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Panser les plaies, penser l'après | Alexandra Ivanova

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23/4/2017, 18:43
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2 mars 1930

Le Patriarche ne savait pas exactement combien de temps il avait passé dans cette salle d’attente en espérant qu’on vienne enfin lui dire qu’Alexandra était sortie d’affaire. Un instant, il se demanda si elle n’était pas décédée et qu’aucun médecin n’osait venir lui dire, par crainte de l’Ivanov. Il infiltra l’esprit des médicomages, un à un, captant leurs préoccupations présentes. Sa fiancée avait l’air de s’en remettre mais réclamait qu’on prenne soin d’elle de façon urgente. Nikolaï serrait les dents. Quand il pensait que Raspoutina avait bien failli la tuer par empoisonnement. Il était révolté, bien que son masque de dignité cache ses émotions. En son for intérieur, il bouillonnait d’incompréhension nocive. Leur leader avait des idées auxquels l’Ivanov adhérait pleinement, mais il ne pouvait pas fermer les yeux sur la dégradation que subissait sa famille. Il y avait d’abord eu sa fameuse promotion au poste de directeur. Être à la tête de la prestigieuse Koldovstoretz était l’ambition de bien des hommes, mais pas de quelqu’un comme Nikolaï.

Sa présence politique était intense à la Douma et avait pris une très large ampleur au fil des années notamment lorsqu’il fut en charge de la gestion des crise nationale du monde magique russe. Un bon nombre de catastrophes avaient été évitées par son sang-froid et sa capacité à rebondir dans toutes les situations urgentes. Il s’était fait une place, tel son père avant lui et si Raspoutine n’avait pas pris la tête de la Douma, il y avait fort à parier que la Russie aurait eu Nikolaï pour premier ministre. Sa nomination à Koldovstoretz était à la fois un moyen de l’écarter politiquement et de s’assurer que l’armée russe soit préparée avec soin et sans bavure. C’était malin et très stratégique de la part de Raspoutine et les deux hommes le savait aussi bien que l’autre. Néanmoins, ça n’avait pas été perçu comme une dégradation par Nikolaï qui voyait là un moyen de préserver sa vie. Le russe se savait être un homme dominant et son poste dans les Hautes Administrations ne lui aurait jamais suffi. Il aurait fini par aspirer à de plus grandes responsabilités et à se dresser follement contre son leader pour prendre sa place.

Koldovstoretz était une maison de vacances pour lui. Ce qui s’y passait était très simple à gérer. Trop simple. Cela manquait de challenge et Nikolaï savait qu’il ne se satisferait pas de cette place très longtemps. Combien de temps avant qu’il craque ? Moins qu’il le prévoyait si Maria continuait dans cette voie. Non heureuse de l’avoir écarté de la gloire et du pouvoir, la famille Raspoutine se plaisait à vouloir tuer les siens. Il ne le permettrait pas très longtemps. Surtout lorsque la cible était aussi proche de lui. Alexandra, sa cousine, serait bientôt son épouse et la mère de ses enfants. Il ne pouvait pas encaisser l’affront sans rien dire. Si cela venait à se reproduire… Il n’était pas à exclure que la famille Ivanov change de camp. Et Raspoutine le savait très bien, sa famille s’était toujours accommodé du plus offrant alors… A quoi jouait-il ? S’il ne muselait pas rapidement sa fille, il risquait de voir partir à la concurrence l’imposante famille politique et avec elle, bien des partisans à la Douma. C’était un pari risqué et Nikolaï s’intriguait du lendemain. Raspoutine avait-il prévu de le tuer ?

Il poussa un soupir et leva la tête lorsque d’un guérisseur vint à lui pour l’informer que l’empoisonnement était résorbé et ses blessures soignées. La patiente avait besoin de repos. Nikolaï eut droit de la voir. La jeune femme, étendue sur un lit, avait les yeux ouverts mais visiblement sous sédatif. Le Patriarche tendit une main pour caresser d’un geste tendre la joue de la jeune femme : « C’est fini, Sasha. Ça va aller. » souffla-t-il avant de la voir sombrer sous le joug des médicaments. Il resta près d’elle quelques minutes, pensées amères en tête. Il n’aimait pas cette situation inconfortable. Une discussion avec Raspoutine devait être envisagée, dusse-t-il y perdre la vie. Il ne pouvait pas simplement fermer les yeux là-dessus.  Il quitta l’hôpital ce jour-là, la laissant récupérer avant de revenir deux jours plus tard. Alexandra était réveillée et on lui avait appris par hibou qu’elle s’alimentait. Le gros de la crise était passé et elle pouvait être confinée à domicile quelques jours, le temps de la convalescence.

La chambre était blanche, saine, propre. Vêtu d’un costume noir, il faisait tâche dans cet univers de pureté et de soins. Il n’aimait pas l’endroit. Plus jeune il avait passé ici de nombreuses semaines à hurler le martyr avec l’incident de son bras, sans que personne ne parvienne à apaiser sa souffrance. Tant de médecins, d’alchimistes s’étaient bousculés à son chevet. En vain. Il n’était pas à l’aise ici, il s’entendait encore crier entre quatre murs. Elle était assise dans son lit, le dos droit pour ses examens lorsqu’il entra dans la pièce. Personne n’osa le mettre dehors. En silence, il se tenait debout, à deux mètres du lit, patientant que le personnel médical termine, port altier, stature royale. Prunelles baissées sur elle, il la mirait droit dans les yeux, comme il le faisait très souvent, aucune expression ne venait briser le marbre de son visage. Il la vit rougir. Qu’avait-elle ? Gênée ? Amoureuse ? Il n’en avait pas la moindre idée et dans les deux cas, il concluait qu’elle était intimidée : cela ne le dérangeait pas. On annonça qu’elle pouvait quitter l’hôpital et qu’on allait lui apporter son dossier avant de quitter la pièce. Il resta seul avec elle.

« Je ne suis pas venu te voir depuis que je t’ai conduite ici, pardonne-moi. Je n’aime pas tellement l’endroit. » Pas plus qu’il n’aimait les chaudrons et les potions. Et Alexandra avait passé beaucoup de temps à se reposer, il n’aurait fait que troubler sa guérison. Il baissa les yeux sur son elfe de maison derrière lui, qui tenait une boite cartonnée qui faisait la moitié de sa taille. Il la posa sur le lit, sur les jambes de la jeune femme. « Je t’ai apporté une robe. On va rentrer à la maison pour que tu te reposes. » L’elfe disparut dans un ‘pop’ sonore. L’habit était aussi bleu que ses yeux, clair pour la sortir du deuil où il l’avait plongée. Il l’avait prise parce qu’elle était simple, confortable et élégante pour sa convalescence. Il vint s’asseoir sur le rebord du lit, près d’elle. « Je ne tolère pas ce qu’elle t’a fait. Je ne me contenterai pas de me taire, je ne suis pas un homme qui se cache et qui courbe l’échine, Sasha. Est-ce que tu comprends ce que cela veut dire ? » Nikolaï serra les mâchoires. Cela voulait dire que ça pouvait très bien mal tourner pour lui. Il était un politicien, il savait mener une entre-vue, mais il n’était à l’abri de rien et certainement pas de sa propre mort.

« Mon frère benjamin viendra à toi si le danger se fait trop grand. Je veux que tu le suives, Sasha. La Russie ne sera plus sûre pour aucun Ivanov. Surtout pour toi. Maria... » Il sembla chercher ses mots : « Maria est une femme aussi obstinée que moi. Elle n’abandonnera pas tant qu’elle ne t’aura pas éliminée. » Sauf si son père parvenait à la recadrer et c’était précisément ce qu’il allait tenter de négocier avec son Maître, au risque que le vent tourne.
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Alexandra I. Ivanova
Elève à Koldovstoretz
Né(e) il y a : vingt-trois ans
, à : Saint-Pétersbourg
, mes proches me surnomment : Sasha
et pensent que je ressemble à : Margot Robbie.
Actuellement je suis : fiancée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : à la défense magique.
, aujourd'hui je travaille en tant : qu'élève à Koldovstoretz.
Sans le cacher je soutiens : la Main Noire.
J'ai rédigé : 398
parchemins, et récolté : 14589
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : Blondie (avatar) + cheap thrills (sign).
Dans la vie, je suis aussi : Maria G. Raspoutina, Kathleen M. Goustov.
Ma baguette est faite en : Palissandre des Indes et son coeur est en écaille de Zmey.
Mon niveau de combat est : 3.


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23/4/2017, 22:27
       
panser les plaies, penser l'après

   
-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

RETROUVÉE A MOITIE MORTE DANS LES CACHOTS DE L’ÉCOLE, ON M'A ENVOYÉ A L’HÔPITAL POUR ME SOIGNER. MA MISÉRABLE VIE MERITE-T-ELLE QU'ON ESSAYE DE LA SAUVER ? NON JE NE CROIS PAS. LAISSEZ-MOI PERIRE DANS MON COIN.
Cela faisait maintenant plusieurs jours que le corps meurtri de l'adolescente reposait dans un lit d'hôpital à Patriarkh. Inconsciente le premier jour, sédatée par la tonne de traitements qu'on lui avait injectés. Elle n'avait aucun souvenir de ses premières heures, à vrai dire, elle ne se réveilla qu'au deuxième jour de son hospitalisation, à moitié dans le cirage. Des ombres diffuses semblaient se presser autour d'elle. Des murmures incompréhensibles, des jeux de lumière, des odeurs désagréables. Une main se posa, apaisante, sur son front moite. Sa bouche était entrouverte, sèche comme un désert africain, un discret râle s'en échappait. Les premières heures qui suivirent son réveil furent les plus douloureuses. On l'aida à se redresser dans son lit. Le premier visage qui lui apparut fut celui de l'infirmière, une grosse femme aux origines asiatiques qui avait un énorme chignon planté sur le crâne et dont les sourcils avaient une épaisseur impressionnante. Pourtant cette femme avait un petit quelque chose de charmant, peut-être était-ce ce regard si doux qui la rassurait. Elle était seule dans cette ... chambre. Alexandra, dont le champ de vision s'était élargi au fil des minutes, observa l'environnement dans lequel on l'avait transporté. Sa chambre, elle ne la partageait avec aucun autre patient, elle était seule. Les murs aussi immaculés que le sol, la pièce était épurée à son maximum, il n'y avait qu'un lit, une chaise, une table de chevet et un paravent. L'infirmière était occupée à lui préparer un breuvage fumant aux volutes verdâtres, la jeune femme observa son visage dans un miroir qui était accroché au mur. Qu'est-ce qu'elle faisait pitié à voir. Elle posa une main sur sa joue, creusée par ses nombreuses heures de nourriture artificielle, des cernes discrètes s'étaient immiscées sous ses prunelles. La russe continua de s'examiner en retirant les draps blancs qui recouvraient ses jambes. Elle portait une chemise d'hôpital blanche qui s'arrêtait à ses genoux recouverts d'hématomes en voie de guérison, là, sur la cuisse qui avait perdu de sa masse musculaire, trônait toujours fièrement mais plus discrètement, le bleu offert par le coup de ceinture de son cousin. Elle passa son index dessus pour le caresser, perdue dans ses pensées pendant quelques secondes. Nikolaï.

On toqua à la porte, des médicomages se pressaient à l'intérieur, sans se présenter. Ils étaient trois, l'un d'entre eux devait être un étudiant, il semblait l'avoir déjà vu quelque part. Le groupe d'hommes ne lui adressa pas la parole, ils examinaient avec attention le dossier de leur patiente. Alexandra leva les yeux au ciel puis détourna son regard, c'est là qu'elle aperçut un sac posé sur la table de chevet, à côté d'elle. Elle s'en empara et l'ouvrit. Des sous-vêtements, laissés probablement par une mère trop pressée pour lui laisser un mot, et une épaisse paire de chaussette en laine. Un sourire s'afficha qui s'étira à son maximum. Avant que l'infirmière ne se retourne vers elle, la jeune femme recouvrit ses pieds dont les extrémités étaient marbrées, signe d'une mauvaise circulation sanguine. La chaleur se diffusa rapidement une fois les chaussettes enfilées, un sourire satisfait apparut. L'infirmière l'interpela de sa voix douce en lui tendant le breuvage qui puait la vieille charogne. Ses doigts prirent possession de la soucoupe dans lequel baignait le liquide. Elle le huma, une grimace de dégoût s'afficha lorsque l'odeur nauséabonde atteignit ses cellules olfactives. C'était affreux, s'attendaient-ils réellement à ce qu'elle boive cette immondice ? Le regard sérieux de l'infirmière se posa sur elle. Alexandra déglutit avec difficulté, elle ressemblait trait-pour-trait à un cocker. C'est avec une certaine résignation que la sorcière avala la potion, qu'elle faillit vomir à la première gorgée.

On lui demanda de s'asseoir au bord du lit, ses pieds pendaient dans le vide et se balançaient légèrement d'avant en arrière. Elle se sentait beaucoup mieux, depuis quelques heures. Elle avait avalé quelques cuillères de son repas, au goût infecte. Là, un médicomage était en train de l’ausculter, tout en dictant ses observations à son collègue et au stagiaire. La belle sentait ses mains froides sur son dos dénudé. Il pressait ses doigts crochus sur certains endroits encore très douloureux, elle se crispa. Évidemment, elle ne décrochait aucun mot de son vocabulaire médical, elle se laissait faire, sans rien dire, sa gorge la brûlait encore trop pour qu'elle ne puisse parler. A nouveau, quelqu'un toqua à la porte. Il entra dans la pièce, imposant, royal. Nikolaï lui adressa un regard des plus glacial, pour ne pas changer. Il se plaça dans un coin de la pièce en attendant. Son visage se mit à rougir fortement, elle dû détourner son regard du sien, trop gênée. Ses mains se refermèrent sur sa tunique d'hôpital, elle la tira sur ses genoux. Les médicomages, à la vue du nouveau arrivant, bredouillèrent quelques paroles hasardeuses puis se hâtèrent de terminer leur examen, il referma le dos de la chemise qui était encore nu, ses côtes et sa colonne vertébrale ressortaient de façon importante malgré la posture droite qu'on lui avait demandé de prendre. Les trois hommes s'éloignèrent, l'infirmière sur leurs talons. Ils murmurèrent quelques paroles au patriarche de la famille Ivanov puis quittèrent la pièce, laissant Nikolaï et sa fiancée seuls dans la chambre.

La sorcière eut un mouvement de tête à l'intension du nouvel arrivant, en signe de salutation. Gênée, elle se mit à regarder ses pieds qui pendaient toujours dans le vide, à quelques centimètres du sol. Ses premières paroles à son intention exprimaient des excuses pour ne pas être venu avant. Alexandra eut un haussement d'épaules, qu'elle regretta car une douleur lancinante lui traversa le dos. « Merci d'être venu » Glissa-t-elle, d'une voix cassée, un poils enrouée. Son elfe de maison apparut derrière lui. Il contourna son maître, les mains chargées par une boîte trop grande pour ses petits bras, il alla poser le cadeau sur les genoux de la sorcière. Il disparut après avoir accompli sa tâche. Étonnée, intriguée, elle observa alternativement ce paquet qui semblait tout droit sorti d'une boutique chic et le visage toujours neutre de Nikolaï. Tandis qu'elle ouvrait le paquet, qu'elle continuait de l'écouter parler, ses yeux ébahis découvrirent une jolie robe pliée au fond du paquet. Le fond de ses prunelles s’illumina. Ses doigts vinrent caresser le tissu. Sa belle couleur bleue contrastait avec le noir dont elle revêtait la couleur depuis le décès de son paternel. C'était comme s'il voulait briser ce deuil, commencer une nouvelle histoire. Un sourire tendre dans sa direction sembla lui servir pour exprimer son remerciement.

Le matelas se creusa un peu plus quand l'imposante carrure de Nikolaï vint s'asseoir à ses côtés. Alexandra, toujours gênée par sa présence se leva presque immédiatement après qu'il se soit assis. Elle prit ses sous-vêtements propres et la robe, puis alla se cacher derrière le paravent qui jouxtait la fenêtre. D'un geste de baguette, la sorcière détacha sa tunique qui alla voler au-delà du paravent pour se plier sur le lit défait. Sa silhouette se dessinait derrière le paravent, une ombre maigrichonne dont quelques formes distinctives avaient réussi à résister. Elle l'écoutait parler de ce qu'il s'était passé. A vrai dire, en réalité, elle n'avait que peu de souvenirs, seulement que Maria s'était bien acharnée sur elle et qu'il avait rappliqué quelques longues minutes plus tard. Le reste n'étaient que vagues souvenirs, comme des flashs, mais elle n'était pas certaine de leur véracité. Elle ne lui répondit toujours pas, elle était en train d'essayer d'enfiler ses sous-vêtements à l'aide de sa baguette, puis fit voler sa nouvelle robe au-dessus d'elle. Le tissu épousa ses formes à la perfection, la robe lui descendrait jusqu'en dessous des genoux. Elle passa ses mains sur son ventre pour aplatir les quelques plis qui s'étaient formés. Alexandra sortit de sa cachette, elle enleva la grosse paire de chaussettes pour être pieds nus et retourner face à Nikolaï qui n'avait pas changé de place. « La prochaine fois, je saurais me défendre, ne t'inquiète pas » Se contenta-t-elle de murmurer. Elle savait que Maria ne laisserait jamais tomber, elle en avait fait les frais. Alexandra passa une main derrière sa nuque et ramena ses cheveux sur son épaule droite. « Merci pour la robe, elle est très belle » Réussi-t-elle à articuler en s'examinant de la tête aux pieds. Elle se réinstalla sur le lit, à côté de lui, sans oser croiser son regard, et se mit à enfiler une pare de bas transparents avec difficulté, elle n'arrivait pas à toucher ses pieds sans ressentir une douleur atroce dans son dos. Énervée par son inaptitude, elle jeta le morceau de tissu dans un coin et croisa ses jambes, la mine déconfite. « Des nouvelles dans la famille ? » A travers cette phrase si banale, peu intéressante, elle détournait l'attention de ce qu'il venait de se passer. Elle voulait savoir aussi, un peu quand même, si sa mère et sa sœur se portaient bien. Après tout, cela faisait plusieurs jours qu'elle ne les avait pas vu.

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24/4/2017, 23:10
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Alexandra ne le regardait pas, rougissante. Ce comportement intriguait de plus en plus Nikolaï, à mesure que le temps passait. Il observait sa bien frêle silhouette avant qu’elle ne disparaisse derrière l’auvent, laissant à ses yeux un sublime jeu d’ombre et de lumière, en finesse. Il la trouvait bien maigre et sa fragilité apparente titillait ses instincts sur-protecteurs. Habillée, elle se présenta à lui dans sa nouvelle tenue. Elle lui plaisait. Nikolaï avait déjà noté, au théâtre de l’opéra, qu’elle appréciait ses offrandes : elle faisait ces gros yeux et ce sourire qu’il appréciait voir malgré tout. Probablement était-ce pour cet instant précis, ces secondes éphémères qu’il avait pris le soin d’aller lui chercher cette robe. Elle était revenue s’asseoir près de lui, repoussant la protection qu’il lui exposait. Il serra les dents, sa mâchoire se crispa un instant avant qu’il ne relâche. Il ne répondrait pas immédiatement, probablement aurait-il été froid et cassant. La demoiselle était dans un état fragile, elle lui donnait l’impression d’une feuille morte malmenée par le vent. La réplique glaciale qui lui brûlait des lèvres aurait été contre-productive. Nikolaï était un manipulateur : il ne commettrait pas cet impair de débutant.

« Je t’en prie. » souffla-t-il, bas, au remerciement dont elle le graciait sans qu’il ne sache, dans son amertume, si c’était de la politesse ou si la robe lui plaisait véritablement. Il tâchait de s’accrocher à ce sourire, à présent disparu pour croire qu’elle appréciait l’habit. Un peu moins les bas qu’elle peinait à enfiler avant de cesser l’acharnement, crispée. Elle lui demanda des nouvelles de la famille et il eut un petit sourire en coin, bien trop habitué aux langages verbal et non-verbal pour savoir qu’il s’agissait d’une diversion. Dans un premier temps, il lu concéda le changement de sujet. C’était au final ce sur quoi il lui serait plus aisé de répondre. « Ta sœur s’habitue à la nouvelle demeure. Elle prend ses marques. Tatiana également. Nos mères sont très occupées par les préparatifs de mariage. La tienne y met beaucoup de cœur et d’énergie. Elle m’épuise rien qu’à la voir faire ses aller-retours dans le salon. » railla-t-il, un sourire aux lèvres, amusé par la situation qui rendait toute la maison folle. Tatiana ne mariait pas sa fille tout les jours, il pouvait comprendre son engouement. « Mais je ne suis pas le plus à plaindre en vérité. Je pense que celui qui mérite vraiment une médaille, c’est son hibou qui, à peine rentré, doit repartir porter une nouvelle correspondance. »

Il laissa échapper un rire en souvenir de la pauvre bête épuisée. Ça n’était pas correct de le malmener de la sorte mais il se doutait bien que Tatiana, prise dans son élan organisateur, ne voyait absolument pas cet aspect-là. Il n’y avait bien que lui pour s’attacher à ces petits détails divertissants du quotidien. Nikolaï sortit sa baguette pour lever le sort qui retenait son bras droit contre lui, par des liens invisibles, le laissant retrouver ses mouvements douloureux. Il retira le gant qui couvrait la monstruosité de sa peau mutilée et prit les bas. Il se leva du lit, se plaçant face à elle, et posa un genou à terre pour être à hauteur. Le contact de ses doigts chauds avec ses pieds froids le surprit. Tant qu’il enferma ses orteils dans ses poignes, quelques secondes pendant lesquelles il releva le visage vers elle, silencieux. Puis il prit délicatement un bas pour le passer à la pointe du pied, le remonter lentement le long de ses mollets, et passer sous la robe pour relâcher le bas au niveau de ses cuisses affinées. Il réitéra le même instant gonflé de sensualité sur la seconde jambe. Il se relevait et remit son gant par dessus la peau aussi fragile que laide. Dans la boîte, il restait une paire de ballerines du même bleu qu’il posa au sol, devant elle, puis prit les mains délicates de la jeune femme, l’attirant vers lui pour qu’elle se lève et qu’elle enfile les chaussures.

Lâchant l’une de ses mains, il vint redresser vers lui le visage de la jeune femme : « Regarde-moi. » réclama-t-il avec un calme paisible. « Qu’y a-t-il ? » finit-il par demander au sujet de ce rougeur et de ces yeux qui le fuyait. Il caressa sa pommette, craintif face aux traits qu’elle affichait. Il espérait que la convalescence lui donnerait un meilleur teint, plus de forme, moins de cernes. « Regarde l’état dans lequel tu es, Sasha. Comment veux-tu que je ne m’inquiète pas ? » Ah oui, bien sûr, il était un monstre. Il avait presque oublié. « Nous serons bientôt mari et femme. Je ne peux pas simplement fermer les yeux sur ta sécurité et te laisser te débrouiller. » Il marqua une pause, avant d’être plus insistant : « En te laissant faire, je t’ai retrouvé mutilée et empoisonnée, à l’article de la mort. Je fais rarement une erreur deux fois. » La seule erreur sur laquelle il était revenu, c’était sur la douceur qu’il accordait à sa fiancée. Mais cela n’était du qu’à la soumission qu’Alexandra lui avait finalement concédée. La situation avait évolué et lui permettait de revoir sa position. Il avait beaucoup appris de ses erreurs, principalement dans son long combat contre son père. Il avait été forgé ainsi. Une pensée lui traversa l’esprit, lui arrachant un petit sourire en coin avant qu’il ne l’évoque : « Et tu me supportes. » C’était un bien grand mot : ils s’apprivoisaient. « Il n’y a pas de raison pour que tu n’aies à subir que les mauvaises choses qui viennent de moi. » Doigts contre sa nuque, son pouce restait à caresser cette pommette

« Sois forte, Sasha. Ne laisse pas cette femme te détruire. » Pas que physiquement, de toutes évidences. Même sans legillimancie, il sentait ce qui se brisait en elle. D’une diction claire et lente, il reprit : « Tu es un arbre bien jeune. Tes racines s’ancrent à peine dans le sol, tu ne prends pas le temps de les laisser croître. Tu mets toute ton énergie à faire pousser tes branches et ton sublime feuillage pour grandir et grandir encore afin que ton ombre puisse éloigner tes ennemis effrayés par les apparences de ton immensité. » La façon dont elle mordait, grognait, aboyait contre tous ceux qui voulaient lui marcher sur les pieds. Ça n’était pas une mauvaise chose en soi si on oubliait l’enracinement fragile. « Mais le jour de la tempête, tu seras la première de la forêt Ivanov à tomber. » Un mouvement léger de sa tête allait de gauche à droite, signalant implicitement qu’il ne désirait pas que cela arrive. « Alors fais-moi plaisir, pense à tes racines, accroche-toi fermement au sol, recherche ce qui palpite au fond de toi, loin des rêves illusoires et des désirs enfantins. Trouves-y ma tsarine, ma reine. Je finis par voir en toi un nouveau départ. » Loin de l’épouse soumise qu’il avait eu jusqu’alors. Sa fiancée pouvait avoir un tempérament, une nouvelle force qu’il aurait tord d’étouffer. Alors, il l’encourageait. « Ne me déçois pas. » Et, implacable, il ne tolérerait pas l’échec.
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Alexandra I. Ivanova
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Actuellement je suis : fiancée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : à la défense magique.
, aujourd'hui je travaille en tant : qu'élève à Koldovstoretz.
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25/4/2017, 11:35
       
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-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

RETROUVÉE A MOITIE MORTE DANS LES CACHOTS DE L’ÉCOLE, ON M'A ENVOYÉ A L’HÔPITAL POUR ME SOIGNER. MA MISÉRABLE VIE MERITE-T-ELLE QU'ON ESSAYE DE LA SAUVER ? NON JE NE CROIS PAS. LAISSEZ-MOI PERIRE DANS MON COIN.
Alexandra espérait que son interlocuteur ne la rabroue pas sur son changement de sujet radical. Au fond elle ne voulait pas qu'il interpelle sa faiblesse du moment, qu'il se moque peut-être de son état. Sa réponse prit quelques secondes avant de venir, s’accompagnant d'un sourire qui mettait son visage si strict en valeur. La jeune femme adorait le voir comme ça. Il avait de belles dents, s'était dommage de les laisser cacher derrière cette façade de marbre et cette épaisse couche de poils drus. Cela le rendait plus ... humain. A travers ses mots, elle arrivait parfaitement à imaginer la scène. Sa Ioulia, à l'allure craintive, qui rôdait dans les couloirs de cette nouvelle demeure à la recherche de choses à faire. L'ennui devait rythmer ses journées dans ce lieu qu'elle n'aimait pas. Sa pauvre sœur n'était pas née dans la bonne famille. Il lui tardait de la revoir, elle lui manquait. Leur relation avait grandement évolué au fils des années. Les jumelles avaient appris à se désaimer, à cause de son statut de cracmol elle n'était pas appréciée dans cette famille. Alexandra regrettait encore le comportement qu'elle avait eu avec cette partie d'elle si délicate, si rangée. Oui, Ioulia ressemblait à sa jumelle physiquement, mais son caractère contrastait avec celui de Sasha, elle était le calme incarné. Il était rare de l'entendre hausser le ton, ou crier, ou même se plaindre. Si elle avait été une sorcière, Ioulia aurait été la perle de la famille Ivanov. Elle l'était, aux yeux de sa sorcière de sœur.

Tatiana la furie, faisant des aller-retours dans la demeure avec pleins d'idées en tête. C'était bien sa mère qu'il dépeignait avec une telle justesse. Cette femme était tellement fière, heureuse, rassurée d'avoir pu la caser avec Nikolaï, cette personnalité si impressionnante et célèbre. Une véritable bénédiction. Elle en avait presque oublié la perte de son traitre de mari. Il lui tardait de célébrer cette union, faisant abstraction des liens héréditaires qu'ils partageaient, et de la voir porter les fruits de ce contrat magique. Tatiana avait été celle qui, durant ces dernières années, lui avait proposé de nombreux prétendants, que sa fille avait rapidement dégoûté par son caractère peu commun. Oui, c'était bien un homme comme Nikolaï qu'il lui fallait. Une poigne de fer pour redresser cette mauvaise éducation. Cela semblait porter ses fruits. Au fond, Alexandra comprenait son enthousiasme, même si elle ne le partageait pas. Peut-être était-ce la crainte qui la rebutait. Elle savait qu'une fois uni à cet homme, plus rien ne serait comme avant, et cela avait déjà commencé. La sorcière laissa échapper un rire amusé, qui se mêla à celui de Nikolaï, à l'évocation du hibou de sa mère qui avait déjà commencé à envoyer les faire-parts. Sacrée bestiole.

La présence de son fiancé n'avait fait que la gêner, depuis son arrivée dans sa chambre d'hôpital. Pourtant ils riaient ensemble. Cette scène la détendit un peu. Soudain il se mit à détacher son bras mutilé et à le découvrir. La vue de cette peau boursoufflée ne lui faisait rien, elle se contenta de fixer ses prunelles azurées avec un certain calme, même si elle redoutait ce qu'il allait faire. Surprises, elle le vit s'agenouiller devant elle dans le but de lui enfiler ses bas, bon prince qu'il était. Le contact de ses mains chaudes sur ses extrémités glacées lui faisait un bien fou, elle soupira de satisfaction, il observa son visage pendant quelques secondes, ses paumes entourant ses orteils. C'était tellement agréable que son visage reprit vaguement des couleurs. Puis il glissa le tissu le long de ses jambes amaigries. Au passage de ses mains, la sorcière écarta délicatement, avec une certaine retenue, ses cuisses pour qu'il puisse bien placer le bas. Il réitéra son action sur l'autre jambe, elle avait le souffle coupé par la sensualité de ce toucher qui ressemblait presque à une caresse. Il sortit ses mains de sous sa robe, il sortit quelque chose de la boîte qu'il mit face à sa promise puis, d'un geste souple, il l'aida à se relever. Alexandra eut la surprise de voir des chaussures assorties à sa robe, ses pieds se posèrent à l'intérieur et épousèrent parfaitement le cuir. Elle releva les yeux, croisa ses iris attentives, et ne put s'empêcher de le remercier du regard. Dans sa nouvelle tenue, la jeune femme ressemblait presque à une poupée en porcelaine avec ses longs cheveux blonds lâchés dans sa nuque. Ils étaient à nouveau proches, si proche qu'elle sentait sa poitrine se soulever au rythme de ses respirations. Il vint lui prendre le menton entre ses doigts pour remonter son visage dans sa direction. Des plaques rosées apparurent sur ses joues creusées. Nikolaï, en bon patriarche, aimait avoir la main mise sur la marchandise qui lui appartenait. Il la questionna sur son attitude et son pitoyable état, lui rappelant avec fermeté qu'ils seraient bientôt mariés et qu'il ne souhaitait pas qu'elle subisse autant de désagrément. Alexandra voulut détourner son regard, mais une main retenait avec douceur sa nuque tandis que son pouce frottait sa joue. Elle ne sut quoi lui répondre. Ce n'était pas évident après tout. Son fiancé de cousin l'avait tringlé quelques jours auparavant, la voilà hospitalisée parce qu'une folle furieuse était maladivement jalouse de sa personne, ce mariage qui semblait arriver plus vite qu'elle ne l'avait prévu. Non, elle n'était pas prête pour tout cela. On lui demandait trop de choses, elle n'arrivait pas à s'en sortir psychologiquement, elle était beaucoup trop affaiblie par ces évènements. « Tu me supportes aussi » Se contenta-t-elle de lui rétorquer, un sourire forcé peint sur ses lèvres autrefois si vivantes. Ils avaient tous les deux le mérite de se supporter, mais pour combien de temps. « Sois forte, Sasha. Ne laisse pas cette femme te détruire. » Sur ces mots, la belle sentait la force qu'il tentait de lui transmettre. Se battre contre cette sale morue, elle le devait. Elle savait que Maria ne la laisserait pas tomber. Alexandra laissa échapper un discret soupire, consciente que la tâche n'allait pas être de tout repos. La métaphore poétique de Nikolaï retentit dans ses oreilles attentives. « Je ne te décevrais pas ». Sa voix si faible prit de l'assurance, son regard se portait sur lui avec un air presque de défit. Alors qu'elle avait avancé sa main à son visage, l'infirmière pénétra dans la pièce sans toquer. Alexandra se retourna, surprise par cette intrusion. Un "suivez-moi s'il vous plait" sortit de sa bouche, elle paraissait étonnement tendue, son air incroyablement humain s'était envolé de son visage. La belle échangea un regard intrigué avec son fiancé puis se décolla de lui pour la suivre, le pas lourd. L'infirmière compléta sa demande par un "seule" quand le patriarche fit mine de les suivre.

La sorcière marchait dans les couloirs de l'hôpital, derrière l'infirmière. Elle était tendue, consciente que la situation ne collait pas tellement car on lui avait dit qu'elle pouvait s'en aller. De plus, l'attitude de la professionnelle n'était pas naturelle, comme si ce n'était pas la même personne. Alexandra tenait sa baguette qu'elle avait emporté au passage, avant de sortir. Les deux femmes avaient bifurqué dans un couloir et on lui ouvrit une porte en l'encourage fortement à pénétrer dans la pièce. D'abord hésitante, la sorcière finit par acquiescer et passa par la porte, suivit de près par l'infirmière. La porte se claqua derrière elle. La femme lui dit de s'allonger sur la table d'examen et d'attendre le médicomage. La russe prit place sur la table, elle plaça sa baguette juste à côté de sa main, cachée dans les pans de sa nouvelle robe. Elle déglutit, la pièce à l'allure de bureau de consultation avait une ambiance glauque qui n'allait pas du tout à ce genre d'endroit. Personne ne les rejoint, pourtant les minutes défilaient. Alexandra regrettait que Nikolaï ne l'ait pas suivi. Tandis qu'elle était allongée en position d'attente, l'infirmière elle trafiquait quelque chose sur un plan de travail. Vu qu'elle était de dos, la jeune femme ne pouvait pas voir ce qu'elle faisait. Elle l'entendait marmonner de temps-en-temps, seule, comme si quelqu'un dans sa tête lui répondait. Finalement elle retourna vers sa patiente, une main dans son tablier, l'autre qui s'approchait du ventre de sa victime. Le sourcil gauche se redressa sur le visage de la russe, ses doigts se crispèrent sur sa baguette. Aucune expression ne pouvait être distinguée sur la face de l'infirmière, on aurait dit un fantôme. Ses doigts ridés se déplacèrent sur l'abdomen de la patiente et elle brandit sa baguette juste au-dessus de son nombril. « Qu'est-ce que vous faites ? » Elle eut à peine le temps de prononcer sa phrase qu'une volute de fumée sombre sortit de la pointe de sa baguette pour s'approcher dangereusement de sa cible. « Non ! » S'écria-t-elle. Consciente que tout cela n'était pas normal, la sorcière donna un coup de genou à l'infirmière pour essayer de se libérer. Elle réussit à la faire tomber en arrière, le sortilège disparut et elle voulut enclencher la poignée qui était verrouillée. « Bombarda ! » La porte en bois explosa littéralement, la sorcière dut se protéger le visage des morceaux qui volaient pour éviter de se blesser. De la poussière fut projetée dans le couloir, ce qui empêchait momentanément aux gens d'apercevoir quoi que se soit.

La sorcière s'engouffra dans le couloir où les passants observaient la scène avec un air intrigué. Elle prit ses jambes à son cou et se mit à courir, en essayant de faire de grandes foulées, elle entendait qu'on lui courait après et un sortilège de stupéfixion passa au-dessus de sa tête. Ses jambes tremblaient, elle sentait la force la quitter et son regard se brouilla, elle fit un effort pour essayer de retrouver sa chambre et Nikolaï. Un autre couloir prit rapidement, Alexandra se heurta à une carrure imposante et tomba à la renverse. « Excusez-moi » Réussi-t-elle à articuler.

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take my hands
let me see our future.
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26/4/2017, 14:37
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Certes, Nikolaï la supportait également. Mais contrairement à elle, il arrivait à l’écraser lorsqu’il le fallait, là où elle était bien trop jeune et lui trop expérimenté, pour parvenir à le faire ployer. Il eut un petit sourire en coin, pour réponse, n’allant pas au-delà sur ce qu’il pensait sur le sujet. Il préféra argumenter sur la recherche sincère des forces de sa fiancée pour qu’elle puisse survivre dans la haute société où elle vivait et les sphères bien plus puissantes où il la propulsait par leur union. L’assurance dans la voix de la jeune femme, cette lueur de défi qui brillait dans ses yeux : il adorait cela, surtout lorsque c’était ainsi canalisé par la raison. Ce n’était pas une conviction folle, juvénile. Il lui avait montré la voie de l’enracinement, et elle relevait le défi. Il n’en attendait pas moins d’elle et se satisfaisait grandement de l’évolution qu’il lui avait donné en seulement quelques petits jours, tel un arbre qu’on ficelle à un tuteur pour qu’enfin, il pousse droit. Un jour, elle n’aurait plus besoin de ce soutien et saurait affronter le monde sans cette force quasi paternelle, derrière elle. Il avait bon espoir pour elle et il veillerait au grain.

Il fut surpris par l’entrée intrusive et malpolie de l’infirmière. Où avait été élevée cette paysanne ? Même son elfe de maison avait un peu plus de correction, c’était dire ! Nikolaï fronça les sourcils lorsqu’elle lui refusa de venir avec elles. Il resta dans la chambre, posant sa main ganté sur le rebord du lit, chiffonné. Il avait encore en tête leurs rires mêlés au sujet du hibou de Tatiana. Quelque chose ne collait pas. Il ne resta pas plus de dix secondes dans cette chambre avant de se mettre à chercher sa fiancée dans les couloirs, en vain. Il n’aimait pas cela du tout et avait un très mauvais pré-sentiment dans le comportement de l’infirmière. Son flair de politicien ne se trompait que rarement dans les intentions des gens. Il préférait être trop prudent que d’être pris à revers dans une situation qu’il n’appréciait pas. Il réclama une demoiselle en robe bleue au personnel dans le couloir, remontant progressivement la piste. Un boucan termina d’achever ses recherches. Il s’élança en courant vers là d’où provenait l’explosion et heurta violemment un corps. Il poussa un cri au choc de son bras mutilé et s’adossa  contre le mur pour ne pas s’écrouler au sol. Sa vision était devenue blanche par la douleur. Ses oreilles bourdonnaient et dans le grésillement, il crut reconnaître la voix d’Alexandra qui s’excusait.

Pendant deux petites secondes, il ne bougea pas, le souffle retenu, les yeux fermés avant de très vite reprendre ses marques de gestion de crise, malgré la souffrance. Il se décolla du mur, la vision lui revenant, floue. « Derrière moi ! » ordonna-t-il, impérieux, pour qu’elle se dépêche de se remettre sur pieds et qu’elle se place à l’abri. Il n’était pas encore en état de l’aider à se relever, parvenant à peine à avoir l’équilibre pour tenir debout tellement son bras lui envoyait des signaux de douleur intense. Il ne savait pas non plus s’il serait en état de combattre, mais sa carrure servirait au moins de bouclier à sa cousine. Baguette sortie, il eut tout juste le temps d’un puissant ‘protego’ que la furie d’infirmière arrivait à la charge. En duel, Nikolaï attaquait rarement de but en blanc. Il stabilisait la situation en se protégeant, laissant l’autre attaquer follement pour le prendre dans un contre-temps. Lorsqu’il se stabilisait, il infiltrait l’esprit de son adversaire afin d’avoir un coup d’avance. L’instant fut bref, un battement de cil, pour qu’il entre en contact d’un esprit manipulé.

Dans le couloir blanc de l’hôpital, sa voix grave vint rompre la protection qu’il s’accordait depuis quelques secondes pour se faire dure et ordre royal : « Impero ! » Son esprit fort se heurta à une personnalité tout aussi forte qui prenait cette infirmière pour un pantin. Pendant quelques instants, l’assaillante fut figée, prise au piège entre deux ordres contraires que deux marionnettistes lui donnaient en tirant sur ses ficelles. L’un ordonnait d’attaquer, l’autre de cesser le combat. L’infirmière avait la main levée dans sa direction, la bouche ouverte sans parvenir à articuler. Sa main tremblait. « Impero ! » répéta-t-il de sa voix grondante et souveraine, le R fortement imprégné de son accent russe. De son bras droit porté en arrière, il vérifiait que sa fiancée se tenait toujours bien dans son dos et qu’elle n’avait pas décidé de jouer l’imprudente. Les secondes s’écoulaient lentement, comme si l’instant plein de tension était retenu. Et puis l’infirmière baissa sa baguette. Celle-ci tomba sur le sol, à ses pieds.

Victorieux par la force et l’enracinement solide de son esprit, Nikolaï fit un pas en avant et lança un sort de stupéfixion qui vint statufier l’infirmière frappée de l’éclair rouge. Tanguant sous le joug de la douleur, il se retourna lentement, comme s’il menaçait de s’écrouler à chaque instant, tout en tenant debout, encore et toujours. « Qu’est-ce qu’elle t’a fait ? » Il tendit une main vers le visage d’Alexandra. Son esprit réfléchissait à vive allure, comme en chaque instant de crise. Il examinait stratégiquement la situation, évaluait les solutions qui se présentaient à lui, déterminait les forces et faiblesses de chaque voie à emprunter pour en sélectionner une. « Elle est morte. » fit une voix masculine derrière lui qui le coupa dans ses réflexions. Il se retourna et vit un médicomage penché sur le corps statufié de l’infirmière. « Impossible. Je ne l’ai pas tuée. » rétorqua l’Ivanov, trouvant la situation improbable : « Empoisonnée. » Il désignait la bouche dont les lèvres et la langue avaient enflé et noirci. Nikolaï serra les dents, réorienta son visage vers celui d’Alexandra, soufflant, bas, plus pour lui-même : « Pour que je ne puisse pas savoir qui lui a lancé le sort de possession... » La legillimancie ne fonctionnait pas sur les cadavres.

Il avait beaucoup d’ennemis, recevait souvent des menaces de mort. Il savait parfaitement que la famille Ivanov était confrontée à une menace latente, constante au fil des siècles. Beaucoup n’hésiteraient pas à s’en prendre à sa fiancée pour atteindre son honneur. Et puis il y avait Maria. Vu la force d’esprit à laquelle il s’était heurté pour prendre le contrôle de l’infirmière, ses hypothèses s’orientaient vers cette femme sans parvenir à une certitude. La seule vérité venait de mourir avec l’infirmière. « Allez chercher le dossier de sortie d’Alexandra Ivanova. » ordonna-t-il au personnel. Ne voyant personne bouger, il gronda : « Tout de suite ! » Cette fois-ci, il eut même deux infirmières qui se mirent en marche pour aller chercher ce qu’il fallait. « Vous ne pouvez pas partir, nous avons contacté les services d’intervention de la Douma pour qu’il nous envoient une équipe qui mette le clair sur cette affaire. Vous serez sûrement interrog - » « JE suis la Douma. » coupa-t-il, agacé. C’était peut-être prétentieux de sa part. Mais pas si dérisoire quand on savait l’influence politique qu’il portait à la Douma. Il avait beau ne plus y travailler depuis un peu plus d’un mois, il n’en demeurait pas moins vrai que son ombre planait éternellement. Même avec ses fonctions de directeur de Koldovstoretz, il avait largement le temps pour des rencontres et des dîners professionnels. Il n’avait certainement pas abandonné le pouvoir si facilement.

« Nous ne resterons pas ici, c’est ma fiancée qui a été la cible de cette attaque. Si vous avez envie qu’un autre membre de votre personnel soit empoisonné et soumis un l’Imperium, c’est votre avis ignare et je ne vous suivrai pas dans cette voie. Si les services d’interventions veulent trouver les Ivanov, ils sauront où. » Chez lui en l’occurrence. Bec cloué, le médicomage referma sa bouche entrouverte. Les deux infirmières revinrent à pas hâtif, l’une tenant des papiers, l’autre avec un sac de fioles de potions médicinales. L’une des infirmières ouvrit la bouche pour expliquer l’ordonnance, le russe y coupa court, plus aimable : « Je sais lire une ordonnance. » Depuis ses 18 ans, il était quotidiennement sous médicaments, principalement pour la douleur, mais également pour tenter de nouveaux traitements. Il ne voulait en vérité pas rester ici un instant de plus. Nikolaï prit documents et le sac et vint saisir un peu rudement Alexandra par la taille, la pressant contre lui pour transplaner.

La roseraie se dessina autour d’eux, dans la lumière éclatante du jour. Il voyait dans les yeux de la sorcière, même sans legillimancie, que ces derniers événements l’avait secouée. Mais il ne pouvait pas encore la rassurer, il devait sécuriser la maison. Il parvenait à peine à tenir debout, il avait envie de s’écrouler mais il ne le pouvait pas, il n’avait pas le droit. Il était un Ivanov, le Patriarche de surcroît. Il n’avait pas droit à la faiblesse, encore moins quand son foyer était en péril. Levant lentement la baguette vers les cieux, tenant toujours fermement Alexandra contre lui, comme s’il était terrorisé à l’idée qu’il lui arrive encore quelque chose, il dessinait un cercle, lent, au dessus de lui, ses prunelles azurées levées vers la verrière. Un vent sembla agiter les feuilles des rosiers, emportant des pétales allant du rouge sang au blanc immaculé, toutes nuances représentées, dans un nuage qui grossit progressivement avant de quitter l’endroit, semblant passer à travers les vitres pour rejoindre l’extérieur. Ça n’était pas visible d’où ils étaient, mais les pétales vinrent former un cercle protecteur au sol contre les intrusions sur toutes les frontières du domaine, en surplus des sortilèges et du blocage au transplanage au sein de la demeure.

Ses prunelles céruléennes se posèrent sur sa fiancée. Il desserra son étreinte, à présent rassuré. Avec une lenteur déséquilibrée, il alla près d’un rosier blanc, couper trois tiges d’un geste sec de la baguette avant de ranger cette dernière dans sa veste et de revenir vers Alexandra. Il posa l’extrémité des trois tiges sur l’une des tempe de la jeune femme et, par magie, celles-ci se mouvèrent pour tisser des liens végétaux dans la chevelure blonde. Les mèches s’enlaçaient, se tressaient élégamment. Les trois roses blanches s’étaient fixées sur le sommet du crâne, formant une couronne avant de disparaître sous les cheveux. La tresse s’acheva à l’avant, par dessus l’une des épaules et à son extrémité un bourgeon blanc vint à naître. « La maison te protégera. N’aies pas peur. » La coiffure n’était pas faite que pour la rendre jolie. Il l’avait couronnée reine. Il éleva une main, comme s’il allait la frapper et son geste fut vigoureusement stoppé par des tiges épineuses s’enroulant autour de son poignet gauche. Il serra les dents à la douleur mais satisfait que cela fonctionne. Même lui ne pouvait pas toucher à sa fiancée. Mesure embêtante pour lui, mais nécessaire et provisoire. Le temps qu’il mette au clair cette affaire. « Évite d’en profiter. » finit-il par railler, en plaisanterie pour détendre l’atmosphère, un petit sourire naissant malgré sa souffrance.

Les liens le relâchèrent, lentement. Il finit par expliquer : « Beaucoup de gens pensent que mon père a baptisé ce domaine Belyy Tsvetok... » Littéralement ‘la fleur blanche’ : « Parce qu’il y a une fleur blanche sur le blason de notre famille. » Entre autres éléments d’ailleurs. Il y avait bien d’autres symboles associés à leur histoire. « C’est vrai. Mais c’est incomplet. La roseraie est le cœur palpitant de la maison, son secret, sa force. J’aimerais que tu ne quittes pas cette habitation pendant quelques jours. Au moins pendant ta convalescence. » Toutes les vieilles maisons avaient leur histoire et  leur magie cachée. Koldovstoretz avait aussi un système de protection extraordinaire que lui avait transmis l’ancien défunt directeur. Pas volontairement bien sûr. Nikolaï n’avait pas torturé ce vieil homme juste pour le plaisir. Le château pourrait être un bastion très intéressant en cas de guerre. Il comprenait pourquoi l’ancien directeur s’était montré si réfractaire à la domination de la Main Noire. Peut-être avait-il espéré être le cœur de le rébellion un jour prochain.
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Alexandra I. Ivanova
Elève à Koldovstoretz
Né(e) il y a : vingt-trois ans
, à : Saint-Pétersbourg
, mes proches me surnomment : Sasha
et pensent que je ressemble à : Margot Robbie.
Actuellement je suis : fiancée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : à la défense magique.
, aujourd'hui je travaille en tant : qu'élève à Koldovstoretz.
Sans le cacher je soutiens : la Main Noire.
J'ai rédigé : 398
parchemins, et récolté : 14589
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : Blondie (avatar) + cheap thrills (sign).
Dans la vie, je suis aussi : Maria G. Raspoutina, Kathleen M. Goustov.
Ma baguette est faite en : Palissandre des Indes et son coeur est en écaille de Zmey.
Mon niveau de combat est : 3.


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26/4/2017, 19:03
       
panser les plaies, penser l'après

   
-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

RETROUVÉE A MOITIE MORTE DANS LES CACHOTS DE L’ÉCOLE, ON M'A ENVOYÉ A L’HÔPITAL POUR ME SOIGNER. MA MISÉRABLE VIE MERITE-T-ELLE QU'ON ESSAYE DE LA SAUVER ? NON JE NE CROIS PAS. LAISSEZ-MOI PERIRE DANS MON COIN.
Un cri retentit, une voix masculine qui était reconnaissable entre mille. Ses prunelles azurées s'entrouvrirent, le visage de Nikolaï, plié de douleur apparut devant elle. C'était bien contre sa carrure impressionnante qu'elle s'était échouée, et son bras malade avait pâti de cette rencontre fulgurante. La douleur se lisait sur son visage, il semblait aussi désarçonnée qu'elle. Intérieurement, Alexandra regrettait de l'avoir heurté si violemment, elle ne s'était pas maîtrisée dans le feu de l'action. Il y eu un moment de flottement durant lequel les Ivanov ne bougèrent pas, puis Nikolaï, en bon leader charismatique et gérant des crises, il lui ordonnant de se cacher derrière lui. En temps normal, Alexandra aurait refusé la tête haute, préférant lier sa baguette à la sienne dans un combat sans pitié. Là, c'était différent. La russe arrivait à peine à distinguer les silhouettes des gens, son corps entier la faisait souffrir, son esprit divaguait. Son ventre commençait doucement à brûler, à l'endroit où la fumée avait frôlé son abdomen. Un main sur le bas de son ventre, l'autre sur sa baguette qu'elle tenait à bout de doigts, elle se déplaça derrière son cousin, qui réussit au même moment à parer un sortilège. La scène attira l'attention des passants qui se cachaient derrière des pans de murs, les médicomages firent mine de venir les aider, mais n'arrivèrent pas à temps. Le sortilège de l'Imperium gronda de la bouche du sorcier au moment où celle-ci avait levé sa baguette. Alexandra observait la scène au-dessus de l'épaule de son cousin, les traits du visage tirés de douleur, son souffle était saccadé. Elle tenait le coup. Un combat d'esprits semblait se dérouler sous ses yeux. Le vainqueur serait celui qui arriverait à prendre le contrôle sur l'esprit de l'infirmière. La voix de Nikolaï se fit entendre, plus grave et puissante, elle sentait ses épaules trembler. Comme pour le soutenir dans son état, la belle se permit de poser une main ferme sur son épaule non douloureuse, pour qu'il sache qu'elle était encore derrière lui. Finalement l'infirmière fit tomber sa baguette, d'un geste rapide il la stupéfixa. Tout était terminé, ils restèrent prudent. Qui que se soit, la personne était forcément entre ses murs, elle pouvait réapparaître à nouveau. Elle regardait la silhouette de Nikolaï qui ne se tenait pas aussi droit qu'à son habitude, comme s'il s'apprêtait à s’effondrer d'une minute à l'autre. Il se retourna vers elle, la questionnant d'une voix étonnement douce, sa main chaude passa sur sa joue. « Elle ... rien, ne t'en fais pas » Réussi-t-elle à articuler. Ce n'était pas la peine de l'inquiéter, elle n'avait pas réussi à la toucher, heureusement. Enfin c'est ce qu'elle pensait. A vrai dire, Alexandra était encore en état de choc, son corps avait du mal à se remettre des événements alors qu'elle sortait à peine de sa convalescence.

Elle écouta l'échange entre le patriarche et le médecin d'une oreille lointaine et s'avança discrètement vers le corps stupéfixé de l'infirmière. La jeune femme posa un genou à terre pour fixer son visage, les sourcils froncés. Tandis que l'un sembler accuser son cousin de meurtre, les téguments de la victime se teintèrent d'une couleur de pourrissement, une affreuse odeur émanait de sa bouche entrouverte. Alexandra recula immédiatement, se redressant sur ses jambes encore faibles, le revers de sa main droite devant sa bouche pour retenir une envie de vomir. C'était immonde. Tout le monde sembla d'accord sur le fait qu'on l'avait empoisonné pour qu'on ne puisse pas remonter la piste vers la personne qui l'avait ensorcelé, même si elle avait plusieurs idées derrières la tête. Elle se tue, se replaçant aux côtés de son fiancé. Comme pour sortir rapidement de cette situation, le patriarche ordonna d'un ton sec qu'on leur rende le dossier d'hospitalisation. Il durcit le ton quand on lui énonça avec empressement qu'ils devaient passer un interrogatoire auprès des agents de la Douma. Sa réponse fut brève, immédiate, sans aucun détour. C'était la Douma. Alexandra se raidit à l'écoute de cette réponse, s'humectant les lèvres de façon presque gênée. Son expérience et ses relations faisaient de lui un homme important, il ne se retenait pas de leur faire savoir, c'était très prétentieux aux yeux de la belle qui se contentait de se taire. Après une autre remarque cinglante de la part du sorcier qui fit taire un médicomage plus âgé, deux infirmières, non ensorcelées cette fois, se pressèrent pour leur fournir les documents et les traitements. Alors que Alexandra avançait les mains pour saisir les papiers, Nikolaï la devança et s'en empara. Elle se sentit attrapée par la hanche d'une façon très rustre, comme si elle n'était qu'un vulgaire objet puis l'hôpital disparut dans un tourbillon.

La roseraie de la demeure Ivanov apparue. Toujours serrée contre son protecteur, Alexandra eut du mal à reprendre ses esprits. Bras tendu vers le plafond en verre, sa baguette dessinait des petits cercles. Un sortilège de protection entoura le couple puis la demeure toute entière. Le travail accomplit, ils étaient en sécurité et il la relâcha progressivement, elle dut se tenir au rebord d'un grand pot qui contenait des roses écarlates. Les deux n'étaient pas dans leur état. Nikolaï titubait méchamment, malgré toute l'allure qu'il essayait de se donner. Lui aussi souffrait. Ce contrôle qu'il avait sur lui impressionnant énormément la jeune femme, qui ne put s'empêcher de ravaler son envie de s'excuser. Malgré tout, Nikolaï eu un geste rempli de douceur, signe qu'il désirait protéger sa promise plus que tout. Elle le vit approcher difficilement dans sa direction, une tige sur laquelle reposait des roses blanches. Immobile, la belle se laissa faire, sentant la magie prendre le dessus de son geste. Ses mèches blondes s'entremêlaient avec des ramifications de cette tige, formant ainsi une belle tresse végétale se terminant par une rose naissante. Sa main intriguée passa le long de la tresse, impressionnée par la beauté de sa magie. Elle ne savait pas qu'il était capable de ce genre de choses. Quand il leva la main au ciel, elle crut qu'il allait la gifler, elle eut un mouvement de recule et dressa la sienne pour parer le coup. A sa grande surprise, des liens végétaux, recouverts d'épines, enroulèrent son poignet et le stoppèrent dans sa progression. Elle comprit enfin l'utilité réelle de ce sortilège. Cette couronne de fleur magique ne serait pas qu'à embellir, pour son plaisir personnel de mâle dominant, mais cela serait aussi à la protéger. Plus personne ne pouvait la toucher. Doucement, Alexandra se redressa, souriant à la remarque amusante de ce dernier. « Mh Mh » Se contenta-t-elle de répondre en acquiesçant discrètement. Elle n'était de toute façon ni d'humeur ni en état pour profiter de cet avantage. Tandis que l'homme se dégageait progressivement de son entrave, il lui exposait les spécificités de cette demeure. Elle ne lui avait jamais raconté, c'était bien la première fois qu'elle entendait ça. Malgré l'histoire charmante qu'il lui racontait, emprunte d'une certaine poésie même, elle se faisait violence pour tenir bon. Cette pièce ne lui rappelait que la mort, le cadavre de son père qui gisait désormais dans son jardin. La blonde déglutit avec difficulté, son pouce passa sur sa bague de fiançailles qui trônait sur son annulaire. Pendant un court instant, elle détourna son regard du sien, faisant mine de s'intéresser aux roses qui les entouraient. Elle mentait mal, très mal, elle jugea qu'il était plus prudent de taire les insultes qui mouraient dans le coin de ses lèvres. Il l'avait sauvé, elle était en vie.

Une vive douleur lui fit courber l'échine mais une intrusion détourna heureusement l'attention. L'arrivée de Ioulia qui fit mine de se jeter sur sa sœur, qui se redressa immédiatement, pour l'enlacer. « Sasha ! » . Sa jumelle fut arrêtée brusquement par un geste de sa sœur, le bras en avant pour lui signaler de ne pas approcher. « Arrête-toi, ne me touche pas ». La scène où le geste de Nikolaï avait été arrêté apparu dans sa tête, elle ne voulait pas que sa jumelle subisse le même sort, ce serait dommage. Elle lui lança un regard qui voulait dire "je t'expliquerai plus tard". Ioulia ne répliqua pas, adoptant son attitude habituelle de jeune fille disciplinée, elle lança un regard intrigué derrière l'épaule de sa sœur, dévisageant la silhouette du patriarche. « Maman et tantine nous attendent dans le salon, on était tellement inquiète, est-ce que tu vas mieux ? » . Alexandra esquissa un faux sourire pour la rassurer sans pour autant répondre à sa question, elle traîna presque les pieds pour sortir de la roseraie. Avant de passer la grande double porte, elle s'arrêta et fit signe à sa sœur d'avancer. La démarche légère, la belle Ioulia s'éloigna du couple sans répliquer. La sorcière tourna les talons pour se rapprocher du corps de Nikolaï qui semblait toujours crispé par la douleur de son bras meurtrie. Sa petite taille l'obligea à se mettre sur la pointe des pieds pour atteindre sa cible, néanmoins la belle blonde se risqua à l'embrasser dans le coin des lèvres. Ce baiser, des plus chastes, ne dura pas longtemps, elle décrocha ses lèvres tout en restant près de son visage, son souffle balayait les quelques mèches rebelles de son front. « Merci Kolya. Merci pour tout ». Il l'avait protégé, jusqu'au bout il arrivait à imposer sa présence tel le patriarche dominant de cette famille. Il l'avait sauvé, elle ne devait pas l'oublier malgré toutes les souffrances qu'il avait engagé dans sa vie. Ils restèrent un instant dans la même position puis, la jeune femme fit un pas en arrière et alla rejoindre sa famille dans le salon.

Alexandra pénétra dans le salon, qui s'était transformé pour l'occasion en champ de bataille. Nikolaï n'avait pas menti, les femmes Ivanov prenaient à cœur cette union. Il y avait des tas de lettres, de parchemins, des plumes et des encriers à moitié vide, des tissus de toutes les couleurs, de toutes les origines, étalés sur le sol. A vrai dire, il était difficile de reconnaître la pièce dans son état d'origine. La sorcière hésita à poser un pied en avant, de peur d'écraser quelque chose d'important. Tatiana, au loin, semblait en pleine discussion avec l'autre femme de la maison, la mère de Nikolaï. La matrone se retourna, esquissant un sourire à la vue de sa progéniture, elle lui fit un large signe de main pour lui dire d'avancer. Dans sa belle robe bleue, aux couleurs du ciel, la russe essaya de se frayer un chemin à travers ce capharnaüm, elle prit finalement le parti de s'asseoir sur un canapé qui était encore vide. Un sourire amusé se figea sur son visage pâle. Quelle scène ! Ioulia était assise par terre, en tailleur, et semblait chercher frénétiquement quelque chose. Alexandra passa sa main sur son abdomen, le caressant avec douceur, rassurée que la douleur ait laissé place à une légère sensation de brûlure. Que se passait-il sous cette belle robe ? Quoi que se soit, cela tendait à disparaître, il fallait être patiente.

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26/4/2017, 22:40
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Les prunelles céruléennes de Nikolaï s’orientèrent vers la cracmol qui arrivait derrière sa fiancée et qui fut arrêtée dans son élan fraternel. Elle était docile. Elle aurait fait un bon parti à marier si elle avait été une sorcière. Comme sa jumelle, elle avait un charmant minois : on se serait même battu pour elle. Son regard se reporta sur Alexandra qui lui tourna le dos en suivant sa sœur, s’arrêta, revint vers lui. Figé, il réceptionna le chaste baiser et les remerciements. Pour se protéger de la situation inhabituelle à laquelle on le confrontait dans cet élan d’affection, il laissa ses traits sérieux se figer dans le marbre. En lui, toutefois, les choses étaient bien différentes de ce faciès insensible. Un mélange d’émotions le bouleversait, lui donnant à la fois des frissons de plaisir et de peur. Il n’avait jamais vraiment connu ce genre de chose, à l’exception de ce qu’il voyait chez les autres et qu’il singeait, reproduisait à son entourage pour les manipuler. Un sourire, une caresse sur la joue, une phrase délicate n’étaient que des techniques de manipulation habiles pour parvenir à ses fins, obtenir ce qu’il désirait. Et d’exprimer maladroitement le fond de ses sentiments. Lorsqu’il avait ce même genre de geste en retour, son premier réflexe était de penser qu’on essayait aussi de le manipuler. Il le recevait comme une agression, remettant immédiatement en cause la sincérité du geste mais… Avec Alexandra, le pouvait-il encore ? Cette fille n’était pas une manipulatrice comme nombre d’Ivanov.

Silencieux, il se contenta de la regarder partir, ses prunelles s’attardant sur sa frêle silhouette. Son for intérieur lui soufflait souvent qu’il s’agissait du corps de sa cousine, qu’il n’avait pas le droit de la mirer de la sorte comme un mâle observe sa femelle. L’inconfort était repoussé, comme tout ce qui était étrange et anormal en lui, vers l’ignorance. La morale était une notion contre laquelle il se heurtait très souvent et qu’il contournait bien malgré son éducation. Lui-même savait qu’il avait un problème. Mais il était un politicien, non pas un docteur. Sa folie faisait partie de sa personnalité et… Étrangement, il trouvait que le monde entier se voilait la face. La société, dans son intégralité, était folle. Elle se cachait derrière l’étendard de la morale et la bienséance pour mieux lui cracher dessus ensuite. Il ne connaissait pas un homme qui n’avait jamais froissé cette belle et blanche morale, cette somptueuse utopie avec laquelle chacun jugeait autrui, tout en fermant les yeux, hypocrite, sur ses propres travers. Nikolaï, lui, voyait tout cela dans son plus simple appareil. Il avait beau l’avoir évoqué avec Alexandra, lui avoir souligné que cette institutrice faisait du trafic et forniquait avec des femmes, lui avoir montré du doigt ce superbe soldat qui tringlait sa fille mineure, cela n’était rien. Ce n’était que des mots dont sa fiancée pouvait se détourner et fermer les yeux. Mais Nikolaï, lui, ne pouvait pas fermer les yeux. Il voyait ses scènes, leur violence qui lui explosait au visage. Il voyait comme s’il y était, les coups des maris battant leur femme, violant leur fille, ces êtres qui s’entre-tuaient sans la moindre pitié. Qui serait resté sain d’esprit face à cette horreur ? Les legillimens étaient tous un peu dérangés, des hommes puissants ayant fait fi de la morale : Jie-Lin, Raspoutine… Nikolaï.

A l’abri des regards, il se laissa tomber à genoux, son front venant contre la porte, les yeux clos, luttant contre la douleur horrible qui venait de son bras droit. Il passa quelques minutes ainsi avant de se relever, trouver la force de marcher. Ainsi le faisait-il depuis ses 18 ans. Depuis cet accident. Arrivant dans le salon, il retrouva l’effervescence habituelle de ces derniers jours. Il prit sa mère en aparté, parlant bas auprès d’elle, la mine sérieuse. Ludmilla portait par instant des regards inquiets sur la silhouette de sa nièce et future-belle fille assise dans le canapé, trahissant sans aucun doute que son fils parlait d’Alexandra et de ce qui s’était passé à l’hôpital. Nikolaï prit place dans un fauteuil, assis comme un roi sur un trône, et s’alluma un cigare pour se détendre. Il lui fallait au moins cela après les dernières émotions. Son regard se porta sur sa fiancé, un instant silencieux avant qu’il ne ferme les yeux, reposant son corps tandis que son esprit s’activait dans des réflexions. Ses déductions s’emmêlaient avec les images d’Alexandra qui revenaient vers lui pour l’embrasser. Il chassa ce récent souvenir, pour se concentrer, mais il revenait au galop, hypnotisant. Il finit par se pencher en avant pour prendre le dossier médical de sa cousine qu’il avait posé sur la table basse en arrivant. Tirant une bouffée de son cigare, il observait la silhouette de sa promise, la main qu’elle portait sur son ventre comme une femme enceinte. Il chercha dans le dossier des informations sur une éventuelle plaie abdominale. En vain. Portait-elle déjà un enfant ? Et surtout… Le sentait-elle instinctivement au bout de quelques petits jours ?

Il reposa ces feuille sur la table basse, intrigué, caressant de sa main gantée l’os métacarpe de son pousse gauche sur lequel était à présent comme gravé à l’encre noire une rose. Le maître des lieux. Il sentait une présence, deux hommes de la Douma. « Va leur ouvrir. » demanda-t-il à l’elfe de maison qui ne tarda pas à obéir. Il garda le silence pendant que sa mère et sa tante rangeaient par magie le lieu pour le rendre présentable. L’équipe d’intervention n’avait pas tardé à sonner à sa porte. Le Patriarche se leva pour saluer les deux hommes qu’il connaissait très bien dont un stagiaire, soulagé que ce soit eux qui s’occupent de cette affaire. Il les invita à s’asseoir dans le salon. Iullia avait disparu, discrète. L’elfe de maison apportait des verres, de la vodka et des cigares. Nikolaï vint s’asseoir dans le canapé, aux côtés d’Alexandra. « J’ai appris le décès de votre épouse, Nikolaï. Je vous présente mes condoléances. Cela a du être une épreuve difficile. » Le Patriarche acquiesça d’un sec sec de la tête, silencieux sur le sujet : « Pour vous également, Ivanova. » fit-il à l’adresse d’Alexandra. « Je félicite vos fiançailles toutefois, et vous souhaite qu’elles vous soient profitables à l’un comme un l’autre pour traverser cette période de deuil. Ces beaux événements se font rares, je vous avoue faire part de plus de condoléances que de félicitations. » Nikolaï le fixa, se doutant bien qu’il traitait là des actions de la Main Noire pour éliminer les impuretés et la rébellion.

« Un mal nécessaire, Ivan. Je vous remercie. » répondit fermement Nikolaï sans s’étendre d’avantage sur le sujet. L’agent se racla la gorge et reprit : « Oui, Oui. Et bien, commençons par un contrôle de baguette, si vous voulez bien, Ivanova ? » fit-il en tendant une main vers la jeune femme pour recevoir la baguette. Nikolaï acquiesça de la tête, silencieux. « Pouvez-vous me relater ce qui s’est passé avec l’infirmière Luba Andreïeva, en détail, mademoiselle ? »
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Alexandra I. Ivanova
Elève à Koldovstoretz
Né(e) il y a : vingt-trois ans
, à : Saint-Pétersbourg
, mes proches me surnomment : Sasha
et pensent que je ressemble à : Margot Robbie.
Actuellement je suis : fiancée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : à la défense magique.
, aujourd'hui je travaille en tant : qu'élève à Koldovstoretz.
Sans le cacher je soutiens : la Main Noire.
J'ai rédigé : 398
parchemins, et récolté : 14589
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : Blondie (avatar) + cheap thrills (sign).
Dans la vie, je suis aussi : Maria G. Raspoutina, Kathleen M. Goustov.
Ma baguette est faite en : Palissandre des Indes et son coeur est en écaille de Zmey.
Mon niveau de combat est : 3.


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27/4/2017, 00:50
       
panser les plaies, penser l'après

   
-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

RETROUVÉE A MOITIE MORTE DANS LES CACHOTS DE L’ÉCOLE, ON M'A ENVOYÉ A L’HÔPITAL POUR ME SOIGNER. MA MISÉRABLE VIE MERITE-T-ELLE QU'ON ESSAYE DE LA SAUVER ? NON JE NE CROIS PAS. LAISSEZ-MOI PERIRE DANS MON COIN.
Le temps des femmes arrivait. Elles étaient là, toutes occupées à échanger des conseils, des paroles utiles à l'élaboration du mariage. L'une voulait une grande cérémonie dans un lieu somptueux, l'autre désirait quelque chose de plus modeste, tout en restant dans l'esprit pompeux de la famille Ivanov. Du blanc, du crème, de la soie, du satin. Tout le monde essayait d'y mettre sa graine. Alexandra, quant à elle, se contentait de les observer, le visage grave. Elle était probablement la seule femme dans cette pièce à ne pas se réjouir. Ioulia capta sa détresse et se déplaça dans sa direction, à genoux, elle resta par terre et montra à sa sœur un croquis d'une robe, elle tendit le papier en l'air pour qu'elle le saisisse. « Sasha, regarde cette robe ! » La concernée prit le papier entre ses mains. Elle fixa la création pendant quelques secondes sans rien dire. La robe d'un blanc virginal, descendait le long de la silhouette du mannequin jusqu'à ses pieds, sa taille était cintrée par une espèce de corset, et un tissu en dentelles finement exécuté longeait les bras de la mariée. Pour couronner le tout, une traine qui lui descendait dans le dos. La bouche de la russe se tordit légèrement. « Tu n'aimes pas ? » . Sa jumelle s'étonna de sa réaction, elle trouvait cette robe tellement belle qu'elle s’offensait par sa réaction. « Elle vient de Paris » . Paris ? Elle pourrait venir de Londres, cela lui importait peu. Alexandra leva les yeux aux ciel, exaspérée par la réaction excessive de sa sœur. « Je pourrais me vêtir d'une toile de jute, cela ne changerait rien » Rétorqua-t-elle sur un ton désagréable. Cette robe était belle, elle ne niait pas, cependant elle trouvait ce modèle un peu trop ... princier dans sa forme ? Tandis que Ioulia marmonnait dans sa barbe quelques phrases à l’intention de sa jumelle, cette dernière observa vaguement les dessins sur le sol, et en choisi un qui traînait entre deux revues sorcières. « Tiens, regarde, création de Moscou, atelier Grischkov, des modifications peuvent être apportées ... qu'en penses-tu ? ». La concernée s'empara du papier, ses prunelles parcoururent la silhouette dessinée avec étonnement. « Ça ? » La cracmol écarquilla les yeux comme si elle lui avait montré une image obscène. La robe en question était d'une simplicité déconcertante. Une robe couleur ivoire, qui recouvrait entièrement le corps de la mariée et épousait ses courbes, faite sur-mesure, qui descendait et s'élargissait jusqu'aux pieds. Le tissu de base semblait être du satin recouvert d'une toile en dentelle. C'était simple, aucun décolleté, mais beaucoup trop "moulant" aux yeux de la prude cracmol. Étonnée par sa réaction, Alexandra préféra laisser ce croquis de côté pour se concentrer sur autre chose. Son regard croisa celui de Nikolaï qui la fixait avec une attention particulière, comme s'il était en train de réfléchir en même temps. L'odeur du cigare embaumait désormais la pièce. La sorcière l'observa aussi fixement pendant quelques instants, mais elle fut la première à détourner son regard. Personne ne pouvait rivaliser contre lui de ce côté-là.

La voix de Nikolaï se fit entendre. Son intervention étonna les femmes, personne n'avait encore sonné. Cela ne tarda pas. Tatiana et sa cousine, d'un tour de baguette, rangèrent la pièce, effaçant toute trace de leur folie préparatrice. La matriarche fit un signe de tête à sa fille cracmol qui disparut aussitôt dans les étages de la demeure. Tout le monde quitta la pièce, à par Alexandra et son cousin. Elle se sentit seule, tout-à-coup. Tandis que le patriarche saluait ses connaissances avec professionnalisme et droiture, la jeune femme se contenta d'un signe de tête poli. Deux hommes, qu'elle avait déjà eu comme collègues lors de ses stages, et leur stagiaire, qui était dans sa classe. Situation des plus gênantes, sachant qu'ils étaient là pour les interroger sur la situation du jour. Tout le monde s'installa, l'elfe de maison rapporta de quoi sustenter les invités. Quand Nikolaï s'assit à côté d'elle, Alexandra se sentit rapetisser inconsciemment. Elle se ressaisit un instant, se redressa et adopta une attitude neutre. L'agent Ivan, qui semblait diriger l'interrogatoire, se mit à énoncer les condoléances et les félicitations qui les suivirent. A nouveau la jeune russe préféra incliner sobrement la tête en remerciement lorsqu'on s'adressa à elle. S'ils savaient, ce qui c'était réellement passé, ils n'oseraient même pas se réjouir pour cette union. Elle garda ses pensées pour elle. Après tout, d'après ce qu'il évoquait, ils n'étaient pas les seuls touchés par cette vague de décès qui s'étendait sur tout le pays. Une vraie désolation. L'agent de la Douma tendit une main ouverte en sa direction et lui réclama sa baguette, examen de routine. Hésitante, son regard se posa immédiatement sur son fiancé qui approuva d'un signe de tête.

Elle tendit sa baguette à l'autre agent qui se mit immédiatement à l'examiner. La question qu'on lui posa la rebuta. C'était gênant de s'exprimer face à ces gens, surtout que le stagiaire la dévisageait avec insistance depuis le début. C'était comme si on lui demandait de montrer ses jambes nues devant des vieux pervers libidineux. La jeune russe ne répondit pas tout de suite, elle baissa son regard et fixa ses genoux. "Mademoiselle Ivanov ?" « Oui ... » Elle se réinstalla dans le canapé puis commença son récit. « Nous étions en train de nous entretenir avec Sergeievitch lorsque cette femme est entrée dans la pièce sans s'annoncer. Elle m'a demandé de la suivre, seule, ce que j'ai fait sans trop me poser de question. Nous sommes sorties, je trouvais que cette femme n'avait pas le même comportement quelques minutes auparavant ... »  Elle fit une pause dans son récit, elle éprouvait une certaine difficulté à s'exprimer devant ces personnes, elle ne savait pas ce qu'il adviendrait des mots qu'elle prononçait. Tout pouvait vite être mal interprété, surtout par la police magique. « Cette infirmière m'a conduit dans une sorte de salle où un médicomage était censé nous rejoindre. Ensuite tout s'est passé assez rapidement, elle s'est approchée de moi ... Et m'a ... » Touché le ventre, cette phrase ne réussit pas à sortir de sa bouche, comme si elle cachait une espèce de honte derrière ce souvenir. A vrai dire, cet événement l'avait intrigué. Pourquoi avait-elle fait ça ? Avait-elle senti quelque chose ? Lui avait-on dit de la blesser à cet endroit pour l'empêcher de réaliser le rêve de filiation de son futur époux ? « ... Pointé sa baguette au-dessus de mon ventre, c'est là que j'ai commencé à me débattre et j'ai eu le temps de voir une espèce de fumée noir sortir de la pointe de sa baguette, heureusement c'est là que je me suis échappée ». La sorcière fit mine d'avoir terminé ses explications, mais les hommes qui lui faisaient face attendaient une suite à ses explications, elle regarda Nikolaï à ses côtés, puis finalement reprit la parole. « J'ai rejoins Sergeivitch, elle a essayé de me stupéfixer dans ma fuite. Finalement il a réussi à la désarmer et à lui retourner son sortilège de stupéfixion. Voilà, je n'ai plus rien à vous dire, Messieurs » Conclut-elle. "Précisez, s'il vous plait, qu'avez-vous fait exactement dans cette pièce ? Que vous a-t-elle dit ?" Il insistait. Alexandra croisa les bras contre sa poitrine, offusquée par ce comportement. « J'ai dit ce que j'avais à dire » Lui rétorqua-t-elle avec tout le sérieux possible dans son regard. A ce moment, elle aurait souhaité une aide de la part de Nikolaï qui n'arriva pas. Les agents semblaient à la fois gêné par le refus de coopéré et énervé par le comportement d'une simple femme, qui n'avait aucun droit de leur parler ainsi. Les professionnels savaient qu'ils ne pouvaient pas se comporter avec elle comme ils le faisaient avec les autres femmes qu'ils interrogeaient. "Rasseyez-vous ... s'il vous plaît" Gronda-t-il au moment où elle fit mine de se lever, il adoucit la fin de sa phrase quand le regard du patriarche se posa sur lui. La sorcière s'exécuta, contre son grès, la mine fermée. Elle ne voulait pas faire opposition à la justice, cependant qu'elle ne voulait pas non plus qu'on l'oblige à parler d'un événement qui l'avait touché. Elle venait de sortir de l'hôpital, elle voulait se changer les idées.

La tension redescendit rapidement. On lui rendit sa baguette, et l'homme tendit sa main vers le directeur de Koldovstoretz. "Contrôle de routine, si vous le permettez bien sûr". L'attention de la jeune sorcière se posa sur son camarade de classe. Cela faisait plusieurs jours qu'ils ne s'étaient plus vu dans les couloirs de l'école. Ils étaient tous les deux dans la même maison, à Sapfir, faisaient tous les deux du Quidditch et suivaient la même formation. Sauf que lui était un brillant élève discipliné, et pas elle. Cependant le comportement qu'il adoptait aujourd'hui n'avait rien de professionnel, ses deux tuteurs ne l'avaient pas remarqué vu qu'il était derrière eux et qu'ils étaient occupés à poser des questions à Nikolaï. Alexandra lui fit un signe discret de la main, pour lui indiquer d'arrêter de la dévisager. Soit il n'avait rien compris, soit il s'en fichait. Elle fit mine de l'ignorer, c'était le seul moyen. « Puis-je aller me rafraichir ? » S'enquit-elle sur un ton bien plus cordial. Les agents échangèrent un regard, puis finalement on l'autorisa à partir. Les problèmes de femmes n'intéressaient jamais les hommes, c'était leur plus grand défaut. C'est avec une certaine difficulté que la sorcière se redressa et quitta la pièce.

Alexandra avait traversé le couloir pour rejoindre une salle d'eau où était accroché un gigantesque miroir. Elle ferma la porte derrière elle puis redressa sa robe jusqu'à sa poitrine. Ce qu'elle vit l'intrigua. Une espèce de marque, comme une trace de brûlure, s'était installée juste en-dessous de son nombril. C'était donc ça qui la faisait souffrir ces dernières heures. Elle posa sa main dessus, c'était encore chaud. Qu'avait-elle donc essayé de faire. Ses notions sur les sortilèges de guérison étaient limitées, elle réussit tout de même à faire apparaître un film protecteur sur cette zone encore sensible au toucher, espérant qu'elle allait s'estomper au fil des jours. La belle redescendit sa robe quand elle aperçut dans l'encadrement de la porte une silhouette masculine. « Qu'est-ce que tu fais donc là ? » Le visage d'Alexandra se para d'une expression de colère, énervée d'avoir été suivi jusque ici. "Qu'est-ce que tu as comme marque ?" Quelle fouine ! La sorcière voulut sortir de la pièce en le bousculant, se rappelant qu'il risquait d'être blessé s'il la touchait par mégarde. Elle se ravisa en restant dans la même position, aplatissant le tissu de sa robe et la tira à ses genoux. Il s'était juste trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. « Retournons avec les autres, cela vaudra mieux pour toi ».

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27/4/2017, 15:26
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Alexandra ne répondait pas à la question de l’agent et Nikolaï porta sur elle un regard insistant pour la pousser à s’exprimer. Enfin, le récit venait. Il reconnaissait les premiers événements qu’il avait partagé avec elle. La suite figea son esprit bien que son faciès n’en exprimait rien, comme à son habitude. Cette histoire de baguette pointée sur son ventre, il n’en n’avait pas eu connaissance. La colère gronda en lui, sourde, en sachant qu’elle lui avait sciemment caché. Il lui avait demandé ce que l’infirmière lui avait fait et elle lui avait offert une autre histoire, un ‘rien’. Et puis de toutes évidences, ce qu’il avait pris pour les premiers signes d’une grossesse n’étaient en vérité qu’un geste pour apaiser une douleur qu’elle lui avait également cachée. Il sentait que sa fiancée peinait à s’exprimer devant les agents mais par vengeance, il ne l’aidait en rien. Elle voulait se débrouiller seule ? Sans lui ? Soit. Elle ne pouvait pas se tourner vers lui quand ça l’arrangeait, quand les conséquences de ses actes devenaient trop dangereuses. Cette histoire de fumée noire à proximité de sa cavité reproductrice ne lui disait rien qui aille et l’inquiétait sensiblement, bien au-delà de la situation d’examen dont elle faisait l’objet.

Il ne manifesta son mécontentement à l’égard d’Ivan que lorsque celui-ci s’adressa sèchement à Alexandra. Manquer de respect à sa fiancée, c’était manquer de respect pour lui-même et il ne pouvait pas le tolérer, surtout sous son propre toit. Il n’appréciait pas plus l’insistance d’Ivan sur les circonstances. Que croyait-il ? Que c’était Sasha qui avait empoisonné et mis sous Impérium l’infirmière ? Non, certainement pas. Le ‘prior incantatem’ jeté sur la baguette de sa cousine le démontra bien vite. Aucun sortilège impardonnable. Pas depuis le meurtre de l’ancien directeur. Mais les agents ne remontaient pas jusque là. La baguette fut rendue à sa propriétaire et on réclama la sienne qu’il tendit. « J’ai eu le même sentiment que ma fiancée sur le comportement anormal de l’infirmière. Je me suis mis à sa recherche. J’ai paré plusieurs sorts d’attaque de l’assaillante jusqu’à la soumettre à l’Impérium. Deux fois. Quelqu’un d’autre que moi tirait déjà les ficelles. Empoisonnement et Impérium. Ce sont les conclusions que… » « Vous avez exposé au médicomage. De façon très rapide pour quelqu’un qui vient d’être soumis à une agression. » Nikolaï fronça les sourcils. Que sous entendait-il là dessous ? Un peu plus tôt il insistait sur le comportement d’Alexandra dans la salle avec l’infirmière et à présent, quoi ? Qu’il avait tout organisé ? « Trouvez-vous cela anormal, Ivan ? » gronda-t-il en rhétorique. Cela n’était pas anormal pour quelqu’un comme Nikolaï qui avait bien des années géré les crises du monde magique. « Non, bien sûr que non. Pardonnez-moi Nikolaï, je suis obligé de vous poser ces questions, vous comprenez ? »  Il observa sa promise quitter la pièce.

« Mh... » se contenta-t-il de répondre en s’adossant au fond du canapé, suivant Alexandra du regard jusqu’à ce qu’elle disparaisse de sa vue. « Nos équipes sont en train d’interroger les personnes présentes sur place, je reviendrai vers vous pour... » « Vous ne le retrouverez pas. Qui qu’il soit, il avait parfaitement préparé son attaque. Ursa Major, détracteurs politiques, envieux. Ils ont peur de moi et attaquent en fourbe, ils ne viendront jamais se présenter devant moi et feront en sorte que les pistes soient brouillées. Car ils savent ce qui leur arrivera si je les retrouve. Si j’ai pu transplaner, il l’a pu également. Patriark manque sérieusement de mesures de sécurité. C’est désolant et… Ivan, dites-moi, à quel moment ai-je autorisé votre stagiaire à visiter librement ma demeure ? » gronda-t-il alors qu’Ivan réalisait que l’étudiant avait disparu. Nikolaï se leva et partit à sa suite, le retrouvant un peu plus loin à l’entrée de la salle d’eau où se trouvait sa cousine, échangeant avec elle sur… Une marque ? Il avait de la chance que l’Ivanov soit privé de sa baguette et soit un piètre magicien en métamorphose ou il aurait transformé ce stagiaire en fouine.

Nikolaï plongea sa main dans un mur et, à hauteur du stagiaire, une immense main végétale sortait d’un autre mur, parsemée d’épine. Elle vint le saisir et le plaquer contre le mur avec violence. Sa gorge était saisie et le gamin étouffait douloureusement. La voix du Patriarche gronda gravement : « Vous apprendrez, jeune homme, que lorsque d’une femme indique qu’elle va se rafraîchir, c’est qu’elle compte se passer de l’eau fraîche sur le visage ou le corps, l’obligeant à l’élargir son décolleté ou à soulever ses jupons. C’est la raison pour laquelle elle s’isole des regards, il serait alors préférable que vous n’y jetiez pas un œil... » Il gronda plus fort et menaçant : « Et ce, à plus forte raison lorsqu’il s’agit de ma promise ! » Il relâcha l’éteinte, sortant sa main du mur tandis que l’étudiant s’écroulait au sol, œuvrant à retrouver son souffle coupé. Ne lui accordant pas un regard supplémentaire, Nikolaï entra dans la salle d’eau et s’y enferma avec Alexandra. Son regard si clair portait en lui les ténèbres de la colère étouffée. La bloquant dos contre le mur, il posa violemment ses deux mains sur le mur derrière elle, de chaque côté de sa tête, la toisant sur toute sa hauteur.

Une savonnette vint le rappeler à l’ordre en le taclant à l’arrière du crâne. Fermant les yeux, il inspira profondément, puis souffla, laissant les nerfs redescendre de sa… jalousie ? Nikolaï était un homme possessif à l’excès, il n’appréciait pas du tout qu’on vienne regarder la fiancée en dehors d’une auscultation médicale. Il porta son regard sur la savonnette qui flottait à proximité avec une lueur de défi dans ses petites bulles. « Mais oui, tu es terrifiante. Retourne d’où tu viens. » Elle alla se ranger près du robinet. Il reporta son attention sur Alexandra conscient qu’il venait de parler à sa savonnette et que si l’heure n’était pas grave, ça aurait été à mourir de rire. Il lui adressa un regard désabusé avant de reprendre sur un ton plus calme, rempli de sang froid : « Je veux bien ne plus user sur toi de legillimancie, Alexandra… Mais je ne tolérerai pas de mensonges à mes questions en retour. Tu m’as dit qu’elle ne t’avait rien fait. Et même lorsque tu as senti la douleur, tu t’es contentée de la faire taire, caressant la plaie de ton ventre, sans m'en toucher un mot. Jusqu’à me faire cette surprise devant les agents. Est-ce que tu sais ce que peut faire la magie noire, Sasha ? »

Lui, il en connaissait un très bon rayon. Dès son entrée à Koldovstoretz, il s’était intéressé à cet interdit contre lequel on leur apprenait à se défendre. Il avait d’ailleurs très rapidement pris plus d’un retour de bâton dans cette quête. Il apporta sa main droite à ses lèvres, pinçant le bout de son gant de cuir entre ses dents, tirant dessus pour libérer sa dextre. Il laissa tomber au sol le gant tandis qu’il montrait sous les yeux de la jeune femme toute l’horreur de sa peau hideuse. « Ça, Alexandra. Ce genre de chose. Si ça pouvait se contenter d’être moche, ce serait un bonheur. Mais ça m’a cloué à l’hôpital pendant plus se deux semaines à tant hurler que je n’y parvenais plus, les cordes vocales en feu. Ça irradie jour après jour de douleur et aucun médicament, aucune potion, n’est capable d’endiguer la souffrance pour me laisser en paix ne serait-ce qu’une heure ou deux. Cela me contraint au quotidien. Je ne suis plus entier. » Tout le monde savait qu’il avait eu un accident de chaudron, mais lui seul savait ce qu’il avait boutiqué avec sa potion en préparation pour qu’elle vienne lui exploser le bras jusqu’à l’épaule. Jie-Lin l'avait appris et œuvrait toujours à rechercher un remède tant Nikolaï le paierait grassement pour ce service. Sa main droite tremblait affreusement sous les yeux de sa fiancée.

« C’est cela que tu veux ? Car je peux t’assurer que cela fera plus que te rendre stérile, si c’est ce que tu recherches. » C’était l’hypothèse à laquelle il avait abouti : elle lui avait caché en espérant que ça l’empêcherait de porter son enfant. Même si elle l’avait fait inconsciemment. Cela trahissait ses peurs : elle n’était pas prête. « Que tu cherches à te montrer forte, c’est très bien. Mais je ne t’ai pas demandé d’être une reine, Sasha. Je t’ai demandé d’être ma reine. Ce n’est pas seule que tu dois être forte ; c’est ensemble que nous devons l’être. » Il scella ses lèvres dans un silence long. Derrière la porte, on entendait les agents venir près du pauvre stagiaire, inquiets de le voir au sol. Nikolaï se mit à parler plus bas : « Je sais que tu as du mal à me voir autrement que comme ton cousin. Mais comme je l’ai fait, tu dois en faire le deuil à présent. Tu as cessé d’être ma cousine lorsque nous nous sommes fiancés. Je serai bientôt ton mari et le père de tes enfants. Si tu continues à me voir comme ton cousin, tu ne cesseras jamais de souffrir. » C’était plus facile pour lui, le monstre, d’oublier qu’il s’agissait de sa cousine. Lentement, ses doigts vinrent se poser sur la robe pour la soulever, jusqu’à voir de ventre marqué d’une brûlure. Ses doigts mutilés venaient en caresser lentement la cicatrice. Une fumée noire s’échappait du ventre, comme attirée par la chair déjà affaiblie par la magie noire. Il préférait que ça vienne le dévorer lui plutôt qu’elle. Il avait déjà si mal, il n’était plus à une petite souffrance près.
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Alexandra I. Ivanova
Elève à Koldovstoretz
Né(e) il y a : vingt-trois ans
, à : Saint-Pétersbourg
, mes proches me surnomment : Sasha
et pensent que je ressemble à : Margot Robbie.
Actuellement je suis : fiancée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : à la défense magique.
, aujourd'hui je travaille en tant : qu'élève à Koldovstoretz.
Sans le cacher je soutiens : la Main Noire.
J'ai rédigé : 398
parchemins, et récolté : 14589
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : Blondie (avatar) + cheap thrills (sign).
Dans la vie, je suis aussi : Maria G. Raspoutina, Kathleen M. Goustov.
Ma baguette est faite en : Palissandre des Indes et son coeur est en écaille de Zmey.
Mon niveau de combat est : 3.


Sacoche magique
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27/4/2017, 21:56
       
panser les plaies, penser l'après

   
-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

RETROUVÉE A MOITIE MORTE DANS LES CACHOTS DE L’ÉCOLE, ON M'A ENVOYÉ A L’HÔPITAL POUR ME SOIGNER. MA MISÉRABLE VIE MERITE-T-ELLE QU'ON ESSAYE DE LA SAUVER ? NON JE NE CROIS PAS. LAISSEZ-MOI PERIRE DANS MON COIN.
Le sorcier la dévisageait avec dégoût. Il savait le lien familial qui unissait Nikolaï à Alexandra, il était venu principalement pour s'éclairer sur la situation inhabituelle. Il faisait parti d'une famille de moldus, de pauvres paysans de l'autre bout de la Russie, cela ne faisait pas parti des valeurs que défendait ses ancêtres. Le stagiaire fit donc un pas dans la direction de la jeune femme qui s'était rhabillée, ce n'était pas son corps qui l'intéressaient, mais son avis. "N'as-tu pas honte ?" Demanda-t-il à voix basse, il penchait légèrement la tête en avant mais ses iris vertes la toisaient toujours. « Comment ça ? ». Oh, Alexandra pensait savoir ce dont il parlait, elle voulait seulement qu'il en parler de vive voix, non pas énigmes. "Lui et toi". La jeune femme s'adossa légèrement contre le mur, ne sachant pas quoi répondre à ce genre de provocation. Que voulait-il savoir ? Si elle n'était qu'une impure aux idées maléfiques ? Elle se mit à ricaner doucement face à la tête que tirait le jeune stagiaire. « Absolument pas, pourquoi ? » Sa réponse le choqua, il eu un mouvement de recul. « J'épouse qui je veux, pourquoi, aurais-tu souhaiter être à sa place, peut-être ? ». ll leva les yeux au ciel, puis après un court silence, il lui sortit sur un ton léger. "Peut-être". Alexandra s'esclaffa à nouveau. L'ignorant, le faible. Il avait une foi à toute épreuve ce jeune homme. Elle lui jeta un regard pour lui faire comprendre que c'était peine perdue, et s'apprêta à le contourner, lorsqu'un main magique apparut à travers le mur et vint saisir le sorcier par la gorge. Un cri étouffé, les traits tirés par la peur, il se débattait comme un lion, ses membres faisaient des mouvements désordonnés. La belle russe, surprise, laissa échapper un glapissement et recula rapidement. La voix de Nikolaï retentit derrière le mur, grondant sa colère face au comportement de l'invité. Elle s’apprêta à crier à son fiancé de le relâcher, la mort par étouffement du stagiaire ne les aiderait pas auprès des autorités de la Douma, néanmoins il fut plus rapide et le corps essoufflé de l'étudiant s'écrasa au sol.

La silhouette massive du russe apparut dans l'encadrement de la porte. Il avait ce regard sombre qui la faisait trembler de peur, elle le vit s'approcher d'elle avec fougue et la plaqua contre le mur. La porte claqua derrière lui. Son souffle violant s'écrasait contre son visage qui avait perdu de sa couleur, il était tel un buffle en fureur. Elle  voyait les muscles de son cou se contracter, ses veines étaient apparentes sur son visage, il était comme gonflé de colère. Alexandra tentait de se raccrocher au mur, mais aucune prise, ses mains posées à plat sur le carrelage froid, sa respiration était repartie à la hausse et des gouttes de sueurs froides perlaient désormais dans sa nuque. Ce visage, si proche du sien, ne portait pas le voile de la neutralité, il suintait la rancœur. Elle ne s'y était pas attendue, pas aussi rapidement. Un 'toc', le visage de son fiancé eut une expression de surprise. Derrière lui, un pain de savon semblait le menacer d'un autre coup derrière le crâne. La situation était ridicule, clairement. Ce sortilège de protection, dont il avait entouré sa promise, avait des ressources insoupçonnées. Son sourire ne réussit pas à apparaître, consciente que se moquer ne ferait qu'énerver la masse qui était devant elle. Une réflexion cassante, ironique, puis la savonnette s'envola pour retourner à sa place d'origine. Tout redevient comme avant, enfin presque. L'attention du patriarche se reporta sur la femme qu'il tenait presque entre ses bras puissants. Un coup lui aurait suffit pour l'achever, un seul. Alors qu'elle s'attendait à ce qu'il déverse sa colère dans un flot de paroles, il adopta une attitude plus contenue, comme s'il se faisait violence pour ne pas lui hurler à la figure. « Qu'aurais-tu voulu que je fasse Kolya ? Tu étais tellement ... » Mal en point, déstabilisé par ta douleur, affaiblie. Elle ravala ses paroles qui lui brûlaient les lèvres. Son regard étaient emprunt d'une certaine révolte. Elle avait fait ça pour lui, uniquement pour qu'il évite de s'inquiéter. Un geste peut-être purement féminin, maternel, dont il était dénué en tant que mâle dominant. Elle cogna son poing contre le mur, pour refouler ces mots qu'elle ne pouvait prononcer. Il décrocha son gant, avec ses dents, pour mettre devant ses yeux son membre en voie de décomposition. Alexandra se contenta de le regarder droit dans les yeux, les sourcils froncés. Il parlait, encore, toujours, exposant ses erreurs en mêlant sa propre expérience pour tenter de la remettre à sa place. Ce bras, tremblant frénétiquement, se plaçait devant sa frimousse délicate. Non, elle ne cèderait pas. Elle ne regrettait pas ses choix, peu importe ce qu'il disait. « Je ne cherchai pas à devenir stérile. Tu oses dire que je l'ai fait exprès ? Tu me déçois énormément Kolya ... » Ses prunelles azurées se mêlèrent à une expression de dégoût. Heurtée par l'image qu'il se faisait d'elle. Une gamine irréfléchie. Non, il avait tort. Alexandra se sentait pousser des ailes, guidée par ses hormones en fusion, l'envie de le repousser fermement et de lui arracher la vérité du bout des lèvres.

Misérable crétin. Tandis qu'il lui martelait dans son esprit blessé, qu'ils devaient se soutenir, comme un vrai couple, on pouvait entendre derrière la porte les deux agents en train d'interroger leur stagiaire à moitié dans les vapes. Elle avait envie de hurler, lui briser les oreilles, réveiller ce qui sommeillait en elle telle une véritable furie. « Tais-toi, je ne veux plus t'écouter » Lui balança-t-elle sur le ton de la colère, entre ses dents serrées. Elle était vulgaire, oubliant sa place de femme face à cette silhouette imposante qui lui faisait face. Elle ignora totalement ses mots, tellement justes pourtant. Oui, elle n'arrivait pas à passer au-delà de son statut de cousine, c'était difficile, trop pour elle. Sa respiration était rapide, irrégulière, comme une femelle qui se défendait contre son ennemi. Au bout d'un court instant, un silence entre les deux, comme une trêve invisible, elle commença à se calmer, sans détourner son regard qui s'était assombri. « Et vous vous retournerez dans votre tombe, mon oncle, chaque fois que je la baiserai » Répéta-t-elle, en insistant sur chaque syllabe. Ses mots raisonnaient encore en elle, profondément encrés dans ses souvenirs. Il avait soufflé ça à son père, avant de l'achever. Elle n'avait pas oublié, elle n'oublierait jamais. « Peut-être que mon corps t'appartient, mais mon esprit se souviendra toujours de ce que tu lui as dit ». Rien ne pouvait la calmer. La jeune femme s'approcha encore plus de lui, ses lèvres à seulement quelques centimètres des siennes. « Alors tu devras te battre pour que j'écarte à nouveau mes cuisses. De toute façon, il n'y a que ça qui t'intéresse chez moi » Alexandra leva les bras pour prendre le poignet de la gauche de l'homme et glissa sa main entre ses cuisses baignées d'une chaleur naissante. « Mérite-moi, et tu pourras à nouveau me toucher » Ses iris céruléennes ne tremblaient pas, elle était terriblement sérieuse. Son emprise se desserra progressivement, elle libéra ses jupons de la main de son fiancé, mais celui-ci releva le tissu pour atteindre la blessure qui était apparue sur son ventre. Sa main blessée passa, doucement, une volute sombre semblait émaner de la brûlure et entourer les doigts de Nikolaï. Une crampe vint saisir la jeune femme, brutale, violente, elle repoussa machinalement l'homme, sans le blesser, et se tordit de douleur. Ses bras entouraient son abdomen en feu, elle tomba à genoux devant le sorcier. Elle se tordait littéralement, comme si quelque chose essayait de s'échapper, elle finit à terre, sur le dos, puis en position fœtale. Ses lèvres étaient blessées par les morsures qu'elle s'infligeait pour retenir ses cris. Elle vit la silhouette floue de son cousin tenter de s'approcher d'elle, elle le repoussa. « Ne me touche pas ! » La douleur s'intensifiait de manière exponentielle, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus ouvrir ses yeux tellement elle en devenait insupportable.

Tout devint flou autour d'elle. Derrière la porte, on entendait toquer. La belle était désormais immobile, à bout de souffle, à moitié consciente. Sa robe était redressée sur sa poitrine, ses jambes nues ne se débattaient plus, elles étaient étalées mollement sur le sol froid. Ce ventre, exposé à la vu du patriarche, se soulevait péniblement à chaque respiration. Le corps de la sorcière semblait expulsait une ombre maléfique de son abdomen. Une volute noir s'échappa de la plaie, qui s'estompait progressivement. Ses paupières laissèrent entrevoir les iris azurées de la belle, regard rivé vers le plafond. Elle reprenait ses esprits. Que c'était-il passé exactement. La scène qui s'était déroulée était complètement incompréhensible. Alexandra se releva, avec difficulté, et arrangea sa tenue du mieux qu'elle pouvait. Elle détourna son regard de son fiancé, elle quitta la pièce en ignorant totalement les remarques des deux agents qui l’interpellèrent à sa sortie. Sa démarche était approximative, elle dut se tenir aux murs pour ne pas tomber. Il lui faudrait plusieurs jours pour se remettre entièrement de ces événements, il lui faudrait du repos.

La silhouette filiforme de la belle s'affala sur son lit, la tête plongée entre deux coussins confortables. Elle n'avait pas pris la peine de fermer la porte de sa chambre, elle s'était juste écroulée sur le matelas, comme un cadavre. Ses yeux étaient rivés sur le plafond. Elle s'était calmée. Sa respiration s'était stabilisée. Elle était ... pensive. Consciente finalement que sa blessure avait disparu, presque magiquement, et que sa douleur s'était elle aussi envolée. La tension était redescendue.
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28/4/2017, 15:23
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Le courroux brûlait les poumons de Nikolaï avec une ardeur féroce, destructrice. Chaque inspiration était une agonie, chaque expiration un supplice, chaque battement de cœur retournait le couteau dans la plaie. L’insolence de sa promise lui hérissait le poil, le cœur rempli de satisfaction et de violence. Il admirait l’audace, autant qu’elle le répugnait, le laissant reclus dans un silence assassin. Il la toisait, ses sourcils froncés rappelaient la menace latente qu’il représentait avant de détourner son attention par ce qu’elle avait au ventre. Mieux valait qu’il ne réplique pas. Il lui aurait fait mal. Et la maison n’aurait pas été douce avec lui en représailles. La scène chassa pour un temps ses idées noires et violentes tant ce qui se produisait sortait du commun et il ne comprit absolument pas ce qui se passait. Il resta pantois, un genou à terre, près d’elle, ses iris céruléennes plantées sur ce ventre exhibé. Sonné, il la laissa se relever et quitter la pièce. « Laissez-la. » ordonna-t-il, avec un calme étrangement retrouvé et une autorité impériale. Nikolaï se remit debout, arrivant dans le couloir, son regard observa sa fiancée dans sa marche difficile jusqu’à ce qu’elle disparaisse de sa vue. Il mit de longues minutes à se débarrasser des hommes de la Douma, répondant à leurs questions avec pragmatisme et royauté, sans accepter qu’on s’infiltre dans son intimité ou celle de sa femme. Il se montra ferme au sujet du comportement de l’étudiant, s’estimant dans son bon droit quand un voyeur tenait de tels propos à une femme qui lui était promise. Il savait qu’il ne serait pas inquiété. Que si ce gamin se plaignait, Nikolaï frapperait plus fort jusqu’à le faire taire. Il avait de bons avocats, de bons contacts aussi dans le monde occulte de l’assassinat. Le mioche ne lui faisait pas peur : il se frottait à de plus coriaces requins.

Pas mécontent de les voir quitter sa demeure, Nikolaï monta à l’étage jusqu’à la chambre de sa fiancée. Il ne franchit pas le pas de sa porte, observant le maigre corps étendu sur le lit. Sa respiration remontait lentement sa poitrine : elle avait l’air calme. La vague de terreur était passée et il n’avait pas envie de la faire naître à nouveau. S’il ne se cachait pas, il ne manifesta pas sa présence et quitta le lieu. Il passa une petite heure, dans le salon où l’effervescence des préparatifs de mariage reprenait, comme si rien ne s’était passé. Songeur, ses réflexions sérieuses l’obnubilaient. Si bel et si bien qu’il ne répondit pas à plusieurs questions qu’on lui posait quant à ses préférences pour la cérémonie. Son regard se reposait sur un croquis de robe et lorsqu’il quitta sa méditation, il se pencha pour le ramasser et l’observer de plus près. Une délicate dentelle à l’aiguille, écru, couvrait tout le haut du corps jusqu’aux poignets avec une élégance impériale par dessus une robe dessinée avec simplicité. La jupe était légère, fluide, fine, volatile et lui rappelait les tenues poétiques des danseuses au ballet de Roméo et Juliette que préparait son ami Sergueï Prokofiev. Le Kirov n’avait pas l’air très enclin pour produire cette œuvre, à la grande déception de Nikolaï. Les théâtres avaient bien du mal à se défaire des tutus rigides du Lac des Cygnes ou encore ceux, plus romantiques de Giselle.

Quoiqu’il en soit, le croquis qu’il avait sous les yeux laissait entrevoir un dos nu léger mais bien présent, qui était devenu un symbole, un message entre les futurs mariés. Manipulateur, Nikolaï se mit à parler de cette robe à Iulia, la laissant lentement trouver tout les avantages de la poésie de cette robe. Brave petite. Elle la montrerait à Alexandra comme si elle avait trouvé cela toute seule. Il quitta la maison pour le reste de la journée, vaquant entre ses obligations envers Koldovstoretz et la mise en place d’une garde rapprochée pour sa fiancée. Il ne comptait pas que ce genre de bavure se reproduise tout en ne pouvant pas dire clairement à Alexandra qu’il la ferait surveiller. Elle aurait encore râlé et il n’avait vraiment pas envie d’une prise de tête. Il rentra le soir et toutes les femmes étaient dans le salon lorsqu’il s’installa tel un roi dans son fauteuil. Il ne décrocha pas un regard à sa fiancée, la snobant volontairement pour lire son journal. Le visage caché derrière le papier, il entendit Iulia présenter à sa jumelle le croquis de la robe ‘qu’elle avait trouvé’ et eut un petit sourire en coin, discret. La cracmol ne manquait pas d’arguments et cela amusait beaucoup son for intérieur. S’il craignait que Sasha découvre la supercherie ? Pas vraiment. Il n’avait d’ailleurs rien fait pour le cacher vraiment : ce dos nu portait clairement sa signature. En fin de soirée, il écrasa sa cigarette en poussant un soupir de fumée et replia son journal qu’il posa sur le bas de la table, prenant un verre de vokda que lui servait l’elfe de maison. Ses prunelles azurées se levèrent enfin sur Alexandra, daignant lui octroyer de l’attention après son mutisme prolongé.

La voix de sa tante s’éleva : « Nikolaï, tu n’as pas répondu sur les invités.. Qui-... » « La famille uniquement. » répliqua-t-il à la grande stupéfaction de sa tante qui, de toutes évidences, s’était attendu à un mariage en grandes pompes avec des milliers d’invités. « Et quelques invités que je trierai personnellement. Votre fille a été attaquée ce matin, ma tante. Je n’ai pas l’intention de la jeter en pâture dans une foule mondaine où une personne sur quatre sera en train de comploter son assassinat. » Cela jeta un froid, mais il était pragmatique. Il remettait les pieds de sa tante sur terre. Il prit une gorgée de vodka alors que sa mère s’exprimait avec un calme majestueux dont avait hérité son fils : « Dans ce cas, il sera préférable de se retirer à la campagne, Nikolaï. Le domaine de ta grand-mère devait offrir un cadre idéal, ne crois-tu pas ? » Si le politicien approuvait le lieu reculé, il grimaça avant de sourire. Il n’appréciait pas tellement sa grand-mère. Cette vieille pie était aussi tête de mule qu’Alexandra et lui tenait rancœur du décès de ses deux fils Sergeï et Igor. S’il n’avait pas commis le premier meurtre, il y avait grandement participé. Les négociations n’étaient pas bien engagées : « Un cadre idéal à l’exception de la morue qui vit encore dedans. » « Nikolaï ! » réprima sa mère, outrée, ce qui fit rire de bon cœur son fils insolent.

Le politicien termina son verre et se leva, en vue d’aller se coucher. Il se faisait tard. Arrivant près d’Alexandra, il posa sa main valide sur le dossier en appui pour se pencher en avant et l’embrasser doucement devant un public gêné, qui détournait le regard par pudeur à l’exception de sa mère. Il était parfaitement conscient du malaise qu’il générait et l’accentua en reprenant avec plus d’insistance son baiser. Il mettait toutes les femmes mal à l’aise avant de s’éloigner en ricanant discrètement. Il fila dans sa chambre. Ludmilla posa une main sur celle d’Alexandra, comme pour la retenir : « N’y va pas. Il joue avec toi. » Il la manipulait et Ludmilla supportait son fils depuis quarante années pour savoir que Nikolaï n’attendait qu’une chose : énerver Alexandra pour qu’elle revienne vers lui, parce qu’il était incapable de revenir vers elle en ployant le genou. « Il n’attend que ça. Laisse le perdre un peu. » Elle lui adressa un sourire, léger, et même un clin d’œil complice. « Ça lui fera les pieds. » claqua-t-elle, avec un sourire plus marqué, tendant un verre d’alcool à sa future belle-fille.
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Sans le cacher je soutiens : la Main Noire.
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Mon niveau de combat est : 3.


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-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

RETROUVÉE A MOITIE MORTE DANS LES CACHOTS DE L’ÉCOLE, ON M'A ENVOYÉ A L’HÔPITAL POUR ME SOIGNER. MA MISÉRABLE VIE MERITE-T-ELLE QU'ON ESSAYE DE LA SAUVER ? NON JE NE CROIS PAS. LAISSEZ-MOI PERIRE DANS MON COIN.
Son corps allongé ne tremblait plus de douleur. L'angoisse avait disparu, la furie s'était apaisée. La belle entourait une mèche de cheveux entre ses doigts, affichant une mine pensive. Elle revoyait les traits de Nikolaï, la rage aux dents, se retenant de lui hurler après qu'elle lui ait exposé son avis. Elle soupira de désespoir. C'était avec un certain courage qu'elle avait osé lui interdire de la toucher, un pari risqué en sachant pertinemment qu'il ferait tout pour qu'elle revienne à ses pieds en rampant, comme elle l'avait déjà fait. Il jouerait avec elle, la manipulerait. Ce regard intense la prendrait aux tripes, la déstabiliserait. Non, elle ne le ferait pas. La sorcière se promettait de tenir le coup, jusqu'au bout. Cette tête de bûche devra patienter longuement avant de pouvoir de nouveau la prendre dans ses bras. Alexandra roula sur le côté, fixant la fenêtre qui donnait sur l'extérieur, le regard vide. Le soleil commençait doucement sa course pour laisser place à la lune, il neigeait encore. Elle caressait inconsciemment son ventre plat, se rappelant de la marque qui avait désormais disparu et qui l'avait fait tant souffrir. Que s'était-il passé exactement, c'était un mystère. Vu la réaction qu'avait eu le patriarche, lui non plus n'avait pas réussi à mettre une explication rationnelle à ce qui s'était passé. Ses paupières se fermèrent, espérant trouver le repos après cette journée riche en rebondissements. Ce visage apparaissait sans cesse. Ses traits durs, ces prunelles azurées au regard sévère, cette carrure imposante, ces mains au toucher si tendre et si ferme. Il revenait, même si elle essayait de l'oublier, de l’éjecter de ses pensées. Non, il revenait à la charge. Comme si ses propres souvenirs se jouaient d'elle. Un baiser fougueux, réminiscence de cette nuit de premier amour, la réveilla en sursaut. La jeune femme observa autour d'elle, rassurée que personne ne se soit allongé à ses côtés pendant sa période d'absence. Elle s'installa au bord du lit, profitant encore quelques instants du calme de cette solitude recherchée.

Alexandra avait quitté sa chambre, qui lui était pour l'instant attitrée, pour rejoindre les autres femmes dans le salon. A nouveau de nombreux objets recouvraient le sol, sa mère semblait encore occupée avec la liste des invités et elle était en pleine réflexion, son silence était sûrement grandement apprécié de la part de ses congénères. La russe alla s’asseoir sur un canapé, à côté de Ioulia. Cette dernière se colla presque immédiatement à elle à son arrivée. « J'ai trouvé une robe, très belle, qui t'irait à merveille » . Son sourcil intrigué se haussa, délicatement. Elle prit la feuille qu'elle lui tendit, observant avec attention la robe qu'on lui proposait. Aucune réaction, pendant de longues secondes, ce qui fit presque suer d'attente la pauvre cracmol. Un rictus vint mourir le long de ses lèvres. « C'est toi qui l'a trouvé ou on t'a aidé ? » Elle reconnaissait bien là, la patte de son cher et tendre. La tenue était sublime, réellement, elle regrettait ne pas l'avoir vu auparavant. La vue de l'échancrure discrète, mais présente, au niveau de la colonne vertébrale, la fit penser à ces robes qu'elle avait porté en présence de son fiancé. Cette parcelle de peau visible, cela semblait plaire à l'esprit tordu de Nikolaï, quelque chose que seul lui pourrait profiter. « Là n'est pas la question. C'est de production russe, le tissu est finement brodé à la main, sur la robe, elle te correspondrait parfaitement ... » Elle n'arrêtait pas de lui venter ce croquis, comme si s'était elle-même qui l'avait fait. La sorcière ne l'écoutait même plus, elle débitait trop d'informations à la seconde. Au même moment, le patriarche entra dans la pièce. Alexandra leva les yeux dans sa direction, il se contenta de passer à côté d'elle, de s'asseoir, et de se plonger dans les méandres de son journal. Ses lèvres se pincèrent, consciente qu'il venait tout simplement de l'ignorer comme un vieux vêtement. « Alors ? » . La blonde s'exaspéra de son acharnement, elle reporta son attention sur elle, et leva les yeux au ciel. Elle savait qu'il l'écoutait, qu'il se moquait de l'effet qu'avait cette petite bombe qu'il avait laissé entre les mains de l'innocente Ioulia. « On verra » Se contenta-t-elle de lui rétorquer, lassée de son comportement. Elle lança le papier à l'autre bout du canapé, rattrapé de justesse pas la cracmol qui avait tendu son bras au bon moment. Un regard en coin, elle plia le croquis et le glissa dans sa poche. Oui, la jeune femme connaissait sa jumelle, elle ne lâcherait pas son idée. Ioulia avait choisi la robe de sa sœur, personne ne pouvait l'en empêcher.

La voix de Tatiana se fit entendre, lorsqu'elle s'adressa à son futur gendre avec insistance. Alexandra les observa, elle capta au passage le regard de Nikolaï qui avait finalement décidé de lui porter un peu d'attention. Elle se contenta de feuilleter le journal local, en se contentant de les écouter d'une oreille attentive. Le patriarche la coupa dans sa soif de grandeur. Un petit sourire en coin vint naître sur le visage de la belle, ses iris parcouraient toujours les lignes sombres du News from Russia. Il continuerait de vouloir tout contrôler, cela frustrait légèrement la matriarche qui aurait voulu exposer leur union au plus grand nombre. Les réponses de son neveux la crispèrent, Alexandra leva discrètement un œil pour s'amuser mentalement de la tête qu'elle tirait. On aurait cru qu'il lui avait jeté de la morve de dragon dans la figure. C'était tout simplement hilarant. La mère du futur marié rit la relève en évoquant leur grand-mère respective, encore en vie à un âge très avancé, et son immense demeure à la campagne. La sorcière leva enfin les yeux de son journal, intriguée par ce qui se jouait devant elle. Elle adorait cette vieille femme, son caractère tranchant et ses idées bien arrêtées faisaient d'elle un personnage très intéressant. Alexandra a toujours été sa petite fille préférée, elles se ressemblaient tellement. « J'irais la voir demain, pour lui demander » Dit-elle en coupant presque la fin de la phrase de Nikolaï, qui l'insultait ouvertement. "Nikolaï t'accompagnera" Murmura sa futur belle-mère, renfrognée par le comportement immature de son fils envers sa grand-mère. La sorcière hésita pendant un court instant à refuser qu'il vienne avec elle, néanmoins elle se ravisa, consciente qu'il n'en ferait de toute façon qu'à sa tête. En plus, elle avait tellement hâte de revoir sa grand-mère, cela faisait des années qu'elles ne s'étaient plus vu.

Le patriarche se redressa, toutes les femmes levèrent les yeux dans sa direction. Comme à son habitude, il arrivait à capter l'attention de son public. Alexandra, elle, prit le parti de l'ignorer, fixant avec un intérêt hypocrite une assiette en porcelaine de Chine. Il traversa les quelques mètres qui les séparaient. Elle sentit sa main se poser sur le dossier de son fauteuil et son souffle alcoolisé caresser son visage. Intriguée, la belle leva le menton et ses lèvres se firent kidnapper par celles de l'homme. Ses yeux s'écarquillèrent, surprise par ce qu'il osait faire devant les autres femmes de la maison. Tout le monde détourna son regard devant le manque de pudeur du patriarche, qui s'accaparait ce qui ne lui appartenait pas encore, il n'y avait que Ludmilla qui n'avait pas bronché. Un second baiser, encore plus insistant, la fit se raidir. Elle lui mordit faiblement ces lèvres si audacieuses, pour qu'il comprenne qu'elle ne voulait pas jouer. Un regard sérieux, puis il quitta la pièce en ricanant dans sa barbe. Alexandra poussa à nouveau un soupir, exaspérée par le comportement immature de cet odieux personnage. La main chaude de la mère de Nikolaï se posa sur la sienne, elle leva ses iris azurées dans sa direction. Son visage était si doux, qu'on n'aurait pas pu croire qu'elle enfante un pareil garçon. Sa voix, calme et paisible, lui fit savoir avec sérieux, qu'elle ne devait pas le rejoindre ce soir. « Ne vous en faites pas » Lui répondit-elle, en prenant le verre d'alcool qu'elle lui tendait si généreusement. « Je n'irais pas le rejoindre » Un sourire amusé se glissa sur le visage de la mère, qui lâcha la main de sa future bru. La sorcière bu une première gorgée du liquide, la puissance réveilla ses papilles et ses prunelles s'écarquillèrent. Oh non, elle n'aurait pas dû, elle supportait tellement mal l'alcool pour une russe. Peu importe, ce soir, elle était protégée par cette horde de femmes. Cul sec, elle termina le fond du verre et le posa sur une table. Alexandra se cala dans son fauteuil et écouta les femmes parler entre elles. Ioulia évoquait les alliances, élément important de l'union, Tatiana ventait les mérites d'un dîner bien réalisé, Ludmilla réfléchissait déjà à placer les tentes des invités sur l'immense terrain de la demeure de la grand-mère. Un brouhaha régnait dans la pièce, personne ne s'écoutait. Le sourire niait lui pendait aux lèvres, la belle entama son deuxième verre de vodka, le rose lui montait aux joues. « Et pour la nuit de noce ? » Ioulia ne sembla pas comprendre ce qu'elle venait de dire avec tellement d'innocence. Les deux adultes échangèrent un regard, gênées de connaitre d'avance la réponse à cette question. Tatiana balaya la phrase de sa fille d'un geste de la main, expliquant que cela concernait uniquement les époux. La concernée n'avait même pas bronché, elle fixait vaguement l'âtre de la cheminée. « Où partirez-vous après votre mariage ? » S'enquit-elle sur un air plus sérieux. Alexandra leva les yeux sans rien dire, ses iris bleutés croisèrent celles de sa jumelle. Au fond, Ioulia imaginait cette union de façon idyllique, elle pensait que sa sœur était consentante à ce projet, qu'ils formeraient tous les deux un beau couple. « En enfer » Murmura-t-elle, la voix cassante. Sa réponse fit tiquer sa génitrice, qui lui fit comprendre que ce n'était pas la réponse appropriée "Alexandra !". Oui, la nuit allait être longue.

La sorcière se tenait fermement à la rampe de l'escalier, sa démarche était hasardeuse, son regard flou. Il faisait nuit noire, la soirée s'était éternisée, les femmes avaient parlé mariage jusqu'au bout. Tout le monde avait rejoint sa chambre. Alexandra réussit à atteindre l'étage supérieur sans faire trop de bruit, le parquet grinçait sous ses pas lents. Elle faillit se tromper de porte, en manquant d'enclencher la poignet de celle de son fiancé. Un rictus s'afficha sur son visage. Tu peux rêver, se dit-elle. Finalement, la belle continua jusqu'à sa chambre. Baignée par la lueur de la lune, pleine ce soir, elle ôta sa belle robe bleue sans faire attention où elle mettait les pieds. Son regard vague se portait sur le grand miroir qui trônait dans sa chambre, où elle admira le reflet de sa frêle silhouette. Alexandra baissa la tête pour observer, à nouveau, ce ventre à qui on accordait tant d'intérêts. Plus rien, aucune tâche, il était lisse comme la peau d'un nouveau né.

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29/4/2017, 11:35
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S’il avait espéré qu’elle vienne ? Très certainement. Nikolaï ôta sa veste sombre, libéra son bras mutilé et remonta méticuleusement les manches de sa chemise jusqu’aux coudes. Aussi fut-il frustré, à sa fenêtre, observant de longues minutes la pleine lune au dehors. Elle éclairait le domaine qui avait appartenu jadis à son père et offrait des reflets argentés au fleuve qui avait bercé son enfance tortueuse. Il colla son front à la vitre froide et ferma les yeux, reprenant le cours de ses réflexions. Cérébral, il ne s’arrêtait jamais vraiment d’actionner les rouages de sa logique. Ça n’était pas tant étonnant qu’en définitive, cela ne laisse que très peu de place aux sentiments. Exaspéré, il quitta finalement sa chambre, s’apprêtant à descendre à nouveau pour la traîner dans sa chambre, s’il le fallait, en la tirant par les cheveux. Du haut de l’escalier, il capta les bribes de leur conversation et serra les dents avant de retourner dans sa chambre, plus agacé encore. Il défit sa cravate et retira son gilet d’homme, entrouvrant légèrement sa chemise pour évacuer le malaise et le rancœur qu’il éprouvait. Il ôta ses belles chaussures au cuir sans défaut pour les envoyer voler dans un coin de sa chambre. Il inspirait lentement, veillant à redescendre.

Elle avait le don… Elle avait un terrible don pour le faire sortir de ses gonds. Il entendit ses pas dans le couloir, le parquet qui craquait à son avancée, la main sur la poignée de sa porte qui se ravissait, le laissant dans un espoir déçu. Elle s’éloignait. Il quitta sa propre chambre pour rejoindre la sienne. Ses pieds nus masquaient le bruit de son approche. Il referma la porte derrière nuit sans la verrouiller. Son visage était dénué d’expression. Pas même la colère, la frustration ou la tristesse ne marquaient ses traits. Ses prunelles céruléennes miraient les siennes, nonobstant ce corps qu’on exposait à sa vue. Il s’avança entre elle et le miroir, pas un mot, pas un regard plus violent que l’autre, une approche prédatrice exécutée dans le silence. Il leva sa main gauche pour la refermer sur les roses blanches qui trônaient en couronne sur le haut du crâne d’Alexandra. Elle n’opposèrent pas de résistance lorsqu’il les retira, comme si elles disparaissaient magiquement de la chevelure, la tresse se défit, libérant ses blonds cheveux.

Dans sa main qu’il rouvrait lentement, paume vers les cieux, les pétales se désolidarisaient et chutaient, s’enroulant autour du corps de la jeune femme, emportés par un vent inexistant, dans un instant féerique. Les pétales devinrent le chemise de nuit légère, à la texture proche des fleurs dont elle provenait. Il lui avait ôté sa protection pour lui offrir sa dignité. Il y avait dans ce geste bien plus que ce que ses mots ne diraient jamais. Sa main retombait le long de son corps avant que le monstre qu’il était ne vienne délibérément briser la magie de l’instant par sa voix grave, vibrante de menace, comme à son habitude : « En enfer. » Un silence. Long. Pesant. Et il la contournait pour venir dans son dos. Ses prunelles contemplaient leur reflet. La belle en tenue de princesse et la bête au visage rustre et au bras hideux. Quel étrange couple ne faisaient-ils pas. Il se tenait droit, tel un roi et ses prunelles acérées fixaient le reflet de celles de sa promise.

Il ne la touchait pas, ne l’effleurait pas. Il ne recherchait pas le contact. Seul son souffle devait caresser la nuque d’Alexandra. La tension de l’instant était palpable avant qu’il ne lâche ces mots au contenu extrêmement violent malgré le ton calme qui était le sien : « Je frappais ma femme. J’avais besoin qu’elle souffre pour me sentir bien. Je lui donnais des coups de ceinture pendant nos ébats pour qu’elle se crispe. Je refermais ma main sur sa gorge pour qu’elle ait peur de mourir et qu’elle se débatte un peu avant que je la relâche. Je l’admirais beaucoup, elle était très forte. Pas un instant la corde ne lui est apparue comme une solution dans son esprit. Elle faisait face à son destin cruel avec dignité là où moi, j’avais besoin d’un exutoire pour m’en sortir. Elle me faisait du bien là où je n’avais pas à prendre en considération son propre bien-être. Elle t’a jalousée, le dernier soir. Parce que toi, tu n’avais pas besoin de me donner tout ce qu’elle me concédait pour attirer mon attention. »

Il quitta le reflet du miroir pour poser son regard sur le profil de sa cousine, toujours aussi serein malgré les mots crus qui avaient quitté sa bouche bien faite. « Jamais je ne l’ai regardé dans les yeux lorsque je la baisais. Jamais je ne me suis inquiété de savoir si je lui faisais du bien ou si elle avait mal. » Chose qu’il n’avait pas fait avec Alexandra. Il n’avait pas quitté ses prunelles et avait veillé à une douceur qu’il n’avait jamais accordée jusqu’alors. Si elle ne réalisait pas la chance qu’elle avait eu, il le lui soulignait que cet acte, pourtant normal chez tout autre que lui, lui avait beaucoup coûté. « Tu ne sais rien de l’enfer, Sasha. Vraiment rien. Tu réclames comme une gamine gâtée un cadeau que ses parents n’ont pas les moyens de lui offrir. Je ne suis pas un prince charmant. Peut-être aurais-je du te violer sur le carrelage de la salle de bain pour ne pas laisser cette idée saugrenue germer dans ta petite tête. » Cela lui aurait peut-être ôté tout espoir, eu égard de la terreur dans laquelle il l’avait plongée. Il lui avait laissé une échappatoire et elle s’en saisissait. Il ne récoltait que ce qu’il avait semé.

A travers les métaphores de ses mots, Nikolaï glissait des aveux dont il n’avait pas la capacité d’exprimer clairement. Il lui disais qu’il pouvait lui faire très mal, il n’avait jamais caché sa dangerosité latente mais le coup de ceinture qu’il lui avait mis n’était qu’un ersatz de son lendemain. Un échantillon quasi féerique à côté du véritable enfer qu’il pouvait lui faire vivre. Il y avait aussi l’aveu de son incapacité lorsqu’il parlait des parents qui n’avaient pas les moyens d’offrir à leur fille le cadeau qu’elle désirait. Il exposait ses propres limites sous couvert d’une image car avouer ses propres faiblesses ne lui était pas envisageable, incompatible avec son orgueil monstrueux. « Que veux-tu ? » demanda-t-il finalement, comme un écho de leur première nuit ensemble. Un nouvel aveu, toujours caché, dans sa question : il ne savait absolument pas comme s’y prendre avec elle.
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Alexandra I. Ivanova
Elève à Koldovstoretz
Né(e) il y a : vingt-trois ans
, à : Saint-Pétersbourg
, mes proches me surnomment : Sasha
et pensent que je ressemble à : Margot Robbie.
Actuellement je suis : fiancée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : à la défense magique.
, aujourd'hui je travaille en tant : qu'élève à Koldovstoretz.
Sans le cacher je soutiens : la Main Noire.
J'ai rédigé : 398
parchemins, et récolté : 14589
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : Blondie (avatar) + cheap thrills (sign).
Dans la vie, je suis aussi : Maria G. Raspoutina, Kathleen M. Goustov.
Ma baguette est faite en : Palissandre des Indes et son coeur est en écaille de Zmey.
Mon niveau de combat est : 3.


Sacoche magique
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29/4/2017, 16:01
       
panser les plaies, penser l'après

   
-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

RETROUVÉE A MOITIE MORTE DANS LES CACHOTS DE L’ÉCOLE, ON M'A ENVOYÉ A L’HÔPITAL POUR ME SOIGNER. MA MISÉRABLE VIE MERITE-T-ELLE QU'ON ESSAYE DE LA SAUVER ? NON JE NE CROIS PAS. LAISSEZ-MOI PERIRE DANS MON COIN.
Un courant d'air frais vint caresser sa peau nue, quelques mèches blondes lévitaient avec légèreté autour de son visage apaisé. Elle ferma ses yeux pendant un court instant tout en inspirant profondément. Elle était bien, se sentait libre. Les pores de sa peau se resserrèrent, un frisson lui parcourut le corps. L'alcool avait l'effet d'un puissant traitement antalgique sur elle, ça la faisait planer. Un sourire niait se colla à sa bouche entrouverte, elle se moquait de son propre reflet qu'elle mirait dans le miroir face à elle. Perchée sur son nuage, la sorcière ne remarqua pas la présence du patriarche qui rôdait non loin d'elle. Ni son odeur de mâle, ni son souffle brûlant. Quand il saisit le haut de son crâne sur lequel reposait les roses blanches protectrices, il les arracha d'un coup sec. Sa chevelure blonde retomba sur ses frêles épaules. Alexandra pivota, pour dévisager l'intrus. Face à elle, Nikolaï, plus imposant que jamais dans cette pénombre nocturne. Malgré l'alcool qui paralysait son esprit, elle ne pouvait s'empêcher de le trouver terriblement séduisant pour son âge. Il avait ôté ce costume noire qui lui donnait l'air d'un corbeau, sa chemise légère laissait entrevoir sa pilosité affirmée. Elle ne capta pas son humeur massacrante, sa frustration liée à son comportement désinvolte, sa déception. Rien de tout cela n'arriva à atteindre ses pensées embrouillées. A ce moment-là, Alexandra ne put s'empêcher de rougir, non pas de honte, mais de plaisir. Ses joues s’empourprèrent progressivement. Tandis que les pétales se désagrégeaient dans la main de son propriétaire, celles-ci se muèrent en un nuage magique qui entoura le corps nu de la sorcière. Un tissu léger, végétal, recouvrit son corps, pellicule blanche aux couleurs des pétales disparues. Elle baissa le front, admirant la beauté créée par la magie. Ses mains intriguées se déplacèrent sur cette seconde peau, ses prunelles azurées qui exprimaient son bonheur. Oui, elle était tellement heureuse qu'elle ne remarqua pas l'aura destructrice qui patientait à ses côtés.

La voix grave du patriarche raisonna dans sa tête. Elle le laissa la contourner sans broncher, trop occupée à admirer ce qui recouvrait désormais sa poitrine. Son souffle brûlant vint mordre sa nuque, chaque parcelle de sa peau se contracta et elle laissa échapper un profond soupire. La jeune russe observait vaguement le reflet de leur couple sur le miroir, elle se mit à rire bêtement. Non, il n'y avait absolument rien de drôle. Sa tête bascula en arrière, jusqu'à heurter sans violence, le torse de son futur époux. Elle ne savait pas si son rire immotivé allait vexer le patriarche, à vrai dire elle ne s'en rendait même pas compte. Ses prunelles étaient recouvertes d'un film aqueux qui lu brouillait la vision. Peut-être avait-elle eu une hallucination. Personne ne pouvait le prouver. Elle se tourna pour faire face au visage sobre de Nikolaï, dont les expressions ne laissaient transparaître aucun sentiment. Alexandra le laissa parler, l'écoutant avec une fausse attention. En temps normal, elle aurait tremblé en entendant ces mots. La violence de sa relation avec son ancienne épouse, ses gestes agressifs, ses tendances sexuelles proches du sadisme, tout ce qui faisait de lui l'homme qu'il était. Ses paroles raisonnaient dans le vide. Elle souriait, comme s'il lui avait raconté la blague la plus drôle. Lui, Nikolaï, une blague. C'était idiot. Voilà à quoi elle ressemblait en ce moment : à une idiote. Elle ricanait bêtement quand il lui avoua ne pas être un prince charmant, elle fit prise d'un tel fou-rire qu'elle fut déséquilibrée et tomba par-terre, les fesses sur le sol. Un bruit sourd retentit dans la pièce. « Le ... Le » Alexandra tenta de se redresse, tant bien que mal, puis, avec une grâce  digne d'une danseuse, lui fit une révérence princière. « Sa majesté le Prince Nikolaï Sergeïevitch Ivanov » Son ton indiquait qu'elle se moquait ouvertement de son interlocuteur. Elle chuta à nouveau, cette fois-ci elle resta au sol. Son visage exprimait tout le bonheur innocent qui l'emplissait, son sourire était béa. Ses prunelles céruléennes fixaient le visage lointain de son fiancé.

Le calme avec lequel il s'adressait à elle était digne d'une récompense. N'importe qui se serait énervé face à l'attitude désinhibée de la jeune femme. Quand il lui demanda ce qu'elle désirait, son visage naïf se transforma. Elle se mit à réfléchir, enfin essayer, à une réponse à lui donner. Alexandra s'accrocha au pantalon de Nikolaï pour essayer de se remettre sur ses jambes qui tremblaient sous son poids. Elle posa ses mains sur son torse, puis sa tête. Ses paupières se fermèrent et, pendant un court instant, elle ne répondit pas. Son souffle apaisé se calqua à celui de l'homme, elle écoutait les battements rapides de son cœur. Quelques secondes lui suffirent à oublier sa question. La jeune femme redressa sa tête. « M'aimes-tu ? » Question simple, courte, brutale. Ses iris reflétaient toute l'innocence de cette phrase. Le silence prit place entre les deux, puis, un nouveau sourire immotivé cassa l'instant. Elle se détacha du torse du sorcier et se mit à tournoyer tout en rigolant. Alexandra s'approcha de Nikolaï après avoir fait le tour de sa chambre, puis lui saisit son bras gauche pour l'attirer vers elle. Il refusa. Un moue faussement boudeuse s'afficha sur son visage, elle lui vola un baiser fougueux et s'éloigna de lui, sortant de la pièce.

Alexandra traversa le couloir en sautillant, réveillant au passage tous les habitants de la maison en chantonnant à tue-tête. Elle défonça la porte de la chambre de Nikolaï d'un puissant coup de pied, puis alla se lover dans les draps de son propre lit. Un sourire satisfait accroché à ses lèvres, elle s'enroula dans ses couvertures comme une crêpe. Gauche, droite, la sorcière tanguait, elle finit par tomber du lit la tête la première, sans perdre connaissance. Résistante pour un si petit bout de femme. Elle rigola à nouveau. La scène était insupportable à regarder tellement elle avait l'air stupide. Une roulade arrière lui permis de se libérer, elle resta assise dans un coin de la chambre, enveloppée dans l'épaisse couverture. Nul ne pouvait savoir si elle avait aperçu la silhouette massive de son fiancé, elle ne lui accorda aucun regard, concentrée sur sa bague de fiançailles qu'elle fixait avec insistance. « Tu sais, je n'attend pas grand chose » On pouvait croire qu'elle s'adressait à Nikolaï à travers ce caillou qui ornait son annulaire. Elle avait pris un air sérieux, comme une mère qui s'adressait à son enfant mal élevé. « Peut-être un peu d'amour, n'est-ce pas la seule chose qui me manque ? » Son cœur palpitait dans sa poitrine, sa vision se faisait à nouveau trouble. « Je n'aime pas les hommes méchants, je veux juste quelqu'un qui soit ... doux et sincère ». Alexandra approcha encore plus la bague de son visage, ses sourcils se froncèrent. « Je pense que tu devrais un peu plus te laisser aller, tu es si ... coincé, guindé, tu ressembles trop à mon père en fait. Tu as un beau sourire, tu devrais l'afficher plus souvent et tu es beaucoup plus séduisant avec ». Paroles tout droit sorties du cœur, qu'elle n'aurait pas prononcées en temps normal. Elle se blottit dans ses couvertures, et pencha sur la gauche, son crâne heurta le mur et elle s'endormit, en position fœtale, dans le coin de sa chambre.

Son esprit se raccrocha à ses souvenirs les plus heureux. La belle revoyait le visage souriant de son père, lorsqu'il lui avait offert son premier balais. Fier d'avoir une fille au caractère aussi fort que celui de sa mère, elle la lui rappelait tant. Cet air de défis qui marquait son visage enfantin. Igor était tellement heureux de voir sa fille évoluer au fil des années, la voir réussir ses examens, intégrer l'équipe de Quidditch de son école, aimer. Il était rassuré de voir sa fille capable d'éprouver des sentiments purs, tandis que d'autres membres de la famille se contentaient de conquérir. Il voyait cette perle unique comme un moyen de rajeunir cette branche encrée dans un carcan étriqué. Cette fierté envers sa descendance l'avait empêché d'ouvrir les yeux sur son comportement qui évolué, progressivement, jusqu'à devenir ingérable. Comme sa propre grand-mère avant elle, la jeune Ivanov avait laissé sa trace dans leur cœur des gens, prenant le pas sur une génération de femmes soumises à la dureté masculine, prête à évoluer dans ce monde brutal des sorciers. Il aurait tellement voulu pouvoir l'accompagner jusqu'à l'autel de son mariage, hélas, il trépassa avant de pouvoir réaliser son souhait le plus cher. Le visage d'Igor s'estompa et disparu, des larmes s'échappèrent des prunelles fermées de la belle endormie.

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29/4/2017, 22:29
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Elle s’agrippait à lui et Nikolaï la laissait faire, le regard sévère porté sur elle, suivant ses élucubrations avec attention jusqu’à sa question qui semblait sortir de nulle part et qui le laissa assez surpris. Qu’est ce que cela changerait qu’il l’aime ou non ? Elle, aimerait-elle seulement un monstre comme lui ? La question ne se posait même pas dans son esprit. Il se savait suffisamment exécrable pour rebuter qui que ce soit. Qu’il l’aime ou non ne changerait pas grand-chose : il n’aurait pas d’amour en retour. C’était stupide et il ne s’interrogeait même pas sur le sujet. « Sasha... » souffla-t-il gravement. Comment pouvait-elle espérer quoique ce soit ? Il n’avait de sentiments que la colère et la haine, le marasme de la douleur. L’amour, il l’avait enterré vivant. Il l’avait repoussé au loin, très loin, pour ne pas en être hanté. Elle le disait : il était un monstre. Et un monstre n’éprouvait pas la passion des belles histoires d’amour. La question le troubla un instant, jusqu’à ce qu’elle se mette à rire. La peste, elle se moquait de lui. Elle le manipulait, elle essayait de lui tourmenter l’esprit. Il avait envie de gifler cette folle qui faisait des pirouettes dans la chambre. Un instant, celui d’un battement de cils, il crut voir une ballerine. La grâce ensorcelante d’un pas de danse et puis ce baiser volé sur ses lèvres.

Elle quitta la chambre, chantant à tue-tête dans le couloir. Ludmilla avait enfilé une robe de chambre sur ses vêtements de nuit et avait rejoint le couloir pour voir ce qui se passait. Elle mit une main sur ses lèvres, s’inquiétant des répercussions que son insolence aurait sur son fils. Elle fut surprise de voir ce dernier sortir de la chambre de sa bru : « Nikolaï, je t’en prie. Elle a bu, ne lui en tiens pas rigueur. » Commença-t-elle. En vain. Son fils ne l’écouta pas, se contentant d’entrer dans sa chambre et de claquer la porte derrière lui, la colère au cœur. Il trouva sa fiancée à terre, enroulée dans la couverture en train de parler à sa bague. La situation ne stoppa net dans son absurdité. Elle s’endormit et les larmes coulaient de ses yeux. Il n’avait pas la moindre idée de ce qu’il devait dire, ce qu’il devait faire. Il restait pantois devant la scène jusqu’à remettre ses muscles en marche et la replacer sur le lit, allongée dans les couvertures. Il la contempla un instant, l’esprit remuant, même si, comme toujours, son faciès n’en montrait pas le moindre signe. Un amalgame de sentiments se mélangeait dans son cœur, sans qu’il ne puisse y mettre un nom, ni même une couleur. Il n’avait pas même envie de s’interroger sur le sujet. Il pensa un instant à Andreï dans ce que recherchait sa fiancée, vibrant de jalousie face à ce que ce lapin avait pu offrir à la jeune femme et ce dont lui, Nikolaï, était bien incapable.

Il quitta ses vêtements pour passer ceux de nuit et rejoindre sa promise. Il laissa à nouveau la tête blonde reposer sur son torse tandis que sa main gauche caressait la peau fragile du dos. Il lui fallut plusieurs heures pour s’endormir. Il ne sombra qu’aux toutes premières lueurs de l’aurore. L’elfe de maison passa une vingtaine de minutes plus tard, ouvrant maladroitement les rideaux avant de disparaître. Il  rouvrit les yeux, conscient de ne pas avoir vraiment eu une nuit pour lui. A son âge, c’était plus difficile à récupérer. Mais il allait falloir qu’il s’y habitue avec une telle furie pour épouse. La scène avait un air de déjà vu, mais il ne bougea pas pour la renverser sur le dos cette fois. Il fixait le plafond jusqu’à ce qu’il la sente remuer de son éveil. De sa main valide, il claqua les doigts et l’elfe de maison revint. Nikolaï lui réclamait de quoi faire passer la gueule de bois qu’aurait inévitablement Alexandra. La créature ne mit pas longtemps à revenir avec ce qu’il fallait, annonçant par ailleurs que le bain du maître était prêt. Nikolaï se redressa, assis, relevant avec lui buste de la demoiselle, et la laissa boire ce qui l’apaiserait. Redressant l’oreiller, il s’adossa à la tête de lit, les lèvres scellées dans un silence. Il ne savait pas vraiment comment l’aborder, comment lui parler. L’idée de la manipuler, lui faire croire à ses sentiments amoureux lui avait longuement trotté dans la tête avant de rejeter cette idée pour une raison bien obscure, même pour lui-même. Pourtant, il le faisait avec beaucoup de monde, y compris avec ses propres enfants. Il trichait en permanence. Et s’il ne trichait pas avec Alexandra, que pouvait-il lui dire exactement ? Qu’espérer son amour était un doux rêve illusoire ?

Ça aurait été ce qui se trouvait le plus proche de la réalité. Mais s’il lui disait, soit il la brisait, soit il allait encore devoir gérer une furie. Il était bien trop fatigué pour cela, alors son silence s’éternisait, presque douloureusement. « Est-ce que tu m’aimes, Sasha ? » Question dangereuse, murmurée alors qu’il observait la chevelure dorée. En définitive, cela résoudrait bien des soucis que de ne plus l’ignorer. L’improbabilité d’un ‘oui’ rendrait plus facile ses réflexions sur le sujet. Elle ne pouvait pas l’aimer. Ainsi, il était stupide qu’elle en attende de sa part en retour, qu’il accepte ou non de le faire avec sincérité. C’était absurde, ou sa cousine était aussi folle que lui en définitive, après tout le mal qu'il lui avait fait.
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Alexandra I. Ivanova
Elève à Koldovstoretz
Né(e) il y a : vingt-trois ans
, à : Saint-Pétersbourg
, mes proches me surnomment : Sasha
et pensent que je ressemble à : Margot Robbie.
Actuellement je suis : fiancée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : à la défense magique.
, aujourd'hui je travaille en tant : qu'élève à Koldovstoretz.
Sans le cacher je soutiens : la Main Noire.
J'ai rédigé : 398
parchemins, et récolté : 14589
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : Blondie (avatar) + cheap thrills (sign).
Dans la vie, je suis aussi : Maria G. Raspoutina, Kathleen M. Goustov.
Ma baguette est faite en : Palissandre des Indes et son coeur est en écaille de Zmey.
Mon niveau de combat est : 3.


Sacoche magique
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30/4/2017, 00:22
       
panser les plaies, penser l'après

   
-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

RETROUVÉE A MOITIE MORTE DANS LES CACHOTS DE L’ÉCOLE, ON M'A ENVOYÉ A L’HÔPITAL POUR ME SOIGNER. MA MISÉRABLE VIE MERITE-T-ELLE QU'ON ESSAYE DE LA SAUVER ? NON JE NE CROIS PAS. LAISSEZ-MOI PERIRE DANS MON COIN.
Vivre, laissez-moi vivre. Son esprit divaguait de souvenirs en souvenirs, doux et agressifs, lointains et récents. Des visages, multiples, se succédaient dans un ordre imprécis, sans queue ni tête. Elle ne remarqua pas qu'on la changea de place tant la douceur qui fut mise dans ce transport était remarquable. Pas un soubresaut lorsque son corps effleura le matelas, sa tête reposa sur un torse agréablement chaud, son visage se creusa d'une risette satisfaite. Elle était bien installée, sa respiration se cala inconsciemment sur celle de son futur époux, les battements de son cœur sonnaient contre son oreille comme une berceuse. Le drap recouvrit ses épaules, la belle s'enroula machinalement, tout en profitant du torse confortable qu'on mettait à sa disposition. Perdue dans les méandres des ténèbres, elle ressentait la main généreuse qui lui caressait le dos, sans pour autant en connaître la véritable origine. C'était bon, tellement bon. Le duvet blond sur ses bras se hérissa généreusement. Alexandra ronronnait presque de plaisir tant elle était heureuse, à ce moment-là. L'alcool avait nettoyé sa tête de toutes les mauvaises pensées, son fiancé avait complété par sa patience et sa bienveillance. Oui, il l'était. A son réveil, la sorcière ne s'en souviendrait plus, comme à chaque fois qu'elle buvait comme un trou. Tous ses mots qu'elle lui avait dit, tous ceux qu'elle avait entendu d'une oreille lointaine, tout cela disparaîtrait au moment-même où ses prunelles s'ouvriraient aux premières lueurs du jour. Nikolaï ne connaissait pas encore sa fiancée. Il ignorait tout de ses habitudes, de ses envies, de ses goûts, il ne voyait en elle que la capricieuse princesse des Ivanov, une pierre rare et difficile à tailler. Cependant il ignorait que sa capacité d'adaptation était immense, qu'elle pourrait surprendre son esprit étriqué. Peut-être serait-elle celle qui réussirait à insérer un brin d'humanité dans ce corps rongé par les dogmes dictés par cette dynastie centenaire, par son caractère psychorigide et son désir de contrôle absolu. Il se rendra vite compte, si ce n'est pas déjà fait, que cette femme si sagement installée contre son corps, était indomptable, imprévisible. Alexandra pouvait courber l'échine, ployer le genou, mais jamais elle ne renoncerait pour ses valeurs, pour le bien-être de sa famille. C'était une battante.

Le soleil pénétra dans la pièce, les rayons frôlèrent le bout de son nez. Premier réflexe, la jeune femme se cacha sous un pan de la couverture, seule sa crinière blonde dépassait. Elle entendit un claquement de doigt significatif. Oups, où avait-elle fini sa soirée. Alexandra actionna sa bouche pâteuse, toujours abritée et au chaud, ses doigts tâtèrent une surface chaude et vivante, sous sa joue. Elle redressa la tête, prudente, elle sortit un bout de visage pour tenter d'apercevoir ce qu'elle touchait depuis quelques secondes. Un visage velu se présenta à elle. Non ! La belle se recouvrit la tête avec le drap, peu encline à sortir de nouveau. Pourtant, il le fallait. La masse de muscle se redressa, emportant avec elle le haut du corps de la belle. Comme une vulgaire poupée en chiffon, on la plaça en position assise et le rebord froid d'un verre se ft sentir contre ses lèvres. Aveugle en ce début de matinée, Alexandra avala le liquide sans réfléchir, grimaçant à cause du goût immonde du breuvage. Elle essaya de repousser le verre mais ses mains bougeaient dans le vide. Une question arriva à ses oreilles, elle n'en capta pas la moindre once du contenu. « Oh oui ! » Répondit-elle sur un ton sérieux. Il aurait pu lui demander si elle aimait le bœuf stroganoff ou les tartines au miel, elle lui aurait répondu sans aucun doute de la même façon. Sans capter la réaction de l'homme, la sorcière réussit à se hisser sur ses fesses, qui avaient mal vécu sa soirée mouvementée. Ses muscles éprouvaient quelques complications dans leur mise en marche. La belle dut se tenir la tête quand elle s'installa au bord du lit, elle sentait tambouriner son cœur dans ses oreilles. Ouïe. Peu encline à entamer sa matinée sur un pied stable, elle prit l'épaisse couverture du lit de Nikolaï sur ses épaules, et la kidnappa volontairement. Elle se hissa sur ses jambes qui reprenaient doucement de leur forme originelle, et s'échappa de la pièce d'un pas lent. La queue de la couverture suivait malgré elle, rampant sur le sol telle la traîne d'une robe de mariée. La porte de sa propre chambre s'ouvrit, un grincement retentit, elle marcha les quelques mètres qui la séparaient de son lit et se jeta dessus, toute enroulée dans sa couverture qu'elle s'était appropriée, seuls sa tête et ses pieds nus dépassaient. Peu importe. La voilà repartie pour somnoler bruyamment comme un gnome.

"Madame, mademoiselle" Toc, toc, toc. "Réveillez-vous" Toc. Quelque chose lui martelait la tête. D'un large mouvement de bras, la belle dégagea le pauvre elfe de maison qui tentait vainement de la sortir de sa torpeur. « Mh ! » Marmonna-t-elle dans sa barbe inexistante. "Mademoiselle, levez-vous". Encore cette voix stridente. Ses sourcils se froncèrent. Son menton reposait sur un bourrelet de couverture, un fin filet de bave s'était écoulé et avait laissé une trace humide sur le tissu. Elle donnait des coups de pieds dans le vide, espérant toucher la créature qui osait la déranger. Tout-à-coup. « Aaah ! » S'écria-t-elle. On la tira par les pieds, elle glissa hors de la couverture et son visage heurta de plein fouet le parquet de sa chambre. Bordel, qui avait osé ? Alexandra leva sa tête, ses prunelles s'entrouvrirent pour apercevoir le visage sévère de Nikolaï. « Raah ... » Grommela-t-elle, elle reposa son front sur le sol, par dépit. Il venait de la tirer du lit. Quel homme cruel. L'elfe qui avait perdu l'affaire avait disparu en un 'pop', craignant probablement un retour du bâton. « C'est bon ... » Elle eut à peine le temps de lui faire un signe de main pour l'arrêter, elle le vit faire un pas en avant. Elle ne voulait pas qu'on la réveille à coup de ceinture, surtout pas. Alexandra se redressa, péniblement, et alla se préparer sous le regard vigilant du patriarche qui veillait au grain. Ce n'était pas le bon jour pour faire la grasse matinée, surtout pas avec cet énergumène sous ce toit.

La belle profita d'un bain bien chaud qui détendit ses muscles, elle flottait dans cette eau savonneuse qui recouvrait toute la surface, jusqu'à son menton. Elle sentait ses céphalées s'estomper, elles étaient moins déstabilisantes qu'à son réveil. Le soleil baignait la pièce d'une lumière vive, se reflétant sur le carrelage immaculé et sur le miroir. Au bout de quelques minutes seulement, Alexandra se glissa hors du bain, consciente que le temps jouait contre elle, qu'il ne tarderait pas à entrer sans demander la permission pour la rappeler à l'ordre. Non, elle ne voulait plus que ce genre de situations se reproduise. Son mollet encore recouvert d'une fine couche de mousse se posa sur une serviette propre, rejoint rapidement par son jumeau. D'un coup de baguette fait avec assurance, elle essuya sa peau douce et enfila ses sous-vêtements. Une autre robe était préparée, on avait sûrement omis de lui fournir la robe noire à la coupe stricte, qu'elle avait préparé suite à son réveil forcé. A la place, trônait une robe jaune pastel à la jupe fluide, une paire de collants placée sur le dossier et ses souliers en cuir étaient posées à côté de chaise. Par réflexe plus que par réel énervement, elle leva les yeux au ciel. Décidément, tout lui était désormais dicté pour que la belle quitte son deuil.

La sorcière descendit les escaliers, le bruit de ses talons claquant sur le bois ancien, sa main gantée effleurait à peine la rampe. Elle était élégante dans sa robe aux couleurs d'un bouton d'or, la tenue lui serrait légèrement sa taille de guêpe. Ses cheveux étaient maintenus dans un chignon, quelques mèches rebelles réussissaient à se faire la malle. En bas, un homme l'attendait, patiemment. Arrivée dans le hall d'entrée, la jeune femme marcha dans sa direction. Elle le salua d'un signe de tête courtois et le gracia d'un sourire matinal, couvertes d'une délicate nuance de rouge. « Kolya » Lui dit-elle d'une voix plus assurée, moins enrouée, en guise de bonjour. « Merci pour ce réveil ... si agréable dont vous m'avez gracié avec cette créature. Je m'en souviendrais ». Ce sourire ne quittait plus ses lèvres, presque amusée par sa propre réaction. Elle ressemblait à une poupée, ce matin. Son teint pâle laissait apercevoir ses joues rosées et ses prunelles azurées ressortaient plus que jamais. Son regard était rempl de joie, allez savoir pourquoi. « Allons rejoindre Babushka » Lança-t-elle sur un ton léger, presque euphorique. Voilà ce qui la mettait dans un pareil état, elle allait revoir sa grand-mère qu'elle aimait tant. Il va s'en dire que Nikolaï n'éprouvait sûrement pas le même engouement que sa fiancée pour cette femme qui le haïssait ouvertement depuis le décès prématuré de ses deux fils.

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30/4/2017, 18:07
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La réponse qu’on lui offrit lui fit serrer les dents. Amère, ses mâchoires contractées n’appréciaient pas la plaisanterie hasardeuse ou ignorance insolente dont Nikolaï était l’objet. Il aurait voulu une discussion, elle qui voulait tant de sincérité, elle se comportait comme une enfant et le fuyait. C’était assez complexe pour lui, mais si elle lui compliquait la tâche, il n’y parviendrait jamais. Lorsqu’elle recevrait des coups de ceinture sur le corps, elle viendrait ensuite se plaindre de sa monstruosité. Mais qui était le monstre ce matin ? Lui ou la belle qui peinait à quitter les limbes du sommeil et qui venait de lui mettre un râteau en bonne et dure forme alors qu’il tentait une approche ? Il s’habillait et déjeunait, conscient qu’elle jouait avec ses nerfs et qu’il n’était pas bien certain de le supporter encore bien longtemps. Ne la voyant pas venir, il remonta à l’étage pour la découvrir écroulée sur son matelas comme une souche. « Lève-toi. » gronda-t-il. « Tu n’es plus une enfant, ton comportement est honteux pour une dame. » Il lui saisit les chevilles et la tira du lit. Elle râlait, elle l’exaspérait. Puis elle se leva enfin, filant prendre son bain.

Dans le salon, la mine renfrognée, il donnait quelques directives pour le mariage pour que les femmes s’en occupent ensuite. Il prenait un peu de temps au bout de la table, plume à la main pour établir la liste des invités. Il lui arrivait d’écrire un nom puis de le raturer un pu plus tard. La liste ne serait pas grande et se limiterait à ceux en qui il avait totalement confiance. Ils étaient plus nombreux qu’il l’aurait pensé, mais il en éliminait volontairement certains, préservant ceux pour lesquels il avait une complicité certaine. Il y aurait à peine une centaine de personne, famille Ivanov comprise. Ce qui était un assez faible nombre quand on savait la célébrité de son nom. Les privilégiés étaient soigneusement triés. Achevant, il laissa cette liste à sa mère qui avait l’habitude de son écriture de cochon. Il était droitier, à la base. Mais définitivement, il ne pouvait plus utiliser cette main pour écrire et la seconde, à défaut, ne savait pas faire de jolies courbures à ses lettres. Enfin, sa fiancée se présentait dans sa robe claire, joyeuse.

Il se levait, accueillait sa bonne humeur sans un mot. Il plaça soigneusement une cape à fourrure sur les épaules de la demoiselle avant de se couvrir tout autant. Il prit sa taille et transplana. La campagne enneigée ne laissait place à aucune ville dans le décor, pas même éloignée. A perte de vue, il n’y avait que des plaines blanchies par l’hiver. Le froid y était terriblement saisissant, la terre gelée était raide sous leurs pieds. La maison de campagne était spacieuse pour une seule femme qui n’en chauffait qu’une maigre partie pour son usage personnel. Le ciel avait pris une teinte blanche grisonnante. Le silence n’était balayé que par le vent sifflant. Passant son bras valide autour des épaules de sa promise pour la protéger de la rudesse du climat, il avança jusqu’à la demeure où il toqua. Dans l’attente, il porta son regard sur la jolie blonde à ses côtés qui claquait des dents. Une chance que la neige ne tombe pas, mais il n’aurait pas fallu qu’il reste longtemps dehors où elle se serait transformée en glaçon.

Nikolaï la fit venir contre lui à l’abri dans sa propre cape, jusqu’à ce que la porte s’ouvre enfin. Le politicien fut étonné de voir la grand-mère et non un elfe de maison. Cette vieille pie avait-elle mangé son serviteur ? Il relâcha Alexandra qui se jetait sur sa grand-mère pour ses retrouvailles tandis que la porte lui fut claquée au nez. Poussant un soupir, il roula des yeux et rouvrit cette porte pour entrer, servant à Babushka un regard désabusé tandis que la vieille femme semblait très heureuse de son accueil. Le russe retira sa cape avant d’ôter sereinement celle de sa fiancée et d’accrocher les deux à un porte manteau… Puisque définitivement, il n’y avait pas d’elfe de maison ici. D’un geste sec de la tête, il salua sa grand-mère, sans plus un mot. De toutes façons, il n’aurait pas pu en placer un tant les deux femmes étaient déjà parties dans une conversation passionnante.

Les deux dames prirent place dans un canapé tandis qu’il vint trôner dans un fauteuil, s’allumant une cigarette sous l’œil désapprobateur de Babushka. Il écoutait vaguement leur conversation sans intervenir. Fumant, il laissait son regard se perdre dans les tableaux, appréciateur. Disons que c’était plus agréable que les piques lancées à son encontre au cours de la conversation. Sa grand-mère ne mâchait pas ses mots, mais cela coulait sur lui sans qu’il n’y octroie de l’importance. Qu’elle crache donc son venin, il en avait cure. Elle se fatiguerait avant lui. Il avait l’habitude qu’on le traître de monstre, cette vieille chouette n’était pas originale. Ses prunelles céruléennes se posèrent sur un immense tableau qui représentait son père. Ses mâchoires se serraient de rancœur et de violence et soudain, il préféra écouter les balivernes de cet être sénile qui avait entamé le sujet de la progéniture qu’engendreraient ses deux petits-enfants.

« Au moins, les enfants qu’il aura avec toi remonteront le niveau de sa progéniture. » Les prunelles de Nikolaï se firent aussi acérées de des lames de rasoir, sentant le courroux monter. Autant il se moquait bien qu’on l’insulte, autant sa famille, et plus encore ses propres enfants devaient être intouchables. « Il ne sera pas le seul à les éduquer et à les rendre aussi dérangés que lui. On a les enfants qu’on construit. » « N’est-ce pas ? » rétorqua-t-il, approuvant soudain son propos mais au sujet de son propre père, Sergeï. Les regards noirs qu’ils échangèrent prenaient aux tripes tant ils étaient violents. « Je ne te permets pas d’insulter ton père sous mon toit, Nikolaï. » « Je n’ai qu’approuvé votre propos. Pour une fois que nous sommes d’accord, ma chère, vous n’allez tout de même pas m’en blâmer. Savez-vous au moins ce que vous me reprochez ? » « Tu es un parricide. » « Et vous une ignorante. »

Un sourire en coin, mesquin, mauvais, illuminait soudain ses lèvres et son regard : « Ah non, c’est vrai… Vous le saviez. Mais vous aussi, vous n’aviez rien fait. Vous vous êtes contenté d’un silence dénué d’amour. » « Ne remets pas la faute sur d’autres pour tes propres pêchers. Tu es le seul à blâmer, tu n’étais pas normal. » « En effet. Je ne l’étais pas. Mais Sergeï n’a rien fait pour me détourner du chemin que je prenais. Il n’a rien fait lorsque je me dressais contre lui, il n’a rien fait lorsque j’ai passé la laisse aux cous de mes petits frères. Il n’a rien fait, il ne se contentait de m’écraser et de m’humilier. Il m’obligeait à réitérer ma bataille, à frapper toujours plus haut, toujours plus fort. » « Ça suffit ! » tenta-t-elle de l’arrêter, mais plein de rancœur, il poursuivait : « Il n’a rien fait ! Et vous même, vous le saviez. Vous l’avez vu faire. Vous l’avez vu m’ignorer, je le vois dans votre cœur. Mais vous n’avez rien fait non plus. Vous avez détourné le regard, vous n’avez jamais repris votre fils dans ses erreurs. » « Ça suffit ! » « On a les enfants qu’on construit. » reprit-il d’elle.

« Sors de chez moi. » Elle avait les larmes aux yeux là où Nikolaï ne montrait qu’un visage de marbre. Une fois de plus, il avait été un très grand manipulateur, appuyant avec précision là où cela faisait mal. Et il y avait bien des choses qui avaient été mises sous silence au sujet du grand Sergeï « Vous savez que j’ai raison. Illusionnez-vous autant que bon vous semblera. Moi, j’ai cessé de rêver. » Il transplana, laissant les deux femmes seules. La roseraie, comme toujours, était sa destination, comme une attache spontanée, naturelle. « JE TE HAIS ! » hurla-t-il, hors de lui, à l’encontre de son défunt père et les vitres de la verrière vibraient de sa colère avant qu’il ne s’enferme dans son bureau pour le reste de la journée. Il bougonnait, ne laissait son elfe entrer que lorsqu’il venait lui servir un verre de vodka.

Seule Ludmilla osa pénétrer le sanctuaire de la bête grondante pour s’approcher du gramophone. La musique des symphonies de Tchaïkovski résonna dans le bureau. Sa mère le connaissait bien et savait que l’art l’apaisait, la musique plus particulièrement. Elle n’avait pas besoin de mot, rien que pour son geste, Nikolaï était reconnaissant. Dans son fauteuil, il avait fermé les yeux et avait enfin réussi à dormir, peut-être une heure ou deux. Il réclama à son elfe de lui préparer un nouveau bain chaud et d’y déplacer de gramophone. Pourtant, dans l’eau, il ne parvenait pas à pleinement se détendre. Les yeux clos, il se laissait bercer par la musique. Jambes pliées, corps penché en avant, ses bras reposaient sur ses genoux. Ses cheveux sombres, humides étaient repoussés en arrière et son dos, voûté par la peine portait encore la trace des ongles d’Alexandra. « Maître, le dîner est servi. » couina l’elfe de maison avant de disparaître. Le patriarche devait reprendre sa place, se tenir droit, fort et fier. Il n’avait aucune idée de si Alexandra était rentrée ou non de chez sa grand-mère. Peu lui importait. Elle faisait bien ce qu’elle voulait, elle aussi. Il était de fort méchante humeur.
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Alexandra I. Ivanova
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1/5/2017, 19:28
       
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-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

RETROUVÉE A MOITIE MORTE DANS LES CACHOTS DE L’ÉCOLE, ON M'A ENVOYÉ A L’HÔPITAL POUR ME SOIGNER. MA MISÉRABLE VIE MERITE-T-ELLE QU'ON ESSAYE DE LA SAUVER ? NON JE NE CROIS PAS. LAISSEZ-MOI PERIRE DANS MON COIN.
La campagne russe enneigée était probablement le paysage le plus serein que l'on puisse retrouver dans ce pays. A la vue de cette immense parcelle blanche, le regard de la belle s'illumina, heureuse de pouvoir retrouver les terres de son enfance. Elle se rappelait qu'elle courait dans le jardin de sa grand-mère, après sa pauvre sœur cracmol qui subissait la magie naissante de sa jumelle, son grand-frère qui riait de leurs enfantillages. Et puis son père, discutant de l'avenir avec sa propre mère, en observant sa progéniture. De merveilleux souvenirs revenaient dans un coin de sa tête, le sourire joyeux ornait toujours ses lèvres maquillées. Son compagnon ne tirait pas la même tête, il affichait son habituelle mine renfrognée, froid comme le vent glacial qui soufflait sur leur fourrure. Alexandra redoutait l'instant où la grand-mère et le petit-fils se retrouveraient, cela ne prévoyait rien de bon. Si au moins l'un des deux arrivait à contenir ses hardeurs, peut-être éviteraient-ils un massacre.

La belle se sentit entourée par le manteau bien épais de l'homme, serrée contre lui, sa température corporelle la réchauffa. Une volute de vapeur s'échappait de sa bouche. La porte de la demeure s'ouvrit en grinçant, le visage ridé et fripé de la vieille Ivanov apparut. « Babushka ! » Cria-t-elle en s'échappant de la cape protectrice de Nikolaï, elle se jeta presque dans ses bras. Se rappelant de son âge avancé, de ses douleurs articulaires qui la rendaient presque bossue, la jeune femme se contenta d'une accolade chaleureuse et d'un échange de baisers sur le front. "Sasha, cela fait si longtemps" Marmonna-t-elle de sa voix de fumeuse. La porte se referma derrière les deux femmes, obligeant le patriarche à actionner la poignée et ravaler son honneur après cet affront clairement organisé. La grand-mère tenait sa petite-fille par la main, comme lorsqu'elle n'était qu'une gamine. Gamine qui avait bien changé. "Que tu as grandi, où sont passées tes joues que j'aimais tant tirer". Son visage semblait tellement heureux, souriant, que les plis sur son front étaient plus marqués que jamais. « C'est une longue histoire » Se contenta-t-elle de lui répondre, par pudeur. Non, elle ne voulait pas l'embêter avec ses soucis, la pauvre femme venait de perdre son dernier fils. Le trio s'engouffra dans la pièce principal, un salon qui sentait le refermé et dont les murs étaient recouverts par une bibliothèque impressionnante. Les deux femmes s'assirent une à côté de l'autre, tandis que Nikolaï s'imposa dans un fauteuil solitaire, s'allumant une cigarette. Le contact entre les deux était froid, Alexandra le ressentait. Cependant elle ne pouvait pas couper la parole à la vieille qui ne cessait de rabaisser clairement son petit-fils. "Pourquoi es-tu venu accompagné de ce résidu ?" La violence de ses mots fit ravaler sa phrase à la jeune femme, elle ne savait pas comment réagir. Soutenir Nikolaï ou accentuer les dires de sa grand-mère ? « C'est Ludmilla qui nous envoie en fait » Commença-t-elle, gênée. « Nous allons nous marier dans quelques semaines ». La matrone se redressa, mirant le visage si jeune de sa petite fille. "Oui, j'en ai entendu parlé, quel gâchis, tu méritais tellement mieux que ce petit lézard sadique". Sa voix était tranchante, comme la lame affûtée d'un couteau. Elle ne mâchait pas ses mots, on sentait la haine suinter de ses mots. « Sinon, comment vas-tu ? Où est passé Balthazar ? ». La russe détournait ouvertement la conversation pour éviter que les choses ne se compliquent. Le patriarche était resté silencieux, durant toute la durée de l'entretien, mais elle le sentait tendu, près à riposter avec la même violence que les mots de la vieille. "Moi, je vis comme une femme de mon âge. Ce vieil elfe est mort, il y a quelques jours, je ne désire pas reprendre une autre créature, je me débrouillerai seule jusqu'à ma mort". Son timbre de voix avait légèrement changée, sûrement touchée par le décès de cette créature fidèle qui l'avait suivi durant toutes ses années. Alexandra posa une main rassurante sur l'épaule flasque de sa grand-mère.

Le thé fut servi, la tasse de la blonde se remplit magiquement, une volute de fumée s'échappait du service en porcelaine. La voix cassante de celle qu'on surnommait Madame se fit entendre. Alexandra toussota en prenant sa première gorgée, pas à cause de la chaleur, les mots prononcés par sa voisine la choquèrent. Brutale, sans pitié. Elle savait que le sujet piquerait Nikolaï au vif. Personne ne pouvait toucher à sa progéniture. Cela ne loupa pas. Les deux s’entraînèrent dans une joute verbale, qui se résumait à qui serait le plus fort. Entre l'ancienne qui avait une voix rauque et forte, qui luttait contre un Nikolaï des plus sérieux. La jeune femme se trouvait entre les deux, profitant de la conversation en sirotant sa boisson. Le moment était extrêmement dérangeant. A un moment, elle voulut stopper le débat en levant la main, personne ne la remarqua. Ce fut long, insupportable. Sa main se posa sur la jambe de sa grand-mère lorsque, en pleurs, elle hurla à son petit-fils de quitter sa demeure. Le cœur serré par ce déchainement de violence, Alexandra voulut glisser un mot à son fiancé mais il transplana avant même que les mots ne sortent de sa bouche entrouverte. Il était trop tard.

Les deux femmes échangèrent un soupire désespéré. La russe se tourna vers sa grand-mère en la regardant sévèrement. « Tu n'étais pas obligée de l'enchaîner comme tu as fait ... ». La vieille fit semblant d'ignorer ses paroles, et détourna le sujet de conversation. Oui, les deux femmes se ressemblaient au fond, leur caractère fort faisait des dégâts. "Donc vous allez vous marier, où va se dérouler la cérémonie ?" Le buste de la sorcière pivota légèrement, ses épaules se détendirent. « En fait c'est aussi pour ça qu'on est venu te voir ». C'est alors que commença le long discours de la jeune Ivanov. Elle lui exposait le projet évoqué précédemment par sa futur belle-mère, vantant les atouts de la demeure familiale et quelques bribes d'informations qu'elle avait retenu du déroulement de la cérémonie. La vieille femme l'écouta avec attention sans la couper, son regard était impressionné par le changement qui s'était opéré chez elle. Elle avait grandi, trop vite à son goût. La voir ainsi prête à épouser un homme, aussi cruel et manipulateur que Nikolaï, lui provoqua un pincement au cœur.

Babushka avait proposé à sa petite-fille de faire un tour complet du propriétaire. Elles étaient montées dans les étages, allant de chambre en chambre pour les attribuer à telle ou telle personne, elles passèrent par les cuisines insalubres, le garde-manger, et terminèrent leur visite par l'immense jardin qui entourait la demeure familiale. Il y aurait des travaux à faire avant le mariage, ces dernières années la propriétaire des lieux n'avait pas pris soin de sa maison et cela se ressentait. Approuvant les demandes de sa petite-fille, elle lui promis de prendre contact avec Ludmilla et Tatiana, pour les préparatifs. Alexandra quitta à contre-coeur, sa grand-mère, en fin de journée. Le soleil avait déjà disparu derrière les collines enneigées. « Au revoir Babushka, à bientôt ! Prend soin de toi » Lui dit-elle après l'avoir embrassé sur les joues. "Toi aussi, bonne chance pour supporter mon idiot de petit-fils". Alexandra disparut dans une volute de flocons de neige.

Le hall de la demeure de Saint-Pétersbourg apparut. La sorcière tendit son épaisse cap en fourrure à un elfe de maison, et aussi celle de Nikolaï qu'il avait oublié sur place. Elle alla rejoindre le salon où l'attendait Ludmilla, pensive. Alexandra salua sa tante qui lui fit signe de s'asseoir à ses côtés. "Il est en colère, très en colère" Il était évident qu'elle parlait de son fils. Elle semblait étonnement calme, mais ses yeux reflétaient toute la crainte qu'elle ressentait réellement. "Que s'est-il passé ?" La matriarche leva les yeux au ciel lorsque sa bru lui résuma les faits. Oh elle connaissait trop bien sa belle-mère, son caractère revêche, elle l'imaginait sans difficulté insulter ouvertement son propre petit-fils sans la moindre pitié. Ludmilla posa une main sur sa cuisse, une expression qui semblait dire 'bon courage'. Elle disparut en un 'pop', laissant Alexandra seule, sur le canapé. Finalement la sorcière fit appeler un elfe de maison. « Où est ton maître ? » La créature se contenta de la fixer avec ses yeux globuleux, elle finit par lui donner quelques informations avant de disparaitre.

Alexandra monta les marches de l'escalier, ses talons martelant chacun de ses pas. Elle finit par arriver devant la salle de bain. Une musique classique baignait la pièce d'eau, détendant clairement l'atmosphère lorsque la belle y pénétra après avoir toqué. Aucune réponse, elle se permit d'avancer. Le patriarche était dans son bain, recroquevillé, le regard sombre la dévisageant. La jeune femme décida de s'asseoir sur une chaise, elle croisa ses jambes et ses bras, s'adossant contre le dossier. Cette fois-ci, Sasha ne rougissait pas de pudeur à la vue de son torse nu, la chaise où elle se trouvait était assez éloignée de la baignoire pour lui éviter une vue plongeante sur le fond du réservoir. Elle ne parla pas tout de suite, se contentant d'observer son visage. « Ça va mieux ? » Sa voix était plus douce qu'en début de matinée. Elle voulait lui dire que sa grand-mère s'excusait, mais il aurait rapidement compris que ce n'était qu'un mensonge. « Elle est d'accord pour fournir la maison pour le mariage ». Oh elle sentait que sa phrase ne fit que le frôler, qu'il s'en fichait entièrement à ce moment-là. Elle espérait que sa colère était descendue.

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2/5/2017, 21:14
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Le bruit d’une main toquée à sa porte ne faisait par partie de la symphonie. Frustré, il fronça brièvement les sourcils avant de tourner la tête vers la personne qui entrait dans la salle de bain. Il ne s’était pas attendu à ce qu’elle vienne ici, bien que la surprise ne marque pas ses traits. Alexandra s’installait sur une chaise sous les prunelles inquisitrices de son fiancé. Pendant de longues secondes, ils s’étaient contemplés. La musique apaisait la bête grondante qui n’était que colère depuis ce matin. Elle lui demandait s’il allait mieux. Nikolaï détourna le regard pour le poser sur le gramophone, sur ce disque noir qui tournait. La réponse ne vint pas. Que pouvait-il lui dire ? Qu’il était d’une humeur à tout casser ? Il n’aurait fait que la faire fuir et il était indisposé par la solitude. La présence de la sorcière lui faisait du bien. Il laissa son dos se dérouler pour venir lentement se placer contre le dossier de la baignoire. Ses yeux se fermaient, il revoyait le tableau de son père dans le salon de sa grand-mère. Il les rouvrait, incapable de trouver un réel repos.

L’annonce de l’accord de cette vielle morue au sujet du lieu où se déroulerait le mariage lui passa à des kilomètres au dessus de la tête. Il n’était pas même certain qu’il avait entendu cette phrase tant elle était à un niveau de désintérêt extraordinaire. On aurait dit que Nikolaï boudait, renfrogné, silencieux. Puis ses prunelles, d’un bleu si clair, s’orientèrent sur sa cousine un instant « Hier soir... » Le timbre de sa voix n’était pas aussi prenant que d’ordinaire. On aurait dit que la bête avait été assommée, anesthésiée. Elle était toujours présente dans le fond plein d’horreur de ses yeux. « Tu m’as demandé si je t’aimais. » Grande nouvelle ou rafraîchissement de mémoire, son ton soulignait combien il ne mentait nullement dans cette affirmation qui l’avait lui-même surpris, la veille. Laissant un silence, ses lèvres se pincèrent comme s’il taisait quelque chose avant qu’il ne détourne à nouveau son regard sur ce disque noir d’où s’échappait la mélodieuse harmonie.

« Je peux comprendre que ce que tu vis es perturbant. Pas spécialement… Sain. » Il avait hésité sur le dernier mot avant de l’avouer avec honnêteté : sa présence était un poison à qui devait le supporter à trop forte dose. « Je ne sais pas en revanches comment tu arrives à… Espérer cela de quelqu’un comme moi. » Il pencha lentement la tête sur le côté dans son observation obsessionnelle  du gramophone. « Regarde-moi… Regarde ce que je suis. » Un monstre dans toute sa puissance, dans toute sa noirceur, incontrôlable, instable et paradoxalement avec un sang-froid si infaillible qu’il en avait l’air plus dangereux encore. Fermant les yeux, ses prunelles, en s’ouvrant, revinrent se planter en elle comme un serpent prêt à mordre une proie. « Je peux t’offrir certaines choses. D’autres, même si je le voulais, m’échappent. » Hors de sa portée, hors de ses compétences, même s’il l’avouait douloureusement. Il se leva de son bain pour quitter l’eau, sans crainte pudique avant de passer une serviette blanche autour de ses hanches au moins pour gracier sa fiancée de la gêne.

Retrouvant sa droiture, son port altier, il s’avançait vers elle, prunelles intensément enfoncées dans les siennes, comme s’il pénétrait jusqu’au cœur de son âme par ces yeux si clairs et si brillants des lueurs de sa monstruosité. Sa main gauche passa sous le menton de sa fiancée, le tirant trop vers le haut pour qu’elle reste assise devant lui. En douceur toutefois, il la forçait à se lever. « Je vais te donner un enfant, Sasha. » Laissant le silence marteler ces mots avant qu’il ne poursuive : « Et j’espère que tu l’aimeras. » Plus qu’un espoir, il y avait dans le fond de ses vibrations une supplique à peine perceptible. « De tout ton cœur. De toute ton âme. » Si elle voulait aimer, il lui donnerait quelqu’un à aimer. Ça ne serait jamais l’amour qu’on attribue à un amant, mais il espérait combler ainsi sa propre défaillance, son incapacité. « Même s’il est différent. Même s’il est imparfait. »

Cela faisait étrangement écho à l’altercation verbale qu’il avait eu avec sa grand-mère dans la matinée. Cet abandon dont il avait fait l’objet… Il n’avait jamais pu le reproduire. Adorant ses enfants à l’excès, se projetant en eux pour vivre ce dont il n’avait pu jouir. Il caressa lentement la jugulaire de la jeune femme, noyé dans son regard, assommé par la musique. Les mots lui venaient plus facilement. « Sa monstruosité est comme la cage dorée d’un oiseau. Il est trop faible, il ne peut pas écarter seul les barreaux, mais toi… Toi, oui. » Elle qui était plus grande, elle pouvait tordre ces barres de fer pour laisser l’oiseau s’échapper. Libérer sa progéniture, lui offrir une autre voie. Le choix de rester dans la cage entrouverte ou d’en sortir. « Parce que si tu ne le fais pas, les barreaux grandiront, grossiront avec lui. Et il sera trop tard. »

Pour lui, il était trop tard. Il avait vu trop d’horreurs, connus et commis tant d’atrocités, qu’il était difficile d’effacer sa mémoire, sa façon de penser, ses mécanismes de réflexions, ses normes, son cadre de référence. Tout avait été forgé loin de l’amour que convoitait sa fiancée. Son nez vint frôler le sien, le cœur serré, le souffle difficile par instant. Il prenait ses lèvres, fermait les yeux au grand final de la musique, envoûté. Sa main glissait et se logeait dans sa nuque, le politicien embrassait sa cousine avec une douceur et une délicatesse anormale. Il se délectait de sa propre docilité, la facilité avec laquelle il étouffait ses violentes pulsions. Un instant sublime où il se sentait pousser des ailes blanches. Qui durait sans qu’il n’en mesure le temps.

La musique s’était achevée, le disque au terme grésillait par instant dans l’horrible silence qui les recouvrait d’une chape de froid. Le russe décollait lentement ses lèvres des siennes, croisait ce regard si proche. Dans le fond de ses yeux, la lueur animale reprenait vie, comme à la levée d’un enchantement. On lui avait tranché ses ailes, ne lui laissant que sa propre déchéance et pourtant, il cherchait à s’en raccrocher désespérément : « Reste avec moi. » souffla-t-il, un ordre dans la forme, une supplique dans le fond alors qu’il l’embrassait avec douceur… mais une douceur différente. Faite de violence refoulée, étouffée, symbole même de sa dangerosité latente et de sa lutte intérieure. « Reste avec moi. » répéta-t-il obsessionnellement,  comme s’il craignait chaque seconde comme étant celle de sa fuite. Son souffle, plus fort, était retenu, contorsionné pour demeurer dans ce calme si fragile. Il manquait de choir dans ses travers.
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Alexandra I. Ivanova
Elève à Koldovstoretz
Né(e) il y a : vingt-trois ans
, à : Saint-Pétersbourg
, mes proches me surnomment : Sasha
et pensent que je ressemble à : Margot Robbie.
Actuellement je suis : fiancée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : à la défense magique.
, aujourd'hui je travaille en tant : qu'élève à Koldovstoretz.
Sans le cacher je soutiens : la Main Noire.
J'ai rédigé : 398
parchemins, et récolté : 14589
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : Blondie (avatar) + cheap thrills (sign).
Dans la vie, je suis aussi : Maria G. Raspoutina, Kathleen M. Goustov.
Ma baguette est faite en : Palissandre des Indes et son coeur est en écaille de Zmey.
Mon niveau de combat est : 3.


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3/5/2017, 10:08
       
panser les plaies, penser l'après

   
-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

RETROUVÉE A MOITIE MORTE DANS LES CACHOTS DE L’ÉCOLE, ON M'A ENVOYÉ A L’HÔPITAL POUR ME SOIGNER. MA MISÉRABLE VIE MERITE-T-ELLE QU'ON ESSAYE DE LA SAUVER ? NON JE NE CROIS PAS. LAISSEZ-MOI PERIRE DANS MON COIN.
Il était là, tel un prince, flottant dans l'eau de son bain. Nikolaï avait ce don énervant de ne rien laisser transparaître par son regard de marbre. La façon dont il la fixait, si intensément, la déstabilisait à chaque fois. Elle n'arrivait pas à paraître détendue devant lui, peut-être était-elle trop faible pour ça. En tous cas, les deux fiancés mirent du temps avant de s'adresser la parole, l'environnement était bercé par la mélodie envoûtante qui flottaient dans l'air humide. La jeune femme replaça une mèche derrière son oreille. Son cœur battait à nouveau la chamade, sans qu'elle ne trouve une raison à ce changement brutal de comportement. Elle était tendue face à lui, consciente que son arrivée brutale durant cet instant de détente devait l'énerver. La bête qu'il était semblait se soulager dans la musique classique. Alexandra apaisait son cœur en ralentissant volontairement son souffle. Il le fallait. Elle ne devait pas revenir à lui en rampant, elle se l'était promis. Elle devait s'affirmer devant lui, ou tout du moins elle devait essayer. La voix de Nikolaï raisonna faiblement dans la pièce, sa phrase eu l'effet d'une claque sur la joue si maigre de la jeune sorcière. Qu'avait-elle dit ?  Elle bougea sur sa chaise, n'arrivant pas à masquer la gêne sur son visage. Qu'avait-elle bien pu encore lui sortir comme bêtises dont elle ne se souvenait pas ? C'était bien son genre, quand elle avait bu un coup de trop, de raconter tout ce qui lui passait par la tête. Il en avait fait les frais, voilà qu'il marquait un point d'ordre à répondre à sa demande si mystique.

Discrète, attentive, Alexandra buvait les paroles de son fiancé qui lui exposait son avis. Il avait détourné un instant son regard, comme s'il réfléchissait au mot juste à choisir face à elle. Avait-il peur de la vexer ? Ses bras se resserrèrent contre sa poitrine, comme si cette sensation de contenance la rassurait. Elle mordit sa lèvre inférieure tandis qu'il continuait son discours, avec cette même retenue. Il était ... touchant, dans sa façon de la protéger de lui, de ce monstre sanguinaire qui sommeillait en lui. Elle avait appris à le connaître, ses dernières semaines. Ce soir, le patriarche était différant. Dans sa façon de l'observer, sa voix plus éteinte, ses phrases moins cassantes. Il ressemblait à un ours en hibernation, mal léché le jour, apaisé par la simple mélodie d'une musique classique. Il se redressa pour sortir de l'eau, Alexandra détourna ses prunelles pendant un court instant, portant son regard sur une tâche invisible qui parait le carrelage immaculé. Par chance, ou par respect, il cacha sa virilité avec une serviette, la belle put à nouveau l'observer sans rougir de sa nudité. « Cet enfant qui naîtra de notre union, je le chérirai, sois-en certain » Glissa-t-elle entre ses lèvres comme une réponse à ses suppliques cachées, après qu'il l'ait encouragé fortement à se dresser contre lui. Il ne lui offrirait pas l'amour qu'elle aurait rêvé recevoir dans un mariage choisi, elle savait qu'il n'en serait pas capable. Gérer ses sautes d'humeurs bestiales, son penchant pour la manipulation excessive, son goût pour la domination, et finalement savoir qu'il était plus possessif qu'elle ne le serait jamais, au risque de la blesser dans un affrontement qu'elle n'aurait pas souhaité. Il était ce qu'il était, un bourgeois élevé dans le but de conquérir.

La façon, dont il lui parlait, l'hypnotisait presque. Elle sentait sa main frôler son cou, sensible à ce toucher qu'elle aimait tant, qui la faisait vibrer inconsciemment. Et puis ces yeux perçants, tellement calme tandis que la mélodie murmurait ses dernières notes dans le vieux gramophone. « Je m'occuperai de ses barreaux, je le sortirai de cette cage. Ça, personne ne pourra m'en empêcher, même pas toi ». Alexandra était peut-être encore une adolescente immature, mais son esprit borné et sa soif de vaincre l'aideraient sans nul doute dans l'éducation périlleuse de leur futur enfant. Elle ne le laisserait pas finir comme son père avant lui, elle ne le permettrait pas. Son regard devint étonnement dur, sévère. Elle voulait qu'il sache que ce petit bout de femme, face au puissant mâle, ne se laisserait pas dominer. C'était une Ivanov, ses griffes étaient aussi acérées que les siennes. Sa poitrine se soulevait au rythme de sa respiration lente et contrôlée. Son visage était si près de celui de Nikolaï que son souffle chaud lui caressait la peau, leurs nez se touchaient presque. Ses épaules se détendirent, laissant tomber ses bras de part et d'autre de son corps. Dans un mouvement de profonde tendresse, il vint prendre ses lèvres dans un baiser des plus sensuels. Guidée par ses pulsions refoulées, Alexandra mêlait ses lippes aux siennes avec plus de vigueur, posant ses mains sur ce torse encore humide.

La pièce se plongea dans un calme absolut, un grésillement de fin de disque se fit entendre. Le patriarche cessa son baiser, il se contenta de la fixer de ses prunelles azurées. Il était tellement proche qu'elle sentait sa respiration se transformer. Comme si la fin de la mélodie l'avait sorti de sa torpeur si agréable pour faire ressurgir le Nikolaï qu'elle connaissait tant. "Reste avec moi". Cet ordre prononcé, faisait écho en elle, lui rappelant la nuit où il l'avait défloré avec douceur et où il avait planté en elle la graine de leur avenir. Alexandra ne répondit pas, presque envoûtée par ce regard si oppressant. Cette demande, pouvait-elle vraiment la refuser. Le haut de sa robe était humide suite au baiser qui l'avait rapproché si près de son torse, on pouvait voir le tissu se coller à sa peau laiteuse, moulant les quelques formes de son corps encore jeune. Un autre baiser kidnappa ses lèvres entrouvertes, alors qu'elle s'apprêtait à susurrer son surnom qu'elle avait appris à affectionner. Plus d'ardent dans ce mouvement, comme s'il retenait toute la violence qui sommeillait en lui. Sa dernière supplique, presque murmurée contre ses lèvres encore avides de ce toucher si grisant, la fit frissonner. Elle voulait lui répondre, elle allait le faire, ses mains s'étaient serrées autour de cette serviette qui entourait pudiquement ses hanches. Une voix retentit derrière la porte, celle de Tatiana. "Le dîner est servi, il va refroidir si vous ne venez pas, Sergeïevitch". Puis sa voix stridente finit par s'éteindre, les bruits de ses pas s'éloignant de la porte de la salle de bain. La femme avait parlé en pensant que l'homme de la maison était seul, elle ne savait pas que sa fille était rentrée. Alexandra avait retenu son souffle, pendant quelques secondes, elle mirait toujours silencieusement le visage de Nikolaï. Il attendait une réponse, cela se voyait. Elle avait sentit sa main s'entremêler dans sa chevelure blonde, dans sa nuque, comme pour la retenir d'une fuite certaine.

La tension entre les deux fiancés étaient palpable. Des gouttes d'eau perlaient du visage du patriarche pour s'écouler le long de sa poitrine, qui se soulevait au rythme de sa respiration retrouvée. « Kolya, nous devons y aller » Finit-elle par murmurer, hésitante, ses lèvres tremblaient légèrement sous la pression de l'instant. Sa poigne de se desserra pas. Elle le sentait encore patient, pour le moment, mais cela ne pourrait pas durer éternellement. Puis le repas, cela ne semblait pas intéresser le moins du monde Nikolaï qui n'avait pas bougé à l'énoncé de la phrase de Tatiana. Alexandra avait détaché ses mains des hanches de l'homme, elle finit par annoncer, après de trop longues secondes de silence. « Je suis avec toi, Kolya, jusqu'à ce que la mort nous sépare ». Ses mots, prononcés avec une fausse décontraction, étaient pleins de sens. Il est vrai qu'ils étaient liés par un contrat magique, la jeune femme ne pouvait pas le quitter même si elle ne désirait. Pourtant elle sentait que sa vie était lié à lui, d'une façon ou d'une autre. Elle arriverait peut-être à apprécier ce caractère qui était le sien, autant que lui devrait s'habituer à celui de sa fiancé. Future femme, future mère. Alexandra devra marquer sa position dans cette illustre famille de sorciers, composant avec les sautes d'humeurs de son mari dictateur, se faufilant entre les actions de leurs ennemis communs. Nikolaï avait prouvé, ces derniers jours, qu'il protégerait la vie de sa femme, cela malgré toute la haine qu'ils s'étaient jetés au visage. Ils devraient mettre de l'eau dans leur vin, tous les deux, peut-être alors réussiraient-ils à s'apprécier plus intimement qu'ils ne l'ont fait jusqu'alors. Nikolaï découvrirait peut-être la tendresse maternelle enfouie dans la poitrine de sa petite femme, tendresse qui apaiserait sans aucun doute les démons qui ont pris possession de son âme. « Que désires-tu Kolya ? » Derrière cette phrase, plusieurs possibilités d'interprétation étaient possibles. Elle pouvait lui demander ce qu'il voulait faire, rester dans la pièce ou aller manger. Autre chose encore, comme une demande sur la façon dont il voyait son avenir, à ses côtés, en tant que mari et femme. Peut-être aussi qu'elle le questionnait sur ses envies cachées, celle qui étaient scellées entre ses lèvres et qu'il n'osait pas lui avouer.

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3/5/2017, 21:46
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Les promesses ainsi formulées lui faisaient du bien et pour autant, il maniait lui-même si bien les mots pour savoir qu’ils pouvaient être si biaisés. Si l’espoir allumait une lueur dans son cœur sec et torturé, ses actes, en temps voulu, seraient la plus parfaite des promesses. Il ne doutait pas de la volonté qu’y mettaient ses prunelles ardentes, il craignait les réactions réelles lorsqu’elle devaient avoir lieu. Son propre père avait eu les mots et l’apparence d’un blanc chevalier. Nikolaï savait qui se cachait derrière ces mots bien faits, habillement choisis. Ceux d’un politicien à l’image lisse, impeccable. Il lui avait toutefois servi un fin sourire en réponse avant de s’offrir la pulpe de ses lèvres, les rougissant à son contact. Plus que de s’octroyer, il sentait combien elle lui rendrait, que sa réticence s’était lentement envolée. Il y avait un mois encore, elle vomissait sur ses chaussures après qu’il l’ai manipulée pour un assassinat réussi. Cela lui paraissait si loin.

La voix de Tatiana ne le fit pas sursauter, mais il sentait ses muscles se crisper d’agacement, sa poigne dans la nuque de la jeune femme s’était faite plus forte avant qu’il ne desserre l’étau de chair et d’os. Il mirait sa fiancée, ses doigts s’emmêlaient dans la blonde chevelure, comme s’il était prêt à tirer dessus si elle partait sans lui. Y aller. Il n’avait aucun devoir envers qui que ce soit dans cette maison, si ce n’étaient ceux d’un maître. S’il ne voulait pas se rendre à table, il s’offrait cette liberté et sa tante n’aurait rien à dire. Il relâcha sa nuque à l’accord de rester avec lui, sa main retombait le long de son corps. Il ne bougeait pourtant pas, la contemplant dans un long silence avant qu’elle ne lui pose cette question à laquelle il eut un léger sourire, un peu carnassier. Il s’éloigna d’elle, marchant jusqu’au gramophone pour relancer la lecture du disque noir. La mélodie renaissait, à pas de violons langoureux.

Il laissa son buste se soulever d’un soupir avant de revenir vers elle et prendre sa main de sa dextre valide. Un sourire plus large, plus complice, s’étalait sur ses lèvres alors qui balançait leurs bras de plus en plus fort, jusqu’à finir par la faire tournoyer sur elle même, levant sa main au dessus d’eux. Il dansait, menait sa cavalière avec maîtrise malgré son état manchot. Il se mit même à rire, amusé, en se disant qu’il était en train de danser nu, avec seulement une serviette sur les hanches. On aurait dit Tarzan et Jane si Nikolaï n’avait pas eu cette droiture et cette noblesse dans sa posture et dans ses gestes. Il la fit tourner au loin puis revenir dans une ‘passe courte’ où il l’enveloppait de  son bras valide, son torse contre le dos de la jeune femme. Il ne la relâcha pas toutefois, il serrait son étreinte, achevant lentement son rire amusé, balançant son appui sur sa jambe droite, puis gauche, puis droite, comme s’il la berçait.

Ses prunelles se relevaient vers le miroir face à eux au dessus du point d’eau : un meuble à deux vasques. Il souffla pour repousser une mèche blonde qu’il avait sur le visage avant d’embrasser le cou de sa partenaire. « Fais-moi confiance. » souffla-t-il. Voilà ce qu’il désirait. Si elle avait confiance, il savait qu’elle lui appartiendrait et son appétit possessif serait rassasié. « Dans le meilleur. » Il n’avait pas fait sa place en politique en terrorisant ses relations. Il y avait des actes purs dont il sortait victorieux, sa poigne ferme rassurait une population troublée par la guerre. « Dans le pire. » Les horreurs, elle connaissait ça de lui. Les meurtres, la torture, la manipulation omniprésente à chaque instant, chaque seconde. Même maintenant. Il ne le faisait jamais sans raison. Jamais sans en tirer un bénéfice pour lui même, pour sa famille, pour son pays, et très souvent sur le long terme plutôt qu’en une satisfaction immédiate et éphémère. Il inspira profondément son odeur, ralentissement progressivement le bercement jusqu’à s’arrêter, serrer plus fort son étreinte sur elle, si fort que s’il continuait, cela deviendrait étouffant. Mais il était un homme excessif.

Il se crispa en entendant à nouveau la voix de Tatiana : « Sergeïevitch ? Avez-vous vu ma fille ? Je ne la trouve pas. » Immobilisé, il laissa un sourire s’élargir sur ses lèvres. Mentir, ne pas mentir. Son cœur balançait avant de finalement répondre comme un politicien : « Vous me demandez si je l’ai vue dans la salle de bain ? » Il n’avait pas dit oui, il n’avait pas dit non, mais il la manipulait : il savait parfaitement que les bonnes mœurs feraient que sa tante repousserait cette option par une liaison biaisée de rhétorique sur laquelle il s’appuyait. Une liaison qui se faisait hors de ses mots. « Non, pardon, bien sûr... » Elle partait, Nikolaï se mit à ricaner d’amusement et de fierté. Il n’avait pas menti au fond. Elle était partie toute seule. Parfois, il adorait vraiment son travail. Il était un magicien des mots, il pouvait en faire absolument tout ce qu’il voulait.

Il relâcha son étreinte presque étouffante avant de disparaître derrière l’auvent. Il retirait sa serviette, prenait sa baguette… Puis marquait un temps d’hésitation avant de se sécher magiquement et de s’habiller. La chemise blanche seule suffirait. Il ne comptait pas se rendre à un dîner mondain. Veste et cravate resteraient au placard. Il revenait à la vue de sa cousine, emprisonnait son bras droit dans l’atèle par un geste habile de baguette. Quittant la salle de bain avec elle, il passa sa main dans le creux de ses reins pour la conduire avec lui et Tatiana sembla surprise de les voir arriver ensemble. Ludmilla, elle, avait l’air plus soulagée de deviner qu’Alexandra était responsable de l’apaisement de son fils. Elle baissa les yeux, pensant que cela rendrait son petit sourire en coin plus discret. Mais Nikolaï l’avait remarqué et le sourire en coin se reflétait sur ses propres lèvres.

Rah les femmes ! De petites manipulatrices ! Il trôna à cette tablée féminine, son regard appuyé s’était souvent posé sur sa fiancée au cours du repas, tandis qu’on parlait principalement préparatifs de mariage, maintenant qu’il était certain que cela aurait lieu à la campagne. « Et pour les noces, où voulez-vous aller ? » demanda finalement Ludmilla. Nikolaï fronça le nez avant de répondre avec un humour noir : « Mh… Ça va être compliqué, en vérité. J’ignore où se trouvent les portes de l’Enfer. » Il orientait son visage vers Alexandra, goguenard : « Tu sais peut-être où trouver cela ? » Il raillait et la dévorait du regard, ouvertement.
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Alexandra I. Ivanova
Elève à Koldovstoretz
Né(e) il y a : vingt-trois ans
, à : Saint-Pétersbourg
, mes proches me surnomment : Sasha
et pensent que je ressemble à : Margot Robbie.
Actuellement je suis : fiancée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : à la défense magique.
, aujourd'hui je travaille en tant : qu'élève à Koldovstoretz.
Sans le cacher je soutiens : la Main Noire.
J'ai rédigé : 398
parchemins, et récolté : 14589
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : Blondie (avatar) + cheap thrills (sign).
Dans la vie, je suis aussi : Maria G. Raspoutina, Kathleen M. Goustov.
Ma baguette est faite en : Palissandre des Indes et son coeur est en écaille de Zmey.
Mon niveau de combat est : 3.


Sacoche magique
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3/5/2017, 23:30
       
panser les plaies, penser l'après

   
-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

RETROUVÉE A MOITIE MORTE DANS LES CACHOTS DE L’ÉCOLE, ON M'A ENVOYÉ A L’HÔPITAL POUR ME SOIGNER. MA MISÉRABLE VIE MERITE-T-ELLE QU'ON ESSAYE DE LA SAUVER ? NON JE NE CROIS PAS. LAISSEZ-MOI PERIRE DANS MON COIN.
Pendant un court instant, la belle crut voir une espèce de satisfaction sur son visage aux traits si graves. Elle le sentait détendu, peut-être rassuré de savoir que celle qu'il allait épouser se plier enfin à ses désirs : l'obéissance. Et il relâcha sa prise, doucement, venant presque à la faire regretter cette proximité qu'ils avaient entretenu jusqu'à maintenant. Elle le vit s'éloigner, ses hanches toujours cintrées par cette serviette blanche, un simple coup de vent aurait suffit à la faire disparaître. La réponse à sa question n'arriva pas, il s'était contenté d'un simple sourire. Alexandra rougit, son cœur s'emballa aux premières notes de violon qui s’échappèrent du gramophone. Il retourna vers elle, lui tendant la main avec grâce et élégance. Le couple se mit à tournoyer dans la salle de bain. Cette danse improvisée était originale, plaisante. Voir Nikolaï aussi heureux, c'était grisant. Alexandra se surprit à répondre à ce rire qu'il laissait échapper. C'était un plaisir simple, tellement bon. Jamais la jeune femme n'avait partagé ce genre d'instant avec quelqu'un. Elle se sentait privilégiée, guidée par le bras protecteur du patriarche. Sa jupe s'arrêta de tournoyer quand il la ramena vers lui, se plaça dans son dos. Alexandra sentait le rythme soutenu de sa respiration dans la nuque, son bras l'enfermait contre son torse poilu. Elle aussi sentait son souffle s'accélérer, son rythme cardiaque monter en flèche. Et elle avait chaud, très chaud. La jeune femme se laissa balancer dans ses bras, profitant de cet instant de douceur pour apaiser son esprit tourmenté. Son sourire n'avait pas quitté son visage, elle était radieuse. Un baiser déposé sur sa peau sensible, dans le creux de son cou, suffit à lui faire basculer sa tête en arrière. Ses mots glissèrent sur elle comme des murmures, presque emprunt d'une certaine sensualité. Elle s'abreuvait de ses paroles, comme un croyant son évangile. Il dictait presque sa conduite, implicitement, à travers son discours. Faire confiance, pour le meilleur et pour le pire. Ainsi seraient-ils unis à la vie, à la mort. Cela fit étirer son sourire. Il cessa de la balancer, elle le sentit resserrer son étreinte, qui se fit plus forte, quelque peu désagréable. Ses maigres épaules se firent presque aspirer par son torse imposant. La belle se raidit légèrement sous ce sentiment d'oppression.

Tatiana revint à la charge, se renseignant désormais sur sa propre fille. Sa grand-mère lui avait probablement envoyé un hibou pour la prévenir de leur entretien de l'après-midi. Alexandra sentit les muscles de Nikolaï se raidir au moment où sa voix énervante retentit derrière la porte. Tel un politicien aguerrit, il lui répondit avec un panache qu'elle lui connaissait si bien. Elle dû poser une main sur sa bouche pour étouffer le rire qui monta soudainement. Bien dit. Ses pas s'éloignèrent dans le couloir, laissant à nouveau les deux cousins seuls. La russe aurait voulu le féliciter pour sa réparti, mais sa réaction se concentra dans un sourire amusé. Il finit par la relâcher, elle soupira de soulagement. L'homme s'éloigna d'elle pour se cacher derrière l'auvent. Tandis qu'il se préparait pour le repas, la jeune femme se mit face à la porte. La vue de ce dos griffé par ses soins, souvenir de leur première nuit passée ensemble. Encore un sourire, celui-ci ce fit plus taquin. Il gardait lui aussi les marques de leur rencontre. Lui des entailles, elle, un hématome. Sa main vint mourir dans le creux de ses reins, elle se laissa guider sagement par le patriarche.

Toutes les femmes de la maisons étaient présentes. Alexandra vit les iris intriguées de sa jumelle quand le couple arriva, elle la gratifia d'un signe de tête et suivit ses convives à table. Encore dans ses pensées, la belle ne remarqua pas l'échange entre la mère rassurée et son fils amusé. Les images de ce qui venait de se dérouler dans cette salle de bain trottaient dans son esprit. Nikolaï s'installa au bout de la table, en bon patriarche qu'il était, Alexandra prit la place de droite. "Sasha, nous avons déjà choisi ta robe, en accord avec ce que Ioulia nous a proposé. Elle est commandée et arrivera dans la semaine, peut-être même demain dans l'après-midi, si nous sommes chanceux". Dit Tatiana, tout en entamant son assiette avec ferveur. La future épouse leva les yeux de son plat pour fixer sa sœur. « Ah ? » Fit-elle, étonnée que l'on prenne des initiatives à sa place. « C'est la robe dont je t'ai parlé, celle avec ... » Elle ne fit pas attention à la suite de sa phrase. Oui, elle savait pertinemment de quelle robe elle parlait. Alexandra se mit à lancer un regard en coin à son fiancé, sûrement heureux que son petit manège ait réussi. La sorcière fit mine de ne pas s'intéresser, prononçant un simple 'mh' en guise de réaction. Ce dos nus. Elle se rappelait de cette robe qu'elle avait porté ce soir-là, de la main baladeuse de celui qui était encore son cousin, qui s'aventurait dans le creux de ses reins encore pures et chastes. Alexandra baissa ses yeux, évitant désormais le contact. Elle mâchait calmement ses aliments, écoutant d'une oreilles lointaine les conversations des femmes. "Il faudra prévoir des roses, c'est l’emblème de cette famille, je ne vois pas ce mariage sans rose", disait Tatiana entre deux bouchées. "Et prévoir les chambres pour les mariés et les invités", semblait compléter Ludmilla, toute aussi impliquée dans l'organisation de l’événement. Les deux mères réalisaient un travail acharné, prévoyant dans les moindres détails chaque instant, jusqu'à évoquer l'échange même des consentements.

Alexandra se sentait observée durant tout le repas. Ce n'était pas l'examen ponctuel que faisait Ioulia de sa jumelle, non, c'était bien celui de l'homme qui était à ses côtés. Lorsqu'elle leva sa tête, c'est son regard perçant qu'elle croisa. Il mâchait, silencieusement, lentement. La sorcière s'imaginait que c'était elle qui était entre ses puissantes mâchoires, se faisait broyer progressivement. Elle garda la tête haute, consciente que leur attitude de défit ne passait pas inaperçu à table. Le repas prit fin. Ludmilla interrogea son fils et sa bru. La répartie de Nikolaï ne tarda pas, Alexandra se redressa sur sa chaise lorsque celui-ci lui retourna la question. Ah. Un sourire en coin vint fondre dans le coin de sa bouche encore rose de leurs baisers fougueux, sa lèvre inférieure se plaça entre ses dents. « A nous deux, nous devrions réussir à les trouver, ces portes » Lui rétorqua-t-elle, amusée par son comportement taquin de ce soir, qu'elle n'avait pas pour habitude de croiser. La sorcière essuya les coins de sa bouche, avec parcimonie, puis reposa sa serviette à sa gauche, frôlant par la même occasion la main de son voisin. « Serais-je invitée au mariage ? » La question de Ioulia paraissait totalement stupide pour Alexandra, elle la dévisageait avec une expression de surprise. « Bien sûr que ... » Commença-t-elle d'une voix assurée. "Non, on en a déjà discuté Ioulia" Tatiana coupa sa fille dans sa phrase, brisant par la même occasion les espoirs de sa jumelle. Outrée par une telle réaction venant de sa génitrice, la jeune russe dut serrer le poing sur la table pour retenir sa colère. Ioulia quitta la tablée, en pleurs, et monta à l'étage pour s'enfermer dans sa chambre. Alexandra se mit à réfléchir. Il fallait trouver une solution, elle ne pouvait pas être écartée du mariage tout simplement parce que cette femme avait honte de sa progéniture. « J'ai besoin d'une demoiselle d'honneur, elle est ... ». La mère se mit à observer sa fille, ses lèvres pincées retenant toute la colère enfouie dans son vieux corps. "Une autre fera l'affaire, nous en avons déjà discuté, la fille d'un autre oncle t'accompagnera". Alexandra leva les yeux au ciel, désespérée par cette mère abjecte. « Laisse-la au moins venir, même incognito ». Il fallait tenter. Sa simple présence l’apaiserait, son minois délicat dans cette masse d'hypocrites. "Non". Sec, cassant, brutal. La sorcière poussa sa chaise en arrière, se redressa, et tapa du poing sur la table, faisant vibrer les verres en cristal et sursauter sa future belle-mère. « Alors ce mariage n'aura pas lieu ». Elle plongeait ses iris azurées dans celles de sa mère, elle était déterminée face à cette masse de nerfs. Cette dernière se mit à ricaner, sévèrement, croisant ses bras contre sa vieille poitrine. "Tu feras ce qu'on te dira". Le mariage de sa fille rendait Tatiana plus combative que d'habitude, elle ne la laisserait pas tout gâcher encore une fois. Son regard ne tremblait pas, ses épais sourcils grisonnant étaient froncés. "Rassied-toi" Ordonna-t-elle. Hésitant, durant un instant, à quitter la table pour rejoindre sa sœur, elle sentit le regard insistant de Nikolaï, à sa gauche, comme s'il attendait de voir sa réaction face à l'autorité. Bonne perdante, Alexandra se réinstalla sur sa chaise, le visage fermé, se jurant de se venger de ce qu'elle lui avait dit. Sa main gauche se porta sur sa droite, caressa doucement la pierre sur son annulaire. Sa propre mère, interdisant sa jumelle à son mariage, c'était une illusion, une blague qu'on lui faisait pour juger son comportement. La conversation reprit doucement, après le froid jeté sur la tablée, les deux mères discutaient comme avant, tandis qu'Alexandra fixait le fond de son verre à eau. Ses épaules étaient tendues, ses iris reflétaient toute la colère qui sommeillait en elle. A ce moment, elle avait tellement envie de lui arracher le visage, d'éliminer sa folle de mère qui riait désormais presque aux éclats après avoir sali l'honneur de sa fille. Elle ferma ses paupières, pendant un court instant, inspirant légèrement pour tenter de se détendre.

« Je suis fatiguée, puis-je me retirer ? » Alexandra n'avait pas levé la tête, se contentant d'attendre l'accord d'une des personnes autour de la table. Un silence, sûrement dû à un échange de regard. "Bien sûr ma fille, va te reposer". La voix salvatrice de Ludmilla accorda à sa bru un peu de répit, consciente que sa relation tendue avec sa propre mère n'arrangeait en rien l'ambiance dans cette famille. La sorcière sortit de table, et se hâta hors de la pièce. Au lieu d'aller dans sa chambre, ou celle de Nikolaï, la jeune femme se faufila à travers les couloirs du rez-de-chaussée pour trouver un petit boudoir calme, à l'abri des regards indiscrets et assez loin pour ne pas entendre la voix stridente de sa mère. Cette pièce, dans un coin de l'aile sud de la demeure, comportait une sorte de banquette entourée de deux immenses étagères. Il faisait sombre, on distinguait à peine les meubles. C'était sûrement une pièce de lecture, vu la quantité de livres présents dans cette bibliothèque. Mais ça, elle s'en fichait éperdument. Alexandra ôta ses chaussures, qu'elle jeta dans un coin. Elle tourna en rond pendant un bon quart d'heure, puis finalement, elle s'assit sur cette banquette en rabattant ses jambes contre sa poitrine. La fuite, toujours la fuite. C'était toujours comme ça qu'elle réagissait lorsqu'elle se sentait déstabilisée. C'était son système de défense qui répondait à sa place. S'éloigner de ce qui la dérangeait le plus. Elle finit par poser son front sur ses genoux, attendant que le temps passe.

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let me see our future.
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6/5/2017, 11:19
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La victoire, il la sentait couler dans ses veines comme une satisfaction caressante. Ioulia était un petit bout de jeune femme très influençable, surtout par un loup comme Nikolaï. Ça avait été un jeu d’enfant et le résultat avait été bien au-delà de ses espérances. Il avait songé qu’elle argumenterait auprès d’Alexandra, mais de toutes évidences, son zèle s’était étendu à sa mère et à sa tante, à tel point que le sort de la robe était à présent scellé. Ses prunelles céruléennes, posées depuis de longues minutes sur sa fiancée, brillèrent à l’accompagnement d’un sourire en coin. Bien sûr qu’elle savait qu’il était derrière tout cela et son regard, chargé de mots implicites, étaient une victoire plus grande : elle abdiquait et elle serait magnifique, à ses yeux, pour la cérémonie.

Autant Ioulia fut-elle un élément clé dans sa satisfaction, autant sa dernière question fut telle la pomme de la Discorde offerte en pâture à cette tablée. Nikolaï s’était volontairement placé en retrait de cette altercation, choisissant de ne pas intervenir dans cette crise, car c’était la posture la plus adéquate à adopter pour l’heure. Il était le Patriarche, il serait toujours temps de revenir ensuite d’une voix autoritaire pour trancher sur ce litige, tel un juge parfaitement serein devant le verdict qu’il rendrait ultérieurement. Il observait les parties, chacune à la défense de son argumentaire, l’une plus invective que l’autre, doté de l’autorité maternelle pour faire plier sa si insolente fille. Une insolence qui lui plaisait, qu’il avait appris à aimer au fil des jours passés aux côtés de celle qui deviendrait bientôt sa femme.

Ioulia quittait le repas en pleurs et colère contenue, Alexandra patientait en silence jusqu’à n’en plus tenir. Nikolaï ne l’avait que très peu lâcher de son regard protecteur, se parant d’un mutisme impérial pour combler les derniers événements. Ludmilla et Tatiana s’étaient remises à parler des préparatifs de mariage, comme elles le faisaient longuement depuis quelques jours. Leur ténacité valait tout l’or du monde : il était certain que son mariage se déroulerait à merveille. Il suivit du regard sa promise. Son regard coula sur sa mère qui avait posé sa dextre sur la sienne : « Tu devrais… Relâcher un peu. Tu vas t’épuiser. » Les prunelles de Nikolaï tombèrent sur sa main et sur cette rose dessinée à l’encre noire au niveau du métacarpe de son pouce. L’encre s’estompa. Garder cette maison en sécurité lui coûtait tant elle était liée à lui. En son for intérieur, il le savait, il était inquiet. Il ne voulait pas que du mal soit encore fait à sa cousine.

Il se leva de table, à la suite de la jolie blonde, qu’il vit juste à temps tourner à l’angle d’un couloir vers l’aile sud. D’un pas serein, il la poursuivait, sans précipitation aucune, la certitude de la retrouver quoiqu’il arrive. L’endroit était excessivement calme et le silence y régnant apaisait l’amalgame monstre de sentiments qui nimbaient usuellement son esprit torturé. Il entrait, fermait délicatement la porte derrière lui. Ses prunelles céruléennes s’accrochaient au petit bout de femme recroquevillé sur la banquette. « Tu es contrariée. » souffla-t-il, comme une caresse protectrice et l’affirmation nette, indiscutable. « Je sais aussi que tu comprends la position de ta mère au sujet de Ioulia. Elle est ta sœur, c’est indéniable. » La suite de ses mots étaient plus crus, plus violents, et pour autant prononcés avec calme et patience : « Elle est aussi une souillure à notre nom, que nous ne pouvons pas exhiber. Comme de nombreuses autres choses que cache notre famille Même si… Cela est douloureux . »

Il vint s’asseoir sur la banquette, tournant la tête sur sa gauche pour mirer le visage de sa promise avant de détourner les yeux sur ses propres mains posées sur ses cuisses. Il frottait de son pouce mutilé la rose à l’encre, songeur et soucieux. « J’ai également… Un soucis pour le mariage. Ma fille. » Un sourire sur ses lèvres, une faction de seconde, affectueux à son égard et également, une honte cachée. « Elle nourrit à mon égard une certaine… Possessivité. » A défaut d’un autre mot. La petite avait été troublée par le décès prématuré de sa mère et son attachement envers Nikolaï s’était renforcé. Les chiens ne faisant pas des chats, sa réaction était excessive, Œdipienne, et elle ne supportait tout simplement pas l’idée que son père puisse prendre une autre femme… Qu’elle. « Pour son propre bien, je souhaite qu’elle ne soit pas présente. Il serait horrible de la contraindre de participer à une cérémonie gravitant autour d’une union qu’elle aurait voulu… Et bien, pour elle. »

Il poussa un soupir. La façon dont avait grandi ses propres enfants étaient l’exemple même de cette cage dont il n’avait pu les sortir. Au fond, il était lui-même dans cette cage, comment aurait-il pu aider ses enfants à la quitter ? Au contraire, il se savait responsable des liens qui les obligeaient à rester à l’intérieur, dans son monde tourmenté et amoral. Ses mires revinrent s’orienter sur Alexandra : « Mais je ne peux pas l’éloigner. Son absence serait forcément remarquée, pointée du doigt. Tout comme la présence de ta sœur ferait parler. Elle te ressemble beaucoup trop mais… Disons qu’avec les traits de ma fille, elle serait plus présentable. » Le silence ornait l’idée d’un poids sincère. Ce n’était pas une proposition vaine.

« Avec du polynectar, l’absence de l’indésirée peut se substituer à la présence de la désirée. » Si elle acceptait de regarder Ioulia sous l’apparence se la fille de Nikolaï. Par ailleurs, il serait pleinement justifié qu’elle soit sa demoiselle d’honneur officielle. Deux problèmes résolus en un acte et une poignée infime de personnes avisées de la supercherie.
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Alexandra I. Ivanova
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Actuellement je suis : fiancée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : à la défense magique.
, aujourd'hui je travaille en tant : qu'élève à Koldovstoretz.
Sans le cacher je soutiens : la Main Noire.
J'ai rédigé : 398
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6/5/2017, 14:20
       
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-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

RETROUVÉE A MOITIE MORTE DANS LES CACHOTS DE L’ÉCOLE, ON M'A ENVOYÉ A L’HÔPITAL POUR ME SOIGNER. MA MISÉRABLE VIE MERITE-T-ELLE QU'ON ESSAYE DE LA SAUVER ? NON JE NE CROIS PAS. LAISSEZ-MOI PERIRE DANS MON COIN.
Son souffle était léger, distant. Cette solitude l'apaisait, même si elle savait que cela ne durerait que l'instant d'un soupire. La porte grinça, puis se referma. Des pas se rapprochaient. Cette respiration si particulière, Alexandra comprit rapidement que Nikolaï l'avait rejoint. Son attitude constante à vouloir la suivre, dans ses déplacements, comme s'il avait peur qu'elle disparaisse brutalement, cela agaçait un peu la jeune femme qui aurait voulu rester seule. Loin de ces adultes si guindés aux idées obtus. Le voilà qu'il imposait à nouveau sa présence certes rassurante, mais envahissante. Il marquait son territoire à chacun de ses pas. Toujours profondément énervée, la russe préféra enfouir sa tête entre ses bras pour cacher son visage du regard si perçant de son fiancé. Il ne tarda pas à s'exprimer sur son attitude. Ah, elle était contrariée ? Quelle brillante observation. Elle ne répondit pas au patriarche, se contentant de serrer sa mâchoire et étouffer ses sentiments qui bouillonnaient en elle. Elle avait tellement envie d'exploser, elle n'en fit rien. Ses mots, pourtant prononcé avec une extrême douceur, ne firent que faire fructifier encore plus sa colère. Même si elle comprenait le choix de sa mère, cela n'excusait pas son attitude dégradante avec celle qui était aussi sa fille. Quand le patriarche eut des mots durs à l'encontre de Ioulia, Alexandra redressa son visage. « Elle reste une Ivanov, ma jumelle. Le même sang coule dans ses veines ... » Lui lança-t-elle sur un ton froid, son regard illustrait bien la profondeur de l'amour qu'elle éprouvait pour sa sœur. La toucher, c'était la blesser elle. La sorcière avait retenu des mots plus agressifs entre ses lèvres, elle les masqua en se mordant la lèvre inférieure. Elle détourna ses iris azurées quand son fiancé s’assit à ses côtés. Il avait du mérite, de la patience, c'était tout à son honneur. Alexandra aurait tellement voulu le voir défendre ses intérêts face à cette mère trop à cheval sur les règles. Il n'avait rien dit, il s'était contenté de regarder. La blonde serra ses poings, enfonçant presque ses ongles dans sa peau. Il était comme les autres après tout, c'était aussi un Ivanov, l'honneur avant tout. Il l'observait, elle sentait son regard perçant sur son petit corps encore si faible. Il ne l'avait pas repris sur son comportement insolant de toute à l'heure, il n'avait rien évoqué. Nikolaï jouait la carte de la prudence, il avait bien raison.

Un discret coup d’œil lancé à celui qui partageait sa banquette. Elle le vit toucher son pouce. C'était la première fois qu'elle l'avait remarqué, cette rose peinte presque effacée. Alexandra fronça les sourcils, intriguée par cette marque, elle garda ses interrogations pour elle. Le patriarche évoqua alors sa propre fille. Il est vrai que la jeune femme n'avait jamais eu le moindre échange affectueux avec la progéniture de son futur époux. Elle avait déjà senti son regard noir sur elle au lendemain de l'annonce de leurs fiançailles. La sorcière ne put réprimer un sourire forcé quand Nikolaï évoqua la possessivité de sa fille qui pourrait lui porter défaut le jour de leur mariage. Sale gosse, murmura-t-elle dans son esprit. Cela ne l'étonnait même pas, son père n'était pas bien différent. Possessif jusque dans l'agressivité, il avait démontré ses derniers jours qu'on ne devait pas toucher à ce qui lui appartenait. Si cette gamine avait hérité de ce défaut, Alexandra pouvait parier qu'elle ferait tout pour se débarrasser de cette nouvelle belle-mère. Elle tenta de dire quelque chose, mais à nouveau elle se ravisa. Mieux valait garder le silence.

Le patriarche attira l'attention de la belle, qui accepta enfin de le regarder dans les yeux. Il avait réfléchi à ces deux problèmes, il avait trouvé une solution. Donner à Ioulia les traits de la fille de Nikolaï lui permettrait de profiter de la cérémonie, personne ne la reconnaîtrait. C'était brillant. Cependant, il fallait garder en tête qu'elle aurait le corps de cette gamine. Arriverait-elle à faire la différence ? A se dire que Ioulia était réellement présente et à la fois garder son affection pour ne pas griller la couverture ? D'abord hésitante, la jeune femme passa une main dans sa chevelure. « Oui ... » Fit-elle, dans un murmure pensif. Elle fixait un point dans le vide, elle ne remarqua que sa propre main s'était posée sur la cuisse de son fiancé à côté d'elle. Elle se mit à serrer le tissu qui recouvrait sa peau. « ... Il faudrait éviter d'en informer ma mère ... ». Quand la jeune femme se rendit compte du geste qu'elle avait eu, elle écarta sa main de sa cuisse, s'excusant silencieusement. « Pourrait-on garder cela secret Kolya ? Ma mère n'accepterait jamais, j'en suis certaine ». Ses iris céruléennes se plongèrent dans les siennes, le suppliant presque du regard pour qu'il suive son idée. Elle connaissait Tatiana, elle voulait réduire au maximum les risques, même avec du polynectar elle n'accepterait pas que sa cracmol de fille participe à la cérémonie. Ne le voyant pas réagir, il gardait sa posture neutre de politicien qu'elle détestait tellement. Déglutissant avec difficulté, Alexandra descendit de son assise pour se placer devant son fiancé, à genoux. Dégradant, elle savait que ce geste fonctionnait chez le sorcier. Que cette soumission lui permettait de faire gonfler son orgueil de mâle dominateur. Elle l'observait, en contre-plongé, la lueur du soir éclairait son visage si pâle dans la pénombre. Ses prunelles descendirent progressivement de son visage sévère, parcourant sa poitrine qui se soulevait au rythme constant de sa respiration, puis s'arrêtèrent sur cette main. La rose peinte à peine visible. Du bout de son index, la jeune russe se mit à caresser cette parcelle de peau, son regard se fit interrogatif. « Qu'est-ce que ... » Un cris de femme retentit dans la maison, un bruit de vaisselle brisée, le son d'un sortilège manquant sa cible. « Ioulia » Murmura-t-elle du bout des lèvres.

Tous les deux avaient compris ce qui s'était passé. Le mouvement protecteur de Nikolaï eut à peine le temps d'apparaitre qu'elle transplanait déjà à l'étage pour rejoindre la chambre de sa sœur. "Viens avec nous, cesse de te débattre" Une voix rauque, elle ne connaissait pas son propriétaire. Lorsqu'elle pénétra dans la chambre de sa jumelle, la baguette à la main, elle la vit. La cracmol était maintenue aux poignets par deux ombres noirs. « Lâchez-la ! Stupéfix ! » Cria-t-elle. Le sortilège fut contré, elle dû rouler au sol pour éviter un éclaire rouge, elle se cacha derrière le lit. "On n'a pas la bonne". La jeune femme jeta à nouveau un sortilège, espérant ne pas toucher sa jumelle. « Relâch ... » Une ombre apparut au-dessus d'elle, l'un des agresseur lui attrapa son épaisse crinière blonde et, toujours dans la pénombre, il essayait de lui prendre sa baguette. D'autres sortilèges étaient échangés dans la pièce, les autres sorcières de la maison les avaient sûrement rejoint, peut-être même Nikolaï. Elle ne voyait rien dans ce capharnaüm. « Sasha ! » Ioulia s'effondra sur le sol après un cri presque étouffé. « Non ! » Elle n'avait pas vu d'éclaire vert, elle croyait ne pas l'avoir aperçu, elle l'espérait. Guidée par sa rage, la sorcière planta le bout de sa baguette dans l’œil de son agresseur et lança un « Réducto ! » Une fois que la plainte de la victime lui confirma qu'elle avait atteint sa cible, le crâne se rétrécit jusqu'à le décapiter littéralement, une coulure sanguinolente et chaude lui recouvra le haut de son corps. A plat ventre, Alexandra se déplaça en direction du corps inerte de sa jumelle, en plein milieu du champ de bataille. Elle n'entendait pas les cris de ses proches, trop lointains pour qu'elle y prête attention. Une fois à ses côtés, la belle posa une oreille sur sa poitrine, tentant de capter un mouvement de respiration. Ouf, elle était juste immobilisée, elle était saine et sauve.

D'autres sorciers transplanèrent dans la pièce, comme si la famille Ivanov était victime d'un guet-apens. Une main lui saisit l'épaule, la jeune femme leva les yeux, apercevant à travers les coulures de sang le visage de Nikolaï. Elle vit ses lèvres bouger, sans rien entendre car les sorciers autour d'eux hurlaient pléthore de sorts. La pièce se détruisait progressivement, le bois explosait, la tapisserie brûlait. On aurait cru que c'était la guerre. Alexandra prit la manche de son fiancé et, par réflexe, transplana loin de la demeure, à l'autre bout de la ville.

Les corps des deux cousins s'effondrèrent sur un sol poussiéreux. Alexandra ouvrit péniblement les yeux, observant la destination qui s'était dessinée dans son esprit. Ils se trouvaient dans un quartier pauvre, chez les moldus. Un endroit dans lequel la sorcière s'était déjà aventurée, plus jeune, à la recherche de réponses à ses questions. Cette modeste bicoque était, fort heureusement, abandonnée, personne ne viendrait les chercher ici. Allongée sur le dos, la belle reposa à nouveau sa tête sur le parquet, sa poitrine se soulevait au rythme de sa respiration haletante. Elle passa sa main sur son visage pour décoller ses cheveux collés à son front. S'humectant les lèvres, un goût métallique très désagréable se déposa sur sa langue. « Kolya, tu es là ? » Demanda-t-elle son murmure raisonna dans la pièce. Elle peina à se mettre sur le ventre pour essayer de s'asseoir. « Lumos » . Le faisceau de lumière blanche éclaira la pièce. On pouvait voir que le lieu était dénué de toute trace de luxe ou même de confort. Il n'y avait qu'une cheminée à moitié détruite, une table, deux chaises et un lit de fortune. Le visage ensanglanté de la belle croisa celui de Nikolaï un quelques centimètre d'elle. « Je ... Peut-être que ... On devrait retourner les aider ... » Elle était hésitante. Elle avait réagit à l'instinct, peut-être que les autres femmes de la maison était en danger. Réellement peu probable, car la cible réelle n'était pas Ioulia, mais bien Alexandra. Peut-être qu'en transplanant, ils avaient poussés leurs assaillants à les poursuivre ailleurs. La belle se rapprocha de Nikolaï, fatiguée par leur combat et le stress perçu par cette attaque.

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take my hands
let me see our future.
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6/5/2017, 18:33
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Les mires du Patriarche s’étaient glacées sur sa fiancée à la réfutation, cri du cœur qu’elle lui opposait. Sa sœur était son sang, tout comme son père. Les liens affectifs étaient la force et la faiblesse de celle qu’il épouserait. Il savait ce qu’ils représentait même s’il n’en avait lui-même que peu éprouvé pour sa propre fratrie. Seuls ces enfants bénéficiaient de cet amour intense. Ils étaient ses petites créations, ses plus beaux trésors. Il y tenait comme à la prunelle de ses yeux et tout l’or de Russie ne saurait jamais compenser la perte de l’un d’eux. Il comprenait la force avec laquelle cela saisissait les entrailles, combien il n’aurait attendu que le meilleur pour sa progéniture, autant qu’Alexandra le désirait pour sa fratrie. Y compris pour Maksim. En son for intérieur, il le savait même si ça l’inondait d’amertume : si ce frère réapparaissait dans la vie de sa fiancée, Nikolaï ne ferait pas le poids pour la retenir. C’était un danger qu’il avait accepté sans pour autant ignorer que son cœur se gonflerait de colère si elle le quittait. Et probablement de douleur de surcroît, même s’il le niait mentalement.

La solution lui fut proposée et Nikolaï n’entendit que son acceptation, ce ‘oui’ avant que son attention ne soit soudain retenue par les frémissements que sa maison lui procurait. Il ressentait la pénétration indésirable, le viol de ses murs. Il percevait le blasphème, leur nombre, en son sein, introduit sans invitation. Leurs noms s’associaient dans son esprit à leurs visages. Il les sentait, chausses sur son parquet, doigts longeant la tapisserie familiale, leur souffle dans le couloir. Il discernait clairement leurs ombres aux intentions encore inconnues, comme logés sur leur épaule. Que voulaient-ils ? Que recherchaient ces brigands ? Le visage de Ioula et il sursauta avant que le cri ne raisonne à leurs oreilles. Ils voulaient Alexandra. Il revint à la réalité, observant sa fiancée à genoux devant lui. A quel moment était-elle venu là ? Il regrettait son absence : « Alexandra, non ! » réclama-t-il, trop habitué aux réactions humaines, surtout lorsqu’elle étaient faites d’amour. Une réaction stupide. A son tour, il transplana dans la chambre de Ioula pour observer une scène qu’il avait contemplée par d’autres yeux que les siens.

Il fut très vite rejoint par sa mère et sa tante, les sorts fusaient dans la pièce. Dans une lumière verte, il abattait celui qui avait agressé Ioulia, retrouvant enfin sa fiancée du regard, penchée sur sa jumelle cracmol. La sensation d’intrusion revint, plus nombreuse, il posa sa main sur l’épaule d’Alexandra avant de se faire happer par le transplanage dont il n’était pas l’auteur cette fois. Il s’écroula sur un sol poussiéreux. Il se redressait, assis, entendant le souffle de sa promise. De son bras valide, il l’encercla au niveau de la taille, la traîna sur le sol et l’attira contre lui. Pas un mot, juste sa respiration accélérée par l’adrénaline. Il gérait une nouvelle crise et l’important se trouvait être son domaine. La rose au niveau de son métacarpe prit une teinte intensément noire, sa peau rougissait aux alentours comme un tatouage tout juste fait. Et puis sa peau le brûlait comme s’il était les tapisseries de la chambre de Ioulia. Achevant son travail en silence, entendant à peine la demande que formulait sa fiancée quant à un retour au domaine.

« Non. » C’était sec et ferme. C’était elle que ces intrus voulaient. Il n’allait pas accepter qu’elle se livre en pâture. Il se relevait, commençait à lancer des sorts de protection, d’invisibilité et de repousse-moldus. Par magie, la cheminée fut remise en état et s’embrassa d’une lumière chaude. En sécurité, il commençait à se détendre et à sentir la violente fatigue que la défense de sa demeure demandait à une telle distance. Il sentait l’épuisement flouter sa vue, ralentir ses gestes alors qu’il s’approchait du lit de fortune pour s’y allonger. Il posa sa main gauche sur son ventre, gardant sa baguette sur le matelas, accessible en cas d’urgence. La rose noire avait rougi la peau de sa main à plusieurs centimètres à la ronde et puis, l’encre ténébreuse s’estompa, laissant la marque de brûlure sur sa dernière main. « Elles vont bien. » souffla-t-il. La crise avait été gérée avec sang-froid, une de plus. Il se sentait partir dans les limbes du sommeil, bien malgré lui : « Reste avec moi. » Un écho de leur soirée. Elle lui avait promis de rester.

---

Les lueurs de l’aube perçaient la toiture miteuse de l’endroit. Avec la cheminée, le froid n’était pas excessif mais il fallait bien avouer que ce n’était pas confortable. Il referma ses bras sur la frêle silhouette à ses côtés, refusant d’ouvrir les yeux tant il se sentait vidé de son énergie et que cette maigre nuit n’était pas suffisante. Il respirait lentement, le nez logé dans le cou de la jeune femme, satisfait de sa présence. Il y déposait un baiser. Immobile, il lui fallut encore quelques minutes pour ouvrir ses paupières dans les cheveux blonds. Il aurait voulu se projeter dans sa demeure, pour vérifier que tout allait bien, mais il n’en avait absolument pas la force. Ses prunelles observaient enfin le lieu singulier où ils se trouvaient. « Où sommes-nous ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils devant cet endroit misérable, si pauvre. En vérité, le seul intérêt qu’il trouvait à cette maison abandonnée, c’était son calme : on ne viendrait jamais les chercher ici, assurément.

Il eut à peine le temps d’entendre sa réponse qu’il sombra de nouveau dans l’inconscience pour quelques heures. Lorsqu’il émergeait de nouveau, l’absence d’Alexandra se mit sentir. Elle n’était plus sur ce lit. Il se leva d’un bond, empoignant sa baguette : « Sasha ! » Elle était là, devant lui. Le soulagement avait fait immédiatement suite à la crainte, dans un ascenseur émotionnel troublant. Il prit son visage entre ses mains, pour l’embrasser, avant de se rendre compte qu’il s’était levé bien trop vite. Le malaise l’obligea à se rasseoir sur son lit, la vision piquetée de points noirs. Tête basse, orientée vers le sol, il se massa la nuque, les muscles tendus, réalisant alors la douleur à sa main valide qu’il exposa à sa vue. Il serra les mâchoires devant la brûlure. Être manchot était déjà complexe… L’idée de perdre la seconde lui faisait froid dans le dos.
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