle existait, subsistait toujours. Ici, à Koldovstoretz, plus d’un professeur avait trouvé le doux cocon d’une vie cachée, à l’abri de ce qui avait pris de l’ampleur dans les rues de Saint-Petersbourg. C’était fini, et le havre se transformait en cage à souris où la première avait grignoté un bout de fromage en trop. Un sortilège de protection venait contrer le réveil soudain du parasite qu’il avait assommé par la douleur un peu plus tôt. Il n’était pas le seul à avoir dégainé. Pavel l’avait eu des réflexes plus remarquables encore face à une action qu’il n’avait pas vue venir. Nikolaï n’eut toutefois pas le temps de la gracier d’une quelconque félicitation ou boutade sur le sujet. Son regard d’un bleu céruléen s’était verrouillé sur l’audacieuse femme enceinte, prêt à en découdre. Un sourire marquait ses lèvres devant le ridicule suicidaire de l’acte. Que croyait-elle ? Qu’elle aurait ainsi une fin glorieuse face à lui ? Qu’elle allait devenir un héros, gagner le rang d’insoumise ? C’était risible autant que lamentable. Si le comportement était admirable, s’il aurait lui-même refusé de mourir à terre, l’offense qu’on lui faisait était bien trop grande pour qu’il puisse apprécier le moindre trait de caractère qu’elle reflétait merveilleusement bien.

Puis l’ombre de l’irlandais vint surplomber sa proie, Nikolaï vint claquer sa langue derrière ses incisives supérieures en signe d’agacement, voyant déjà ce que l’autre s’apprêtait à faire. Cela ne lui convenait pas. Il ne voulait pas d’un cadavre. Les morts ne parlaient plus. L’ancien directeur en était la preuve concrète. La nuque fut néanmoins brisée et le regard de l’Ivanov se chargeait de lames amères devant l’acte déplacé qu’on lui opposait dans une aura de grandiloquence et de colère. Nikolaï abaissa sa baguette, et leva sa main meurtrie, gantée pour faire signe aux hommes de la main noire de laisser faire… Pour le moment. La défunte étendue, l’irlandais se retournait vers lui. Croyait-il lui faire peur ? Un sourire en coin marqua les lèvres du nouveau directeur, laissant le silence s’étendre lentement, comme un serpent sournois et prêt à mordre. Il le mirait, tête haute, fier et royal, fort peu impressionnable surtout quand il était, en dépit de ce que pouvait en laisser croire son inaction, en situation de force. La main du professeur se referma sur la poignée de la porte et, avant de partir, il relâcha la palabre de trop. Nikolaï éleva sa baguette, empêchant la poignée de s’actionner dans l’immédiat. « Quelle importance vous donnez-vous, Monsieur O’Reilly, pour croire qu’il soit mon désir de m’entretenir avec vous ? »

Sa voix se faisait sombre, grave. Il détachait chacun de ses mots comme pour en faire ressentir tout l’arôme amère qu’ils contenaient. Pourtant, sous l’enrobage aigre, il était d’une douceur magnanime. La maîtrise parfaite et charismatique de sa diction soulignait les longues années passées en éminent membre de la Douma, politicien accompli. « Il me faut vous remercier de votre pertinente intervention. A cinq contre une, j’étais perdu. » L’ironie suintait de ses mots et pointait du doigt combien son intervention n’avait été que trop grotesque et déplacée eu égard de la situation. S’il avait voulu protéger le corps professoral d’un éventuel sort perdu, il n’avait eu qu’à dresser un bouclier et ne pas se mêler des affaires de la Main Noire. En l’état, il devenait un complice du silence mortel que leur ennemie. C’était probablement ce qui mettait l’Ivanov de si bonne humeur. « Ce n’est pas à moi que vous avez causé du tord, professeur. Mais à la Main Noire. » Le centre de redressement attendrait Caelan tôt ou tard, au moins pour payer l’entrave dont il était l’auteur. Et Nikolaï se ferait un prolixe témoin pour l’enfoncer.

Le son de ses chaussures sur le parquet résonna : deux pas nets vers lui. « Enfin, vous faites une erreur, Caelan. Vous m’aviez tant fait languir que je me demandais si vous étiez seulement un homme. » Pour bénéficier d’une telle perfection, tel un dieu. Il abaissa sa baguette, libérant la poignée de la porte pour que le professeur les quitte dans un claquement de porte.  Il était parfaitement satisfait et à la fois déçu. L’armure blanche du professeur de botanique avait pris un coup. Mais ce n’était pas encore assez à ses yeux. Il aurait voulu le traîner à terre mais Caelan venait ce soir de lui prouver que sa légendaire patience saurait être dûment récompensée en temps et heure. Il ferait d’autres erreurs. Le silence reprit sa place en maître dans les lieux froids. Le russe se tourna vers la femme étendue, donc le cou faisait un angle peu naturel. Il ferma les yeux, rencontrant les pensées du fœtus encore en vie et qui se mourrait à petit feu dans les prochaines heures. Il sentait sa souffrance naissante et aussi les bribes de voix, des mots peu compréhensibles, étouffés, mais que peut-être, un jour, il recouperait avec d’autres informations pour en comprendre le sens. « Avada Kevadra. » L’éclair vert frappa le ventre de plein fouet, ôtant la vie à cet être même pas né, dans un geste qu’il ignorait encore être avant-coureur. Sa propre épouse était enceinte. Lentement, il se retournait vers les autres professeurs, se posant plus longuement sur Pavel qui, définitivement, avait capté son intérêt ou au moins… Sa curiosité. « Vous pouvez disposer. »
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