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Mars 1930 - Réunion secrète feat. Pavel Vetrov

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Kathleen M. Goustov
Membre de l'Ursa Major
Né(e) il y a : trente ans
, à : New-York
, mes proches me surnomment : Kath
et pensent que je ressemble à : Jessica De Gouw.
Actuellement je suis : mariée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : en soins magiques à Ilvermorny
, aujourd'hui je travaille en tant : médicomage à Patriarkh.
Sans le cacher je soutiens : Main Noire, officiellement, Ursa Major officieusement.
J'ai rédigé : 30
parchemins, et récolté : 106
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : ky-crea.
Dans la vie, je suis aussi : Alexandra I. Ivanova, Maria G. Raspoutina.
Ma baguette est faite en : en bois de sycomore, son cœur est fait d'une dent de vampire.
Mon niveau de combat est : 3.


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8/5/2017, 14:43

RÉUNION SECRÈTE
pavel vetrov & kathleen goustov
L'hôpital Patriarkh était surveillé depuis maintenant plusieurs jours par la police magique de la Douma, suite à un incident qui avait causé le décès brutal d'une infirmière. Ces hommes et ces femmes en tenue sombre patrouillaient, la baguette à la main, à l'affut de moindre comportement étrange. Tout le monde était sur ses gardes, les professionnels de santé tout comme les nombreux visiteurs qui s'amassaient dans les couloirs en ce week-end de mars. La médicomage profitait d'un temps de pose bien mérité après une matinée épuisante, installée sur un banc, en sirotant une tasse de thé dans sa salle de pause. Ses prunelles azures suivaient les lignes rédigées à l'encre noire sur un dossier médical. Elle était tellement concentrée qu'elle ne remarquait pas les murmures de ses collègues autour d'elle, tous semblaient obnubilés par cette histoire sanglante. Son visage innocent se leva de son dossier à l'énonciation de son prénom dans une conversation. "Pardon ?" Son voisin, un autre médicomage d'une quarantaine d'années, lui prit son dossier des mains. "Médicomage Goustov, vous avez terminé votre journée, rentrez vous occuper de votre mari et votre fils, ne faites pas attention à leurs ragots". L'américaine fronça délicatement ses sourcils, ce qui lui donnait un air faussement sévère qui ne lui conférait aucune autorité malgré son statut. Ses collègues échangèrent un regard amusé face à sa réaction, une femme se leva et aller serrer ses mains sur ses épaules maigrichonnes, la secouant légèrement. "Kath, on disait juste que ton mari était encore passé ce matin, quel sortilège lui as-tu lancé pour qu'il soit autant attaché à toi". Un sourire plein de tendresse découvrit sa dentition parfaite. Gregory était encore venu, à nouveau il s'inquiétait pour elle. Un soupire, tous ses collègues se mirent à rire en cœur. Après dix ans de mariage, il continuait de l'étonner. Elle sentit les mains de l'infirmière se décoller, elle la vit se rasseoir à sa place. L'image de son mari apparaissait presque dans son esprit. Elle l'imaginait parfaitement s'enquérir auprès de son équipe de sa santé, surtout qu'il avait entendu parlé du meurtre de l'infirmière, sans en connaître les vraies raisons. Ces derniers temps, Gregory était devenu beaucoup plus insistant, se renseignait sur les faits de sa femme au travail, sur ses rencontres, comme s'il l'espionnait. Avait-il eu vent de son entrée dans le groupe rebelle ? Peu probable, Kathleen jouait son double jeu avec patience, prudence et beaucoup de talent. Impossible qu'il ne découvre quoi que se soit. "Que voulez-vous que je vous dise ? Mon mari est un homme parfait" rétorqua-t-elle sur un ton presque langoureux, faisant s'esclaffer certaines collègues femmes dans le groupe. Consciente que sa garde était enfin terminée, que sa nuit de sommeil s'était envolée avec les nombreuses urgences qui s'étaient succédées, la belle se leva de sa chaise. Saluant ses collègues un à un, avant de partir, elle ne les entendit pas à nouveau parler d'elle lorsqu'elle quitta la pièce. De vrais commères.

Sa silhouette longiligne avançait dans les rues désertes de la ville. Dans ce quartier peu fréquenté par la bonne société pétersbourgeoise, l'étrangère n'était pas à l'aise. Malgré sa haute taille pour une femme de son époque, rehaussée par une pair de talons qui claquaient de façon régulière sur le sol pavé, Kathleen sentait les battements de son cœur s'accélérer de façon exponentielle. Son visage tendu était caché sous un capuchon, le jupon de sa robe noir battait au rythme de ses grandes enjambées. La belle brune laissait échapper une volute de vapeur à chacune de ses expirations. Ce soir, son mari l'avait à nouveau questionné sur sa journée. Elle eut pour une fois énormément de mal à justifier son absence de la soirée, expliquant qu'une amie avait réclamé sa présence à l'une de ses réunions de femmes. Évidemment, Gregory n'avait pas demandé à l'accompagné, conscient que sa présence ferait tâche entre toutes ses colombes bien apprêtées. Fort heureusement pour elle, car l'Ursa Major n'aurait pas apprécié la présence d'un membre de la Main Noire entre ses murs. Surtout après cette impressionnante vague de décès dans ses rangs. Kathleen s’inséra dans une ruelle, apercevant enfin la porte où le numéro '203' en écriture argenté était visible. Son poing ganté toqua sur la porte en bois. Quelques secondes d'attente seulement, comme pour examiner le nouvel arrivant, on finit par lui ouvrir.

L'américaine entendit la porte claquer derrière elle, de nombreux membres de son groupe étaient présents, d'autres qu'elle ne connaissait pas encore. Un homme apparaissait entre tous ses sorciers, Pavel Vetrov. Kathleen inclina poliment la tête à tous ceux qui la saluaient. On la fit ôter sa grande cape sombre, découvrant ainsi son visage aux yeux de tous. Timide, comme à sa terrible habitude, la médicomage se glissa dans son groupe en pleine discussion. Au bout de quelques minutes, lorsque tous ceux qui avaient annoncé leur présence étaient venus, on invita les membres à sortir du hall d'entrée. "Tu as réussi à venir" Murmura une voix féminine à ses côtés. Sa situation maritale n'était pas inconnue aux yeux de l'organisation. Chacun savait que l'épouse Goustov avait un mari fervent partisan de Raspoutine, c'est d'ailleurs pour ça qu'elle avait continué son double-jeu avec l'accord de ses supérieurs de l'Ursa Major. Le bras de son amie s'enroula autour du sien, comme pour la rassurer amicalement de la justesse de son choix. "Il était réticent, mais j'ai réussi à le convaincre, il garde Ivan ce soir, avec sa mère. Merci Irina !" Un sourire apaisé se glissa sur son doux visage. Oui, Kathleen était une femme forte, contrairement à ce qu'elle laissait paraître. Elle préférait que son époux si fort, si imposant, continue de l'imaginer en pauvre femme fragile. Cela lui offrait une marge de manœuvre beaucoup plus importante. Ce soir, elle était présente, lui ne le savait pas.

mars 1930
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13/5/2017, 19:15
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Il les regardait, depuis un coin de la pièce, la solide présence de Piotr juste à son flanc, chaude en comparaison du reste, fiable, ferme… il pouvait se reposer sur lui, il pouvait s'ouvrir à lui, comme il ne pouvait le faire avec les autres. Même Lizaveta ne le comprenait pas comme lui le faisait, tout simplement parce qu'elle était une femme, même si elle était également une empathique. En cet instant, lui seul pouvait comprendre ce qui remuait au fond du prince déchu, son mépris pour tous ces individus qui ne faisaient pas partie de sa propre sphère d'influence, sa colère à l'égard de leur façon d'être, leur insouciance, son incompréhension face à ces défauts évidents d'attention et au fond, son impression d'être vulnérable également, en ayant accepté de se lier à eux par l'organisation à laquelle ils appartenaient tous. Une impression, un impact, qui mêlait d'innombrables sentiments, et aucun de positifs, car si Pavel Vetrov était un homme qui s'amusait de rien, cynique et désabusé, capable de trouver à rire des pires situations, Ioann lui n'était pas ainsi et ne l'avait jamais été. Lui était un homme sombre, dur, et renfermé, qui n'appréciait pas du tout la légèreté de certains à l'égard de leur raison d'être en temps que communauté. Un mouvement, près de lui, perçu du coin de l’œil, auquel il ne répondit que d'un léger signe de tête et un haussement d'épaules alors qu'il se redressait, se soulevait du mur contre lequel il s'était adossé et s'avançait en mandant l'attention générale, laissant l'assemblée se tourner vers lui. Avec ce qu'il allait dire, il ne se ferait pas beaucoup d'amis mais il s'en moquait… Au moment propice, ce ne serait pas sur eux qu'il compterait mais sur ses propres hommes, ses propres partisans.

« Bien… vous êtes tous venus»
Sa voix, tranquille, était dépourvue de la moindre agressivité, factuelle et composée. Il croisa les bras sur son torse puissant, et laissa son regard disgracieux se promener alentours, sur les dizaines de visages qui l'observait. Être ainsi le centre de l'attention générale lui était un calvaire, il aurait voulu s'éloigner, s'enclaver quelque part et ne plus en ressortir, le poids pesant sur ses épaules lui donnant envie d'abandonner, de courber et d'arrêter… Sans qu'il le puisse, le moins du monde.
« Vous êtes venus… et je devrais avoir appelé la Main Noire pour ça »
Nouvelle pause, alors qu'il accrochait son regard dur à un jeune qui ne devait pas dépasser la vingtaine d'années. Que faisait-il là ? Est-ce qu'il comprenait réellement ce qui se passait en ces lieux et au travers de la Russie ? Il n'avait pas voulu que des gosses participent, même si, selon ses camarades, ses compagnons d'armes, c'était inévitable et souhaité, puisque leurs ennemis agissaient de même.
« Aucun de vous ne s'est posé la moindre question. Ça aurait pu être un piège, ça aurait pu être un faussaire, j'aurai même pu vous convier sous la contrainte… et que sais-je encore, je n'ai pas assez de temps pour vous énumérer la liste complète de ce contre quoi vous auriez dû vous prémunir avant toute chose, ce qui n'est pas le cas pour la vaste majorité… et ne cherchez pas à me contredire, j'ai vérifié avant de me prononcer »
Ses yeux les condamnaient, sévères et silencieux tandis qu'il laissait tout cela s'imprégner en eux. Les possibilités étaient innombrables, sans compter qu'ils allaient devoir subir une modification de mémoire une fois sortis de là.

Puis, il se fendit de l'ombre d'un sourire aigre et énuméra les noms de ceux qui devaient immédiatement quitter les lieux, attendant de les voir partir, pour certains avec des regards mauvais et en ronchonnant, même si rien de tout cela ne pouvait, au fond, l'atteindre.
« Bien, pour ceux qui restent… si vous êtes-là ce n'est pas simplement pour m'entendre vous faire la morale, mais bien parce que nous devons statuer sur certaines choses. Après les offensives de la Main Noire contre nous, nous avons perdu…. Nombre de nos camarades »
Il s'apprêtait à lâcher le pavé dans la marre et devait lui-même se préparer, car ce n'était pas simple à énoncer. En un sens, c'était encore moins simple pour lui…
« Amélia, la tête de votre cellule, a été tuée dans le lot. C'est pour cela que votre cellule s'est avéré dormante pendant tout ce temps… nous sommes ici pour la remplacer, et pour vous réorganiser. J'aimerai que les seniors parmi vous se détachent des autres afin que je puisse les repérer… et qu'ils me donnent leur avis sur votre situation actuelle »

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Kathleen M. Goustov
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13/5/2017, 23:41

RÉUNION SECRÈTE
pavel vetrov & kathleen goustov
Toute l'assemblée de sorciers s'était réunie dans un petit salon. Tout le monde parlait en même temps, ce qui formait un espèce de brouhaha désagréable. Kathleen prit place sur un fauteuil, dans un coin, cachée entre deux grandes silhouettes massives, croisant avec féminité ses longues jambes. C'était la première fois qu'elle participait à ce genre de grand rassemblement, elle ne voulait pas paraître mal à l'aise. De ses iris céruléennes, la belle observait la scène d'un œil attentif, tandis qu'elle acquiesçait d'un hochement de tête au signe de main de Irina, à l'autre bout de la pièce. Son attention se reporta sur les sorciers présents. Beaucoup semblaient se connaître de longue date, elle se sentait bien seule au milieu, ne connaissant qu'Irina et Pavel. Ce dernier n'était même pas venu la saluer, c'est dire qu'il ne portait pas énormément de considération à sa présence dans le groupe. Ses lèvres se tordirent discrètement, affichant une moue boudeuse qui lui donnait l'air d'un enfant. Il est vrai que Kathleen n'avait pas brillé par son implication sur le terrain. A cause de son statut particulier, elle ne pouvait pas se permettre de briser sa couverture en participant bêtement à une descente à la Main Noire. Non. Parmi tous ces gens, personne n'avait jamais croisé son visage, elle était l'inconnue de la soirée, cela se ressentait dans l'attitude méfiante de ses proches voisins qui la toisaient depuis quelques minutes. Mine faussement sereine, la jeune femme leur adressait un sourire amical qui détourna leur attention le temps que l'homme de la soirée ne commence son monologue. Grand, impressionnant, charismatique, le sorcier imposait de par sa grande taille et par la puissance des mots qu'il prononçait. Personne ne broncha lorsqu'il évoqua le piètre comportement de ses membres. Il y eu des murmures, des regards en coin. Personne n'osa le contre-dire. Il était respecté. Kathleen gesticula sur son assise et posa son coude droit sur le rebord du fauteuil, consciente que la venue massive des membres de l'Ursa Major en un tel endroit était du pain béni pour la Main Noire. Ils risquaient leur vie, tous, même si certains ne possédaient pas la présence d'esprit pour s'en rendre compte. Ses paroles avaient jeté un froid dans l'assemblée. La sorcière mirait, entre les deux hommes, Pavel qui continuait de capter l'attention de ses ouailles. Il était vrai qu'elle non plus ne s'était pas renseignée auparavant sur la nature exacte de ce rendez-vous, sa naïveté avait été mise à l'épreuve ce soir, tout comme celle de ses autres camarades. Le maître des lieux devait avoir honte d'une pareille équipe. Son regard aussi glaçant que ses mots semblait les défier. Il commença en énonçant certains noms, dans un ordre aléatoire. Ces personnes furent prier de quitter la pièce, sans un mot, sans une explication. La brune ne comprit pas ce qu'il voulait en éloignant ainsi ces membres. Qu'avaient-ils fait pour subir pareil affront ? Fort heureusement, le sien n'arriva pas au bout de la langue acérée du sorcier, elle ne put réprimer un discret soupir de soulagement.

Une fois le groupe allégé de quelques sorciers, le discours reprit. Kathleen n'était plus cachée, les deux hommes qui étaient face à elle étaient partis. Plus personne ne pouvait la protéger du regard des autres. Elle posa ses mains sur ses cuisses, ses jambes toujours l'une sur l'autre, son pied droit pendait dans le vide. Des membres, ils en avaient perdu au fil des batailles. De son groupe, la jeune femme ne connaissait qu'Irina, les autres étaient probablement morts ou étaient passés entre ses mains à Patriarkh sans qu'elle ne les reconnaisse. Cette ancienne auror en fuite était devenue, au fil des années, une amie fidèle. Talentueuse, courageuse et déterminée, elle s'était toujours attachée à défendre les plus faibles, c'est ce qui avait causé sa perte. Aujourd'hui, elle avait risqué gros en sortant de sa cachette, Kathleen l'admirait énormément pour cette prise de risque. De son côté, elle savait qu'elle ne serait jamais capable de tuer son époux, fidèle à la Main Noire et à son Maître vénéré, ni d'abandonner son fils. Elle n'était pas une femme aussi forte qu'Irina. Troublée, perdue dans ses pensées, Kathleen sursauta presque en voyant les autres se lever. Certains restèrent assis, elle en conclut qu'elle devait garder ses positions. Seuls les nouveaux n'avaient pas bougé, elle en faisait parti au final, avec une seule année d'ancienneté. Irina la toisa pendant quelques secondes, l'obligeant presque à se redresser avec ses sourcils froncés à l’excès. "Non", mima-t-elle entre ses lèvres, murmurant le mot à peine audible. Ce ne fut pas aussi discret qu'elle l'aurait espéré, tout le monde se tourna dans sa direction. Ses joues s’empourprèrent, faisant ressortir encore plus ses iris bleutées. Cette soudaine mise en avant la gênait, elle aurait voulu quitter le groupe pour s'isoler quelques instants. Elle se contenta d'afficher un sourire poli pour leur faire comprendre qu'ils pouvaient continuer sans s'occuper de sa présence. "Dis leur notre situation, Kathleen". Irina lui balança cette phrase à la figure. Quelle horreur, elle qui voulait juste écouter, c'était fichu. Consciente que les gens ne bougeaient plus, comme s'ils attendaient qu'elle s'exprime, la Goustov se mit à toussoter puis, sans bouger de sa position, elle parla sur un ton sérieux tout en gardant sa voix douce. "Nous sommes surveillés, tous. Je l'ai vu, je l'ai entendu. Pour chaque membre de l'Ursa Major, il y en a au moins quatre de la Main Noire. Ils vous connaissent, si ce n'est pas encore le cas, ça ne devrait tarder". Même en tant que médicomage respectée, l'américaine n'était pas habituée à faire des discours, préférant laisser ce genre de tâche à ses supérieurs ou à des collègues plus persuasifs qu'elle. "Mon avis ne vaut peut-être pas grand chose, mais je pense que nous devrions éviter ces petits groupes dispersés, cela nous rend vulnérable car nous ne nous coordonnons pas. Ils sont unis, forts et plus nombreux que nous. Nous devrions nous regrouper pour ne former qu'un seul groupe". C'était dit. Kathleen se rendit compte de la portée de ses mots, elle, une nouvelle, avait osé prendre la parole face à ces anciens qui avaient fondés ce mouvement de rébellion. La jeune femme croisa elle aussi ses bras contre sa poitrine, à l'image du sorcier face à elle qui s'était exprimé peu de temps auparavant.

mars 1930
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25/5/2017, 12:59
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Ça, il aurait dû s'en douter, c'était une des nombreuses 'joies' de l'interaction de groupe, il y avait toujours quelqu'un, à un moment, pour n'importe quel sujet, qui se pensait plus malin que les autres en disant noir quand tout le monde disait blanc. Aussi inévitable que l'hiver, ça, alors ça ne l'étonnait pas beaucoup qu'on lui fasse le coup. Ce d'autant plus qu'Amélia avait été l'une de ses compagnons d'arme avec laquelle il s'entendait le moins, non seulement parce qu'elle était une femme, mais également parce que sa façon de gérer sa cellule était, à son avis, loin d'être optimisée et qu'il le lui avait fait savoir sans détour. Ça aussi, c'était inévitable, qu'une femme qui affirmait vouloir des autres une franchise absolue en soit vexée quand elle l'obtenait et que ça n'allait pas dans son sens. C'était une tare humaine, mais il l'avait plus souvent vu chez le sexe faible. Aussi, l'intervention de Kathleen ne lui arracha rien, pas même un tressaillement d'irritation. Il ne s'attendait pas à ce que cela vienne d'elle, mais ça aurait pu être n'importe qui que la situation restait la même. « Aurions-nous une prétendante au titre de responsable ? » La taquinerie délivrée d'une voix chaude fut accompagnée d'un coup d’œil cynique, désabusé, des prunelles fauves. Il laissa les autres réagir, sans doute pour la plupart avec un temps de retard sous la proposition qui collait mal avec son caractère. Ah les naïfs… si c'était aussi simple que ça ! Soupirant profondément, il eut un mouvement de dénégation de la tête, instinctif, et changea ses appuis avant de prendre la parole d'une voix plus patiente et plus courtoise qu'il n'en avait l'habitude au demeurant, simplement parce que, comme il l'avait anticipé, il fallait bien que cette discussion ait lieu qu'il le veuille ou non. Son deuil à ce sujet, il l'avait fait voilà déjà plusieurs jours.

« Effectivement, vous êtes tous recherchés, tous surveillés » Il n'avait même pas envie de leur expliquer combien d'autres cellules étaient mises à contribution pour permettre la réunion de ce soir. Combien c'était dangereux. « Vous l'avez fort bien énoncé, Goustov, il y a quatre Main Noire pour un des nôtres… et c'est précisément la raison pour laquelle les cellules sont si importantes. Si nous venions à tous nous réunir en un même lieu, à nous unir au point de nous connaître tous… car ne faites pas l'erreur, vous tous, de croire que nous sommes assez pour ne pas tous nous connaître… Si nous faisions cela, si nous cessions de compartimenter l'opération Ursa Major, il suffirait d'une seule fois, d'une seule erreur, d'un seul coup de malchance, d'une seule faille pour que nous y passions tous. Si l'épisode de Koldovstoretz n'a pas suffit à vous l'expliquer… sachez que si nous existons encore c'est bien en raison de notre séparation. De sorte que, si l'un de vous est prit, il ne pourra fondamentalement pas nuire à tous les autres. Deux ou trois peut-être, mais il restera toujours l'un d'entre-nous en vie » S'interrompant, il attendit que ses mots prennent corps, qu'ils commencent à faire leur bonhomme de chemin dans les esprits, avant de reprendre. « Non, être dispersé ne nous rend pas vulnérable. Pas en l'état. Cela fait hélas partie des obligations. Et vous faites erreur de croire que nous ne sommes pas pour autant coordonnés. Nous le sommes, sinon je ne serais pas là ce soir, à vous parler. La raison pour laquelle votre cellule est en danger est très simple : Amélia. Elle gardait des informations vitales par écrit vous concernant… la Main Noire a mit… et bien la main dessus, justement. Preuve par l'exemple, et elle m'attriste… perdre un chef de section est douloureux car ils endossent une responsabilité énorme, celle de vos vies à tous. Voyez ce que la prise d'un chef fait à une section, imaginez cela si nous étions unis comme ils le font »

Ioann soupira, lança un regard sombre à son bras droit, puis se massa une tempe avant de poursuivre : « Le rapport de force détermine pour beaucoup la façon de mener une confrontation, et il n'est pas toujours pertinent d'enchaîner tous les partisans d'un mouvement au bout d'une même laisse. Il faut savoir s'adapter, pour survivre, et penser différemment… il faut aussi savoir, parfois, aller contre certaines peurs viscérales » Les observant tour à tour, cherchant leurs yeux des siens, disgracieux, il continua « Je sais, avoir le sentiment d'être seul fait peur. Le sentiment d'être isolé ronge aux tripes, on se dit que si on est dans la merde, alors personne ne viendra nous aider… On est frustré de ne pas pouvoir avoir une vue d'ensemble, on peut même parfois se dire qu'au final, on ne fait rien, que les risques pris n'ont pas d'importance. On peut même penser que, peut-être, tout cela est une mascarade de nos ennemis pour nous amener à nous dévoiler… On regarde les interlocuteurs quotidiens avec la peur au ventre, en se demandant si l'un d'entre eux n'est pas un membre de notre propre mouvement… si on envoi pas à la mort un camarade… » Grave, il hocha la tête « Je comprend ce poids, je porte le même, chaque jour, comme vous tous. Je sais que l'idée d'être tous unis pourrait paraître séduisante, l'idée d'un groupe est naturellement, éducationnellement, plus sécurisante, plus attirante… Ceux qui ont décidé cette séparation avaient les mêmes sentiments, les mêmes ressentis et les mêmes instincts. Contrairement à ce que certains philosophes et politiciens avancent, je suis moi-même persuadé que l'être humain est une créature communautaire et, fatalement, notre façon de faire va à l'encontre de cette idée... »

Il y avait plus, c'était plus profond que cela, plus complexe, mais pas moins vrai selon ces termes. Le prince n'avait cependant pas finit. « La Main Noire nous pense dispersés, et ils ont raison, mais là où ils font erreur c'est qu'ils pensent que nous sommes vulnérables, des proies aux aboies qu'ils chassent… et cela est totalement faux. Ils ne conçoivent pas que nous puissions être forts, ou leur causer des problèmes. Lorsqu'ils comprendront à quel point ils ont tord, il sera trop tard » Cette fois, ce fut un long silence qui se propagea. Certains étaient conquis, d'autres doutaient encore, normal ! Personne n'avait jamais fait l'unanimité, surtout contre ce genre d'instinct. Se tournant de nouveau vers l'américaine, il reprit avec moins de gravité. « Nous ne sommes pas là pour juger de la valeur d'un avis, Goustov. Vous avez parfaitement le droit de vous exprimer et d'être entendue par vos frères et sœurs de cause. Je sais aussi que si je pouvais voter dans le sens d'une unification je le ferai mais… c'est trop tôt. Le travail de sape dont vous êtes l'exemple même n'est pas encore assez avancé pour qu'on se le permette. Mais vous avez raison sur un point : votre cellule était très détachée des autres, et c'est probablement pour cela que vous souffert plus que mes hommes ou ceux des autres. Puisque vous vous faites la voix de vos camarades accepteriez-vous d'être notre agent de liaison pour votre futur supérieur ? Une personne unique qui ferait le lien entre votre cellule et les autres ? » L'idée était simple, peut-être qu'en mettant le gros de l'information entre les mains d'une autre personne que le chef de la cellule, les risques futurs de voir l'un de leurs membres tomber seraient moins grands. La Main Noire penserait, avec logique, qu'un chef de cellule aurait forcément les informations… S'ils pouvaient les mener en bateau, ce serait une sécurité de plus.

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Sans le cacher je soutiens : Main Noire, officiellement, Ursa Major officieusement.
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26/5/2017, 12:53

RÉUNION SECRÈTE
pavel vetrov & kathleen goustov
Prendre la parole devant le groupe ne fut pas une mince affaire, son cœur battait encore la chamade sous le coup de l'émotion. Elle n'était pas charismatique comme Pavel, elle détestait se sentir observée. Sa timidité maladive lui jouait des tours, ses joues avaient pris une teinte rosée. Non, elle n'était pas faite pour ça, pas du tout. Irina avait l'air satisfaite, dans son coin, elle mirait sa coéquipière avec son sourire amical. Kathleen s'enfonça dans son fauteuil, écoutant le leader du groupe répondre à sa remarque. Comme elle s'y était attendue, il n'approuva évidemment pas son idée, il osa même se moquer d'elle. Prétendante au titre de responsable ? Oh, non, du tout. La brune fit un signe négatif de la tête, baissant le regard en signe de soumission. Ce n'était pas ce qu'elle voulait, il se méprenait. Jouait-il pour la faire sortir de ses gonds ? Non, il la connaissait bien, il savait que jamais elle ne le contredirait, pas Kathleen. En tout cas sa remarque fit ricaner quelques membres dans l'assemblée. Ils ne connaissaient pas l'américaine, mais un simple coup d’œil sur sa silhouette suffisait à la décrypter. Elle avait l'air trop innocente, naïve, peut-être même faible. Jamais elle n'aurait la carrure nécessaire pour endosser un tel rôle, Pavel le savait, il n'était pas fou. Ce dernier entamait son long discours d'explication. Il tentait, à travers ses mots, de convaincre ses membres des méfaits d'un regroupement imminent. Au fond, la jeune femme comprenait ses arguments, il n'avait pas tout à fait tort. La prise d'Amélia, la chef de sa cellule, avait été un coup dur pour leur groupe. Kathleen s'était douté que la Main Noir avait en sa possession des informations la concernant. C'était probablement pour ça que Gregory faisait tout pour suivre son épouse, sûrement à la demande de ses supérieurs. Ces documents rédigés de la main d'Amélia, elle n'en avait jamais entendu parlé jusqu'à aujourd'hui. C'était une mauvaise nouvelle, réellement. Ses iris se figèrent sur la moue crispée d'Irina. Elle savait, on le lui avait dit. Pourquoi Kathleen était-elle la dernière au courant ?

Durant le monologue de Pavel, l'américaine était plongée dans ses pensées, écoutant d'une oreilles lointaine ses mots à l'encontre de ses camarades. Son fils, son mari, ses coéquipiers de l'Ursa Major. Tous risquaient la mort à cause d'elle, de son statut d'agent infiltré. Elle redoutait férocement de les voir mourir. Son époux avait beau être un homme difficile à vivre, sanguin, tantôt violent, il n'en restait pas moins l'homme de sa vie. Il avait ses raisons pour douter de son épouse, et il n'avait pas totalement tord de juger sa fidélité. Comment pouvait-il se douter que sa fidèle créature pourrait un jour le trahir ? Et puis son fils, Ivan, qui ne méritait pas de perdre son père ou sa mère au profil d'une guerre sans fin. C'était délicat, la sorcière n'était pas certaine de pouvoir tenir son rôle bien longtemps. Enfin son regard fauve se posa sur sa silhouette, Kathleen sursauta presque sur son fauteuil, surprise qu'il s'adresse à nouveau à elle. Décidément, c'était sa soirée. Sa demande la laissa pantoise, pendant quelques secondes. "Mh ..." Commença-t-elle, clairement hésitante. Par-dessus l'épaule de Pavel, le visage d'Irina semblait lui souffler d'accepter. La belle se sentit à nouveau fixer de toutes parts, elle déglutit pour finalement répondre. "Ma foi ... pourquoi pas". Ça restait vague. Le voulait-elle vraiment ? Oui. Pouvait-elle endosser ce rôle dans l'état actuel de sa vie privée ? Difficilement, mais ça, ils s'en fichaient. Kathleen glissa une boucle brune derrière son oreilles, reprenant son souffle progressivement quand les membres détournèrent son attention de sa personne.

"Goustov" Fit une voix masculine au niveau de la porte. Un sorcier censé surveiller les alentours du lieu de la réunion lui demanda de le rejoindre, d'un signe de la main. Intriguée, la belle échangea un regard avec le maître des lieux, puis se leva. Elle traversa la pièce pour rejoindre l'homme à l'étage. Il lui pointa la fenêtre, lui indiquant par la même occasion de regarder à travers. L'américaine se pencha pour coller son visage contre la vitre. En bas, un homme semblait faire des aller-retours dans la rue. Une grimace apparu sur le visage de Kathleen. Gregory l'avait suivi. Même s'il ne semblait pas connaître l'endroit exacte où se trouvait sa femme, il avait vite déterminé son champ de recherche. "Est-il seul ?" Demanda-t-elle sans quitter des yeux son époux. "Je n'ai vu personne d'autre, pour l'instant". Sa réponse ne la rassura pas. Elle sentit le mouvement de l'homme derrière elle, comme s'il s'apprêtait à tirer sa baguette et éliminer froidement le sorcier ici-bas. "Non, laissez, il va partir". Oh, elle espérait tellement qu'il lâche l'éponge et qu'il rentre. Kathleen priait pour que l'acharnement de Gregory prenne fin. Heureusement ses souhaits furent exhaussés. Pour une raison qu'elle ignorait encore, l'homme fixa la porte d'entrée de l'immeuble où elle se trouvait, pendant de longues secondes, puis tourna les talons. La silhouette encapée du sorcier disparu dans la nuit. Un soupire de soulagement fut expulsé.

Kathleen descendit rejoindre le reste du groupe, l'homme qui l'avait appelé l'avait rejoint. Il laissa la jeune femme se rasseoir pour expliquer ce qui s'était passé. "Un sorcier l'a suivi. Il a fait le tour des maisons dans la rue mais il est reparti. Il semblerait qu'il soit venu seul. Dois-je demander à l'un de nos camarades de l'éliminer ?" Son sang ne fit qu'un tour, l'américaine se mit à le fusiller du regard. Le pauvre homme n'avait pas tort. Pour limiter les risques de fuites, il aurait fallu l'abattre immédiatement. Ce n'était pas du goût de la concernée. "Vous n'allez tout de même pas tuer mon époux ?!" Dit-elle en se redressant sur son assise. Irina avait baissé son regard pour éviter de croiser celui de son amie. Elle avait toujours détesté cet homme, elle ne pouvait pas se permettre de soutenir sa coéquipière. Kathleen chercha alors de l'aide vers Pavel, qui se tenait droit non loin d'elle. "Il ne sait rien, je peux vous l'assurer. Il croit que ..." Gregory croyait fermement que sa femme le trompait, enfin c'est ce qu'il lui laissait sous-entendre à chaque fois qu'elle lui demandait la permission de sortir. "Je m'occuperai de brouiller les pistes quand je rentrerai, il ne nous causera plus de problème, ne le tuez pas". Promis-t-elle.

Sa demande souleva de nombreuses protestations dans l'assemblée. Évidemment, personne n'avait soutenu sa demande. Ils n'étaient pas fous, leur vie et leur couverture étaient en jeu. Consciente que ce problème la concernait elle, Kathleen hésita à quitter la réunion pour rejoindre son époux. Cependant elle réfléchissait encore à un moyen de détourner son attention de ses recherches de la soirée. L'idéal serait de réussir à lui faire croire qu'elle avait découché pour retrouver un homme, quitte à bafouer son honneur et se laisser traiter de traînée. Néanmoins, l'américaine risquait gros avec ce mensonge. Elle patienta, assise sur sa chaise, le regard baissé. Elle laissait les insultes pleuvoir sur elle. Aurait-elle dû le tuer elle-même ? Aurait-elle pu le faire ? Les muscles de ses épaules se contractèrent, Kathleen releva finalement ses iris céruléennes vers le visage de Pavel.

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29/5/2017, 20:55
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Tiède et distant, il l'observa quelques instants, sourcils légèrement haussés dans une attitude clairement désabusée, tandis qu'il croisait de nouveau les bras. « Je brûle du feu de votre enthousiasme... » La remarque, détachée, ne portait de critique que les mots, se défaisant d'une agressivité sous-entendue dans le ton ou dans le volume sonore utilisé. C'était davantage une remarque, une constatation d'un écueil difficilement esquivable. Elle avait parfaitement le droit de refuser après tout, réfuter son droit à la négation serait rien moins que lui forcer la main et il y aurait sans doute d'autres candidats même si elle était bien lotie pour le rôle. Dans l'absolut, ils auraient probablement le temps d'en parler davantage, mais il n'était clairement pas, lui-même, fervent partisan de l'idée de mettre quelqu'un qui manquait de mordant et de punch dans ce rôle. Si elle hésitait à le prendre et le faisait de mauvaise grâce, alors il devrait le lui refuser et lui faire comprendre le danger que cela aussi représenter. Quelqu'un qui manquait de cœur à l'ouvrage était quelqu'un de bien plus incliné à faire des fautes et des erreurs simplement parce qu'il ne se plongeait pas suffisamment dans sa tâche. L'une de leurs forces, s'était justement de mettre la bonne personne à la bonne place, en cela, l'état d'esprit comptait énormément. Oui, il allait vraiment devoir la pousser pour voir ce qu'elle avait vraiment dans le ventre… quitte à la bousculer un peu. Pas le choix, il ne voulait plus aucun fruit pourri sur les branches de l'organisation.

Une première occasion se présenta immédiatement, tout de go, comme si elle n'attendait que ses tours de pensées pour s'introduire dans leur cercle. De nouveau, il haussa un sourcil, mais laissa le guetteur prendre la femme à parti… Son second en profita pour venir lui donner d'autres nouvelles, et s'il resta muet sur le contenu, campé un peu à l'écart de la salle, il s'assombrit néanmoins à nouveau et se retint de quitter les lieux. Il y avait décidément plus d'un cuisinier à touiller le chaudron Koldovstoretz et ça ne lui plaisait pas beaucoup, tant le rapport entre les différentes entités impliquées était délicat à gérer. Le tout évidemment sans la présence de Nikolaï qui courrait après ses alliés politiques… Dommage, l'autre était un bon épouvantail derrière lequel se dissimuler pour agir. Cogitant sévère, il rata complètement le retour de la femme et ne dû son retour à la réalité qu'au coup de coude qu'un de ses hommes lui décocha dans les côtes. Harponnant immédiatement le guetteur du regard, exigeant silencieusement une explication, il écouta sans se défaire de son expression fermée et impavide, si ce n'était pour un léger frémissement des ailes du nez, au passage d'une inspiration contrôlée de force. La question se posait effectivement, fallait-il éliminer immédiatement cet individu ? Si ce lieu était découvert, ce ne serait bon pour personne, et déjà, il envisageait de déménager ceux qui s'y trouvaient…

Immobile, il continuait de regarder le sorcier, pondérant, alors même qu'on s'adressait à lui, ne cachant clairement pas qu'il réfléchissait. Ignorant superbement les protestations diverses et variées qui retentissaient dans la salle, le prince déchu s'approcha d'une fenêtre, dans l'ombre des lourds rideaux, et jeta un regard à l'extérieur. Un habile sortilège protégeait tout le bâtiment, quiconque regardait dedans ne verrait que des scènes banales d'une vie de quartier… mais eux voyaient parfaitement les curieux. Finalement, après ce qui ressemblait fort à une éternité d'attente, il prit la parole, posément : « Vous avez finit ? J'ai l'impression d'entendre des Français, à râler comme ça... » Le ton était neutre, mais la pique méprisante ne se cachait même pas. Se détournant de la fenêtre, il secoua la tête à l'adresse du guetteur, un geste négatif. « On le laisse partir. S'il est juste là pour vérifier l'infidélité de sa femme il est sans doute seul mais on ne peut pas en être certains… Il suffirait qu'on le surveille, ou qu'une sentinelle de la Main Noire soit affectée à sa protection pour que son décès subit devienne suspect » Un regard long de ses hommes le fit tiquer, et il ajouta, plus irrité : « PLUS suspect... » S'apaisant de nouveau, il s'avança dans la salle à pas lents, prenant son temps « Toutes les précautions imaginables ont été prises pour cette réunion. Ce serait dommage de porter le regard de nos ennemis sur ce lieu banal avec un meurtre mal avisé... »

Cependant, dans son regard, brillait une sourde lueur qui avouait clairement que la question n'était, à long terme, pas réglée du tout. L'importun venait simplement d'obtenir un sursis de circonstance, qui tomberait dès qu'il deviendrait de nouveau un danger et que le prince ne craindrait pas que l'on découvre une de leurs cachettes. Pour autant, il eut la délicatesse de ne pas poursuivre sur ce sujet-là plus avant, devant les autres. A la place de quoi il reporta le sujet sur l'ordre du jour, à savoir l'élection d'un nouveau chef pour la cellule laissée à l'abandon. Les pourparlers perdurèrent une partie de la nuit, de sorte que Pavel, à bout de patience mais ne souhaitant pas le montrer ouvertement, décidé finalement de les congédier. Un à un, il les laissa quitter les lieux, et passer entre les mains de leurs oubliators personnels, ceux qui se chargeaient de modifier les mémoires de sorte à rendre les souvenirs de ces réunions impossibles à rassembler à totalité, sans en ôter la substance aux premiers concernés. Au détour d'un étage, Kathleen se trouva pourtant isolée, comme par accident, du reste des invités prenant congés et fut conduite dans un autre salon. Des braises rougeoyaient dans une chaudière de métal lourd, dans un coin de la pièce, et la lueur ambrée jetait ses rets sans ôter à la pièce son cocon de ténèbres ouatées. Chichement meublée, une bouteille d'un exceptionnel whisky se trouvait pourtant à trôner sur le guéridon, un verre dans la main de l'ex-auror.

« Venez, Goustov, asseyez-vous... » Il fit un geste de la main refermée sur le verre, le liquide jouant contre les parois dans le mouvement. Le fauteuil qu'il lui désignait était profond, haut de dossier et colleté de velours sombre, avec des accoudoirs recouverts de cuir. Pavel lui-même resta debout, sourcils légèrement froncés et regard fixe. Il n'avait pas tourné la tête vers elle, quand elle était entrée avec son guide. Celui-ci s'éclipsa d'ailleurs très vite, les laissant seuls. « Pourquoi vous êtes-vous engagés… ? » La voix, légèrement lasse, trahissait un cheminement de pensées déplaisant, au moins pour celui qui les émettait… Il ne la regardait toujours pas. « Lorsque vous avez rejoins le mouvement, votre mari était déjà membre de la Main Noire… qu'avez-vous pensé, à ce moment-là ? »


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Kathleen M. Goustov
Membre de l'Ursa Major
Né(e) il y a : trente ans
, à : New-York
, mes proches me surnomment : Kath
et pensent que je ressemble à : Jessica De Gouw.
Actuellement je suis : mariée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : en soins magiques à Ilvermorny
, aujourd'hui je travaille en tant : médicomage à Patriarkh.
Sans le cacher je soutiens : Main Noire, officiellement, Ursa Major officieusement.
J'ai rédigé : 30
parchemins, et récolté : 106
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : ky-crea.
Dans la vie, je suis aussi : Alexandra I. Ivanova, Maria G. Raspoutina.
Ma baguette est faite en : en bois de sycomore, son cœur est fait d'une dent de vampire.
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30/5/2017, 14:08

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La médicomage écoutait le flot de contestations qui bouillonnait autour d'elle, elle restait calme malgré toute la crainte qui s'était emparée de son esprit. A les entendre, tout le monde ordonnait l'élimination pure et simple de cet individu un peu trop curieux. Ils avaient tous peur de voir débarquer tous les soldats bien dressés de la Main Noire. Ils avaient raison, cette même crainte avait traversé son esprit. Kathleen prenait sur elle, enfonçant ses ongles parfaitement manucurés dans ses cuisses, les lèvres pincées. C'était totalement légitime de vouloir la mort de l'ennemi, elle ne leur en voulait pas. Cependant elle ne se voyait pas encore veuve à trente ans, avec un enfant d'à peine deux ans. Non, impossible, il fallait éviter le drame coûte-que-coûte. Pavel s'était détourné du groupe, fixant intensément la rue à travers une vitre. L'américaine l'observait, durant un court instant elle s'était imaginé qu'il allait condamner cet homme qu'il avait déjà croisé, il y a quelques années à New York en compagnie de Kathleen. C'était il y a longtemps, s'en souvenait-il encore ? Aurait-il pitié d'elle en trouvant une autre alternative au simple meurtre qui, selon elle, n'arrangerait pas leur situation ? Son voisin ne cessait de lui balancer des mots durs à la figure, lui faisant presque regretter de s'être marié à l'ennemi. Que pouvait-elle lui répondre ? Ce n'était pas le genre de femme à chercher le conflit, ni à insulter. Elle resta pantoise face à cet acharnement, sans rien répondre, affichant une mine déconfite au fil du temps et des insultes qui pleuvaient sur elle. Fort heureusement, le chef incontesté reprit la parole, clouant le bec à tous ses détracteurs. L'américaine étouffa un soupire de soulagement lorsqu'il annonça que le sorcier serait épargné. La tension redescendit rapidement, ses doigts se desserrèrent, laissant la peau meurtrie de ses cuisses en paix. Ce soir, nul doute qu'elle verrait des hématomes à l'endroit où ses ongles s'étaient enfoncés. Peu lui importait désormais, son mari était épargné, et personne ne pouvait contredire les mots de Pavel. Intérieurement, elle le remerciait. Avait-il fait le bon choix ? Nul ne pouvait le savoir.

Les membres de l'Ursa Major avait repris leur réunion comme si aucun événement n'était venue la perturber. L'élection d'un nouveau chef pour le groupe de Kathleen fut au centre de la discussion. Évidemment, beaucoup de gens se proposaient, Irina y comprit. Kathleen n'avait pas prononcé la moindre phrase, elle s'était contentée d'observer les candidats et de les écouter prouver leur valeur face aux autres membres. C'était long, très long, personne ne semblait se dégager. Au bout d'un moment, l'ex-auror stoppa la séance et ordonna à chacun des membres de quitter le lieu après être passé entre les mains des oubliators. Tout le monde se leva, presque en même temps, pour se hâter dans un même endroit. La jeune femme préféra s'éloigner du groupe. Elle avait besoin de s'isoler un instant, pour réfléchir à ce qui s'était passé et tenter de trouver un moyen de se justifier à nouveau face à son mari. Elle traînait dans un couloir, à l'étage, et faisait des allers-retours la tête basse. La scène apparaissait déjà dans son esprit, toute tracée. Gregory serait probablement saoule, après s'être enfilé une bouteille entière de vodka pure, il lèverait la main sur sa femme comme il le faisait à chaque fois qu'elle rentrait trop tard à son goût. Peut-être la violerait-il ? Kathleen s'adossa contre un pan de mur, et appuya ses mains sur ses cuisses. Elle inspirait et expirait dans un rythme beaucoup trop rapide. Consciente de l'accélération de sa respiration ainsi que de ses pulsations, la médicomage tenta de se réguler, d'apaiser ses craintes qui la prenaient déjà aux tripes. Elle redoutait tellement son retour qu'elle aurait préféré découcher ce soir, ça aurait donné une raison valable à son comportement violant. Elle se sentait terriblement honteuse, elle imaginait la douleur que devait ressentir son pauvre mari face à celle qu'il croyait infidèle.  

Un homme vint à sa rencontre, Kathleen se redressa et son dos se décolla du mur. "Je peux vous aider ?" S'enquit-elle, poliment. Le sorcier lui fit un signe de tête, sec et froid, pour lui demander de le suivre. Un sourcil se arqua grossièrement sur son visage pourtant si féminin. Devait-on la traiter de la sorte ? Disciplinée, la brune accepta de le suivre, se laissant guider jusqu'à un salon intimiste, assez sombre, dans lequel se trouvait un autre homme. Pavel. Il se tenait droit, un verre à la main, la silhouette massive et impressionnante à peine éclairée par les lueurs des flammes dans l'âtre de la chaudière. Le messager disparut, laissant les deux sorciers seuls dans cette pièce. La voix rauque mais calme du leader se fit entendre, lui ordonnant de s'installer. Hésitante, Kathleen finit par s'enfoncer dans le fauteuil profond qu'on lui avait indiqué, sa tête recouverte de boucles brunes reposait contre le dossier. Y avait-il encore des gens dans cet immeuble, ou tout le monde avait quitté le navire ? La sorcière ne se sentait pas à l'aise, elle tentait de le cacher en apaisant sa respiration haletante. Une première phrase, une question, posée sans un regard sur sa personne. A quoi jouait-il ?  Kathleen croisa ses jambes. Ses mains se posèrent de part et d'autre sur les accoudoirs en cuir. "Pourquoi je me suis engagée dans la Main Noire ou à l'Ursa Major ?" Demanda-t-elle. Aucune réponse, consciente que ce n'était probablement pas ce à quoi il s'attendait. Sa bouche se tordit en une expression de gêne, elle continua finalement d'une voix légère et douce. "La Main Noire, je m'y suis engagée car mon mari m'y a fortement encouragé. Cela m'a permis de rester avec lui, en Russie. Si je ne l'avais pas fait, j'aurais été contraire de retourner dans mon pays et je n'aurais pas pu accéder à mon poste à l'hôpital Patriarkh. Concernant l'Ursa Major, j'approuvais leur lutte contre l'oppression, je ne supportais plus cet acharnement constante contre les étrangers et contre les moldus. J'en ai beaucoup souffert, et de nombreux proches ont disparu à cause de la Main Noire." Cette réponse n'avait pas pour but de plaire à Pavel, ces mots sortaient tout droit de son cœur, elle était sincère.

Il fallait répondre à la seconde question du chef. Un silence pesant fit pression sur la jeune femme qui prenait une posture réflexive. Qu'avait-elle pensé à ce moment-là ? Peu de chose, au début. Plus le temps passait, les actions se déroulaient, des membres de l'Ursa Major se faisaient tuer par la main même de celui qu'elle avait épousé. Du dégoût, de la honte, de la crainte. Tant d'émotions négatives s'étaient succédées à ce moment-là, des questions aussi. Devait-elle continuer ? Allait-elle se faire trahir par ses propres actions ? Le pire, s'était que la présence de leur fils n'avait pas arrangé les choses. Elle craignait de le perdre, que le lui enlève, par représailles. Elle ne pouvait pas fuir. C'était la mort, ou la victoire. La sorcière sortit de son silence après avoir redressé son regard céruléen sur l'homme dont elle ne voyait que le dos. "Je me suis dit que je devais tout faire pour ne pas me faire démasquer." Conclut-elle, simplement, comme pour clore le débat qui lui avait été imposé. Kathleen se réinstalla dans le fauteuil. Elle n'appréciait pas l'intimité de ce lieu, c'était dérangeant. Elle n'avait que rarement parlé en privé à Pavel, se retrouver ici en sa présence ne l'aidait en rien à se détendre. "Et vous, que vous êtes-vous dit, Monsieur Vetrov, en voyant un ancien collègue -peut-être un ami- rejoindre les rangs de l'ennemi ?" Demanda-t-elle, presque insolente, même si son regard doux et innocent ne trahissait en rien la simplicité de son interrogation.

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7/6/2017, 19:55
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Sentait-il qu'il la mettait mal à l'aise ? Oui sans doute, à force, il repérait la façon dont ses interlocuteurs réagissaient, et pourtant il ne faisait absolument rien pour améliorer la situation, n'en ayant foutrement rien à faire. Il était qui il était, comme il était, et à moins de gagner gros à jouer un jeu différent, il ne le faisait pas… Pourquoi devrait-il être différent pour leur convenir ? Il n'était pas là pour être leur ami, juste leur supérieur, l'homme qui remettait le train sur ses rails lorsqu'il le fallait. Un homme qui, au fond, pouvait servir d'appui, quoi qu'ils pensent de sa façon d'être, parce qu'il était toujours là même s'ils ne le savaient pas, même s'ils ne le voyait pas. C'était encore le cas pour cette fois, tandis que le prince déchu observait la femme qu'il avait fait convoquer, ayant posé ses questions et restant aussi muet et impassible qu'une tombe en attendant la réponse qu'elle lui donnerait. Rien ne filtrait de son visage aux traits durs, marqués par une vie farouche faite de conflits et de souffrances profondes, ses yeux aux teintes sourdes et délavées ne cillaient pas tandis qu'il la contemplait, bras croisés, le verre en équilibre. Et il ne montra rien de plus lorsqu'enfin elle consentit à s'exprimer, se contentant de changer d'appui afin de ne pas s'engourdir, un geste simple et dépourvu de passion ou de jugement, comme si ses réponses ne lui importaient pas, ou qu'elles n'avaient aucun impact sur lui. C'était vrai… et faux tout à la fois, c'était un mélange particulier, car il accordait sincèrement de l'intérêt à ce qu'elle lui énonçait, plus qu'il n'en trouvait auprès de bien des femmes. C'était important qu'il sache ce qui se passait exactement dans sa petite tête car si d'un point de vu personnel ; il ne la jugeait pas, d'un point de vue pratique, il était obligé de considérer les implications de ses pensées.

Des implications compliquées, s'il en était. Elle poursuivait, et cette fois il hocha la tête, pour faire montre de son attention, pour sanctionner l'explication. Rationnelle, cette fois, il ne pouvait le nier et ne le cherchait même pas. C'était déjà ça de prit, voilà ce qu'il se disait en examinant son visage, se demandant pensivement si elle était si certaine de s'en tirer à si bon compte avec lui… « Pas grand chose » répondit-il à son tour, avec la plus parfaite franchise. « Votre mari n'a jamais été de mes amis, et même s'il l'avait été la seule différence serait peut-être que je lui donnerai l'occasion de mourir de ma main plutôt que de celle d'un autre » Factuel, défait de toute passion, comme s'il commentait simplement un fait économique ou la météo de la semaine, comme si ce n'était pas d'une vie humaine dont il était en train de parler. L'était-il encore, humain, à ses yeux, cet homme engagé chez l'ennemi ? Oh, oui… ça ne jouait pas. Il n'avait pas besoin de déshumaniser les autres pour se sentir moins coupable. Décroisant les bras, il vint vider son verre et le reposer près de la carafe dont le spiritueux avait été versé. Il n'était pas là pour lui faire plaisir, et il était certain qu'entendre son point de vue sur la question ne lui apporterait aucune forme de réconfort, tout le contraire. Tant pis pour elle, elle l'avait cherché, elle l'avait interrogé, maintenant elle assumait les conséquences, savoir ce qui adviendrait si tous deux se croisaient. « Des nouveaux partisans de la Main Noire, il y en a tous les jours. Je ne me torture par à leur sujet, s'ils résistent je les élimine, s'ils se rendent je les fait prisonnier et ils seront jugés ensuite par un tribunal compétent...Mais il est vrai que je n'ai aucun lien sentimental avec eux. Il n'est pas difficile, dans ces cas-là, de se défaire de sa subjectivité pour prendre du recul… la difficulté, c'est quant on est lié à eux... »

Il rendit la salle au silence pendant un moment, continuant de l'observer, ne cachant pas qu'il la visait de ses propos et d'ailleurs pourquoi le faire alors qu'il essayait de sonder sa psyché. Et puis, il ne craignait nullement ses réactions, au contraire, il les attendait. « Je suis curieux Goustov… à aucun moment vous n'avez songé que la situation que vous acceptiez de supporter ne pourrait qu'amener la mort de l'un d'entre vous ? Lorsque vous vous êtes engagée dans la Main Noire, vous n'avez pas songé à ce que votre adhésion à ce mouvement reflétait ? Ou tout au contraire, les risques si vous étiez découverte membre de la rébellion ? » Le prince soupira légèrement, en s'interrompant et se passa un doigt sur le côté de la nuque, en un mouvement instinctif, une gestuelle simple trahissant légèrement sa façon d'aborder la situation présente. Volontairement, il cherchait à la faire parler plutôt que de lui rentrer dedans immédiatement, en lui flanquant en plein visage la conclusion à laquelle il était déjà arrivé mais qu'il suspendait, délayant l'inévitable. Après tout, même une femme pouvait vous surprendre, parfois… peut-être était-elle autre chose qu'une opportuniste à la faible volonté tentant de racheter sa conscience sans faire réellement cas des risques qu'elle prenait en voulant le beurre et l'argent du beurre. « Que se passerait-il, mettons, si demain vous vous trouvez prise dans un assaut et que vous deviez combattre votre mari… que ferez-vous, à ce moment précis ? Sur quoi baserez-vous votre décision ? » De nouveau, silence, et cette fois il s'y tint, attendant, refusant de lui faire entrevoir les possibilités auxquelles lui-même pensait, pour ne pas l'influencer dans un sens ou un autre.

Si elle tentait de rester sincère, alors elle n'en aurait pas besoin…

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Actuellement je suis : mariée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : en soins magiques à Ilvermorny
, aujourd'hui je travaille en tant : médicomage à Patriarkh.
Sans le cacher je soutiens : Main Noire, officiellement, Ursa Major officieusement.
J'ai rédigé : 30
parchemins, et récolté : 106
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : ky-crea.
Dans la vie, je suis aussi : Alexandra I. Ivanova, Maria G. Raspoutina.
Ma baguette est faite en : en bois de sycomore, son cœur est fait d'une dent de vampire.
Mon niveau de combat est : 3.


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8/6/2017, 10:53

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pavel vetrov & kathleen goustov
Même si l'entretien avec Pavel n'augurait rien d'apaisant pour la jeune médicomage, elle comprenait pertinemment qu'en tant que chef de l'organisation, il devait se rassurer sur son implication dans les deux groupes qui s'affrontaient. Kathleen était mariée à un ennemi, elle risquait chaque jour de se faire tuer dans son sommeil ou lorsqu'elle allait travailler à Patriarkh. Néanmoins elle pouvait garder cette once d'espoir, cette lumière au fond du couloir sombre qu'elle traversait, celle qui lui disait que le cas de son époux n'était pas perdu. Peut-être était-elle naïve de penser qu'il l'épargnerait s'il la démasquait ? A vrai dire, elle voyait bien au-delà de la simple trahison. Ne l'avait-il pas soutenu toutes ces années alors que ses parents à elle l'avaient abandonné parce qu'elle était différente ? Aux yeux de nombreuses personnes, ce sorcier ne pouvait être considéré que comme un monstre, un mari possessif et jaloux qui faisait ployer son épouse sous sa poigne ferme. Kathleen avait besoin d'un homme à un moment où tout le monde lui tournait de dos. Il avait été là, il l'avait soutenu. Il était l'homme qui lui avait redonné confiance en elle, qui lui avait dit pour la première fois de sa vie qu'il allait se battre pour elle. L'américaine avait alors reposé toute sa vie misérable sur les épaules de celui qui allait devenir son mari. Elle l'aimait, profondément, malgré toute la souffrance et l'humiliation quotidienne dont elle était victime. Elle voulait le sauver, lui aussi, du brouillard sombre dans lequel il s'était empêtré, rongé par la colère de la voir ainsi s'éloigner de lui.

D'un autre côté, Kathleen ne pouvait cacher cette ambivalence qui guidait ses choix. Main Noire, Ursa Major ? Ce n'était pas par simple désire de rédemption qu'elle avait intégré le second, mais réellement pour sauver ces nombreux sorciers victimes des assauts du groupe de Raspoutine. Elle aurait pu rester sagement à la Main Noir, attendre que son heure vienne, comme une simple épouse soumise. Non, impossible. Même si elle ne le montrait jamais, la colère grondait au fond de son cœur. L'américaine gardait bien cachée cette personnalité qu'on ne lui connaissait pas, préférant se murer derrière sa naïveté et sa faiblesse qu'on aurait pu lui attribuer. Kathleen était une femme silencieuse, discrète, qui ne désirait pas attirer l'attention. Elle ne s'énervait jamais, n'insultait pas. Sa condition de femme lui imposait un respect face au sexe fort, face à Pavel qui se tenait face à elle. Elle était restée installée au fond de ce fauteuil, sentant son pouls s'accélérer dans sa poitrine, en tentant de masquer ses émotions. Elle comprenait son point de vue, même si elle ne le partageait pas. Sans se crisper à l'évocation de la réaction qu'il aurait eu contre Gregory, la belle se repositionna sur son assise, serrant ses mains l'une contre l'autre dans les pans de sa robe.

Son visage tendre n'évoquait pourtant pas la moindre passion à l'encontre de l'homme qui parlait franchement, sans la moindre réserve. Il avait marqué d'un silence la fin de sa phrase, pointant presque physiquement du doigt son interlocutrice dans ses propos. Il l'observait, de ses prunelles fauves déstabilisatrices. Ne pouvant plus rester assise dans son fauteuil, elle finit par se lever et faire quelques pas dans la pièce. "Je ne suis pas ... ignorante monsieur Vetrov, sur les risques encourus de part ma situation quelque peu ... particulière". Dit-elle en croisant les bras contre sa poitrine, en s'arrêtant devant le feu qui brûlait dans la chaudière. Son regard azure semblait perdu dans le crépitement des flammes, son visage juvénile était éclairé d'une douce lueur orangée. "Nous risquons de toute façon tous notre vie, peu importe notre statut ou notre appartenance. Main Noire, Ursa Major. Je suis une femme, j'aurais pu tout aussi bien mourir en mettant au monde mon fils. Pourtant je suis en vie, et je vous parle. Alors que je sois tuée par mon époux ou l'inverse, cela m'a effectivement traversé l'esprit ... Mais je ne vais pas me terrer dans un coin de la ville parce que j'ai peur de la mort". Elle s'était retournée vers lui lorsqu'elle avait engagé la fin de son discours.

Kathleen plaça ses mains derrière son dos, serrant son poignet droit dans sa main gauche, sans détourner son regard de celui de son supérieur. La mine sérieuse, son sourire délicat avait quitté ses lèvres. Sa poitrine se soulevait à peine au rythme de sa respiration. Elle se tenait d'une manière étonnement droite, pour une femme au naturel timide et réservé. On aurait presque l'impression qu'elle utilisait toute la force disponible pour ne pas fondre face à la masse imposante qu'était Pavel. "Si ne devions nous combattre lors d'un quelconque assaut, je peux vous assurer que mon choix serait déjà fait", murmura-t-elle à voix basse. "Demain, ou dans des années, je soutiendrais toujours la cause que je pense la plus juste. Ce soir mon époux ne méritait pas qu'on le tue juste pour avoir cherché à me localiser. Comme vous l'avez si justement précisé, cela aurait pointé du doigt notre localisation et nous avons moins risqué en le laissant en vie". La jeune américaine se rapprocha du leader, levant la tête pour bien plonger son regard dans le sien. "Mais je peux vous assurer que si on tue mon époux, de sang-froid, juste pour éliminer un membre de plus de la Main Noire ..." Elle marqua volontairement un silence, pour reprendre en décrochant syllabe comme pour bien se faire comprendre de son interlocuteur. "Je ne laisserai pas cet acte impuni, soyez-en certain monsieur Vetrov".

Kathleen retourna s'asseoir dans le fauteuil, sous le regard du sorcier, reprenant son ancienne position. Elle croisa ses mains sur ses genoux en attendant la réaction de Pavel. Qu'il soit rassuré ou par par son discours, la belle ne pouvait le prédire. Elle ne pouvait pas lui laisser ignorer son attachement à son époux tout comme elle ne pouvait pas lui mentir sur ce qu'elle pouvait faire pour l'Ursa Major. Peut-être préférait-elle avoir à le tuer de ses propres mains ? Dans le cas où la situation se présenterait, il était certain qu'elle aurait du mal à accomplir la tâche. Elle le ferait, même en se sachant damnée pour les années à venir, prête à revoir le fantôme de son époux dans ses rêves, se laisser hanter par le souvenir violant d'une mort cruelle. A un moment où un autre, Kathleen souffrirait à nouveau, elle s'y était préparée. S'était soit lui, soit elle, comme l'avait si justement souligné Vetrov. Elle espérait avoir assez de soutien de la part de ses proches pour surmonter cet instant difficile, pour éviter de plonger à nouveau dans les ténèbres de la dépression.

mars 1930
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something strange
Survivre, combattre, espérer.
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