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Enfin, si ça ne vous ennuie pas...

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30/3/2017, 20:06
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"- 'Xpelliarmus !"

Et rien ne se passait. Leif commençait vraiment à se demander s'il avait sa place ici. Devant lui, le lapin n'avait pas même frémit d'une oreille. Lassé des jeux de son ami, il s'était remis à grignoter l'herbe, à côté du bâton que le garçon avait glissé entre ses pattes. Avec un soupir, le jeune homme s'empara à nouveau de l'épais livre emprunté à la bibliothèque. Pourtant, si, il s'y était pris correctement… Le geste, le nom du sort… Un bref coup d'oeil à sa baguette: se pouvait-il qu'elle soit à usage limité, et que personne ne l'en ait averti ? Ç'aurait été surprenant, mais depuis qu'il avait reçu une certaine lettre, il était prêt à tout entendre.

La petite tête blonde étudiait avec plus d'ardeur que jamais. L'école de Mourmansk ne l'aurait jamais vu tant s'appliquer. Koldovstoretz était une chance, un rebond dans sa vie. De nouveaux avenirs se dessinaient devant lui. Des avenirs loin du port, loin de la misère, où gratter le sol devenait une solution comme une autre pour trouver quelques insectes à grignoter. Dans d'autres ouvrages, et dans les multiples conversations des camarades nés de parents sorciers, il avait u un aperçu de l'étendue du monde magique et de ce qu'il offrait. Les postes au ministère, les aurors, les recherches diverses, les nouveaux commerces… Il voulait faire partie de ce tout. Maintenant qu'il avait effleuré, et rêvé cet avenir, plus question de retourner en arrière, de retourner dans les entrailles de poisson et odeurs de mauvais alcools. Mais pour cela, il devait briller !
Et ça ne partait pas exactement comme il l'aurait voulu. Bon… Peut-être était-ce véritablement sa baguette qui ne voulait pas ? Leif fit un nouvel essai, non pas pour désarmer le pauvre animal, mais pour le soulever de terre. Mouvement de poignet, main qui se lève… Et Ernest recevait dans le museau le bout de bois que son humain avait soulevé de terre. Le bipède s'excusa platement, caressa la pauvre bête pour s'excuser. La baguette marchait donc. Il ré-essaya de soulever le lapin, et put constater que tout marchait mieux lorsque l'on prenait le temps de viser. Peut-être avait-il mal visé en voulant désarmer Ernest ? Le lapin remua ses papattes dans l'air, Leif comprit qu'il était temps de re-poser la pauvre bête.

Quelques essais encore, quelques ratés, encore. Le jeune homme commençait sérieusement à désespérer, et à s'imaginer le pire des scénarios. La séance s'acheva avec un gros câlin au lapin, et beaucoup de tristesse. Mais comme le disait un grand sage (sans doute), le réconfort et l'espoir se retrouvent toujours au fond des poils d'un lapin. Les prochains cours l'aideraient peut-être.
Leif reprit son livre, après l'avoir fermé. Il vint trouver une place dans sa besace, à côté du lapin. Il voulut enfoncer ses mains dans ses poches, c que son uniforme refusa. Qui était l'imbécile d'Adulte qui avait conçu un uniforme sans poches ? Sérieusement ! Et il en faisait quoi de ses mains, hein ? Il se sentait bête, à avoir ainsi deux bras ballants à côté de son corps pas bien épais. Bon, bah, il allait… Chercher un autre livre ? Un qui ne demandait pas de pratique ? Un bon livre bien épais d'histoire de la magie, voilà qui l'occuperait jusqu'au prochain cours. À moins que…

Son regard se leva presque malgré lui pour observer son environnement, lorsqu'un léger détail lui indiqua qu'il y avait un autre humain dans le coin. Enfin, humain ou humanoïde, puisque ce monde ouvrait de nouvelles portes en matière de diversité. Oh, le surveillant ! Si-si ! Lui, Leif était certain de son identité ! Il n'avait pas retenu grand-monde, mais lui… Si. C'est que d'autres élèves avaient parlé de lui -pour médire, sans doute, comme le font souvent les élèves. Leif avait encore bien trop d'émerveillement en lui pour retenir quoi que ce soit de négatif sur le monde magique, y compris sur ses habitants. Et il avait surtout retenu que ce pion-là était ancien auror -ce qui lui valait tout de suite une auréole de lumière dans l'imagination du petit être. Le lien se fit vite, en lui. Coup d'oeil au pion, coup d'oeil à sa besace… Le hasard était un dieu bienveillant.
Timidement, Leif s'approcha. Mais vraiment timidement. S'il avait pu glisser un mot pour dire "je suis là-je veux pas vous déranger-j'aimerais vous parler-si ça ne vous ennuie pas", il l'aurait fait. Mais une partie de lui, l'absence de son père qui se faisait tangible, lui hurlait que ce n'était pas ainsi qu'il deviendrait un adulte grand et fort ! S'il voulait un jour devenir aussi respectable que ce monsieur, il fallait s'assumer ! Alors, lorsqu'il fut à sa hauteur, Leif annonça:

"- Excusez-moi…."

Peut-être était-ce audible par les chauves-souris. Peut-être était-ce malpoli d'un point de vue humain, aussi. Dans tous les cas, la récente voix des personnes nouvellement rencontrées fit écho en lui, lui rappelant de parler plus fort. Une vision soutenue par le souvenir de son père, de surcroit.

"- Excusez-moi, je ne vous dérange pas ?" C'était déjà mieux. En regardant Le surveillant dans les yeux, ça l'aurait été d'autant plus. Il essaya, redressant un peu le regard. "Mes camarades m'ont dit que vous étiez un ancien auror, et j'ai quelques soucis avec un sortilège, alors je me suis dit, peut-être, enfin, si vous avez le temps… Est-ce que vous pourriez m'aider, s'il-vous-plait ?" Il était difficilement possible de mettre davantage de respect et de politesse dans un "s'il-te-plait". Mais son regard s'était à nouveau détourné, impressionné par l'adulte qui lui faisait face, impressionné à l'idée d'être écouté. Il avait fait mine de fouiller sa besace, pour en sortir sa baguette. "C'est le sortilège de désarmement…"
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5/4/2017, 19:16
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13 Février 1930


Né dans la bonne société, il avait eut la chance de recevoir une éducation dans de nombreux domaines, une formation appréciable qui lui permettait d'étendre ses connaissances, d'ouvrir son esprit, et de profiter de certains petits plaisirs de la vie, notamment des livres. La plupart des individus ne remarquaient sans doute pas du tout à quel point les livres pouvaient avoir leur magie propre. Oh, il ne parlait pas de pouvoir léviter, cracher des limaces ou hurler à tue-tête jusqu'à vous percer les tympans, même si certains d'entre-eux le pouvaient effectivement. Aux yeux du prince, une large partie de la magie entretenue par les ouvrages résidait, outre leur capacité à approfondir l'être, en un pouvoir calmant. La concentration que l'on nécessitait pour lire, et l'attention que l'on portait immanquablement aux mots tracés sur ces pages fines, tout cela permettait immanquablement de drainer les passions, de focaliser l'esprit sur une seule chose. Dans son cas, cela participait également de la discipline qu'il imposait à son être, lui qui était pénétré de pulsions et d'affects de proportions gargantuesques malgré ses dehors de contrôle total et de nonchalance.  Pavel était, par nature, un homme plein de contradiction, insensible le plus souvent, et pourtant sujet à de monstrueuses bouffées de colère qui s'éteignaient aussi rapidement qu'elles étaient venues, pour laisser la place à une froideur polaire, ou une gaîté joueuse. Lire lui avait toujours permit d'apaiser le brasier de son âme, et rapidement, c'était devenu un plaisir dont il ne se passait guère, quant bien même il était méjugé à ce sujet comme à tant d'autres. Aussi était-ce naturellement qu'il était alors plongé dans un bouquin, pour l'une de ses rares pauses de la journée.

Il fallait avouer que le poste qu'il occupait avait quelque chose de profondément ingrat, comme il l'avait très vite découvert. Cependant, malgré cette vérité consommée, il était hors de question qu'il l'abandonne, les profits qu'il escomptait retirer de ses efforts étaient bien trop juteux pour ça. Non, il devait simplement prendre son mal en patience, attendre, et s'appliquer en faisant passer la pilule quand il le fallait vraiment. Installé confortablement contre un arbre et près d'un buisson, il mirait intensément les pages de ses yeux mal ajustés, le pourtour des orbes ayant prit une couleur noisette dans la luminosité du parc. Il faisait juste assez bon pour qu'il ne souffre pas des lieux, et c'était une bonne chose, car le sujet dont traitait ce damné recueil n'avait rien d'une partie de plaisir malgré l'intérêt qu'il y portait. Sans guère de notion du temps qui passait, absorbé qu'il était, il ne vit pas non plus que l'on s'approchait de lui et n'entendit pas, tout d'abord, qu'on tentait de lui parler. L'ex-Auror n'était pas sourd, mais il n'était pas non plus un dragon de Komodo. En revanche, il était 'bon joueur', aussi, lorsque, par hasard, il releva les yeux pour observer les alentours en s'étirant et aperçu le gosse planté à côté de lui, il eut réellement un bref instant de choc, et son cœur palpitant rata un ou deux battements. Heureusement qu'il avait un livre entre les mains et donc aucune possibilité de le frapper ou de lui infliger un sort, ça aurait été sans aucun doute malheureux de massacrer un étudiant pour une banale frayeur, par simple automatisme.

Déglutissant légèrement, le livre ramené contre son torse, il cligna fortement des yeux en se redressant de son assise, puis expira lourdement. « Excuses acceptées... » On avait pas idée, de s'approcher des gens comme ça, en douce. Rapidement remit néanmoins, il observa la frêle et minuscule silhouette avec un léger doute. C'était une fille ou un garçon, ça ? A l'uniforme il aurait dit un garçon, mais avec un tel visage, il y avait de quoi se poser honnêtement la question. Bon, au pire, l'autre se vexerait, pour ce qu'il en avait à faire, en fin de compte. Qu'est-ce qu'il voulait d'ailleurs ? Le déranger ? Pourquoi pas, si c'était fait de façon intelligente, il n'avait pas de reproches à énoncer… Encore fallait-il que ce soit intelligent cependant, avec les gosses de cet âge, les surprises étaient souvent mauvaises. La demande enfin formulée le fit de nouveau ciller et il se détendit, affichant un léger sourire. « Quel sortilège ? » Bon, un studieux, effectivement, ce n'était pas ça qui allait le mettre en colère. Même s'il lui arrivait de jouer de mauvaise foi, il n'allait pas lapider un étudiant qui désirait s'améliorer, c'était une saine façon d'occuper son temps, et ça ne pouvait que lui être grandement bénéfique, en particulier dans le contexte actuel des choses. L'observant avec insistance, il tâcha de deviner de quelle année il était et de quelle maison. La maison… il y avait des détails sur l'uniforme permettant de l deviner, l'année en revanche… ça pouvait être trompeur, même si à priori, sa jeunesse indiquait un nouveau venu.

« … Lequel ? » Zut, il n'était pas pédagogue lui, ça n'était ni son boulot ni dans ses facilités, alors il voulait bien aider, mais il y avait un gouffre un peu difficile à dépasser. Faisant néanmoins un effort, il se rappela du premier qu'il avait apprit, en 4eme année… « Ah, Experlliarmus, c'est ça ? Tu essayes de prendre de l'avance sur ton programme ? » La question était donnée sans jugement, davantage par curiosité et souci de compréhension que par critique. Il était loin de pouvoir se le permettre, en même temps, lui aussi avait cherché à expérimenter, quand il était jeune, et souvent bien plus audacieusement. Voire catastrophiquement si l'on écoutait certains esprits, comme Caelan. Cela dit, s'il était bien de première année, alors c'était naturel qu'il ait du mal à manipuler ce sortilège. Refermant son propre livre, il le rangea et vint prendre une branche brisée pour servir de cobaye. Il n'avait pas envie de se voir arracher sa propre baguette, et cela préserverait le gosse au cas où il avait encore des réflexes malheureux. Revenant vers lui, il observa le ridicule morceau de bois qu'il tenait entre ses mains, un instant perplexe et perdu… Qu'est-ce que c'était ça exactement ? Il y eut un blanc, le vent siffla entre eux, puis, lentement, son cerveau additionna enfin 2+2. C'était sa baguette ça ? Grand Dieu…

Il lui fallut toute sa discipline pour ne pas en rire, le pauvre gosse ne méritait clairement pas ça. On pouvait attaquer beaucoup de choses, mais la taille de la baguette, non. Il se coucherait moins bête ce soir cependant, il n'avait aucune idée, auparavant, qu'il pouvait y avoir des baguettes aussi courtes. Ce n'était pas 22 centimètres le minimum ? Enfin bon, il demanderait ça la prochaine fois qu'il irait dans un magasin de baguettes magiques… Pas demain la veille donc, mais qu'y pouvait-il ? « Très bien... » reprendra contenance serait une bonne chose. « Tu as un prénom ? Que je ne t'appelle pas indéfiniment 'Hey toi'... » Enfin, s'il supportait de le lui dire, parce qu'à le voir, il avait plutôt l'impression qu'il allait s'évanouir s'il parlait un peu trop fort. Habituellement, il aimait bien titiller les gosses un peu frêle, mais là, il avait carrément peur de commettre un homicide involontaire. Et il se voyait mal expliquer à sa belle brune qu'il avait tué un de ses étudiants en parlant trop fort. Attendant en imaginant vaguement la tête de Nikolaï en pareille situation, il manqua la première réponse à sa question et fut contraint de lui demander de répéter. « Bon, d'accord… Leif. Montres-moi déjà où tu en es, ensuite nous verrons comment faire... » Il se plaça face à lui et lui fit un geste d'invitation.

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8/4/2017, 11:07
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Leif opina quand il fut question de prendre de l'avance sur le programme. Il ne connaissait pas ce dernier par coeur, mais peu lui importait. Il se devait non pas de prendre de l'avance, spécifiquement, mais plutôt de travailler autant que cela lui était possible. Il avait le retard de ses parents à rattraper, et la crainte de n'être pas à la hauteur, et se voir attirer vers la chute dès le premier obstacle. Il se devait d'avoir suffisamment travaillé pour franchir ceux-ci, ou pour avoir le temps de les franchir. Il se devait non pas de réussir, mais d'exceller.

Le regard appuyé sur sa baguette, il le sentit. Ce n'était pas le premier à le regarder ainsi, mais quand même… C'était gênant ! Le marchand l'avait prévenu que sa baguette était petite. À voir les têtes que faisaient les sorciers à chaque fois qu'il la sortait, ç'avait été un euphémisme. M'enfin ! Ce n'était quand même pas siii choquant ! Ils devaient en avoir vu d'autres, non ? Et qu'était une petite baguette dans un monde avec des gobelins, des yétis, et des niffleurs ? Une anomalie, visiblement. Leif avait cru comprendre qu'il y avait des moyens de lancer des sorts sans baguette, il allait commencer à y réfléchir sérieusement, ça éviterait de choquer chaque personne qu'il croisait.
Leif offrit son prénom sans même réfléchir à l'éventualité de le cacher. Lorsqu'il lui fut demandé de répéter, il le fit plus fort, s'imaginant que c'était encore parce qu'il avait parlé trop bas. À Mourmansk, il contournait ces soucis en ne parlant pas aux gens. Ici, ça allait commencer à être problématique également. La liste des apprentissages urgents s'allongea, et sous "sortilèges sans baguette" s'ajouta "un sort quelconque qui permette de parler assez fort sans se faire mal aux oreilles, et sans forcer sur la gorge". Il ne savait pas à qui demander cela, par contre. Il n'avait jamais aimé en parler, et les rares fois où il l'avait fait, cela n'avait pas vraiment reçu de bienveillance en retour.

D'un signe de tête, il indiqua à son professeur opportun qu'il avait bien compris et entendu la demande. Ça pouvait être important. Il ré-ajusta sa posture, prit une bonne inspiration, se remémora le geste à faire, la formule… Et s'exécuta, un peu raidement:

"- Expelliarmus !"

Ah, tiens, cette fois, sa baguette avait fait des paillettes de lumière, en direction de Pavel, mais rien ne s'était passé. Un sourcil haussé, Leif observa à nouveau sa baguette. Et si elle avait juste quelque chose de coincé ? C'était peut-être comme les nez, au final, parfois il fallait pousser un peu plus fort. Ca pouvait attraper un rhume, les baguettes ? Il n'était pas sûr que cela l'aurait surpris. Peut-être avait-il juste mal visé, aussi, et finalement atteint une partie non-armée de Pavel. Leif essaya à nouveau, visant mieux.

"- Expelliarmus ! Hmpf. Expelliarmus !"

Ah ! Là il avait cru voir la main de Pavel trembler un peu, non ? Ou alors le surveillant ne faisait cela que pour lui faire plaisir, ou c'était un tic qui n'avait rien avoir avec le sort lancé. À ce propos, il espérait que ses précédentes "tentatives" n'avaient, au final, rien provoqué. Car elles avaient bien produit ces effets lumineux qui témoignaient de la présence de la magie. Avec un faible sourire, il demanda à M'sieur Vetrov:

"- Euhm. Tout va bien ?"
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9/4/2017, 11:50
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Plus patient qu'à son habitude, le prince se contenta de l'observer durant les quelques minutes qu'il prit pour se mettre en condition, tâchant de se souvenir qu'il ne s'agissait que d'un première année, et au vu de son attitude, d'un total néophyte en magie. Un peu comme lui à son âge en somme, ça aurait été le corbeau se moquant de la corneille, s'il avait osé le bousculer pour le faire abréger l'attente qu'il subissait. Fronçant légèrement les sourcils, il le mira avec une critique qu'il tenta de dissimuler au mieux, ne souhaitant pas le mettre mal à l'aise. Il était naturellement mieux luné avec les garçons, de façon générale, et même si ce genre de gosses n'était pas son préféré, il n'en restait pas moins que c'étaient eux qui avaient, entre tous, réellement besoin d'un peu de protection. Cette petite chose était assez frêle pour se briser au premier coup de vent, et si son uniforme d'école dissimulait en partie la chose, l'angle osseux de ses joues et de son cou de brindille laissait tout de même supposer une certaine malnutrition, tout comme la teinte de ses cheveux, sensiblement dépourvu de lustre. Bien évidemment, il pouvait se tromper, il y avait toujours la place à un défaut d'observation, mais si on y ajoutait sa façon d'être, il était évident qu'il ne venait pas d'une classe sociale élevée. Avant son arrivée à Koldovstoretz, il n'avait sans doute jamais mangé à sa faim, bien qu'assez pour survivre dans le climat rigoureux et impardonnable de leur pays. Vaguement, il se fit la remarque que lui-même ne savait absolument pas ce que ce gosse avait pu vivre avant d'arriver ici, ne serait-ce que la sensation de mourir de faim…

La petite voix le sortit de ses pensées, et le voir faire lui arracha un petit sourire, bien qu'il se passa de tout commentaire, attendant simplement. Quoi donc d'ailleurs ? Un signe de la part du gosse sans doute, un indice qui lui dirait que c'était précisément le moment pour lui d'intervenir. La question tomba finalement, et il ne pu s'empêcher d'afficher une expression amusée quoi que dubitative, sourcils relevés tout comme le coin d'une lèvre, le regard pétillant et expectatif. Il cherchait le sens de la vie là ou quoi… ? « Oui, je vais très bien, merci… » Lui par contre, il avait vraiment l'air de ne pas s'en sortir, mais le prince commençait à se demander s'il s'agissait juste d'un problème de technique, ou si la cause de son manque de résultat se trouvait ailleurs. Finalement, il n'y avait qu'une seule façon de le savoir : s'il réglait les défauts purement théorique, et que son incapacité persistait, alors cela voudrait dire que la cause était ailleurs. De nouveau, il lui demanda d'essayer de le désarmer, puis hocha la tête devant le résultat, peu étonné, mais ayant tout de même voulut vérifier ses premières impressions. Se rapprochant, il se posta à la droite du gosse, posa sa main rêche sur la sienne et lui fit sensiblement changer sa prise sur le morceau de bois, toujours déconcerté par sa taille. Peut-être était-ce là une autre raison qui l'empêchait d'user correctement de la magie ? Il n'était pas spécialiste pour pouvoir l'affirmer ou l'infirmer. Une fois que sa prise lui sembla plus correcte, il le guida dans le geste, lui conseillant de se détendre, plutôt que d'avoir l'air d'un manche de balais.

« Il faut également que tu prononces plus distinctement, et plus fort. Une grande partie de ce qui te permet d'user de la magie, c'est ton assurance, ta détermination à le faire et la clarté de ta pensée »

Comment lui expliquer quelque chose comme ça ! Lui-même n'avait pas comprit quand on lui avait esquissé le même concept, c'était venu progressivement, et naturellement… Comment mettre des mots sur ça ? Et en même temps, le gosse avait le temps d'apprendre. Beaucoup de temps, s'il se contentait d'une scolarité sans travers et sans problèmes, et pourquoi en aurait-il d'ailleurs, en se faisait assez discret il passerait inaperçu à côté d'autres élèves plus agités et voyants.

« Ressaye une fois pour voir ? »

Il se remit face à lui, proche néanmoins, pour lui permettre de viser sans mal, à bout portant. Néanmoins, juste avant qu'il ne le fasse, Pavel l'arrêta une nouvelle fois, réfléchissant. Penchant un instant la tête sur le côté, très légèrement, il finit par lui demander, avec perplexité :

« Avant d'être scolarisé ici, tu as été dans une école ? Tes parents ont pu te l'offrir ? Apprendre à lire, écrire… »

L'autre ne verrait sans doute pas immédiatement la relation entre les deux, mais lui le voyait pour deux. La diction du jeune homme était catastrophique, et si les bases n'étaient pas là, cela ne l'étonnerait même pas que le reste ne suive pas, ou pas correctement.


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17/4/2017, 19:19
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Ç'aurait été hypocrisie de ne pas le reconnaître: Leif aimait bien être le sujet de l'attention des adultes. En tout cas, des adultes de Koldovstoretz. Parce que les pêcheurs de Mourmansk, il s'en passait vraiment bien. Mais qu'un sorcier veille personnellement à ce qu'il parvienne à ses fins, qu'il parvienne à faire quelque chose de nouveau… C'était sa sucrerie à lui. De la bienveillance gratuite à son égard, un met fort délicat.
Alors la rugosité de la main de Pavel, n'avait pas d'importance. Ce qui comptait, c'était qu'il soit en train de s'occuper de lui, et ce qu'il disait. Malheureusement, Leif eut la sensation de très bien comprendre ce que l'on attendait de lui. Déjà , parler plus fort. Un sacrilège, et une vraie douleur. Mais si c'était un sorcier qui le demandait, ce n'était pas pareil. Cela revêtait une nouvelle importance, plus impérieuse encore que si ç'avait été un livre, ou une pensée. Il n'allait tout de même pas décevoir Pavel ou, pire, donner l'impression qu'il se refusait à suivre ses conseils. Les lèvres mordues, Leif essaya de se rassurer en se disant que ce n'était qu'une étape, que plus tard il ne serait pas dans l'obligation de s'écorcher ses jolies cordes vocales, et son soyeux tympan. D'un mouvement de tête, il indiqua qu'il avait bien entendu et compris les corrections qu'il y avait à faire. La détermination, l'assurance, la clarté… Pour le balai, en revanche, ç'allait être plus compliqué. Pas qu'il n'eut pas saisi la demande, mais même après s'être essayé à une attitude plus adéquate, l'apprenti sorcier semblait juste avoir trouvé une nouvelle position pour balayer. Avec un peu de chance, cela lui serait utile dans de prochains cours de Vol !

Pavel était revenu face à lui, lui avait demandé de ré-essayer. Les lèvres rendues pâles par la morsure, l'élève de la situation commençait à appréhender, sans même le réaliser. Des peurs secrètes naissaient; celles de ne pas y arriver, de décevoir l'adulte face à lui, d'avoir une quelconque maladie magique… Allez. Il connaissait le mot. Il savait comment forcer sa parole, était prêt à la maintenir. Assurance, détermination… S'il imaginait qu'il désarmais un ennemi des lapins plutôt qu'un surveillant amical, cela passerait peut-être mieux. Oui, il allait y mettre cette émotion. Clarté de pensée… Beuh, elle était très claire, sa pensée ! Il allait le désarmer, et il allait le réussir maintenant !
Le coeur gonflé de la détermination à n'avoir à user de sa voix qu'une fois, l'image mentale du Pavel désarmée s'ajoutant à l'envie poignante de réparer une injustice, Leif était prêt. Ses muscles ses bandèrent, sa gorge se serra, et…

Et il fut interrompu dans son élan. Surpris, mais n'en tenait pas rigueur, Leif essaya à nouveau de détendre des muscles bien trop crispés pour une conversation, les remuant un peu. Son expression était au déconcerté, surpris, et perplexe à son tour.

"- Euh, oui… Enfin, c'était une école de campagne…"

Une école toute "neuve", bien que tout ce qui habitât le port eut l'air vieux et dégradé avant même de naître. Une école faite à la hâte, qui mélangeait les élèves de tous niveaux, et s'organisait comme chacun le désirait. Leif avait pu louper des classes par simple envie, sans que la professeure en prenne ombrage. Cela l'arrangeait: son père était attaché à bien des idéaux concernant l'école, et n'aurait sans doute pas compris que l'on puisse préférer apprendre par soi-même, avec un livre ou avec une longue balade, plutôt qu'assis sur un banc entre deux camarades trop "taquins".

"- … J'ai aussi beaucoup appris seul. Je lis beaucoup. Et je pense avoir le niveau que la Russie de jadis aurait attendu de quelqu'un de mon âge. En sciences, en géographie, lettres…"

Il n'avait pas vraiment suivi les histoires de réformes qui avaient bousculées ces dernières années, changé leur professeure et leur "programme". Il avait vaguement le souvenir d'un repas où son père, armé de sa fougue habituelle, tentait de vanter les mérites de ces dernières réformes. "Il n'y a pas de programme ! C'est ça le programme !". À partir de ce moment-là, Leif s'était davantage intéressé à son assiette plutôt qu'aux dires paternels, à sa tirade sur les méfaits d'un programme, un artefact du passé, dans un monde qui se mouvait, et l'inadaptation intrinsèque d'un plan à un enseignement. Sans doute… Des histoires d'adulte, tout ça. En tout cas, il n'aurait su s'évaluer par rapport aux autres russes de son âge, désormais. Seule son entrée à Koldovstoretz lui avait confirmé, dans quelques matières, qu'il possédait les connaissances nécessaires.

"- Enfin, je n'ai pas eu de souci dans les cours, pour le moment. Pourquoi ?"

L'idée qu'un enseignement plus poussé ait pu lui être nécessaire l'effleura à ce moment-là. Il se souvint de ces livres où les riches avaient des maîtres attitrés, et bien plus de domaines à étudier qu'eux. Il se souvenait aussi de la façon par laquelle son père évoquait les riches, avec le fiel d'un homme jaloux. N'était-ce pas pour leur ressembler qu'il oeuvrait si dur ? Encore une logique qui avait échappée à son rejeton. S'ils avaient été soudain frappés de cette maladie qu'était la richesse, Leif était persuadé que son père l'aurait tout de même envoyé dans son école boueuse, pour ne pas être vu comme un -comme un quoi, déjà ? ah, oui- "social-traître". Mais qu'aurait-il fait de ses sous, alors ?
Leif ne savait pas même, encore, ce que lui ferait sorti de l'école. Sa vie serait meilleure que celle de ses parents, il en était sûr. Mais à quoi ressemblerait-elle ? S'il était aisé, qu'allait-il faire ? Il concevait difficilement une existence sans le souci de parvenir à se nourrir. Il ignorait comment vivait le commun des sorciers en ce monde. Cela viendrait, sans doute… Mais il ne fallait pas compter sur un cours pour cela.
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30/4/2017, 23:12
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Dire qu'il était surpris et perplexe aurait été loin en dessous de la vérité, il était littéralement ahuri, mais refusait de le montrer. Il semblait qu'il ait manqué un épisode, durant ses années aux States, puis en exile… Il y avait des écoles publiques pour tous à présent ? Voilà… au moins quelque chose qu'il pouvait rendre aux rouges, même si cela lui faisait mal. Le type qui avait décidé de créer des écoles pour tous était un visionnaire tel qu'il en existait peu en Russie. Est-ce que cela marchait vraiment, par contre, il ne savait pas, et il ne savait pas non plus où ils avaient trouvés les nombreux professeurs pour pouvoir enseigner toutes les matières élémentaires…

« De campagne ? » Le gosse faisait sonner ça comme si ce n'était rien du tout, ne se rendant absolument pas compte à quel point l'avancée était majeur. Les campagnes étaient souvent les laissés pour compte, dont on s'occupait en dernier, quand on s'en occupait tout court. Et là, on lui annonçait de but en blanc que quelqu'un avait décidé de créer une école justement pour la campagne ? Il réprima un ricanement nerveux et désabusé, pour éviter de le crisper plus qu'il ne le sentait. Le pauvre gamin avait déjà l'air d'être aussi raide qu'un piquet, et aussi à l'aise qu'un axolotl la première fois qu'il était sortit de l'eau. C'est à dire pas du tout. Il était mignon, en fin de compte, touchant, et le prince déchu ne pu que se passer une main sur le vissage pour cacher un instant l'air affectueusement blasé qu'il arborait et qu'il aurait sans doute du mal à expliquer. Cette petite chose était aux antipodes de sa propre personne : optimiste, croyant au meilleur du monde…

« Vraiment ? » demanda-t-il doucement « Tu penses que tu n'aurais pas fait honte aux générations antérieurs alors, elles auraient été fières ? »

C'était avec une curiosité fascinée qu'il l'interrogeait, attendant de connaître la suite de l'histoire comme s'il s'était agit d'un conte de fées. Le gosse ne s'en doutait pas un instant, mais il lui offrait un répit de bien sombres pensées… Une bouffée d'air frais inattendu, mais pour lequel il était reconnaissant sans la moindre forme d'hypocrisie ou d’ego.

« Tu ne sais vraiment pas ? »

Il n'y avait rien d'agressif dans la question, peut-être simplement un semblant de lassitude et de regret. L'observant un moment, il finit par s'asseoir sur une racine assez large pour cela, coudes sur les genoux, avec un léger soupire. Instinctivement, il contracta sa main droite, celle qu'il avait un jour blessé dans la poursuite d'un sorcier que le MACUSA voulait mettre derrière les verrous. On lui avait toujours dit qu'il s'agissait d'une douleur fantôme, ce tiraillement, comme si la pièce de métal était encore plantée dans sa chair et que son corps avait guérit autours plutôt que sans elle.

« Il y a une quinzaine d'années, il n'existait pas d'écoles dans les villes, encore moins les campagnes. Avant ta naissance, seuls les enfants de la bourgeoisie et de la noblesse avaient une éducation, et encore était-elle très différente, je pense, de ce que tu m'évoques. Cela faisait peu d'enfants bénéficiant de ce genre de choses… C'est pour ça que ça me surprend. Tu imagines la chance que c'était, de savoir lire ? »

Un léger rire lui secoua les épaules et il secoua la tête, laissant le son chaud mourir lentement dans son exhalaison. Se reprenant, ne voulant pas commencer à haranguer, il se releva vivement et lui fit un signe d'invitation de la main.

« Aller, désolé de t'avoir déconcentré. Va y ! Je suis certain que tu vas y arriver cette fois ! Prononce bien fort et distinctement surtout »


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6/5/2017, 22:33
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Oui, de campagne. Oyant le questionnement, Leif se rappela qu'effectivement, ce n'était pas l'évidence pour tout le monde. Tout le monde ne s'appelait pas Parov Loshav, ne défendait pas les joies du communismes à qui voulait l'entendre, à toute heure du jour et de la nuit, comme on prêche une bible nouvelle. Si Pavel ne partageait pas ces idées, son élève ne voulait l'ennuyer avec des sujets qui le mettraient de mauvaise humeur - et ce, dans leur intérêt commun.
Déstabilisé plus encore qu'auparavant, Leif avait non seulement oublié le sort et les conseils qui lui avaient été donnés, mais il ne savait pas non plus où se positionner du point de vue de la conversation. Pavel se montrait doux, curieux, là où les autres adultes qu'il avait connu étaient vindicatifs, leurs voix blessant les fragiles oreilles du pâle garnement. Alors, devait-il dire la vérité, mentir ? Dire ce que son père aurait dit, ou l'inverse ? Concrètement, il ignorait autant ce que le surveillant voulait entendre que ce que lui pensait véritablement. Cela se voyait à son air perdu, cela s'entendait à sa… son…

"- Euh-bah-je-euh-c'est que…"

Élocution ? Choix de mots ? Ces derniers refusèrent de venir, Leif estima qu'il valait mieux qu'il ferme sa bouche. À la demande de confirmation, il secoua négativement la tête. Dans l'attitude du surveillant, il avait dû y avoir un subtil indice murmurant qu'il allait en recevoir des explications, comme un second cours superposé au précédent.
Etrangement, il n'y fut pas moins attentif. Pavel ne lui apprit rien qu'il n'avait su, néanmoins. Seulement, pour l'enfant, quelques années étaient comme une éternité, à l'échelle de sa petite vie, là où tout paraissait encore neuf à l'adulte. À moins que… À moins que le monde des sorciers fut à ce point scindé de celui des moldus pour que Monsieur Vetrov n'ait pu sentir le changement et s'y habituer, comme Leif l'avait fait. L'élève jeta un coup d'oeil à sa baguette, comme si elle allait lui indiquer ce qu'il en était. La baguette n'ayant point développé des visage, elle ne s'exprima point sur le sujet. Ou alors cela signifiait qu'elle s'en moquait éperdument. Égoïste bout de bois.

Il fut question de reprendre où ils s'étaient arrêtés. Leif eut l'impression que son esprit venait de sortir du monde tout doux des pensées pour tomber comme un sac dans son corps, avec le devoir oublié d'en tenir les rênes. Être ici et de cette façon lui parut peu naturel, l'espace d'un instant. Dès qu'il fut à nouveau habitué, il reprit sa position, celle de sa main sur sa baguette, reprit l'état d'esprit qu'il avait tâché de travailler précédemment. Il se prépara mentalement à l'inconfort, voire la douleur, qu'il allait infliger à ses oreilles et cordes vocales. Pour la bonne cause. Il fallait désarmer ce vilain Monsieur Vetrov !

"- Expelliarmus !"

Giclée d'étincelles, lumière rouge, bruit de bois retombant au sol… Leif rouvrit les yeux. La fierté vint envahir son petit coeur de jeune homme, si sensible à ce sentiment. Alors la douleur valait le coup, et partait loin derrière lui. Un doux sourire sur les lèvres, et rejoignit la baguette tombé en quelques bonds, avant de la tendre à Pavel.

"- Pensez-vous que j'aurais dû ne pas aller à l'école ?"

S'il avait posé la même question, juste avant son sort, sa voix aurait été, assurément, malhabile et inquiète. Désormais, elle portait la même curiosité que celle qu'avait eu le surveillant peu auparavant, le trouble s'était écarté. Au fond, que ce soit bon ou non, que ses ancêtres, ou que les ancêtres des autres, soient fiers ou non de lui… Cela n'avait pas d'importance. Même ses tant adorés ancêtres Sames pouvaient bien dire ce qu'ils voulaient de l'école de Mourmansk, il s'en moquait. Il y avait été. Désormais, il était dans une école bien meilleure, et qu'il se refuserait à quitter, même pour toutes les hontes du monde, pour tous les désaccords politiques du monde.
Il était même prêt à se battre pour y rester.
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21/5/2017, 18:11
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Cette fois, il tâcha de ne pas l'interrompre et resta là, le morceau de bois dans la main, à attendre que le gosse lance enfin son sortilège. Avait-il déjà précisé qu'il n'était pas patient du tout ? Parce qu'il ne l'était effectivement pas. Patient. Il était plutôt du genre à vouloir voir les choses faites là tout de suite et sans attendre. Au moins lorsqu'il s'agissait de la vie de tous les jours, aussi avait-il du mal à concevoir que l'exercice ne puisse, justement, pas être 'tous les jours' pour le petit bout d'homme qu'il avait en face de lui. Puis enfin, dans la délivrance, le sortilège fut lancé, et avec plus de succès qu'il ne se l'était imaginé. Le bout de bois qu'il avait prit pour faire un semblant de baguette lui fut arraché des mains et tomba au sol, pas loin certes, mais il ne se trouvait plus dans sa poigne et pour une première fois, c'était déjà un beau résultat. Souriant, réellement appréciateur de l'effort, il se pencha pour venir récupérer la pseudo-baguette en laissant le temps à Leif de se remettre de ses émotions. Pourquoi pensait-il qu'il en avait besoin ? Parce que le gosse avait l'air d'être du genre émotif tout simplement et qu'il n'avait pas envie de le voir mourir sous un trop plein de sentiments. Ça serait tout de même malheureux. Pourtant, à la question qu'on lui posait, le prince déchu ouvrit grand ses yeux disgracieux en l'observant avec surprise, et peut-être aussi un peu de souci… est-ce qu'il était plus amoché qu'il ne l'avait pensé ? Ça lui avait retourné la tête ? Un simple sort comme ça ?

« Hein ?  »

Bravo Pavel, réponse parfaitement intelligible, digne de ton bagou habituel. Mais ça représentait bien son état d'esprit à l'instant T. Un ange passa, suivit d'une boule de foin broussailleuse, puis enfin, alors que l'ancien auror s'attendait presque à entendre les criquets crisser en arrière fond, il parvint à se reprendre et à traduire la question en des termes compréhensibles par son esprit. Il doutait à cause de ses questions ? Ah elle était bien tombée celle-là ! Et lui qui, au demeurant, était un homme passablement sans foi ni lois se retrouvait soudain à s'en vouloir d'avoir provoqué pareille pensée. Magnifique effet psychologique ! Parfois, il ferait sans doute mieux de fermer sa grande gueule et tourner sept fois sa langue dans sa poche pour éviter de provoquer ce genre d’incidents.

«Non ! Bien sûr que non je ne pense pas ça  » Bon c'était un peu véhément. Il n'était pas mort ? Non, parfait, ouf. Se massant un instant la nuque, il eut un coup d'oeil désolé et désabusé dans sa direction, avant de reprendre plus doucement, plus tranquillement, se remettant de ses propres émotions.« Au contraire. C'est bien de propager l'éducation, d'apprendre aux enfants à penser par eux-mêmes, à découvrir le monde… à pouvoir aussi sortir de leurs conditions de naissance  » Un sourire plus doux lui vint aux lèvres. « C'est une excellente chose oui… Et j'aimerai bien que tous les gosses rassemblés ici le comprenne et sachent à quel point ces années sont importantes. Peu le font, c'est pour ça que j'étais si surpris de te voir me demander de l'aide…  »

Oui, en fin de compte, tous ces adolescents qui se sentaient enfermés, qui ne s'intéressaient pas aux cours, qui ne vivaient que pour la dramaturgie stupide et vaine qui caractérisaient les esclandres de ces nouvelles générations… tous ceux-là, ils étaient réellement des cas perdus. Ils n'auraient pas dû bénéficier de tout ce savoir, même si certains finissaient tout de même par s'améliorer après coup. Avec un froncement de sourcils amusé, il pencha la tête sur le côté, l'observant avec curiosité. « Tu es heureux d'être ici n'est-ce pas ?  » Il hésita un instant, puis, contre toute logique, ajouta : « Si tu as besoin d'aide à l'occasion n'hésites pas à venir me voir… si je ne suis pas de service je t'aiderais sans problème  »


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