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Quiproquo | Andreï

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30/4/2017, 21:43
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15 Février 1930


Il n'avait aucune idée de la raison qui avait poussé Ivan à venir le trouver à cette heure-là… ni d'ailleurs ce qui l'avait motivé à venir le voir tout court. L'autre avait pourtant bien conscience de ce qu'ils risquaient tous deux si quelque chose transpirait de leur rencontre et que la mauvaise personne se faisait une idée relativement juste de ce qui avait poussé le jeune homme à vouloir lui parler. Du genre, sa collègue Maria, ou pire, Nikolaï lui-même. Sacrifier Ninel avait déjà été suffisamment pénible, inutile de devoir faire pareil avec un élève aussi prometteur que celui-ci. La perte serait bien plus dommageable que pour la professeur, et bien plus douloureuse à ses yeux à lui, bien que l'autre ne soit pas rattaché à sa cellule de l'Ursa Major. Porte du bureau fermée, sort de silence levé autours d'eux, il lui remontait les bretelles, se passant de toute forme de diplomatie pour tenter tant bien que mal de faire entrer dans la tête de cet idiot à quel point ce qu'il faisait était dangereux. Et que, même s'il pouvait lui-même accepter de prendre ce risque, inconsidéré selon le prince, sa décision engendrait des conséquences pour d'autres, l'empêchant donc de la prendre seul et rendant l'argument nul et non avenu. Ioann était si frustré par l'absence de prudence du jeune homme qu'il se fit lui-même oublieux, pendant un moment, de son environnement. La notion du temps lui échappa totalement tandis qu'il faisait le procès de cette tête brûlée incapable d'additionner 2 + 2 quand il s'agissait de ce qui se passait à l'intérieur des murs de cette foutue école. Terre de savoir ou non, la Main Noire avait violée le sanctuaire, celui-ci n'offrait plus aucune protection, pas même aux jeunes… alors il ne donnait vraiment pas cher de sa peau s'il était découvert. Fulminant, il reprit finalement ses esprits en constatant qu'à moins d'un miracle, il ne lui faille de toute façon sensiblement modifier la mémoire du gosse.

Lorsque la porte de son bureau s'ouvrit, il était dix heure du soir, et il avait la nuque raidie par la colère, les épaules crispées par la frustration, et une féroce envie de se passer les nerfs sur quelque chose. Pourtant, son sourire sardonique restait vissé en place, un brin plus aigre, pour le coup. Ce qui ne l'empêcha pas de marquer un temps d'arrêt en découvrant la drôle de chose qui se tenait devant sa porte et qu'il avait manqué percuter dans son empressement à prendre l'air hors de l'étreinte des quatre murs qui l'avait vu perdre patience. Perdant un moment son rictus, il ouvrit de grands yeux et observa l'étrange apparition avec surprise. Depuis quand la faune de cette école comptait un albinos exactement ? C'était excessivement rare, comme petite bête, ça… « Bonsoir ? » fit-il finalement en tâchant de retrouver un peu de sens commun, et surtout, en tâchant d'avoir l'air moins patibulaire. L'autre devait avoir approximativement le même âge qu'Ivan, et semblait déjà prêt à faire demi-tour rien qu'en l'instant, et stupidement, cela le vexa un peu. Hey ! Il n'avait pas l'air SI intimidant, tout de même ! Et pourquoi personne ne lui avait dit qu'ils avaient ce genre de… chose, individu, dans l'école ? Déglutissant légèrement la bile aigre de la colère, le prince déchu fit un effort supplémentaire, et accrocha à son visage un sourire un peu plus amène, qu'il espérait en tout cas suffisamment engageant pour que l'autre ne pivote pas avant de partir en courant. Cela étant dit… il était vrai que le couvre-feu était installé depuis déjà plusieurs heures et qu'un élève n'avait absolument aucune excuse pour être dehors à cette heure indue. Allait-il encore devoir casser une baguette ? Non, celui-ci semblait beaucoup moins borné que la précédente, c'était déjà ça de prit….

« Tu sais que tu ne devrais pas être là, pas vrai ? Il est tard… »

Pour une fois, il fallait le reconnaître, il s'en sortait bien dans le rôle du surveillant mal dégrossi mais pas foncièrement méchant. Enfin, de son propre avis, l'autre n'avait pas encore ouvert la bouche. Ioann allait de nouveau reprendre la parole, quand un mouvement dans son dos le fit se tendre et manquer bondir sur le côté en tirant sa baguette. Merde ! Il avait totalement oublié Ivan, sur le coup. Expirant lourdement, il lança un regard long vers le jeune homme, et lui fit un signe sec de la tête pour le sommer de déguerpir rapidement avant qu'il ne change d'avis et ne lui imprime la marque de sa botte sur les fesses. Laissé seul avec la petite tâche blanche, Ioann se décida enfin à se détendre un peu.

« Alors ? Tu dois avoir une bonne raison de te trouver là, non ? Que puis-je pour toi ? »

Qu'il sache au moins de quoi il retournait avant de penser à une punition potentielle…

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4/5/2017, 20:40
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L’indécence de cette heure tardive lui collait des sueurs froides alors qu'il longeait les murs des couloirs afin de ne croiser ni professeur, ni... Mademoiselle Raspoutina. Transformé en lièvre arctique, le jeune sorcier bondissait d'une flaque d'ombre à l'autre, veillant à ne pas rester aux lueurs chaudes des torches et autres lampes à gaz. Parfois, dans les rubans argentés de la lune depuis les hautes fenêtres, sa silhouette racée pouvait s'entrapercevoir le temps d'un petit bond nerveux, oreilles dressées aux aguets et truffe agitée d'angoisse. Son minuscule cœur battait la chamade, ses griffes et coussinets dérapaient sur le carrelage alors qu'il approchait à toute vitesse des escaliers qui menaient aux sous-sols. Pupilles dilatées, l'animal s'arrêta dans un petit dérapage au seuil des marches patinées par les âges autant que les milliers de semelles ayant arrondi l'arrête des pierres et légèrement creusé leur centre. Un moment immobile, dressé sur ses postérieurs et allongé au maximum pour contempler ce gouffre insondable, le lièvre cacha son museau entre ses pattes avant et ferma les yeux de toutes ses forces.

Il aurait été aisé de faire demi-tour, de regagner le confort et la sécurité de la salle commune de sa maison. Il n'aurait eut qu'à prendre sa forme humaine, se coucher et attendre l'aube pour se rendre à sa boutique pour s'occuper de ses animaux. En sautant un repas, il aurait pu revenir et suivre ses cours afin de réparer la bévue d'aujourd'hui. Cependant, s'il n'était pas le plus courageux des hommes, il avait conscience de ses responsabilités et ne désirait pas s'en détourner quand bien même il tremblait de peur. S'il connaissait la réputation de Mademoiselle Raspoutina, conscient qu'aller la voir signifierait une séance de torture et une humiliation comme jamais encore éprouvées, le jeune sorcier préférait encore tenter sa chance avec le second surveillant : Pavel Vetrov. Il ne le connaissait pas et ne pensait pas l'avoir déjà croisé à Koldovstoretz, mais d'après Leif ? Il s'agissait d'un ancien auror d’Amérique bien plus gentil et compréhensif qu'il n'en avait l'air aux premiers abords. Déglutissant avec difficulté, le lièvre prit une grande inspiration et commença à sautiller d'une marche à l'autre, s'enfonçant dans les entrailles du château.

Arrivé à la dernière marche, il se colla contre l'un des murs le temps de reprendre forme humaine. A nouveau élevé à son mètre soixante-dix, le jeune sorcier poussa un long soupir et passa une main dans sa tignasse neigeuse, puis massa sa nuque avant de regarder en direction des portes closes. Il se pinça une lèvre, hésitant encore un peu quant à sa décision, puis finit par se résoudre à tenter le tout pour le tout : ses animaux dépendaient de lui ! Il ne pouvait pas faire le lâche et risquer leur santé pour son propre confort. Ils n'avaient jamais demandé à finir dans sa boutique, ses grands-parents et lui-même étaient les responsables. Serrant les poings pour faire cesser le tremblement de ses mains, Andreï finit par franchir les derniers mètres qui le séparaient de l'office du surveillant. Il n'entendait rien derrière la porte, mais alors qu'il levait un bras pour s'apprêter à frapper au bois clouté de fer, le battant s'ouvrit à la volée. Dans un sursaut et un cri étouffé de justesse, l'albinos recula d'un pas, puis d'un autre avant d'abaisser sa main pour la crisper sur le bord de son uniforme. Son cœur protesta de cette frayeur, reprenant un rythme rapide mais régulier après avoir manqué plusieurs battements.

Pupilles dilatées et traits du visage figés dans une expression de stupeur teinté d'inquiétude, le jeune sorcier manqua de tourner les talons pour détaler à toute vitesse vers les escaliers. Leif avait menti !!! Cet homme était un colosse et n'avait absolument pas l'air commode. Il pouvait le voir à la crispation de ses épaules massives, au souffle contrôlé mais aux narines frémissantes : le brun était visiblement hors de lui et son sourire, qui avait disparu en le voyant, semblait prêt à mordre plus qu'à s'esclaffer. Tremblant comme une feuille, le souffle réduit à un petit sifflement à peine audible et le teint crayeux, il resta totalement figé le temps de reprendre ses esprits, puis en voyant l'autre essayer d'avoir l'air moins intimidant, Andreï tenta lui aussi de faire un effort de communication. Se raclant la gorge, il souffla d'une voix douce bien que légèrement enrouée :

« - Bonsoir... Mon-Monsieur Vetrov ? »

La question tombait sous le sens, mais c'était tout ce qu'il avait trouvé d'intelligent à dire sur l'instant. C'était soit ça, soit un gargouillement ridicule suivit d'un mutisme et d'une positon latérale de sécurité dans un angle du couloir. Ses pupilles s'adaptèrent progressivement à la lueur projetée depuis le bureau et se réduisirent pour révéler la dentelle lavande de ses orbes avec les touches de bleu pastel et d'un peu de blanc rosé sur les bords. Ses longs cils frémissaient, de même que ses lèvres ourlées dans un sourire timide bien que prompte à disparaître à la moindre stupeur. Il s'écarta souplement lorsque l'élève émergea du bureau et croisa son regard avant de détourner le sien pour faire mine de ne rien voir de la tension qui habitait les deux hommes. Encore silencieux et docile, Andreï attendit que l'adulte revienne à lui adresser la parole et trembla d'un long frisson le long de son échine. Déglutissant avec peine, il inspira profondément pour essayer de chasser son angoisse et releva les yeux sur le surveillant pour lui offrir un nouveau sourire. Cette fois, il se sentait plus en confiance car s'il allait demander un service, il n'était théoriquement pas en faute... il n'était plus réellement un étudiant ici, n'est-ce pas ?

« - Je m'appelle Andreï Viktor Kuznetzov et je suis en seconde année de Formation aux Soins aux Créatures magiques. Hum... Je suis désolé de vous déranger en une heure aussi indue, croyez-le bien ! Cependant, je suis dans une impasse. »

Le ton était doux, dénué au maximum d'un quelconque accent bien que les inflexions gardaient une petite note du nord, voire de Moscou. Il se passa une main sur la joue puis sur sa nuque alors que ses grands yeux farouches papillonnaient de droite et de gauche, marquant son embarras quant à sa situation.

« - Voyez-vous, je suis le gérant de la boutique Plumes et Poils sur l'Avenue Petrovitch... j'alterne entre mes études et mon travail ! Hors à cette heure, je devrais être rentré à l'animalerie pour m'occuper des créatures qui y séjournent, mais... j'ai été retenu ici. Avant que je ne m'en rende compte, le couvre feu était installé et... et les portes fermées. »

Ses joues rosirent enfin du ridicule de sa situation et quand il posa un regard timide sur le surveillant, le lustre velouté de ses iris revêtait à l'ombre de ses longs cils un parme vibrant. Il se mordit la lèvre inférieure, tritura une mèche courte sur sa nuque et poussa un soupir angoissé.

« - Je... Je pensais que vous pourriez m'accorder un droit de passage, afin que je puisse sortir de l'école sans risquer une punition et surtout... »

Il blêmit un peu.

« - Sans risquer de croiser Mademoiselle Raspoutina ou de finir au bureau du Directeur Ivanov. »
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6/5/2017, 11:20
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S'il savait pouvoir faire de l'effet à certains de ses interlocuteurs, là, c'était carrément au-delà de ce dont il avait usuellement l'habitude. Le gosse semblait prêt à faire un infarctus, à tomber raide mort à ses pieds, déjà qu'il avait le teint livide… C'était sans doute aussi pour cela qu'il s'obligeait à faire un effort et à tenter de ne pas avoir l'air aussi furieux. En voilà un autre qu'il aurait pu tuer en parlant trop fort, c'était tout de même ahurissant, entre lui et Leif, il n'avait que rarement eut l'impression si criante et vivace d'être un éléphant dans un magasin de porcelaine. « Oui, aux dernières nouvelles je répond encore à ce nom » Retrouvant lentement ses manières moqueuses, il se fendit d'un petit sourire et attendit la suite. C'était déjà un bon début que son vis à vis ne meure pas sur le coup, ce qui en revanche lui semblait curieux, c'était qu'il cherche expressément à vouloir le voir lui. Pas encore un Ursa Major avec des envies suicidaires, n'est-ce pas ? Non aller, vu sa délicatesse évidente, il ne pouvait pas s'être enrôlé dans la résistance, juste un élève donc… Est-ce qu'il supplantait déjà Maria en terme d'autorité ? Ce serait tout de même étrange, elle ne savait certes pas s'y prendre avec les enfants mais de là à ce qu'ils comprennent si rapidement qu'il valait mieux avoir affaire à lui, non, c'était d'adolescents dont on parlait, ça ne percutait pas particulièrement vite ces petites bestioles-là. Il allait devoir sévèrement batailler pour pouvoir s'imposer comme la tête de sécurité du trio de surveillants. Mais ça ne lui disait toujours pas ce que l'autre lui voulait.

De nouveau, il lui sourit, espérant se montrer encourageant et abordable cette fois, ce qui étaient, il fallait bien le dire, un effort conséquent de sa part. Et, miracle ! La petite chose blanche parla de nouveau, avec plus d'assurance, d'ailleurs. « Techniquement, tu es devant mon bureau et avec une sortie au bout du couloir, ce n'est pas vraiment une impasse, mais soit, que puis-je pour toi, donc ? » La tentative d'humour mourut dans l'air froid qui s'échappait des cachots proches, accessibles justement en bas des marches, au bout du couloir. Pourquoi exactement les bureaux des surveillants étaient-ils installés là, mystère, mais en tout état de cause, il devait bien se faire à cette curieuse logique, tout en admettant que ce n'était pas vraiment au rang du positif pour offrir confiance et conseil aux élèves. Lui-même avait toujours l'impression d'aller s'enfermer dans les geôles quand il revenait écrire l'un de ses rapports… Alors il voulait bien se mettre à la place du jeune albinos, contraint de venir le trouver là en plein milieu de la nuit. Finalement, la bestiole devait avoir un peu de courage quelque part au fond de lui. En l'observant davantage, il retint un renâclement de rire à constater qu'il agissait comme un rongeur, regardant de droite et de gauche avec nervosité, et légèrement tremblant. Une souris peut-être, ou une hermine. Est-ce qu'il avait le poils doux au moins ? Et… est-ce qu'il allait tomber inconscient s'il lui passait la main dans les cheveux sans prévenir ?

« Je vois » Il voyait, effectivement, sans grand mal, le fond de la situation, mais l'autre allait tout de même se trouver dans l'embarras. Avant même qu'il aille plus loin, la demande était claire, l'albinos voulait qu'il le laisse sortir et par la même occasion, lui offrait l'explication lui manquant un peu plus tôt. Maria n'aurait jamais accepté de lui ouvrir, pire encore, elle l'aurait probablement expédié au donjon pour le torturer. Mais s'il était moins infâme et violent que sa collègue, ça ne voulait pas dire qu'il n'appréciait pas l'idée de tourner tout cela à son avantage. Cette petite chose lui jouait l’œil de biche, et le prince déchu n'était pas du genre à laisser l'occasion passer sans la saisir, elle et sa proie… Et puis, il était curieux, très curieux… Sa peau marquait-elle si on serrait un peu ? Gardait-il des marques ? Pouvait-il papillonner des cils comme ça sous d'autres circonstances ? L'autre poursuivait, lui tirant finalement un soupire et un rire amusé. Ah voilà qui était particulièrement franc, pour une créature aussi visiblement angoissée et délicate. Pour le coup, il s'avouait excessivement surpris, en bien, ce qui s'avérait une occurrence plus rare encore si c'était seulement possible… Oui… oui il y avait probablement des ébauches de griffes, quelque part à l'intérieur, sous cette peau sensible et cet air perpétuellement malade. Le couvant d'une mire sévère pendant de longues minutes, il finit par hocher la tête et croisa les bras, se carrant sur lui-même dans l'embrasure de la porte.

« Je ne peux pas vraiment te jeter la pierre de ne pas vouloir avoir affaire à eux. Cela dit je ne suis pas sensé t'ouvrir non plus… » Cela semblait tenir au cœur de son vis à vis, il y avait donc fort à parier qu'il ne veuille pas démordre de son idée tant qu'il aurait la moindre chance d'obtenir son sauf-conduit. Pinçant légèrement les lèvres avant d'esquisser l'ébauche d'un air complice, il se laissa encore quelques instants avant de reprendre, tranquillement. « On va forcément me le reprocher, tu comprends, le couvre-feu est une mesure de sécurité, on ne peut pas vraiment le rompre comme on le voudrait. Je ne devrai même pas écouter ce que tu as à me dire dans l'absolu, mais… je ne suis pas non plus borné. C'est si important pour toi de sortir ce soir ? Tu ne peux vraiment pas attendre demain matin ? » Certes, cela semblait déjà relativement transparent, dans le simple fait qu'il était venu jusque là pour le voir. À moins effectivement qu'il ne s'agisse en réalité d'une excuse pour lui faire les yeux doux… En avait-il le cran, seulement ? Hm, maintenant qu'il imaginait les choses sous cet angle… pourquoi pas ? Serait-il sacqué pour avoir eut une histoire avec un élève ? Après tout, il n'était pas un professeur, juste un surveillant, la base, le colmatage…

« Bon, mais si c'est si important… qu'est-ce que j'y gagne moi, à risquer de recevoir une réprimande ? Hm ? En plus, je serais forcé de t'accompagner, histoire de m'assurer de tes dires, et de ta sécurité... » Ils allaient bien voir comment les choses se passaient. En fonction de la façon dont il réagissait, il saurait s'il prenait le risque ou pas, si cela valait vraiment le coup. Élevant une main, il pinça le col raide de son uniforme, pour le redresser légèrement, puisqu'ils avaient toujours tendance à plier un peu naturellement, à tel point qu'il ne comprenait pas ce que les tailleurs qui l'avait conçu avaient imaginé en le réalisant. Pour des officiers militaires, pourquoi pas, mais pour des étudiants ? « Tu n'as pas froid ? » Les uniformes étaient prévus pour être relativement isolant, compte tenu des conditions météorologiques, mais tout de même… il avait l'air particulièrement sensible, il valait mieux s'assurer qu'il ne meure pas non plus d'hypothermie. « Je ne t'avais jamais vu jusque là, de quelle formation as-tu dit être ? Soin aux créatures magiques ? Tu n'es pas souvent présent dans le château ? » Comment avait-il réussit à lui passer inaperçu jusque là avec son physique, surtout si lui l'avait vu ? Et comment avait-il réussit à rater le couvre-feu. « Qu'est-ce qui t'as retenu ? »


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22/5/2017, 22:07
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Voyait-il réellement tout le délicat de sa situation ? Il en doutait fortement, mais ne pouvait émettre de vive voix ses doutes sans paraître grossier ou pire : pompeux. Des êtres vivants dépendaient de lui, certes il ne s'agissait pas d'humains comme des enfants ou des personnes malades voire âgées, mais il s'agissait d'être tout aussi précieux... si ce n'était plus. Andreï se mordit l'intérieure d'une joue et s'efforça de garder une expression neutre, bien que son regard velouté trahissait tous les émois qui le saisissaient. Un instant, son attention dériva sur les muscles puissants qui tendirent la fibre de la chemise blanche alors que le surveillant se carrait confortablement à l'embrasure de son bureau. Le jeune étudiant fronça délicatement les sourcils, continuant à se trémousser sur sa propre place précaire, des frissons glacés courant le long de son dos alors que chaque bruit disséminé dans l'épaisse noirceur du couloir le faisait légèrement sursauter. A tout instant Mademoiselle Raspoutina pouvait surgir et planter ses ongles répugnants dans son bras pour le traîner vers les cachots... La gorge sèche à cette image, il peina à déglutir et sentit poindre un début d'impatience guère familier à son caractère d'habitude discret, réservé même.

Les paroles qui résonnèrent dans le silence plombé du sous-sol fit légèrement se crisper l'albinos dont le parme de ses grands yeux s'assombrit et disparu un instant au voile de ses cils blancs, paupières plissées en l'ébauche d'une frimousse aussi suspicieuse que craintive. Cet homme était indéchiffrable, ses paroles ne correspondaient pas à ses expressions qui, elles-même, ne collaient pas avec le ton de sa voix ou bien ses gestes. Les signaux se confondaient et déroutaient Andreï dont la timidité entravait déjà bien assez son décryptage des êtres qu'il côtoyait au quotidien. Il en était à se noyer dans des conjonctions, des hypothèses et la réminiscences de quelques lectures de psychologie, lorsque l'adulte se décida enfin à lui poser des questions qui le soulagèrent immédiatement. Oui ! Ça il pouvait y répondre et espérer gagner encore quelques points pour amadouer son seul « allié » potentiel dans toute cette histoire ridicule. Pourtant, quelque chose le gênait : discuter au beau milieu du couloir. L'ombre des autres enseignants ou surveillant planait toujours au dessus de sa tête décolorée. La lumière du bureau, la sécurité de ses quatre murs : tout cela lui faisait décidément de l’œil ! Tout occupé à ses propres craintes, il ne vit pas la main se tendre vers lui et le geste le fit sursauter. Pour autant, il ne chercha pas à s'esquiver puisque l'intention à son égard n'avait rien de néfaste et il eut l'ombre d'un sourire timide, presque reconnaissant alors qu'il secouait la tête en une négation silencieuse.

Les questions continuèrent après cela, ne faisant que surprendre et déstabiliser le garçon qui sembla un instant se perdre dans toutes les informations qu'on lui demandait. Mais... si le brun s'intéressait à lui, alors la porte d'une entente ne lui était définitivement pas fermée. Prenant son courage à deux mains, le jeune homme s'approcha de l'autre et vint poser une main sur son bras. Les doigts longs et délicats se refermèrent sur le biceps gonflé en une prise aussi légère que ferme et alors qu'il levait le nez en direction de Pavel, il souffla d'une voix à peine audible :

« - S'il vous plait... nous devrions continuer à l'intérieur ou... tout cela n'aura servit à rien. »

Il regarda par dessus son épaule, observant les ténèbres en direction du fond de ce couloir humide. Le mouvement laissa voir sa gorge pâle et la courbe de sa mâchoire. Les mèches blanches tombaient en neige poudreuse sur ses tempes et son front, couvrant un instant ses yeux avant que l'étudiant ne revienne à l'adulte et ne le fixe avec insistance. Leur corps se frôlaient, sa main resta encore quelques secondes de plus sur son bras, la chaleur se diffusant au contact, puis Andreï se glissa dans le bureau et ne laissa dans son sillage qu'une odeur d'herbe fraîchement coupée, de sable et d'un quelque chose d'indéfinissable. Une fois dans la pièce aussi spartiate qu'elle pouvait l'être sans paraître abandonnée, il vint poser les mains sur le dossier d'une des chaises d'invité et fixa encore le surveillant avec cette fixité fragile, l'anxiété de l'albinos drainant son courage et finissant, inéluctablement, par lui faire de nouveau battre des cils de cet air de biche acculée. Il attendit que la porte se referme et ne les confine, tout deux, dans le bureau avant de reprendre leur petite conversation.

« - Je suis effectivement en Formation aux Soins aux Créatures Magiques. Je tiens la boutique familiale, mais je suis pratiquement seul pour m'en occuper... ce qui rend mon suivit d'étude quelques peu chaotique et extrêmement fatiguant. Il eut un sourire doux, l'air perdu dans ses pensées alors qu'il continuait d'une voix presque éteinte. Ne vous méprenez pas, j'adore ce que je fais et je ne regrette en aucun cas les difficultés que cela implique ! Seulement ma santé n'est pas du même avis et... comme ce soir, il m'arrive de perdre connaissance par épuisement ou lorsque j'attrape un mauvais froid. »

Il soupira et passa une main dans ses cheveux, repoussant les mèches longues et cotonneuses qui battaient son front et ses yeux. Il contourna la chaise pour s'y asseoir, les genoux flageolants à présent que l'adrénaline du stress refluait. Il croisa les mains sur ses cuisses en une posture sage et bien éduquée malgré l'aspect quelque peu élimé de son uniforme au niveau des manches ou du col : il s'agissait probablement du même vêtement depuis de nombreuses années. Peut-être même du prêt à porté ou de la seconde main.

« - Je... Je dois m'occuper d'animaux, Monsieur Vetrov. Je viens d'avoir une portée de Dirico et même de chatons norvégiens... J'ai d'autres créatures qui nécessitent d'être alimentées uniquement de nuit et d'autres qui requièrent d'être nourris trois fois par jour ! Je ne dois pas les laisser toute une nuit. »

Il leva sur l'homme un regard désespéré, presque suppliant alors qu'il venait pincer la pulpe pâle de sa lèvre inférieure de ses dents, faisant rougir cette dernière tant il serra la mâchoire dessus par angoisse. Sous la lumière plus vive de la salle, il était possible de voir des cernes assombrir le dessous de ses yeux, une colorations violacée avec quelques cernes estompées. S'il ne semblait pas famélique, le léger creux de ses joues trahissait que le jeune homme ne mangeait certainement pas de la viande à tout les repas et peut-être en oubliait-il certains tout court.

« - Si m'accorder un sauf conduit peut vous créer des soucis, peut-être pouvons-nous trouver un moyen plus... détourné ? Je suis un animagus et mon animal est assez petit pour être facilement caché dans un pli de votre manteau ou même dans une mallette si vous en possédez une. Voyez-vous, il s'agit d'un lièvre arctique, je peux vraiment me rouler en boule et prendre peu de place! »

Il se leva pour l'approcher.

« - S'il vous plaît... Je n'ai pas les moyens financiers pour satisfaire vos inquiétudes et compenser les risques. Cependant, je suis sûr de posséder quelques biens qui pourraient aisément vous rembourser tous les risques que votre accord pourrait susciter ! Vous pourrez choisir dans la boutique lorsque nous y serons. »
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28/5/2017, 15:47
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En le voyant soudain s'approcher, contre toute attente avec cette petite souris, il tendit instinctivement les muscles, avant de relâcher la tension en le voyant si naturellement le toucher. Ah ? Serait-il moins farouche et timide qu'il n'avait cru ? De près, il le trouvait un peu moins frêle qu'il ne le paraissait de loin, mais il restait néanmoins délicat… S'il lui jouait la comédie, alors il le faisait définitivement bien, et au regard de ça, il n'avait même pas envie d'essayer de lui ôter son masque. Jouer les aveugles ne le dérangeait pas vraiment, ça pouvait être amusant, un agréable changement de ces récentes interactions… La petite voix, lui fit hausser un sourcil expectatif, et il lui fit un geste ample d'invitation de son bras libre, se pivotant de moitié pour qu'il puisse passer et s'introduire à l'intérieur. Intérieurement, il se posait tout de même quelques questions sur l'angoisse qu'il entretenait à l'égard du reste du personnel. D'accord, Nikolaï, Maria et les membres de la Main Noire étaient des épouvantails, que les élèves en ait peur, il comprenait sur le principe mais à ce point ? Ça ne virait pas un peu à la paranoïa ? A moins que cela ne fasse partie de son jeu de séduction, d'incarner le jeune élève persécuté et sans défense ? Hm… dans un cas comme dans l'autre… Leurs corps se frôlèrent, puis il referma sèchement la porte derrière lui, glissant une main sous sa veste pour en tirer sa baguette, la pointant vers le morceau de bois. Lorsqu'il revint à son invité surprise, il ne put que constater le retour de ce regard langoureux et se demanda très sérieusement si ce n'était pas le moment pour couper dans le jeu et le croquer immédiatement.

On l'empêcha de s'adjuger cette option, l'autre reprenant déjà la parole. «  Ah... » Bon, ils allaient peut-être reporté alors, si c'était vrai et pas seulement un petit mensonge pour qu'il l'accompagne et s'assure qu'il aille bien. S'enfiler un corps désarticulé ne le tentait pas du tout, il préférait des partenaires actifs, surtout quand il s'agissait d'hommes. Les femmes encore, on ne leur apprenait pas forcément les subtilités de l'acte alors ça ne l'étonnait jamais de les voir faire l'étoile de mer. Mais les hommes… hm… D'ailleurs, il trouvait le jeune homme relativement courageux, même s'il n'en avait pas l'air, de venir flirter sous son nez en assumant sa déviance et en présumant la sienne. Haussant les sourcils, il vint lentement contourner le bureau et s'asseoir derrière dans son fauteuil attitré, le mirant de ses prunelles qui dans la semi-obscurité prenaient des teintes cendrées et pâles allant très mal avec les écailles fauves qui parcouraient les orbes en permanence. «  Je vois » C'était presque mignon, car de la manière dont il le disait, on aurait pu penser que c'était lui qui avait eut une portée de… de quoi déjà ? Diricos ? Jamais entendu parler aux dernières nouvelles. Qu'est-ce que c'était et… Ah non, voilà qu'il lui faisait le coup du mordillement de la lèvre. Hey, il n'allait pas rentrer chez lui à ce rythme là, vraiment, comment voulait-il qu'il résiste ? Fort heureusement, ou bien le faisait-il encore exprès, le compte goutte des informations le tira une fois de plus de cette perspective… Animagus hein ? A son âge ? Même des sorciers plus âgés et bien plus endurcis magiquement ne développaient pas ce genre de capacités.

Une légère lueur amusée brillant dans ses yeux disgracieux, et un sourire en coin lui grimpa aux lèvres pendant quelques brefs instants, puis il soupira, sembla vaguement considérer l'offre, puis se leva. «  Très bien » Il lui fit signe de le suivre et rouvrit la porte, sortant dans le couloir de pierre chichement éclairé puis, après lui avoir demandé quelle était théoriquement la maison à laquelle il appartenait, prit cette direction dans un premier temps… Ils bifurquèrent ensuite dans un passage sombre, tandis qu'une autre version de leurs deux personnes continuaient vers le dortoir. Lorsqu'ils furent près du hall, le prince déchu se dirigea, seul, vers l'une des pièces adjacentes, y prenant un long et lourd manteau et une chapka, s’emmitouflant chaudement afin de ne pas risquer la mort là-dehors. Le laissant se transformer à son retour, il invita la boule de poils blanche à se glisser dans le manteau, et le referma sur lui, juste à temps, alors qu'une voix retentissait dans le hall, l'appelant. Se tournant pour voir de qui il s'agissait, il se détendit sensiblement et approcha, échangeant quelques brèves paroles pour expliquer la sortie qu'il s'apprêtait à faire, en laissant à l'autre le soin de s'assurer que rien ne marche de travers pendant ce temps. Leurs voix profondes, graves, ponctuaient le silence comme des tambours, se répondant sans hâte, avec une tranquillité à peine troublée de l'ombre de la tension...Une fois l'autre repartit, il ouvrit les lourdes portes juste ce qu'il fallait pour pouvoir se glisser à l'extérieur.

La bise hurlait, le vent fouettait, mais il ne chercha pas à s'en protéger, se contentant d'avancer coûte que coûte, esquivant les sorciers de la Main Noire lorsqu'il percevait leur approche et, plus aisément, les patrouilles bolchévik, sourire aigre aux lèvres. Ça serait tout de même très stupide de se faire prendre… Puis, enfin, la boutique apparue, après qu'il eut rejoint la rue sorcière protégée du reste de la ville. «  Désolé d'avance... » S'introduire à l'intérieur lui prit plusieurs longues minutes, mais il n'avait pas envie de perdre la boule de poils dans la neige au dehors ou pire encore, qu'elle apprenne à voler sans qu'il le veuille. Il y eut un vide quand le vent cessa de le marteler et il ouvrit enfin son manteau pour en extraire le lapin par la peau du cou, le déposant par terre avec un grondement avant de retirer sa chapka et de se passer une main dans les cheveux en ébouriffante les mèches sombres. «  Bien, merci d'avoir choisir la croisière Pavel, nous vous souhaitons un bon séjour bien à l'abri de cette saleté de vent... » Il avait de la neige sur la nuque et tâcha de la chasser, ou du oins d'effacer la coulée d'eau froide qui en restait… «  ça va ? Je ne t'ai pas trop écrasé au moins ? »


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31/5/2017, 16:33
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L'attente fut insoutenable, bien qu'elle ne dura pas plus de quelques secondes ; elle sembla s'étendre sur une éternité pour le pauvre étudiant angoissé. Il s'imaginait déjà ses animaux mourir de faim, de soif ou d'une quelconque blessure létale. Son imagination galopait vite, lui peignant des tableaux plus terrifiants les uns que les autres et lui faisant craindre davantage encore pour la sécurité de ses petits protégés. Déglutissant avec peine, il se résignait déjà à se voir refuser le coup de mains, forcé à trouver de l'aide ailleurs ou pire : à se résigner et attendre le lendemain. Il en était tellement à se morfondre sur un sort funeste, que la soudaine et abrupte approbation de Pavel lui sembla fausse. Ouvrant la bouche pour tenter encore de plaider sa cause, il s'arrêta juste à temps quand son cerveau décrypta enfin l'information au travers de son brouillard paranoïaque. S'évitant avec justesse de se ridiculiser, le jeune albinos cligna des yeux à plusieurs reprises avant de bondir vers la porte ouverte pour rattraper son sauveur. Nerveux, il regarda par dessus son épaule quand ils se retrouvèrent dans le couloir sombre et humide, mais n'y accorda pas plus de temps et s'empressa de le remonter en compagnie du brun.

Si la question vint le surprendre, voire le prendre carrément de court tant elle semblait hors sujet, Andreï était suffisamment docile pour y répondre sans y penser à deux fois. Grimpant les escaliers, il ne comprit qu'avec retard les raisons pour lesquelles on lui avait extorqué l'information et ce fut avec d'un air admiratif qu'il contempla l'illusion s'éloigner d'eux. Un moment figé, béat face à la maîtrise impressionnante de magie qu'on lui servait, il sursauta quand les bruits de pas du surveillant commencèrent à trop s'éloigner de lui. Il fallu quelques foulées pour rejoindre Pavel et il calqua son rythme sur le sien, silencieux mais bien plus attentif à son environnement à mesure qu'ils entraient dans les zones éclairées du château. Lorsqu'ils s'arrêtèrent à l'approche du grand Hall, le jeune sorcier se cacha dans l'ombre d'une des arcades bordant la vaste salle et resta parfaitement immobile, frissonnant parfois d'une peur sourde et incontrôlée. Le temps semblait s'étaler, pour chaque minute à se retrouver seul, l'albinos fixait avec de plus en plus d'insistance les doubles portes du Hall et réfléchissait à un moyen de sortir seul d'ici. Si jamais l'adulte ne revenait pas, il devrait bien s'y résoudre ! Heureusement, il ne lui fut pas donné l'opportunité de mettre ses plans désespérés en action : le surveillant était à nouveau près de lui, emmitouflé dans un ensemble assez épais pour lui permettre de s'y cacher sans mal.

Il hocha la tête, toujours résolument silencieux et se concentra pour se transformer en une boule de poils duveteuse, au blanc immaculé à l'exception de la pointe de ses longues oreilles et du contour de ses yeux veloutés et noirs comme du charbon. Il s'agissait d'un beau spécimen musculeux, racé et qui pesait bien 5 kilos sans avoir à rougir. Se dressant sur ses pattes arrières, il se tint un moment en équilibre pour ajuster son calcul et sauta souplement dans l'ouverture que le brun lui offrait dans sa parka. Il se retrouva au niveau de son abdomen et alors qu'une voix retentissait, Andreï vint faire l'écharpe autour de sa taille pour diminuer la bosse qu'il formait et rendre la vue extérieur de vêtement plus uniforme. La coupe du manteau cintrait naturellement la taille et les hanches de l'homme, les coutures de la fabrique épaisse permettant au lièvre de tenir sans aide, confortablement pressé contre le corps musclé de l'ex-auror. Le museau enfouit au creux de ses reins, les pattes crispées de chaque côté de ses hanches, il écouta la conversation avant de soupirer de soulagement lorsque l'autre avala le mensonge et laissa Pavel sortir sans plus le confronter.

Le sifflement du vent lui fit instinctivement rentrer la tête entre ses épaules et il ferma les yeux avant de se mettre à bouger dans le manteau serré. Puisqu'il ne pouvait pas reprendre forme humaine, autant servir à quelque chose sous cette apparence ! Gonflant sa fourrure, le lièvre vint faire la flaque au niveau du torse de son véhicule, diffusant bien vite une source de chaleur conséquente et faisant alors office d'un petit radiateur portable et duveteux. Par moment, son museau et ses moustaches pouvaient chatouiller la gorge du russe, les griffes de l'animal passant au travers de la chemise pour irriter la peau au niveau de l'abdomen ou des clavicules, le petit mammifère essayant de ne pas glisser et tomber au sol. La traversée de Saint-Pétersbourg lui sembla être une éternité et il commençait sérieusement à se sentir mal à l'aise. Le parfum de Pavel, qu'il soit naturel ou induit avec de l'eau de Cologne, imprégnait son museau délicat et lui donnait étrangement chaud. Il aurait pu, il en serait devenu rouge pivoine ! Malheureusement, tout ce qu'il pouvait faire c'était venir parfois humer l'air froid de l'extérieur et supporter les battements affolés de son petit cœur. Quand il entendit Pavle s'excuser, il se tortilla un peu pour essayer de voir ce qu'ils se passaient. Ils ne bougeaient plus, seraient-ils arrivés à sa boutique ? Les minutes passèrent et confortèrent son hypothèse et ce, jusqu'à entendre une porte s'ouvrir et le tintement familier de sa petite cloche retentir à ses oreilles...

[Suite du RP à la boutique de Plumes & Poils : Lorsque l'incompréhension s'obstine ]
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