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Mars 1930 - Une aide bienvenue feat. Caelan O'Reilly

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Kathleen M. Goustov
Membre de l'Ursa Major
Né(e) il y a : trente ans
, à : New-York
, mes proches me surnomment : Kath
et pensent que je ressemble à : Jessica De Gouw.
Actuellement je suis : mariée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : en soins magiques à Ilvermorny
, aujourd'hui je travaille en tant : médicomage à Patriarkh.
Sans le cacher je soutiens : Main Noire, officiellement, Ursa Major officieusement.
J'ai rédigé : 30
parchemins, et récolté : 106
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : ky-crea.
Dans la vie, je suis aussi : Alexandra I. Ivanova, Maria G. Raspoutina.
Ma baguette est faite en : en bois de sycomore, son cœur est fait d'une dent de vampire.
Mon niveau de combat est : 3.


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11/5/2017, 15:09

UNE AIDE BIENVENUE
caelan o'reilly & kathleen goustov
Le soleil brillait sur la belle Saint-Pétersbourg, gonflant cette ville dynamique en ce début d'après-midi d'un intense chaleur. La neige commençait progressivement à fondre, les toits des habitations se dénudaient de leur poudreuse, laissant une étrange sensation d'humidité sous les pieds de ses habitants. Il faisait beau, l'hiver allait disparaître pour laisser place, à la fin du mois, au printemps.

Iris bleutées, sourcils froncés, l'ambiance était tendue dans ce petit bureau de l'hôpital Patriarkh. La médicomage avait ouvert tous ses livres professionnels, son regard intense parcourait ces pages à la recherche d'informations vitales. Ce matin, un patient présentant d'étranges symptômes s'était présenté à son service. Jeune sorcier d'une vingtaine d'année, en hyperthermie fulgurante, le corps recouvert d'épaisses plaques grises, et qui présentait des douleurs diffuses dans tout le corps. Dès les premières observations, la jeune femme était restée perplexe quant à sa capacité de résoudre un tel cas, c'était la première fois qu'elle voyait ça dans ses quatre années d'expériences. Toute sa peau semblait dégager une affreuse odeur de pourri, comme si un mal le rongeait de l'intérieur. Inconscient, le patient gisait dans son lit d'hôpital entouré du reste de l'équipe médicale. Un soupire désespéré, Kathleen referma son dernier manuscrit de médecine magique, le repoussant violemment jusqu'à ce qu'il tombe de son bureau. La chute interpella une infirmière qui passait par là, l'air pantoise face à l'attitude de cette femme si respectée par ses collègues. "Pouvez-vous me rapporter un hibou, s'il vous plaît ?" Réussi-t-elle à prononcer, la gorge serrée par la frustration qui l'avait envahie. La femme acquiesça et tourna les talons, tandis que l'américaine saisit une plume et un parchemin, grattant frénétiquement quelques mots à l'encontre d'une vieille connaissance aux talents réputés dans cet hôpital. La créature plumée ne mit pas longtemps à arriver. La sorcière lui glissa la lettre dans son bec, alla ouvrir une fenêtre pour laisser l'oiseau rejoindre son destinataire le plus rapidement possible. Kathleen l'observa dans son envol, espérant sincèrement que cet ami accepte de répondre à sa demande.

L'irlandais et l'américaine s'étaient rencontrés à Patriarkh, lors des interventions du professionnel de la botanique entre ses murs. Ils avaient sympathisé, bu de ce café immonde qui était servi à la cafétéria, échangé sur leurs vies respectifs. Le couple Goustov fut même invité chez les O'Reilly. Ils étaient proches, leur amitié était une forme de soutien pour l'américaine qui avait très mal vécu ce rejet de l'étranger de la part de la population russe. Hélas depuis le décès de sa femme, les deux sorciers ne s'étaient revus qu'à de rares occasions, elle n'avait plus osé faire appel à son flair légendaire. Mais aujourd'hui, Kathleen n'avait pas le choix.

La médicomage faisait les cent pas dans le couloirs, sous le regard intrigué de son collègue assis sur un banc. "Goustov, tu me donnes le tournis, tu veux bien arrêter ?" La sorcière se stoppa, traînant les pieds jusqu'au mur contre lequel elle s'adossa. Les mains dans les larges poches de sa tunique. La robe de travail de la médicomage était légère, très ample, d'une teinte prune, elle descendait jusqu'à ses chevilles délicates. Son épaisse tignasse brune était retenue par une simple pince à cheveux, ce qui lui dégageait sa nuque lorsqu'elle travaillait. Elle croisait ses bras contre sa poitrine, le regard perdu dans le vide. "Des nouvelles du botaniste ?". Kathleen ne lui répondit pas tout de suite, n'entendant pas l'agacement de son collègue à côté d'elle qui finit par lâcher l'affaire et attendre dans le hall le précieux tant attendu. La médicomage finit par expirer profondément, son dos se décolla du mur, et elle alla rejoindre son patient dans sa chambre. Le bruit de ses talons claquaient sur le sol en marbre, ses bras ballants se basculaient au rythme de ses foulées. Concentrée, déterminée, l'américaine ne remarqua même pas son mari qui passait à côté d'elle. "Kath ?" Elle s'arrêta brusquement, consciente que quelqu'un venait de l'appeler par son surnom. Lorsque ses prunelles se posèrent sur la silhouette de son époux, elle mit quelques instants avant de comprendre l'affront qu'elle lui avait fait subir. "Greg ? Qu'est-ce que tu fais ici ?" La jeune épouse savait que son époux la suivait régulièrement, surtout ces derniers temps, mais elle ne s'attendait pas à le voir rappliquer aujourd'hui. "Je ... Là n'est pas la question" Répondit-il brusquement, sur un ton qu'elle ne lui connaissait pas. Gregory Goustov était un homme tendre avec sa femme, en général, ce qui ne ressemblait en rien à son attitude de tortionnaire brutal et sans pitié à la Main Noire. "Depuis quand une femme ignore-t-elle son mari, alors qu'elle passe juste à côté de lui ?" Le sorcier semblait vexé au plus haut point par l'attitude de son épouse qui lui faisait face, l'air dépité.

Une voix féminine et lointaine l'interrompis brusquement alors que sa bouche s'était entrouverte pour lui répondre. "Médicomage Goustov ?". Kathleen se retourna. Elle afficha un sourire en remerciement à l'intervention de sa collègue. Sentant son époux tendu, la jeune épouse lui offrit un baiser dans le coin de ses lèvres puis le quitta pour rejoindre l'infirmière. Il frôla du bout des doigts sa robe couleur prune, comme s'il avait voulu la retenir, une lueur de colère au fond de ses yeux. Gregory regarda sa femme disparaitre au détour d'un couloir, sa main serrée fermement sur sa baguette, cachée par sous cape noire.

Les deux femmes rejoignirent la chambre du malade, Kathleen porta une main au front de son malade toujours inconscient. La pointe de sa baguette s'illumina tandis qu'elle la fit longer la surface son corps. "Est-il arrivé ?" Dit-elle d'une voix faible, inquiète quant au devenir de son patient.

mars 1930
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26/5/2017, 16:53
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Une chouette avec une lettre dans le bec. L'ombre d'une hésitation quant au fait d'aider ou non l'auteur de cet appel à l'aide, la braise d'une cigarette écrasée dans la coquille d'une Saint-Jaque qui servait, pour l'heure, de cendrier. Le poids de l'affection porté à celle qui jadis était une amie, pesa suffisamment lourd dans la balance de son dilemme pour surpasser la désillusion portée à toute l'espèce humaine. Seul dans son bureau, entouré des uniques êtres dont il se souciait encore : les plantes de la serre, Caelan O'Reilly s'alluma une autre clope et prit le temps de relire la missive. Au fur et à mesure que ses yeux bleus dévoraient les lignes aux courbes féminines, ses sourcils se fronçaient d'abords de consternation puis, enfin, de contrariété. Un claquement de langue plus tard et l'homme se levait pour gagner l'entrée de la serre, abaissant les manches pliées pour en boutonner les manchettes et passer le gilet, la veste puis enfin le long manteau de laine beige.

La porte s'ouvrit, laissant entrer un air aussi vif que glacé à l'intérieur. Quelques plantes se rétractèrent dans leur pot, d'autres tremblèrent de mécontentement. Sans attendre, l'irlandais referma derrière lui et termina de s'apprêter sur le seuil, sous un soleil timide et pâle. L'écharpe passée à son col, ce dernier relevé pour l'abriter du vent, il s'éloigna en de longues enjambées nerveuses, silhouette massée sur elle-même pour lutter contre les bourrasques brumeuses portées depuis la Neva houleuse. Il ne lui fallu guère plus d'une heure pour quitter Koldovstoretz, remonter la berge, les rues moldues et ce, jusqu'à atteindre l'immense hôpital. Ses yeux pâles survolèrent l'architecture imposante, familière, avant que l'homme ne se dépêche d'en monter les marches pour gagner son intérieur tempéré. Un moment figé dans le hall d'accueil, il passa une main dans ses cheveux pour en discipliner les mèches blondes puis se gratta la barbe sur l'angle de sa mâchoire alors qu'il contemplait les patients, visiteurs et infirmières qui peuplaient cette première salle.

Il n'eut même pas à annoncer son identité que déjà il était reconnu et chaleureusement accueillit. Ici et là, il y avait des visages familiers, des amis, des collègues de travail ou d'études. Il les salua, bien entendu, mais n'osa pas s'attarder en leur compagnie. Il s'avait qu'après les mondanités d'usages, tous allaient le regarder avec une certaine pitié : le veuf étranger, le père sans enfants. Mâchoire crispée, il retira son manteau et son écharpe, glissa ses gants dans un pli de sa veste et marcha en direction de l'aile dédiée aux soins critiques. Il n'eut qu'à demander son chemin deux fois et finit par arriver au seuil de la porte du patient à la maladie inconnue. Lorsqu'il entra, Caelan resta dans l'embrasure qu'il remplissait sans peine de sa stature massive, sculptée par le labeur d'un travail physique, le sport et la constitution naturelle aux irlandais.

« - Kathleen. »

Dit-il comme seule salutation. Le visage grave, il fixait non pas son amie, mais le malade et ignora royalement la pauvre infirmière. Il posa ses affaires sur le dossier d'un des fauteuil de la chambre et vint s'approcher du lit afin de récupérer le dossier suspendu à la plaquette aux pieds du sommier en fer blanc. Il souleva les pages épinglées, survola les diagnostiques puis fronça les sourcils alors qu'il soufflait d'une voix grave et rauque :

« - Que peux-tu me dire de ce cas ? »

Il avait bien des informations, mais elles étaient factuelles, objectives et « froides ». Il souhaitait l'avis personnelle de la jeune femme. Ses yeux pâles faisaient le lien entre le patient, la medicomage et le document, une ébauche d'idée lui venant déjà à l'esprit. Cependant, il ne possédait pas encore assez d'informations pour s'y intéresser encore. Il l'écouta donc avec une grande attention, la mirant sans ciller tout le long de son témoignage et hocha encore la tête lorsqu'elle eut terminée. Il vint ensuite à remonter ses manches et s'approcha de l'homme pour tirer les draps jusqu'à ses hanches. Il se pencha au dessus de lui et sortit un stylo pour presser les zones grises qui paraissaient à la surface rigides comme de la pierre, mais en dessous avaient cette mollesse de tissus spongieux. L'odeur était celle de la nécrose, elle exsudait du corps tout entier.

« - Infirmière, votre stéthoscope, je vous pris. »

Il attrapa l'outil afin d'entendre les battements de son cœur, sa respiration puis vint lui saisir un bras et commença à le plier et le déplier. Le stéthoscope fut placer au niveau du coude, comme si l'irlandais cherchait à entendre l'articulation pendant son exercice. Lorsqu'il eut terminé, il se releva et vint lisser les poils de sa barbe en un geste pensif.

« - Je lis dans son dossier médicale qu'il est employé dans un restaurant, cependant il n'a pas indiqué lequel... Orphelin de surcroît, il ne semble pas avoir de contacts personnels pour répondre à nos questions. »

Il rendit l'outil à l'infirmière et récupéra encore le dossier pour le relire plus en détail.

« - J'ai une idée... plusieurs, en réalité, sur ce mal qui l'habite. Pourtant il me manque encore des détails. Depuis combien de temps est-il ici ? Combien de temps souffre-t-il de ces plaques ou même des courbatures ? Il me faut des données précises ou au pire à quelques heures près. »
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Kathleen M. Goustov
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26/5/2017, 17:53

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caelan o'reilly & kathleen goustov
Un ours sembla pénétrer dans la chambre du patient. Kathleen vit son ancien ami travers la pièce et s'attarder directement auprès du patient, la saluant vaguement au passage. "Caelan", lui répondit-elle, la mine basse. Sa venue la rassura légèrement, elle sentit un poids se libérer de ses épaules. L'avis du professionnel de la botanique comptait beaucoup à ses yeux, il avait les années d'expériences qu'elle ne possédait pas encore, son flair lui avait été utile sur de nombreux cas. Elle espérait pouvoir encore aujourd'hui profiter de ses talents pour sauver ce pauvre patient, entre la vie et la mort. La sorcière dégagea une boucle de son front pour la placer derrière son oreille. Une inspiration lui suffit à retrouver son calme, elle éloigna sa baguette du patient, arrêtant par la même occasion le sortilège qu'elle était en train de lancer. Elle l'observa prendre le dossier médical et le laissa prendre connaissances des informations qui avaient été tracées par l'équipe soignante. "C'est un patient d'une vingtaine d'année, arrivé ici dans un état semi-comateux, il présentait une hyperthermie peu commune, des douleurs diffuses et des plaques grisâtres sur tout le corps. Une odeur semble suinter de sa peau, comme une nécrose générale de ses organes internes. Mon premier diagnostic fut celui d'une maladie contagieuse, une espèce de Dragoncelle peu commune. Cependant cette odeur me laisse perplexe quant à la possibilité d'une simple maladie". Commença-t-elle à annoncer, la brune s'adossa contre le mur, les bras croisés, ses iris céruléennes ne quittaient pas des yeux le patient. "J'ai encore émit l'hypothèse d'un empoisonnement, ce qui provoquerait forcément des dégâts internes de cette envergure et ces plaques en réaction au poison. Maintenant je n'ai pas la moindre idée de ce qui pourrait provoquer ce genre de dégâts. L'arsenic ? La Batrachotoxine ? Je dois avouer que je suis un peu perdue". Kathleen passa sa main dans sa nuque pour détendre ses trapèzes.

Son discours explicatif terminé, la médicomage laissa son consultant examiner le malade à sa façon. Elle le mirait, silencieuse, attentive. Son regard examinait chaque parcelle du patient. Il n'avait pas changé depuis la dernière fois qu'ils s'étaient rencontrés, il était resté le même. Kathleen retint un sourire amical, qui n'était pas de mise dans une telle situation, il fallait rester sobre. Il continua à parler, elle l'écoutait comme s'il était son professeur de médecine magique. Sa voix raisonnait dans sa tête, elle en devenait presque hypnotique. Kathleen détacha son regard de la silhouette imposante de l'irlandais pour se concentrer sur son patient. Il désirait un complément d'information, elle allait tacher de lui répondre avec précision. "Il est arrivé ce matin. Ses plaques sont apparues ...", elle se tourna vers l'infirmière dans la pièce, qui n'avait pas prononcé un mot depuis l'arrivé de Caelan. "Il y a trois jours", affirma-t-elle, une pile de dossiers sous le bras. "Merci Anna", glissa-t-elle, reportant son regard sur le botaniste. "Ses courbatures sont apparues la veille, fulgurantes. Il est tombé dans le coma en début d'après-midi, et vous êtes arrivé".

Kathleen décolla son dos du mur pour se rapprocher de Caelan, elle contourna le lit et lui ouvrit le dossier entre ses mains. Ses doigts effleurèrent les siens pendant une fraction de seconde, quand la page des traitements administrés s'afficha enfin. La brune n'accorda pas d'attention particulière à cette proximité, elle se contenta de lister ce qu'elle avait réalisé depuis son arrivée. "Aucun sortilège ne semble efficace, cela a juste permis d'atténuer ses souffrances. Les plantes disponibles dans notre établissement, aucune n'a concrètement agit. Mon collègue qui a des connaissances en médecine moldu est venu lui-aussi, sans succès". Elle soupira profondément pour enfin se détacher de l'irlandais, faisant les cent pas dans la chambre, la regard perdu dans une intense réflexion. Kathleen finit par s'arrêter, consciente que le mouvement qu'elle faisait et le bruit de ses pas pouvaient gêner ses collègues. Elle retourna se caler contre un mur, ses mains posées sur ses cuisses. "A la vue de l'avancement des signes, de cette odeur de nécrose qui s'échappe de son corps, je ne lui donne pas plus d'une demie journée. Pensez-vous qu'il va s'en sortir ?" Demanda-t-elle, inquiète quant au devenir de son patient.

Kathleen avait vouvoyé Caelan, comme au début de leur relation. Elle éprouvait envers lui une forme de respect immense, surtout quand on connaissait un peu son parcourt et ses capacités. Aujourd'hui elle préférait ne plus le tutoyer, surtout dans de pareilles situations, créant une barrière symbolique, pour distancer l'ancien ami du professionnel compétant. Elle espérait que cela ne le gênerait pas, l'américaine n'était pas le genre de femme à chercher les ennuis. Elle aurait plus tendance à s'écraser pour limiter le risque de conflit, baisser la tête en signe de respect. Kathleen était une femme respectueuse, cela se ressentait dans la façon dont elle s'adressait aux gens, en général. Ses infirmières, par exemple, étaient ses petits bijoux. Elles lui apportaient leur sagesse et leur savoir-faire, elle leur rendait grâce en prenant en compte leurs remarques souvent pertinentes, en s'adressant à elles avec estime. Elle était comme ça, Kathleen, un merveilleux petit bout de femme.



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1/6/2017, 14:24
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Les informations s'accumulaient dans son esprit, remplissant un tableau mémoriel lui permettant de recouper, puis de rejeter une liste croissante de maladies, d'empoisonnements et même de parasites selon leurs symptômes. Attentif, l'irlandais faisait le pont entre le malade et le dossier qu'il tenait, mâchoire serrée qu'il faisait bouger de droite et de gauche, pensif. La voix de Kathleen était agréable à l'oreille, de même que le léger parfum qui auréolait sa frêle silhouette lui rappelait les week-end d'été passés à la campagne avec sa défunte épouse. Deux facteurs qui lui permirent non pas de se distraire, mais bien de se focaliser et il pu continuer de faire appel à sa mémoire pour trier les données, classant, répertoriant et comparant avec ce qu'il avait pu apprendre ou découvrir tout au long de sa vie. Sourcils froncés au point de créer cette barre soucieuse au milieu de son front, l'irlandais ne cachait pas l'inquiétude qui sourdait autant dans ses yeux bleus que dans sa posture alors qu'il rangeait le dossier aux pieds du lit. Mains dans les poches, si le geste pu paraître nonchalant au premier regard, la crispation de ses épaules trahissait sans mal son état de nerf... si ses doigts fermés en poings tremblant ne suffisaient déjà pas.

Un souffle mêlé d'un grognement vint à fournir la seule réponse que pu espérer la jeune médicomage pour l'heure. Caelan se détourna du malade pour approcher de la fenêtre qu'il ouvrit autant pour faire entrer un peu d'air frais dans cette pièce qui puait la décomposition, que pour s'allumer une cigarette sans risquer d'enfumer les deux demoiselles. Il en proposa d'ailleurs une à l'infirmière, par politesse, avant de ranger le paquet dans l'une de ses poches. S'adossant au rebord, il croisa les jambes et se carra contre le cadre de bois alors qu'il allumait la clope avec une allumette. Ses yeux pâles détaillèrent encore la silhouette du patient, plissés d'un mécontentement et d'un doute croissants. Un mauvais pressentiment lui titillait l'arrière du crâne sans qu'il parvienne à mettre le doigt dessus. Encore silencieux quelques minutes, le temps de savourer son tabac et de réfléchir encore un peu, il finit par reprendre la parole d'un ton bas et pesant :

« - Il n'y a aucun moyen de le sauver dans son état... même en découvrant ce qui le ronge, l'avancée de la nécrose est trop importante. Son coma témoigne suffisamment de la dégradation de ses organes vitaux. »

Il fixa Kathleen avec une certaine tendresse paternelle, sachant que la jeune femme l'avait deviné depuis longtemps. Peut-être s'était elle aveuglée par candeur, refusant de perdre un patient même dans un cas aussi désespéré que le sien. Peut-être avait elle cru naïvement que le manque d'information sur la maladie pourrait créer un miracle de dernière minute. Dans tous les cas, Caelan ne s'habillait pas de délicatesse pour annoncer la vérité : il savait que son amie était trop intelligente pour avaler plus longtemps de faux espoirs, d'autant qu'ils n'en avaient pas vraiment le temps. L'irlandais baissa les yeux sur la cigarette pour observer la braise consumer le papier en petites vagues concentriques affamées. Un soupir plus tard et il demanda poliment à l'infirmière de les laisser seul, le ton n'admettant aucun refus bien que la formulation ait pu le laisser croire. Il attendit d'être seul avec la médicomage, se bornant au silence tant qu'Anna n'aurait pas quitté la pièce. Une fois la porte de la chambre close, Caelan passa une main lasse sur son visage puis dans ses cheveux qu'il essaya de recoiffer distraitement.

« - Crois-moi... si cet homme est bel et bien atteint du mal auquel je pense, sa mort doit être le cadet de tes soucis. »

Bourru, il lui lança un regard aiguë avant de jeter le mégot par la fenêtre qu'il referma ensuite. Il s'approcha du lit et vint croiser les bras alors qu'il se murait encore dans un long silence. Il observa les plaques grises tout le long de son mutisme, puis lâcha abruptement :

« - Tu connais le drame de Pompéi? »

Sans réellement attendre, cependant, il continua sans lâcher le malade des yeux.

« - Pompéi était une ville de l'Empire Romain qui fut détruite, d'après l'histoire moldue, en même temps que trois autres citées lors de l'éruption du Vésuve en l'an 79. Pendant plusieurs siècles, elle fut dissimulée de tous sous plusieurs mètres de sédiments volcaniques. Le plus mémorable sur ce site, c'est le moulage des habitants : des corps pétrifiés ayant survécus à presque deux milles ans. »

Il fit une pause et vint se pencher au dessus du lit pour scruter de plus près l'une des plaques et remonta vers le visage du jeune homme pour soulever une paupière et regarder l’œil roulé dans l'orbite, légèrement recouvert d'une formation laiteuse grise. Caelan fronça un peu le nez avant de se redresser et d'essuyer ses doigts dans un mouchoir qu'il sortit de l'intérieur de son gilet.

« - Les moldus se creusent encore le crâne pour savoir ce qui a bien pu se passer à Pompéi ou Herculanum, comment des cadavres ont pu ainsi résister au temps et surtout pourquoi les habitants n'ont pas fuis plus tôt les villes s'il s'agissait bel et bien d'une éruption volcanique. Il soupira et la regarda avec gravité. Simplement parce qu'il ne s'agissait pas d'une éruption volcanique, Kathleen. Pompéi et d'autres villes de la Baie de Naples furent rasées de la carte à cause d'une épidémie magique. »

La nouvelle tomba avec lourdeur et l'irlandais vint à pousser un long soupir alors qu'il survolait une fois encore la silhouette tremblante du patient avant qu'il ne retourne à la fenêtre. Une main posée sur la poignée, il interrompit son geste et se contenta d'observer le parc à l'extérieur. La neige commençait enfin à fondre, les arbres bourgeonnaient timidement et quelques papillons virevoltaient déjà frileusement près des bosquets. Le soleil déclinait sur la ligne d'horizon, encore prit dans son cycle hivernal et de sa chute les ombres s'allongeaient, la luminosité se paraît d'orange et d'ocre dans la chambre aseptisée, blanche et crue.

« - Le terme de maladie n'est pas vraiment approprié dans ce cas. Il s'agit surtout d'un parasite : un champignon, pour être plus exact. Il s'agit d'un spécimen rare, mais extrêmement virulent que l'on ne trouve originairement que dans le bassin méditerranéen. Il supporte mal les climats continentaux alors qu'un grand froid aura tendance à le tuer naturellement ou au moins le plonger dans une catatonie. »

Il s'alluma une deuxième cigarette, ouvrit la fenêtre et s'accouda sur son rebord, s'accroupissant pour soulager un peu la tension qui gagnait son corps.

« - Pompéi fut la seule épidémie de cette ampleur causée par cette saloperie. Les premiers symptômes sont des plaques grises sur le corps, c'est le champignon. Puis l'on remarque des courbatures et des difficultés à marcher alors que le parasite étend progressivement ses racines dans l'organisme, bloquant les articulations dans le processus. Le corps se calcifie progressivement alors que le champignon se meurt et quand il atteint sa maturité ? Le malade semble totalement pétrifié dans de la pierre. C'est à cause de cela qu'on l'aura nommé le « Mal de Médusa »... en hommage à la créature mythologique. »

Caelan regarda la jeune médicomage d'un air imperturbable, mais ses yeux sourdaient d'une inquiétude aussi profonde qu'amère. Il coinça la cigarette entre ses lèvres, la brise froide jouant avec ses cheveux et faisant virevolter la fumée opaque.

« - Il ne faut généralement que trois à quatre jours pour que le champignon atteigne son stage final où il se loge dans les poumons de sa victime. A ce moment, il vient alors relâcher ses spores qui sont extrêmement volatiles. Maintenant imagine une dizaine de malades à une époque où la médecine, même magique, est encore à ses balbutiements. Imagine ensuite une Baie fermée par des montagne et qui fait face aux vents forts de la Méditerranée... »

Il n'était pas compliqué d'aligner ensuite le chemin tragique que les événements avaient pris à Pompéi et les villes avoisinantes. Des milliers de morts, la panique au sein de la communauté sorcière de l'époque qui avait alors tenté de camoufler le drame avec une éruption volcanique et qui, jusqu'à aujourd'hui, avaient plutôt bien réussi leur coup ! L'irlandais soupira et se redressa pour s'étirer un peu face à la fenêtre qui apportait un vent agréable dans la pièce étouffante.

« - Tu vois où je veux en venir ? Il prit une longue bouffée de nicotine. Ton patient présente des symptômes du Mal de Médusa, mais il en a aussi de nouveaux comme l'hyperthermie et la nécrose avancée des organes. De plus, le champignon ne devrait pas pouvoir survivre ici... mais l'on ne peut pas totalement ignorer les risques. Le mieux serait de le foutre en quarantaine totale, dans une bulle hermétique et d'attendre. »

Ce pauvre gosse était condamné. Que pouvaient-ils réellement faire de plus pour lui si ce n'était d'adoucir son agonie et lui offrir une fin paisible ? Il ne pouvait même pas prétendre à une mort honorable, car il n'y avait rien de ça dans la mort. Seulement de la décomposition et du chagrin.
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2/6/2017, 00:33

UNE AIDE BIENVENUE
caelan o'reilly & kathleen goustov
La médicomage ne lâchait pas du regard la silhouette massive de l'irlandais, qui semblait plongé dans un état de réflexion intense. Inconsciemment elle retenait sa respiration, à l'attente du résultat fatidique prononcé par ce dernier. Kathleen s'en était doutée. La venue de ce patient dans son service, le manque de résultats probants des soins prodigués, les avis de ses confrères. Et l'aggravation fulgurante de son état. Non, elle avait prévu l'issue fatale de cette pathologie. Malgré ça, la jeune femme ne put s'empêcher de se laisser tomber contre le mur derrière elle, ses prunelles s'étaient séparées du visage pensif de O'Reilly pour mirer la pointe de ses chaussures l'air hagard. Ce jeune homme aurait eu toute la vie devant lui. Méritait-il une fin aussi brutale ? Aurait-elle pu lui épargner cette issue en faisant appel plus tôt à son ami le botaniste ? Pleins de questions lui trottaient dans son esprit troublé. Elle passa sa main dans sa chevelure brune, sentant le regard de son ami sur elle, elle se mit à l'observer à son tour en silence. C'est alors que l'irlandais demanda à l'infirmière de les laisser seuls. Curieuse demande qui fit hausser les sourcils de la jeune femme. Sa collègue hésita un instant, comme si elle attendait l'accord de sa supérieure. Un simple hochement de tête de la part de Kathleen, puis Anna les quitta, refermant la porte derrière elle. "Etait-il nécessaire d'éloigner cette infirmière ? Qu'avez-vous donc de si grave à m'avouer, professeur O'Reilly ?" Ses prunelles azurées étaient empruntes d'une certaine réserve, craintive quant aux révélations qu'allaient lui faire l'irlandais. La mine grave, son précieux sourire qui ornait habituellement ses lèvres avait disparu.

Kathleen écoutait le discours du professionnel, attentive, silencieuse, ses iris miraient cet homme qui déballait avec une intelligence magistrale son diagnostic. Elle se redressa. Kathleen avait l'air d'une élève qui suivait le cours de son professeur. Ce dernier se rapprochait du corps encore chaud du patient. Connaissait-elle l'histoire de Pompéi ? Évidemment, c'était l'une des histoires les plus connues de l'antiquité. "Oui", répondit-elle fermement, sa phrase le mélangea à la sienne alors qu'il reprit la parole. Un relent nauséabonde pénétra dans ses narines, elle dû se retourner pour retenir un vomissement. L'odeur qui régnait dans la pièce devenait insupportable, même pour la médicomage. Elle aperçut l'irlandais s'essuyer le bout des doigts dans un morceau de tissu, après les avoir retiré de la tête du patient. "Une épidémie ... magique ?" Réussi-t-elle à prononcer, avec difficulté, alors qu'elle posait une main sur le mur pour se retenir.  Son autre main était posée sur ses lèvres, elle se concentrait. Progressivement, la belle réussit à reprendre son souffle, à l'apaiser, ralentir son rythme cardiaque qui s'était brusquement accéléré. Elle allait mieux, pour l'instant. Kathleen était de dos, elle ne pouvait qu'entendre le bruit des pas de son ami qui se déplaçait dans la pièce. C'était la première fois que l'américaine entendait parler de cette histoire d'épidémie magique, aucun de ses professeurs durant sa formation à Ilvermorny ne lui en avait fait mention. Malgré la retenue dont il semblait faire preuve, Kathleen pouvait apercevoir de la crainte dans son regard. "Je vois", dit-elle à la fin des explications. La médicomage se détacha du mur, ses mains se rejoignirent derrière son dos, et elle se mit à faire quelques pas dans la pièce, les yeux scotchés au sol, les lèvres pincées. "C'est étrange que ce patient ait attrapé une maladie qui ne peut survivre dans notre climat actuel ... il n'aurait normalement même pas déclaré de tels symptômes ... Mh ..." La belle s'arrêta brusquement. Elle s'était retrouvé à côté d'O'Reilly et posait ses deux mains sur le rebord de la fenêtre. Kathleen observait des enfants traverser la rue, accompagnés de leurs parents. Ils riaient, innocemment, comme s'ils n'avaient jamais goutté à la réalité de ce monde cruel. Elle marqua un long silence avant de reprendre, sans le regarder. "Et si ce ... champignon avait muté, au fil des années, lui offrant une résistance même minium au froid de notre région ... Existe-t-il un remède qui nous permettrait de soigner cette chose ? Et puis ..." Goustov tourna la tête pour fixer son ancien ami de ses iris azurées. "Ces spores ne risquent-elles pas de nous contaminer nous aussi dans l'état actuel de la situation ?"

Kathleen tendit sa baguette en l'air, en marmonnant quelques paroles inaudibles. Un fin voile blanc s'échappa de l'extrémité pour englober progressivement la pièce entière, se déposant sur les murs comme une toile d'araignée dont les mailles finement tissées restaient parfaitement visible. Cette protection, sous la forme d'une mise en quarantaine, éviterait toute propagation inutile d'un quelconque germe. La pièce resterait isolée jusqu'à nouvel ordre. La belle poussa un soupire, elle fit quelques pas pour s'asseoir au bord du lit du malade. Sa main caressa doucement son front, dégageant quelques mèches noirs de son visage. Que pouvait-elle faire de plus pour ce jeune homme ? Une râle d'agonie semblait s'échapper de sa bouche entrouverte. Kathleen repensait aux paroles de l'homme non loin d'elle. Ces années d'études à l'étranger, couplée à ses quatre ans passées au sein de cet hôpital, ne lui avaient pas suffit. Cette prise-en-charge totalement inefficace n'avait pas suffit à sauvegarder la vie de cet innocent. C'était misérable. N'importe quel médicomage de Patriarkh aurait réfuté l'avis du botaniste, se croyant plus adapté que lui à répondre à ces symptômes. Kathleen, elle, lui faisait entièrement confiance. Il avait su démontré son professionnalisme et son sens accru de l'observation, dans son service et dans de nombreux autres. S'il disait qu'il n'y avait plus rien à faire, il fallait juste ... attendre.

Elle se sentait décidément pas très bien. L'américaine sentait sa température corporelle grimper en flèche, son rythme cardiaque tambourinait dans ses oreilles. D'épaisses gouttes de sueurs perlaient sur son front déjà moite depuis quelques minutes maintenant. Cette odeur qui empestait dans la pièce était affreuse. Kathleen se faisait violence pour ne pas vomir son petit déjeuner sur ce pauvre mourant. La sorcière se leva brusquement pour se rapprocher de la fenêtre entrouverte. De l'air frais glissait sur son visage, cela lui faisait à peine du bien. "Excuse-moi, je dois vraiment avoir des difficultés à supporter cette ... odeur". La jeune médicomage eut un sourire faussement amusé. On toqua à la porte. Une voix féminine, assez faible, se fit entendre. C'était celle de l'infirmière Anna. "Tout va bien médicomage Goustov ?". Reprenant son souffle, Kathleen réfléchit quelques secondes avant de lui répondre sur un ton ferme. "Ramenez-moi une décoction antalgique, je l'appliquerai moi-même". Quelques minutes suffirent à l'infirmière pour rapporter le récipient, sa main traversa le fin rideau magique, et la médicomage s'empara du flacon. "Merci Anna, vous pouvez repartir".

Attendre la mort, soulager ses souffrances, veiller à ses côtés pendant ses derniers instants de vie. Voilà la seule chose qu'elle pouvait faire. La jeune femme était retourner auprès de son patient, avait dénudé son corps recouvert en grande partie par des plaques grisâtres. Du bout des doigts, elle étalait une couche de crème blanchâtre. Elle observait durant son soin cette cage thoracique qui peinait à effectuer ses mouvements naturels, ses crispations au passage de ses mains au toucher si délicat. Son humaniste naturel l'empêchait de quitter la pièce sans apaiser ses souffrances du mieux qu'elle pouvait. C'est alors que le patient expira son dernier souffle. Kathleen se stoppa brusquement, ses mains recouvertes de cette substance pâteuse. Elle fixa ce corps sans vie pendant quelques instants, avant de se rendre compte que c'était effectivement terminé. Elle reposa ses mains sur ses cuisses. "C'est fini ..." Conclut-elle.

Chaque décès était une épreuve à surmonter. Il fallait combattre l'échec, la colère et la tristesse des familles, le regard lourd des autres collègues qui avaient appris la nouvelle. C'était horrible à vivre, surtout lorsque ce dernier soupire était expulsé juste devant ses yeux. Ses prunelles azurées n'arrivaient pas à quitter ce corps sans vie, elle hésita un instant, mimant un geste d'approche à l'encontre de son ancien ami. Elle se ravisa finalement, se rappelant de leur position respective et du malaise qu'aurait pu ressentir Caelan. Comme pour se rassurer, se contenir, la jeune femme porta ses bras contre sa poitrine qu'elle serra fort, elle se redressa pour se détourner du regard du botaniste. De dos, il ne pouvait pas voir la tristesse et la déception sur son visage aux traits innocents. "Ce fut rapide ..." Murmura-t-elle d'une voix douce et faible. Trop rapide, brutal. Ce matin, le jeune homme était admis dans son service, encore en vie. Voilà que son cadavre gisait dans cette chambre immaculée de l'hôpital Patriarkh.

mars 1930
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Survivre, combattre, espérer.
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8/6/2017, 16:05
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Silencieux, il hocha distraitement la tête, perdu dans ses pensées. Il continuait de trier les informations et les connaissances qu'il avait pu accumuler lors de son année en Italie et en Grèce, sourcils froncés et lèvres pincées. Il l'écoutait, bien évidemment et ce qu'elle avançait n'était pas dénué de sens, bien au contraire ! L'idée d'une évolution était tentante, bien qu'elle manqua d'arguments et donc de poids en l'état des choses. Pour ce qui était des spores, ils ne seraient pas relâchés avant la mort du patient et qui impliquait celle aussi du champignon : arrivé à sa maturité, il libérerait sa « progéniture » dans les airs via les conduits respiratoires de son hôte. Donc en théorie, jusqu'au décès du patient : ils n'avaient rien à craindre. Il s'agissait probablement de la seule bonne nouvelle dans toute cette histoire. Faisant les cents pas dans la petite chambre, Caelan finit par sortir pour aller leur chercher de quoi se désaltérer. Il posa sur la jeune femme un regard soucieux, espérant que sa faiblesse ne soit que passagère et uniquement due à l'odeur de décomposition.

Il s'absenta ainsi une petite demie heure et alors qu'il s'apprêtait à revenir dans la chambre, son cœur loupa un battement au spectacle qui lui était offert. Figé sur le seuil, ses yeux s'étrécirent immédiatement et il sentit son nez le piquer d'une colère grandissante au fur et à mesure que les détails s'additionnaient dans son esprit.

La medicomage était assise sur le bord du lit, au chevet de son patient. Elle tenait dans sa main gauche un baume tandis que la dextre droite quelques traces du produit opaque maculaient ses phalanges délicates. Jusque là, tout allait bien mais seulement si on ignorait le cadavre qui reposait à quelques centimètres de la sorcière ! Cette dernière fit un geste en la direction de l'irlandais, puis se ravisa pour se lever et s'écarter en une posture de détresse étouffée, ravalée par son éducation bourgeoise. Caelan pour sa part serra si fort les mains sur les gobelets qu'il ne tarda pas à les broyer dans une giclée de café et de thé brûlant.

La morsure cuisante du liquide ne suffit pas à détendre le corps de l'adulte qui grinçait des dents tout en affichant une expression terrible de colère tout juste retenue. Il savait ce qui allait se passer maintenant que leur malade venait de passer l'arme à gauche tout en étant accompagné jusqu'à son dernier souffle par cette petite idiote : des emmerdes. Voilà ce qui allait leur tomber dessus ! Et comme si ce n'était pas suffisant, Kathleen laissa filer une commentaire dont l'évidence autant que l'absurdité firent exploser le calme fragile du botaniste.

« - BON DIEU KATHY… Sérieusement !? »

La voix grave claqua comme un coup de tonnerre sur tout l'étage et plusieurs infirmières sursautèrent dans le couloir, l'une d'elle faisant même tomber sa pile de documents. Aux extrémités du passage, plusieurs docteurs et visiteurs s'amassèrent en ouvrant de grands yeux, choqués et inquiétés d'assister à une telle esclandre. Se foutant bien d'être le centre de l'attention ou même de manquer à toutes ses manières en hurlant ainsi dans un lieu de soins intensifs, Caelan jeta rageusement au sol les gobelets froissés et pointa un index accusateur sur la jeune femme dans la pièce infestée, n'entrant certainement pas dans cette dernière même s'il lui démangeait de coller une bonne paire de baffes à la sorcière. Il la fusillait de son regard clair, barbe frémissante au même titre que ses narines : trahissant combien il fulminait à l'instant. Sans même le réaliser, le sorcier s'égosillait en américain.

« - As-tu la moindre idée de la CONNERIE que tu viens de faire !? N'as-tu donc AUCUN CONTRÔLE quant à tes foutues HUMEURS !!? »

Il serra encore les poings et se détourna de la chambre pour expirer sèchement l'air qui gonflait son torse, épaules tremblantes tant il avait les muscles crispés et ce, jusqu'à sa nuque rougie par la colère. Le regard rivé sur le mur d'en face, il fut tenté l'espace d'un instant d'aller le défoncer d'un bon coup de poing. Après tout, s'il se brisait quelque chose, il n'aurait qu'à descendre d'un étage pour se faire soigner tout ça !

Une main sur la hanche, il se massa l'arrête du nez de l'autre et resta avec les épaules voûtées et la tête basse plusieurs interminables secondes où il chercha désespérément à retrouver un minimum de son calme. Lorsqu'il fut certain de ne plus se remettre à hurler, il pivota lentement pour refaire face à son amie et la toisa d'un lourd regard réprobateur. Sans égards à ses spectateurs involontaires, il continua de parler dans leur langue natale :

« - Tu es une putain de médicomage, Kathy ! Pas une sainte prête à se faire canoniser en martyre ! Non mais sérieusement ; à quoi tu pensais ? Est-ce que tu réalises la situation dans laquelle nous sommes maintenant que tu es probablement contaminée !? »

La condamnation tomba comme une pierre dans la mare, faisant réaliser au botaniste qu'à partir de maintenant il n'y avait plus de retour en arrière possible. Avec Kathleen si proche du patient, voire quasiment en train de lui inspecter le fond des amygdales : il n'y avait aucune chance pour qu'elle ait échappée à la propagation des spores du champignon. Une veine palpitante à la tempe droite, l'irlandais sortit son mouchoir et s'essuya les mains en des gestes aussi agacés que nerveux. Son cœur battait la chamade et il avait la gorge terriblement sèche. Un compte à rebours venait de commencer et il n'avait plus que trois jours pour trouver un moyen de contrer l'évolution du parasite où il pourrait dire adieu à la jeune femme !

Une fois les mains sèches, il s'en passa une dans sa tignasse blonde pour la discipliner et surtout se redonner un semblant de contenance. Ses yeux étaient toujours assombri de colère, mais ils sourdaient principalement d'une vive inquiétude. Le poids sur son estomac lui donnait presque la nausée, même si rien de ses émotions ne transpiraient de son visage si ce n'était cette sévère déception à l'égard de tout ce beau foutoir.

« - Tu ne sors pas de cet endroit. Je vais appeler le personnel de la morgue pour qu'on vienne enlever le corps dans un sac scellé pour l'envoyer à l'incinérateur... Nous allons aussi brûler les draps et les rideaux... ainsi que tout le mobilier en fait. Et toi ? Tu. Restes. Là. Compris !? »

Il lui grogna dessus les derniers mots, détachant chaque syllabe avec mauvaise humeur avant qu'il ne détourne les talons et n'interpelle quelques responsables du secteur d'une voix forte et impérieuse, repassant au russe de sorte à se faire comprendre. Il leur expliqua la situation d'un ton autoritaire, ne s'attardant pas sur les détails autant pour s'économiser du temps que pour éviter d'embrouiller des esprits déjà déstabilisés.

Une fois les ordres relayés, il se tourna à nouveau vers la médicomage coincée dans la chambre scellée. Il l'observa longuement et finit par pousser un long soupir en venant s'épauler contre le chambranle de la porte. Bras croisés, il resta silencieux dans le couloir à présent déserté par mesure de sécurité. Des mages s'occupaient de sceller les extrémités pour créer un sasse de protection au cas où il y aurait une brèche dans la maille protectrice de la chambre. Il laissa un soupir, un énième, venir secouer son torse avant qu'il ne gronde en anglais :

« - Tu as été... adorablement stupide, Kathy. Très, très stupide, mais... ce que tu as fais pour ce gosse était probablement la bonne chose. MAIS ! Si jamais tu t'en sors, tu dois me promettre d'arrêter le sentimentalisme sur ton lieu de travail, surtout dans une situation aussi dangereuse que l'était celle là. Tu risques autant ta propre vie que celle de tes patients. »

Il eut un sourire en coin, laissant transpirer son inquiétude alors qu'il changeait de sujet autant parce qu'il ne voyait pas quoi ajouter de plus, qu'ils leur manquaient le temps de s’épancher davantage à leurs émotions. Se frottant la barbe d'un air songeur, il reprit un détail qui l'avait chiffonné depuis son arrivée au chevet du patient :

« - Tu as soulevé un point intéressant tout à l'heure : une possible évolution ou même une mutation de la part de notre champignon. J'y ai réfléchi en descendant nous chercher les boissons et je pense que tu as raison. Les premiers symptômes restent les mêmes. Nous avons l'apparition de la fatigue, puis des courbatures et des plaques grises. Là où le parasite semble différer arrive au moment de la hausse du corps en la présence d'une terrible fièvre, ce qui accélère considérablement la dégradation de ses organes et précipite sa mort. »

Sourcils froncés, il leva les yeux vers le plafonds, restant pensif avant de marmonner :

« - Le champignon est un organisme vivant. Un parasite... ce n'est pas un virus, donc il ne peut pas muter d'un hôte à l'autre... il lui faut du temps. Du temps ? Ce qui implique une migration, mais comment ? Depuis le bassin Naples jusqu'à ici... Ça n'a pas de sens. »

Il releva les yeux vers elle, cherchant son avis et ses impressions. Il espérait qu'en lui donnant à réfléchir, la jeune femme ne s'effondrerait pas dans une crise d'hystérie. Il pourrait effectuer les recherches sans elle, la laisser à sa catatonie ou ses pleurs, mais il n'en avait pas envie. Kathleen était une amie de longue date, il l'affectionnait énormément. Elle était tout ce qui lui restait de son passé, d'avant la perte de sa fille et ensuite de son épouse. Même s'il souffrait de ces rappels incessant quand il était en sa présence, il ne pouvait pas non plus l'abandonner. Il n'était pas un monstre... du moins, pas à ce point.
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Kathleen M. Goustov
Membre de l'Ursa Major
Né(e) il y a : trente ans
, à : New-York
, mes proches me surnomment : Kath
et pensent que je ressemble à : Jessica De Gouw.
Actuellement je suis : mariée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : en soins magiques à Ilvermorny
, aujourd'hui je travaille en tant : médicomage à Patriarkh.
Sans le cacher je soutiens : Main Noire, officiellement, Ursa Major officieusement.
J'ai rédigé : 30
parchemins, et récolté : 106
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : ky-crea.
Dans la vie, je suis aussi : Alexandra I. Ivanova, Maria G. Raspoutina.
Ma baguette est faite en : en bois de sycomore, son cœur est fait d'une dent de vampire.
Mon niveau de combat est : 3.


Sacoche magique
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10/6/2017, 11:19

UNE AIDE BIENVENUE
caelan o'reilly & kathleen goustov
Le corps sans vie du sorcier gisait à ses côtés, l'erreur fatale qui allait lui coûter la vie lui paru alors comme une évidence. Son trépas fut quasiment annoncé lorsqu'elle vit Caelan, dans l'encadrement de la porte, immobile face à la scène qui se déroulait sous ses yeux. Elle observa son visage changer de couleur sous son épais tapis de barbe. C'est alors que ses mains se resserrèrent vivement sur les deux gobelets qu'il tenait dans ses mains, faisant gicler le liquide brûlant sur ses poings refermés. La colère de l'irlandais se déversa sur elle, comme un puissant ouragan, la forçant presque à reculer pour s'adosser contre le mur. Sa voix rauque tonnait sévèrement dans le couloir, interloquant de nombreux collègues dont elle entendait les reproches ça et là. Mais personne n'osa intervenir. Kathy, un surnom lointain, plus personne ne l'appelait ainsi, un vieux souvenir de sa vie en Amérique. Elle sentit le courroux du sorcier s'abattre sur elle, elle resserra ses bras contre elle, comme pour se protéger de son qu'on lui assénait. Il était brutal dans ses mots, sans pitié. Libérant ses mains des gobelets, jetés vulgairement sur le sol, il la pointa du doigt à travers le film protecteur qui les séparait. Même à l'autre bout de la pièce, la médicomage pouvait sentir le souffle brûlant du sorcier en colère, sa respiration accélérée, sa tension élevée qui faisait trembler ses carotides. Malgré tout ce qu'il extériorisait, elle sentait qu'il se contenait férocement de ne pas aller encore plus loin dans ses mots et dans ses gestes. Elle n'osa pas lui répondre. Et de toute façon, que pouvait-elle dire face à ce qui se passait ? Un mauvais choix avait effacé son instinct de médicomage, la poussant à la plus grosse faute de sa carrière, celle qui mettrait sa vie en danger.

C'est alors que le botaniste se mit à s'écrier en américain. Ce changement brutal de langue surpris la jeune femme, elle garda ses lèvres scellées, consciente que la moindre phrase risquerait de l'énerver encore plus. Il était tendu, il paraissait encore moins à l'aise que son amie contaminée. Kathleen se mit dos à Caelan, accrocha ses mains sur le rebord de la fenêtre, déposant son front moite contre la paroi vitrée. Elle soupira. Les larmes de la honte lui montaient aux yeux, mais elle réussit à les retenir. Ce n'était absolument pas le moment pour s'apitoyer sur son sort. Kathleen réussit à tenir sa posture, se tenant droite, le visage fermé, sa respiration lente et maitrisée. Dos tournée à Caelan, elle l'entendait tout de même bouger dans ce couloir désormais déserté par toute l'unité, elle le sentait se calmer progressivement. Cela faisait des années qu'elle ne l'avait pas vu perdre son sang-froid aussi brutalement. C'est alors que son ami lui tonna la phrase de trop, celle qui la fit sortir de ses gonds. Kathleen quitta la fenêtre pour se rapprocher de la porte, à quelques centimètres du filme de protection magique qui les séparait. Elle respirait rapidement, ses poings s'étaient serrés sur sa tunique. Le fixant un instant sans rien dire, elle sentait la tension dans tout son corps la pousser à l'imprévisible. Elle n'en fit rien, heureusement, elle réussit à se calmer rapidement face à la grande armoire à glace qui se trouvait face à elle et qui ne semblait pas prêt à perdre du terrain. "Caelan, ça suffit, calme-toi", dit-elle sur un ton posé, ferme, son regard azure planté dans le sien.

L'irlandais s'essuya les mains, frénétiquement, puis lui lança quelques mots en lui ordonnant de rester dans la pièce après lui avoir exposé son plan de décontamination. Son sourcil gauche se haussa immédiatement. La prenait-il pour une ignorante ? Elle connaissait les conséquences de l'évènement, elle n'était pas idiote, évidemment qu'elle resterait dans cette pièce jusqu'à ce qu'on lui trouve un remède. Soupirant à nouveau son désespoir, la jeune femme baissa la tête puis retourna s'assoir dans un coin de la chambre, assise à même le sol. L'irlandais disparut, elle se retrouva seule. D'un instant à l'autre, on viendrait emporter tout ce qui se trouvait dans la pièce. Il ne resterait plus qu'elle, son corps meurtri recroquevillé comme un cadavre à en devenir. O'Reilly réapparut derrière la protection magique. Elle sentait son regard lourd se poser sur elle, elle ne prit même pas la peine de relever la tête lorsqu'il s'adressa à elle, préférant redresser ses genoux contre sa poitrine. "Mh", se contenta-t-elle de lui répondre. Malgré tout le respect qu'elle avait pour cet homme, leur ancienne amitié, il ignorait totalement les raisons de la réaction de la jeune femme. C'était une mère avant tout, l'humanisme dont elle faisait preuve faisait partie intégrante de sa nature, elle n'aurait pas pu le laisser crever lâchement dans cette pièce. Certes elle avait risqué sa vie, elle n'avait pas fait ça pour se voir auréoler de gloire. Non, Kathleen avait fait ça par profond respect de la nature humaine, qui restait présente jusqu'au décès de l'individu. Mais il ne comprenait pas, il ne comprendrait jamais.

Caelan changea de sujet de conversation, retournant sur la raison même de sa venue à l'hôpital Patriarkh. Kathleen le remercia intérieurement de ne pas continuer à s'acharner sur elle jusqu'à la fin de sa vie, elle se releva et se mis à faire quelques pas dans la pièce, sans pour autant oser regarder son ami dans les yeux. La sorcière gardait ses mains derrière son dos, elle réfléchissait au mots qu'il prononçait. Cette histoire de mutation, l'accélération de l'évolution, l'apparition des signes. Et puis son transport jusqu'à Saint-Pétersbourg, comme était-ce possible. La jeune femme dégagea une main pour la passer dans son épaisse chevelure bouclée, soucieuse, intriguée. "Il est vrai que c'est ... étrange", marmonna-t-elle. "Équipe de décontamination, poussez-vous". Deux hommes, encapsulés dans une protection magique de la tête aux pieds, poussèrent sans brutalité l'irlandais et pénétrèrent rapidement dans la chambre. Ils lancèrent un regard à leur collègue, qu'ils connaissaient évidemment, l'un d'eux lui souffla quelques mots rassurants, puis ils s'emparèrent du cadavre qu'ils glissèrent dans un sac blanc qui suintait la magie. Chaque meuble fut détruit, d'un coup de baguette magique. A la fin de leur intervention, il ne restait plus rien dans la pièce, seulement la jeune femme qu'on avait volontairement écarté dans un coin et le sac qui contenait le corps. Un "Levicorpus" plus tard, les deux hommes de l'unité de décontamination s'échappèrent de la pièce avec le cadavre contaminé.

La pièce immaculée était totalement vide. Quelques traces de brûlures marquaient, à certains endroits, la présence des meubles désormais détruits. L'ambiance était redevenue pesante, elle lui rappelait des souvenirs douloureux de son enfance passée dans des chambres d'isolement, en asile psychiatrique moldu. Kathleen dû se mordre férocement la lèvre inférieure pour retenir un sanglot, elle se détourna de Caelan pour prendre de grandes inspirations. Voilà ce à quoi elle était réduite, un état de résidu infecté. "Peut-être que ce champignon a été introduit en Russie par l'intermédiaire d'un autre vecteur vivant, qui aurait pu permettre une maturation plus rapide et un transfert plus efficace vers l'Homme. Un animal ? Un commerce animalier transit entre l'Europe et l'Asie, il serait probable qu'un trafiquant ait envoyé une créature malade sur le sol Russe. Pensez-vous que ce champignon aurait pu se greffer pendant un temps sur une créature, magique ou non, et qu'à sa mort, elle aurait pu transmettre ses spores à ce sorcier ?". Kathleen n'arrêtait pas de faire les cent pas dans cette pièce qui empestait encore la nécrose. Son visage avait perdu de ses couleurs habituelles, son sourire délicat avait disparu de ses lèvres à l'annonce du couperet fatal. "Caelan ...", la médicomage osa enfin se rapprocher de la porte, ses prunelles se posèrent sur le visage tendu du sorcier. Elle se sentait souillée, honteuse, elle faisait peine à voir, mais elle restait digne. Enfin, elle essayait. "Peut-être devrions-nous alerter les autorités. Si le vecteur est un animal mort, nous ne seront pas à l'abri d'une épidémie". Ce serait le pire scénario possible qu'elle évoquait présentement. Si un animal dans une cage avait contaminé plusieurs autres créatures, ils ne pouvaient pas prédire le nombre exacte de victimes collatérales.

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