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[/!\]Comme une braise sous la cendre | Alexandra [NC-18]

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20/5/2017, 17:48
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15 mars 1930

Le Patriarche savait que sa fiancée s’évadait, que plus d’une fois elle sortait seule dans la ville pour vagabonder. Il ne pouvait ignorer ces frasques autant qu’il avait refusé de les brimer. Elle avait besoin de cette soupape pour décompresser… Mais loin de la laisser faire, il l’avait toujours fait suivre en secret, des hommes de main aussi discrets qu’une ombre, aussi efficace que l’Ivanov l’exigeait. Il s’était éloignée d’elle, ne pouvant décemment pas lui offrir ce qu’elle recherchait, il l’avait laissée s’écarter, ne cherchant nullement sa proximité, l’évitant même soigneusement. Il lui en voulait. A Koldovstoretz, un lapin blanc l’insupportait, aussi discret pouvait-il être, Nikolaï, obnubilé, ne voyait que lui. Andreï le répugnait plus encore, les mots d’Alexandra lui revenaient sans cesse en tête. Le seul instant où il brisa la glace, ce fut lorsque la venue de leur leader dans son école. Pour cette chasse à l’homme. Pour l’humiliation qu’il avait subie.

Une discussion avec Raspoutine s’avérait de plus en plus nécessaire. Il avait beau la repousser par sagesse, elle demeurait de plus en plus pressante dans son cœur. Il occupait la majeure partie de son temps à la préparation de cet entretien et aux éventuelles conséquences qui pourraient en découler. Il n’était plus qu’une ombre dans sa famille, veillant magnifiquement à leur pérennité, s’éloignant d’eux pour leur permettre un deuil plus confortable. Il savait à quel point il était nocif pour les siens, combien il était le poison dans leurs veines et quoiqu’il fasse, il aurait toujours ce rôle destructeur. Alors il s’écartait, leur octroyait de l’air pur à respirer, œuvrant avec acharnement à conclure des accords avec des partisans, même au sein de la Main Noire. Il n’était pas écrit qu’on doive choisir entre l’Ursa Major ou Raspoutine. Nikolaï n’était pas un homme qui acceptait de courber l’échine. Il n’avait de roi que lui-même et faisait des Ivanov un pilier central, incontournable, dans l’avenir de Russie.

Il avait appris l’engagement de sa fiancée dans l’œuvre de la Main Noire. La jeune femme indécise avait-elle donc résolu de rentrer dans le rang ? Trouver sa place ? Tant mieux. Pour l’heure, c’était ce qu’il y avait de plus sage. Si elle pouvait seulement expliquer cela à son fils Kiril, cela lui ôterait une épine du pied. Il dut toutefois faire preuve de tout le sang-froid qui était le sien pour ne pas passer par toutes les couleurs de l’arc en ciel lorsqu’on lui apprit que sa fiancée partait à L’ÉTRANGER avec un AUTRE HOMME pour l’épauler dans sa mission. Le combo qui lui aurait donné de l’urticaire s’il n’avait pas cette si grande maîtrise de lui-même. Bien évidement, il ne laissa pas les choses en l’état. Ne parvenant à évincer Alexandra de cette mission, pris de court par sa réalisation prochaine… Il ne put que ravaler sa salive et prendre la place du coéquipier.

Le portoloin l’avait conduit à Calais, quelque part en France. Le malaise avait entamé de le ronger face à ces visages étrangers, cette langue inconnue et cette absence navrante de froid. Il se tenait droit néanmoins, visage paisible malgré l’inquiétude qui le gagnait. Et s’il ramenait sa fiancée à leur domicile et mettait fin à cette mascarade ? Non, ce ne serait pas bon pour la Main Noire et il avait suffisamment de divergences naissantes avec son leader pour en rajouter une. Et il ne fuyait pas. Malgré lui-même, il était incapable de fuir, il était un combattant et il avancerait. Il savait de source sûre qu’Alexandra était arrivée ici la veille et qu’elle avait dormi dans un hôtel français, seule, celui-là même qu’il voyait, avec la devanture rouge. Leur bateau partait pour l’Angleterre l’après-midi. Les quais étaient en contre bas, il ne pouvait pas se tromper. Sa legilimancie l’aidait pour beaucoup à comprendre et à s’approprier son environnement mais… Ces français ne pouvaient-ils pas arrêter un instant de râler ? Il n’y avait pas une pensée positive dans leur esprit par instant que s’en était déprimant. Il avait compris qu’il faisait froid et gris ! Qu’ils viennent en Russie et ils verraient ce que c’était que le vrai froid et le vrai gris ! Tout compte fait non, il ne voulait pas d’eux en Russie. Qu’ils restent bêtes et ignorants, ça lui convenait aussi.

Un soupir et il tira de sous son manteau une fiole. Il n’aimait pas les potions en règle générale, mais celle-ci, il la connaissait bien. Il en ferait boire à sa cousine Ioulia lors de son mariage pour qu’elle prenne l’apparence de sa fille. Mais pour l’heure… Le cheveu qu’il ajoutait à la mixture répugnante appartenait à son cousin Maksim. A l’abri des regards, il prenait une gorgée du liquide infecte pour revêtir les traits honnis du traître. Son habillement n’était guère habituel, s’accommodant des frusques de son cousin, de son attitude. Il savait très bien feinter, mimer, manipuler. Nul doute qu’il serait convainquant. Le seul point positif à tout cela : il avait retrouvé l’usage de ses deux bras et il savourait le plaisir d’être à nouveau… Entier ! Il entra dans l’hôtel avec la discrétion d’un félin, montant les étages jusqu’à la chambre où se fiancée dormait… Ou pas ! Seigneur qu’elle était matinale ! Elle était en train de sortir, valise en main, sur le départ. Pris de court, il lui fonça dessus, la faisant rerentrer dans sa chambre sans qu’elle puisse demander son reste, lui plaquant une main sur la bouche : « Chhh... » Il ferma la porte, plongeant les yeux dans les siens, se rassasiant de sa stupeur. Lentement, il retirait la main de la bouche de la jeune femme, dans un rassurant : « C’est moi… Ce n’est que moi... »
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Alexandra I. Ivanova
Elève à Koldovstoretz
Né(e) il y a : vingt-trois ans
, à : Saint-Pétersbourg
, mes proches me surnomment : Sasha
et pensent que je ressemble à : Margot Robbie.
Actuellement je suis : fiancée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : à la défense magique.
, aujourd'hui je travaille en tant : qu'élève à Koldovstoretz.
Sans le cacher je soutiens : la Main Noire.
J'ai rédigé : 398
parchemins, et récolté : 14589
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : Blondie (avatar) + cheap thrills (sign).
Dans la vie, je suis aussi : Maria G. Raspoutina, Kathleen M. Goustov.
Ma baguette est faite en : Palissandre des Indes et son coeur est en écaille de Zmey.
Mon niveau de combat est : 3.


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21/5/2017, 03:33
       
comme une braise sous la cendre

   
-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

DES JOURS ET DES JOURS DE PRÉPARATION POUR CETTE PREMIÈRE MISSION A L’ÉTRANGER. ME VOILA PRÊTE POUR UNE NOUVELLE AVENTURE. CES DERNIERS JOURS ONT ÉTÉ COMPLIQUE, JE ME SENS ÉTRANGE. J’ESPÈRE QUE JE N'AI PAS SIMPLEMENT LE MAL DU PAYS.
Les jours avaient défilé, n'effaçant pas les souvenirs de la dernière rencontre entre les deux fiancés. Fracassante, comme toujours. Le bruit du claquement brutal de la porte avait suffit à faire comprendre à la russe que ses mots avaient blessé le patriarche. Il l'avait cherché, il continuait de jouer avec elle comme une vulgaire poupée de chiffons. Malgré tout ce qu'il pouvait cacher derrière son visage de marbre, couplé à son self-control légendaire, rien ne suffisait pas à étouffer sa réaction purement colérique. Elle avait finalement réussi à le toucher, son cœur en pierre. Depuis ce jour, les deux sorciers ne s'étaient plus revus, préférant probablement s'ignorer pour éviter d'empirer les choses. Il y eu juste ce jour, à Koldovstortetz, où ils durent faire équipe ensemble pour traquer un élève. Sinon rien. Pas un regard, pas un baiser, pas un mot. C'était comme si Alexandra revenait à sa vie d'avant, sauf qu'on ne la traitait plus comme la Ivanov célibataire, mais comme la fiancée du directeur. C'était difficile, personne n'osait lui adresser la parole entre les murs de cette école, de peur d'être collé ou renvoyé. La solitude avait pris le contrôle de ses longues journées d'études, c'était déprimant. La jeune femme voyait ses amis passer devant elle, elle avait croisé Andreï au loin, mais il refusait toujours tout contact avec elle. Déprimant, désolant. Elle était tristement encrée dans une solitude destructrice. Allait-elle s'en sortir ? Fort heureusement pour elle, un évènement inattendu débloqua les choses.

Un hibou avait traversé la salle principale de l'école et s'était posé juste devant elle, une lettre dans le bec. A sa grande surprise, ce papier autorisait la jeune élève à quitter les cours, durant un temps bien défini, pour réaliser une mission à l'étranger, pour le compte de la Main Noire. Un sourire s'était dessiné sur ses lèvres pulpeuses. L'Angleterre. Alexandra devrait rejoindre ce pays pour prendre contact avec un certain Gellert Grindelwald, ou ses partisans, pour le rallier à la cause de l'ordre russe. Il va s'en dire que l'Ivanova n'a pas refusé cette offre lui permettant non seulement de s'éloigner pendant quelques temps des tourments de sa vie de future mariée et de cette école. Oui, elle avait accepté. Le lendemain Alexandra avait préparé sa valise pour quitter le pays en empruntant un portoloin à la Douma, direction Calais, en France.

La créature recroquevillée sur le matelas, enroulée dans ses draps, bougeait à peine. On pouvait voir le monticule de tissu s'élever au rythme d'une respiration régulière. Des mèches blondes s'échappaient à l'extrémité supérieure, face à la tête de lit. Alexandra profitait de ces quelques dernières minutes de sommeil pour récupérer de son voyage et de sa terrible nuit. Cela faisait quarante-huit heures qu'elle n'arrivait pas à trouver le sommeil. Son ventre faisait des siennes sans lui laisser le moindre répit, la laissant se tordre de nausées brutales et sans raisons apparentes. Une bassine propre était posée, patiente, au bord du lit. La voilà que le corps semblait s'animer, progressivement. Un petit pied se libéra du boudin de couvertures, puis un autre, finalement elle roula sur elle-même, dégageant son visage angélique à peine réveillé. La jeune femme ouvrit ses paupières, profitant des rayons du levé du soleil qui caressaient son doux visage. Les commissures de ses lèvres se arquèrent, dégageant un sourire satisfait. Elle était en France depuis quelques heures, déjà elle aimait ce pays. Il faisait tellement moins froid qu'en Russie, et les gens, du peu qu'elle les avait côtoyé, étaient tellement chaleureux. Ce petit hôtel sorcier, à quelques pas du port, était parfait pour une halte d'une nuit. Hélas, Alexandra n'avait pas pu profiter pleinement de la literie, ayant passé la moitié de ses heures de sommeil à côté de cette maudite bassine, se tenant les cheveux pour éviter le pire.

La sorcière s'étira longuement après s'être redressée, elle resta assise au bord du lit pendant quelques minutes, mirant avec inquiétude son entrejambe. Rien, il n'y avait rien. Pas de tâche écarlate, aucune souillure intime. Son visage se tordit pendant quelques secondes. Elle avait du retard sur ses menstruations, ce qui n'indiquait rien de rassurant. Au fond elle le sentait, la sorcière connaissait l'issue fatale qui découlerait de cette absence de saignements, son corps le lui faisait déjà ressentir. Finalement elle décida de se lever, vêtue d'une simple robe de nuit en satin, et se dirigea vers la fenêtre qui donnait sur la ville. Le soleil venait à peine de se lever, le port était déjà en ébullition, les matelots remplissaient les cales des différents navires prêts à embarquer dans la journée. Alexandra posa ses mains sur ses hanches, fixant au loin de 'RMS St Jean' qui lui permettrait de voguer en direction de sa future destination. Une expiration lente et silencieuse, son souffle chaud forma une volute de condensation sur la vitre face à elle. Il était temps de se préparer. S'installer plus tôt sur le navire lui permettrait peut-être de trouver le repos dans une cabine privative. Enfin elle l'espérait. Alexandra alla faire un brin de toilette puis enfila la belle robe bleue que lui avait offert quelques temps auparavant son fiancé. Elle avait hésité à la mettre mais après tout, il ne serait pas présent durant ces prochains jours, et elle aimait cette robe. Il ne la verrait pas, donc aucune importance. Le tissu léger épousa parfaitement ses formes de son corps, ses jambes filiformes se parèrent de collants transparents, et elle laissa ses cheveux blonds tomber sur ses épaules, contrairement aux femmes françaises qui, elles, prenaient grand soin de leur apparence, elles avaient toutes des cheveux bien tirés. Elles étaient tellement splendides. Alexandra enfila ses chaussures à talons, empoigna sa valise, et s'apprêta à quitter sa chambre d'hôtel.

Une silhouette imposante la repoussa dans sa chambre. Alors qu'un cri d'exclamation s'apprêtait à s'échapper de ses lèvres entrouvertes, une main ferme se posa sur sa bouche, l'empêchant ainsi de s'exprimer. La porte se claqua derrière eux, puis un visage familier se dessina devant elle. Maksim. Ses iris céruléennes s'illuminèrent à la vue de son frère bien aimé. Ses paroles se furent rassurantes, il enleva progressivement sa main. « Max » Réussit-elle à prononcer, en bégayant presque. La belle crut d'abord à une illusion, intriguée par la présence soudaine de ce frère qui ne lui avait pas donné de nouvelles depuis sa disparition. Alexandra le détailla de la tête aux pieds, tournant presque autour de lui pour l'examiner. Sa main se posa sur la poignée de la porte, qu'elle actionna. La jeune femme jeta un coup d’œil dans les couloirs, puis referma la porte. « As-tu été suivi ? » Demanda-t-elle, toujours sur la réserve. Quand elle fut rassurée, son comportement se transforma. Un sourire des plus heureux se dessina sur son visage, et la blonde se jeta dans les bras de celui qu'elle pensait être son frère. « Oh Max, tu m'as tant manqué ! » Dit-elle, euphorique. Elle lui embrassa chaleureusement chacune de ses joues, puis le revers de ses mains. Oh, la russe était tellement heureuse de retrouver cet homme. Il n'avait pas changé depuis leur dernière rencontre. Alexandra recula légèrement, tout en gardant ses mains dans les siennes, comme si elle avait peur qu'il s'en aille encore. « Que ... Qu'est-ce que tu fais ici, en France ? Pourquoi je n'ai pas eu de tes nouvelles ? Que deviens-tu ? Oh j'ai tellement de choses à te raconter. Aller viens, ne reste pas devant la porte » Innocemment, la sorcière tira les mains de l'homme en direction du lit où elle s'installa, l'encourageant à la rejoindre pour continuer la conversation. Sa valise, quant à elle, fut posé au sol. Ses prunelles l'observaient avec fierté et avec amour. « Beaucoup de choses se sont passées depuis ton départ. Nos vies ont bien changées. Es-tu au courant pour ... père ? » Etait-il au courant que leur cousin l'avait froidement assassiné et qu'elle allait devenir sa femme ? Difficile à dire. La sorcière avait lâché ses mains de son faux-frère, posant ses siennes sur ses cuisses. Elle s'était assise en tailleur sur son lit et l'observait, naïvement, le sourire aux lèvres. Elle voulait savoir tant de choses, pourtant elle ne pouvait pas s'imaginer la supercherie qui se déroulait actuellement sous ses yeux.

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21/5/2017, 11:13
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Nikolaï fit un signe négatif de la tête lorsque sa cousine lui demanda s’il avait été suivi avant de la réceptionner dans ses bras, jugulant l’effet étrange que cela lui faisait. Il feintait toujours, aussi serra-t-il son étreindre sur elle en retour avant de se faire couvrir de baisers. Il avait envie de lui hurler d’arrêter, tant parce qu’il ne supportait pas tant d’amour sur lui-même que parce qu’il refusait de la voir ainsi adorer son abruti de frère. C’était désagréable et pourtant son avatar de chair ne fit que sourire joyeusement : il ne pouvait pas fuir. Il ne pouvait pas faire avorter l’idée aussi prématurément, tant qu’il ne saurait pas si Sasha suivrait ce frère en cavale. Et si c’était le cas… Il lui faudrait tuer cette relation, montrer Maksim sous un jour moins accueillant, plus acerbe… Changé par la guerre. Si elle était plus forte, il devait détruire le lien. Et proprement, sans retour en arrière.

Enfin, elle se détacha, il la suivit, venant s’asseoir sur le bord du lit, la mirant avec la réserve d’un frère et l’affection illusoire qu’il maintenait. Il entrouvrit les lèvres, mais elle ne lui laissait pas le temps de s’exprimer. Son sourire fit place à une mine sombre, touché lorsque leur père entra au cœur de leur conversation. « Oui, je le sais. » fit-il, avec le fond de vibration douloureuse dans les modulations de sa voix. Ses doigts effleurèrent le tissu bleu du bas de la robe. Nikolaï la reconnaissait, il la lui avait offerte et il s’étonnait de la voir emporter avec elle une part de lui dans ce voyage. Elle commençait à l’aimer et ça n’était pas que des mots qu’elle avait prononcer, il y avait ici l’acte.

Pour Maksim, la situation était autre. Cette robe n’était pas noire et moins d’un mois après le décès de leur père, la coloration lui aurait brisé le cœur. Sa sœur n’avait-elle donc plus aucun respect pour le défunt pour s’orner de la sorte. Il n’en dit rien, le geste et son air grave suffirait peut-être là lui faire comprendre. Ce n’était d’un petit geste, une intuition, une manipulation de Nikolaï, de la même manière qu’il avait fait naître ce sentiment de peur et de fatalité dans les yeux de sa cousine lors de cette réunion de famille. De la part de Nikolaï, c’était clairement de l’influence. Mais de Maksim, cela n’apparaissait que comme la réserve d’un frère qui ne voulait pas affliger sa sœur, gardant sa douleur pour lui-même. « Comme tout le reste. Ton fiancé ne s’est pas gardé de ses exploits. » Amère.

Se penchant légèrement en avant, il prit les mains d’Alexandra entre les siennes, verrouillant une poigne affectueuse, les yeux dans les siens, en douceur. « J’ai rejoint la rébellion, l’Ursa Major. J’ai décidé de me battre et je ne pouvais pas te donner de nouvelles. Nous sommes trop affaiblis pour risquer de donner des pistes à nos ennemis... » Car c’était ce qu’était sa sœur. Main noire, elle était une ennemie. Même si elle avait gardé le secret, Maksim savait Raspoutine et Nikolaï comme des legillimens. Le secret n’aurait pas fait long feu. « Et je ne voulais pas leur donner de quoi alimenter la moindre complicité de ta part dans le choix que j’avais fait. » Elle en avait suffisamment pâtit. Ses pouces caressaient la peau de ses mains, lentement.

« Je suis en France pour toi. Nikolaï te fait surveiller, j’avais plus de chance à l’étranger de passer entre les mailles du filet. » Il obtenait sa confiance en dénonçant ses propres actes, la surveillance dont elle était l’objet. Il prenait pleinement le rôle de son cousin en main pour être pertinent dans son imitation. « Le temps m’est compté, je ne peux pas rester, te raconter ma vie, ce qu’il s’est passé. Mais nous aurons le temps d’en discuter au Quartier Général. Je suis venu te chercher, Alex. Je veux que tu viennes avec moi. » La poigne de ses mains s’était faite forte, sans être brutale, elle était pleine d’émotion. « Je ne peux pas le laisser te toucher après ce qu’il a fait. Je ne le laisserai pas te souiller. »
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Alexandra I. Ivanova
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21/5/2017, 12:25
       
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-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

DES JOURS ET DES JOURS DE PRÉPARATION POUR CETTE PREMIÈRE MISSION A L’ÉTRANGER. ME VOILA PRÊTE POUR UNE NOUVELLE AVENTURE. CES DERNIERS JOURS ONT ÉTÉ COMPLIQUE, JE ME SENS ÉTRANGE. J’ESPÈRE QUE JE N'AI PAS SIMPLEMENT LE MAL DU PAYS.
La jeune femme ne pouvait pas masquer l'explosion de ses sentiments tant la présence quasi miraculeuse de son frère l’enivrait de bonheur. Aujourd'hui elle avait envie de pleurer, de joie, mais elle retenait avec fermeté ses larmes qui attendaient dans le coin de ses paupières. Il n'avait pas tellement changé, si ce n'est que ses vêtements étaient sales. Elle le mirait avec le regard d'une sœur bienveillante, tout comme lui semblait apprécier de revoir sa petite sœur en chair et en os. Cette dernière ne put retenir l'une de ses mains, parcourant avec la pulpe de ses doigts cette mâchoire si caractéristique des Ivanov. Il était tellement beau, resplendissant. S'il n'avait pas quitté le foyer, nul doute qu'il aurait trouvé une femme rapidement. Si ce n'était pas déjà le cas. La sorcière voulait l'assener de questions, tout connaître de sa nouvelle vie, de sa cavale à travers l'Europe, des nouvelles de leurs connaissances à l'étranger. Tellement de questions se bousculaient dans sa tête, elle s'apaisa lorsque la mine de Maksim se fit plus grave à l'annonce du décès de leur père. Mine déconfite face à la réaction naturelle de son frère, la main voyageuse d'Alexandra redescendit pour se joindre à l'une des siennes, la serrant fermement de sa faible poigne. Les prunelles du sorcier descendirent, examinant silencieusement la tunique qu'elle portait. D'un bleu ciel, elle contrastait fortement avec le noir qu'elle aurait dû porter, en signe de deuil. La blonde ravala sa salive, gênée par ce vêtement indécent dans une telle période. Il ne fit aucune remarque, cependant elle imaginait parfaitement ce qui défilait dans son esprit. Il était déçu, tant déçu par cette sœur qui ployait le genou face à l'ennemi. Elle ne dit rien pour se justifier, consciente que cela ne changerait rien, néanmoins elle fit disparaître rapidement ce sourire béa qui ornait ses lèvres.

La mine grave, Alexandra accueilli la phrase suivante de son frère. « Oui, j'imagine » Se contenta-t-elle de répondre, en détournant son regard du sien. Nikolaï n'était pas le genre d'homme à garder ses exploits secrets. Elle l'imaginait aisément annoncer à chacun des camps le meurtre de l'ancien patriarche et la soumission des traitres de cette illustre famille. La jeune femme passa une main dans sa chevelure blonde, sentant l'amertume de la situation. Le doux visage de Maksim se rapprocha du sien, s'emparant de ses mains avec une fermeté fraternelle. Elle avait tant espéré cette scène qu'elle la croyait irréelle. Il était là, elle pouvait le toucher. Il était réel.

La suite des événements se compliqua. L'Ivanov évoqua vaguement les raisons de sa disparition brutale, elle opina de la tête quand il lui avoua ne pas vouloir que sa sœur serve d'outil à sa recherche. Il avait raison, lui avouer ses positions et ses actions n'aurait fait que les mettre en danger, tous les deux. Le temps où le frère et la sœur partaient dans les rues de Petrovitch était loin. Une époque heureuse, pleine d'innocence. La tête de la sorcière se baissa, faisant tomber des mèches blondes devant son visage, tandis qu'elle l'observait caresser le revers de ses mains. Tant de douceur, tant d'amour dans un geste si simple. Alexandra eut un sourire amusé quand il annonça que leur cousin l'avait fait surveillé. Cela ne l'étonnait guère, même si elle n'approuvait pas ce comportement. « Je m'étonnais d'arriver à m'en débarrasser aussi facilement. Le sale fourbe », dit-elle sur un ton amusé. Lorsqu'il réclama avec douceur que sa sœur le rejoigne dans sa fuite, elle sentit ses mains encercler les siennes avec plus de fermeté. Cet instant si intense déstabilisa la jeune femme qui eut un mouvement de recul, toujours retenue par les mains de son soi-disant frère.

Il était là, face à elle, et lui demandait de fuir avec lui. Il y a quelques semaines, elle l'aurait suivi sans broncher, heureuse de pouvoir s'éloigner de l'oppression du pouvoir russe, et de l'ombre de son fiancé qui rodait constamment au-dessus d'elle. Non, là sa réaction fut toute autre. Son cœur cessa de battre pendant une fraction de seconde, vivant l'instant présent avec difficulté. Elle déglutit avec difficulté, libérant ses mains de celles de son frère pour se lever. Alexandra se mit à faire les cent pas dans la petite chambre d'hôtel, sous le regard attentif de Maksim. « Oh Max, pourquoi n'es-tu pas venu plus tôt ? » Murmura-t-elle, la tête baissée, la mine déconfite. Sa demande était si touchante qu'elle avait du mal à la refuser, pourtant il le fallait. Les pans de sa robe légère flottaient au rythme de ses enjambées. Elle marchait, puis s'arrêtait, ne tenant en place que quelques secondes seulement. Du coin de l'oeil, elle le voyait examiner son comportement, s'impatientant probablement de sa réponse. Il voulait évidemment une réponse positive, c'était ça qu'il était venu chercher. Alexandra passa une main derrière sa nuque et alla rejoindre son frère, à genoux devant lui, les mains jointes sur ses genoux à lui. « Je ne peux plus ... je ne peux pas. Ton absence dans la famille a été longue, très longue. Comme je te l'ai dit avant, beaucoup de choses ont changé. Ce qui fait que je ne suis plus dans la capacité de te rejoindre ». Les mots de la russe étaient emprunts d'une certaine tristesse. Elle fixait le visage déçu d'un frère avec ses iris céruléennes. « Il y a mère, et Ioulia. Elles ne pourraient pas quitter la demeure, impossible. Et je ne les laisserai pas derrière-moi comme tu l'as fait. Elles sont vulnérables, toutes les deux. Qui sait ce qui pourrait leur arriver ? La Main Noire leur tomberait dessus immédiatement. Je ne peux supporter une autre perte dans notre famille. C'est trop douloureux ».

Elle le voyait fermement retenir ses mots face à la jeune femme si faible qu'était Alexandra. Au fond, peut-être aurait-elle préféré qu'il crie ? Pourtant il était là, il l'observait silencieusement en-dessous de lui. Elle se soumettait à son regard perçant, à ses mots qu'il n'osait prononcer mais qui pourtant transparaissaient sur son expression faciale. Il était déçu, clairement. La sorcière eu, pendant un court instant, peur qu'il ne lui assène une gifle en plein visage, mais elle ne bougea pas de sa position de soumission, les yeux rivés vers son visage. « Il m'a déjà touché, Max, je ne peux te le cacher plus longtemps », avoua-t-elle, tête baissée. « Je ne vais pas te mentir en te disant qu'il m'a violé. J'étais ... consentante, à chaque fois ». Voilà qu'elle lui avouait que leur cousin l'avait tringlé, à plusieurs reprises, et qu'elle y avait participé presque la tête haute. C'était une honte qu'une Ivanov couche en dehors du mariage, cela ne faisait pas parti des bonnes mœurs. L'aveu de sa sœur devait le dégoûter, c'était immoral, surtout en dehors du mariage. Un long silence suivi sa phrase. Elle eut peur à nouveau, mais cette fois-ci qu'il parte, qu'il la laisse ainsi et qu'il ne veuille plus la revoir. Il aurait des raisons. Quelle honte, elle avait perdu de sa pureté en s'abandonnant au premier venu comme une vulgaire catin du bas peuple. « Et je suis enceinte, de lui », avoua-t-elle en gardant la tête baissée, s'attendant à recevoir un coup de sa part, verbal ou physique. Sa main se posa sur son ventre encore plat mais qui protégeait secrètement la semence fertile du patriarche, consciente que les mois à venir ne seraient pas aussi rose qu'elle ne l'aurait imaginé. Elle attendait un enfant, alors que leur union n'était pas encore célébrée. Kolya avait béni leur couple, vérifiant à nouveau l'adage, celui qui disait que les femmes de leur dynastie étaient des pouliches fertiles.

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21/5/2017, 15:33
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L’intuition, le pressentiment lui vint lorsqu’elle se leva du lit pour faire les cent pas. Nikolaï la savait tiraillée et cela lui plaisait tellement qu’elle ne cède pas à la première demande. Toutefois pour Maksim, c’était un début de défaite, alors son faciès s’orna de l’inquiétude naturelle et grandissante. Plus tôt ? Oui probablement avant ce soir où Nikolaï avait pris en main le rôle de Patriarche qui aurait du revenir à son cousin en cavale. Regrettable erreur, mais si profitable pour le fils de Sergueï. « Je ne pouvais pas. » Pas si tôt. Et c’était ce dont avec profité le fiancé, aller plus vite que la montre, toujours plus, pour ne laisser du terrain à personne d’autre qu’à lui-même. Il la vit revenir près de lui, à genoux, dans une soumission que lui-même peinait tant obtenir. Et voilà que sa fiancée l’offrait à son frère, sans le moindre détour. La jalousie l’étreignait avec vigueur. Il lui sembla avoir retenu sa respiration quelques secondes avant de suivre les palabres de sa promise.

Sa mère, sa sœur. Au fond de lui, Maksim devait les aimer. Mais sa mère était vieille à présent et sa dernière sœur une cracmol. C’était la guerre et des gens mourraient. Combien de temps Alexandra croyait-elle que ces deux femmes survivraient si l’envie prenait Nikolaï de les sacrifier ? Elles lui étaient utiles pour l'heure. Rien d'éternel. C’est du moins la réflexion qu’il supposait de la part de Maksim. Nikolaï, lui, était plus attaché à sa famille qu’il n’y paraissait. Un attachement possessif qui refusait de gâcher et dilapider. Maksim ravala sa salive, déglutissant avec difficulté alors que sa sœur baissait la tête pour des aveux pires. Nikolaï jubilait. Comme il aurait aimé que Maksim se prenne véritablement cela en pleine face. Comme il aurait adoré voir la lumière s’éteindre dans ses yeux pour traverser l’enfer. Comme il se serait satisfait de son désespoir, de sa culpabilité à n’avoir pas tenu le rôle qui lui revenait et que Nikolaï avait saisi à pleine poigne.

Un petit sourire, sadique, avait marqué ses lèvres et il remercia mentalement sa fiancée d’avoir eu la tête baissée à cet instant pour ne pas l’avoir remarqué. Sa respiration était un peu plus forte par le plaisir, se superposant à merveille avec la colère de son cousin. Une colère qu’il imaginait parfaitement, qu’il imitait, jouissant de cette déchéance qu’il pouvait lui offrir. Il apprendrait tout cela, tôt ou tard. Véritablement. Crûment. Oh oui, il veillerait à ce que cela parvienne d’une manière ou d’une autre à ses petites oreilles rouges de colère. Dommage que cela ne soit pas aussi jouissif que cet instant, celui où ces mots affreux sortaient de la bouche même de sa sœur. Et puis, à la dernière phrase, il y eut un blanc dans l’esprit de Nikolaï. Sa mâchoire tomba de stupeur, bouche ouverte, et fort heureusement Maksim aurait tiré à peu près la même tête mais pas pour la même raison.

Il jugula l’essence même de ses émotions. Immédiatement. Elles étaient trop intenses et elles auraient fini par se voir, alors il les étouffait avec sang-froid sans plus tarder. Elle portait son enfant. Déjà. Il ne s’était pas attendu à si tôt et cela était parfait. Il tâchait d’inspirer lentement, mais sa respiration tremblait. Instantanément, il transforma satisfaction en rage et colère pour s’accommoder du personnage qu’il jouait. Il se leva, s’écartant d’elle. Il éleva ses mains, les passant dans ses cheveux par désespoir. Ce qu’il entendait devait être odieux, horrible pour son cousin. Il ne cachait pas sa catastrophe. Il tirait ses cheveux en arrière : « Non, non, non... » murmura-t-il tout bas avant que la voix charismatique de Maksim se mette à gronder, de plus en plus sombrement, de plus en plus fortement, gonflé progressivement par le courroux et la souffrance : « Non, non, non, NON, NON, NON !! » Il avait crié, secouait la tête de gauche à droit en signe d’incompréhension. Comme il aurait réellement aimé voir Maksim dans cet état.

Il se servait de sa propre souffrance. Il revoyait sa femme morte, son ventre gisant sur le côté et toute la colère, toute la douleur qu’il avait contenue et pouvait enfin extérioriser dans ce mime parfait. Il avait saisi Alexandra par le bras pour la relever, la coinçant contre le mur, frappant des poings de chaque côté d’elle sans pour autant tomber dans la bestialité latente de Nikolaï. Il y avait beaucoup plus de réserve dans ces geste là. Ce n’était pas de la violence, c’était de la douleur exprimé à sa sœur. « Tu ne peux pas… Ce n’est pas vrai… Tu n’es pas cette femme-là… Ce n’est pas toi... » Il suppliait, rongé, déstabilisé, dans l’incompréhension la plus totale : « Pourquoi tu as fait ça ? Pourquoi… Il te manipule, ne le vois-tu pas ? » Il essayait de la raisonner, de lui montrer la vérité, l’éclairer, offrant ses propres travers en pâture : Nikolaï se connaissait si bien.

« Il manipule tout le monde. Tu crois qu’il a pris notre mère et notre sœur sous son toit par charité ?! » Il serra les dents, plongeant son regard troublé dans le sien : « Il les garde en otage pour te museler. Il te manipule, je pensais que tu étais plus forte que ça, comment… Comment tu peux l’accepter ? Il a tué notre père. Il l’a exécuté et il a sali son nom en le faisant passer pour un traître aux yeux de tous et lui le héros de sa propre histoire. Il t’a souillée… Pour te retenir. Plus tôt tu porterais son parasite et plus tôt tu lui serais liée. Et maintenant, il t’a. Plus tu resteras avec ce monstre et plus il t'enchaînera jusqu'à ce que tu t'étouffes avec ta propre laisse. » Il secouait de nouveau la tête de gauche à droite, niant l’évidence qu’il avait sous les yeux. Et puis, son regard se raffermit rudement, comme persuadé de détenir la vérité.

« Tu n’es pas en état de décider. Il te contrôle. Je t’emmène et on t’enlèvera cette.. Chose. » L’enfant qu’elle portait. La belle avec en son sein la semence de la bête. Il l’encercla de son bras et transplana. Les ruelles étaient plus sombres dans cette partie de la ville. Il prenait la main de sa sœur, l’entraînant avec lui. « Ça va aller, Sasha. » souffla-t-il en tournant à droite avec elle.
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Alexandra I. Ivanova
Elève à Koldovstoretz
Né(e) il y a : vingt-trois ans
, à : Saint-Pétersbourg
, mes proches me surnomment : Sasha
et pensent que je ressemble à : Margot Robbie.
Actuellement je suis : fiancée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : à la défense magique.
, aujourd'hui je travaille en tant : qu'élève à Koldovstoretz.
Sans le cacher je soutiens : la Main Noire.
J'ai rédigé : 398
parchemins, et récolté : 14589
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : Blondie (avatar) + cheap thrills (sign).
Dans la vie, je suis aussi : Maria G. Raspoutina, Kathleen M. Goustov.
Ma baguette est faite en : Palissandre des Indes et son coeur est en écaille de Zmey.
Mon niveau de combat est : 3.


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21/5/2017, 18:03
       
comme une braise sous la cendre

   
-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

DES JOURS ET DES JOURS DE PRÉPARATION POUR CETTE PREMIÈRE MISSION A L’ÉTRANGER. ME VOILA PRÊTE POUR UNE NOUVELLE AVENTURE. CES DERNIERS JOURS ONT ÉTÉ COMPLIQUE, JE ME SENS ÉTRANGE. J’ESPÈRE QUE JE N'AI PAS SIMPLEMENT LE MAL DU PAYS.
La déchéance était en marche. Alexandra sentait la tension monter dans le corps de celui qui semblait être son frère. Sa respiration se faisait plus bruyante, plus marquée, comme s'il tentait de juguler tout cet afflux de colère en lui. Elle craignait tellement son courroux, Maksim savait être très expressif quand il le pouvait. La belle, toujours à genoux devant le sorcier, attendait sa réaction face à la nouvelle ainsi annoncée. Il ne se serait probablement pas avancé sur une fécondation aussi rapide. A vrai dire, elle était elle-même étonnée d'être enceinte. Une fois aurait suffit à planter sa graine et à la faire germer dans ses entrailles reproductrices. Un vrai exploit. En y repensant, était-ce le bon moment pour lui annoncer, après tous ses longs mois d'absences ? Non, Alexandra aurait dû se museler plus férocement, garder cette nouvelle pour son retour de mission. Elle passa ses mains sur son visage, frottant doucement ses joues comme pour se réveiller d'un cauchemar. Son comportement montrait clairement qu'elle regrettait ses mots mais aussi qu'elle redoutait la réaction de Maksim, qui ne se fit pas attendre. L'homme se redressa brusquement, la faisant sursauter, sous le regard inquiet de sa sœur qui avait relevé la tête dans sa direction. Il s'éloigna d'elle, et tira en arrière ses cheveux. Il avait l'air désespéré d'entendre cette nouvelle, la fin de sa vie, tout ce en croit il croyait s'effondrait sous ses yeux ahuris. Le corps de la belle se refroidi rapidement, comme si tout son sang s'était échappé. Blême, elle rapprocha ses bras contre son corps pour encercler sa poitrine. Sa voix masculine se fit entendre dans la petite pièce, d'abord en murmures puis des cris qui lui transpercèrent presque les tympans.

La colère du sorcier explosa dans la pièce, elle crut sentir le sol vibrer pendant un court instant. Il pivota dans sa direction, marchant en faisant de grandes enjambées, le regard déterminé, puis il la saisit par le bras pour la faire se redresser. A ce moment-là, Alexandra avait peur, ses jambes tremblaient, elle sentit son souffle se stopper jusqu'à ce qu'il la cale contre un mur. Il était si proche d'elle, sa respiration sportive frôlait son visage pâle. Elle était bouche bée, n'osait pas parler de peur de le froisser encore plus. Que pouvait-elle dire d'autre de toute façon ? C'était tout à fait naturel comme réaction, il devait encaisser tout d'un coup. Un coup de poing à côté de sa tête, puis un autre de l'autre côté, faisant sursauter par deux fois son petit corps craintif. Ses iris céruléennes semblaient tressaillir à chaque mouvement du russe. Ses mots suivirent ses gestes, emprunts de douleur et d'une incompréhension la plus totale face aux agissements de sa sœur. Son adorable visage de jeune femme se tordit, honteuse, gênée d'avoir ainsi déçu cet homme qui croyait en elle. Pourtant elle lui faisait face, avec crainte, mais elle se tenait droite. Alexandra ne voulait pas fuir, elle était la raison même de sa réaction explosive, elle voulait l'écouter jusqu'au bout. « Je sais Max, je suis fautive dans cette histoire » Elle détacha chacun des mots de sa phrase, sa voix tremblait fortement, des larmes restaient encore fermement accrochées aux commissures de ses paupières. « Max » Suppliait-elle tandis qu'il continuait d'enchaîner son discours, révolté, tentant de la faire changer d'avis par tous les moyens. Elle était bien consciente de ce qu'il se passait à la demeure des Ivanov. Nikolaï ne retenait pas sa famille par simple charité chrétienne. En attendant, sa mère, sa sœur et elle étaient en vie, elle n'en demandait pas plus pour l'instant.

Les muscles de sa mâchoire étaient tendus à l'extrême, son regard était accroché à celui de sa sœur, comme s'il voulait que ses mots la sortent de sa rêverie. Alexandra réussit à calmer ses tremblements. La poitrine de son frère se soulevait au rythme de sa respiration saccadée, frôlant la sienne un peu plus apaisée. « Alors il m’enchaînera, et j'étoufferai » Dit-elle d'une voix plus calme, ses iris reflétaient le caractère sérieux de sa déclaration. « Si c'est mon destin de finir ainsi, je l'accepterai ». Avait-elle encore le choix ? Elle n'était qu'une femme, elle n'avait aucun moyen de s'échapper de sa condition. Le voulait-elle réellement ? Elle qui commençait à apprécier doucement cette personnalité si particulière qu'était son fiancé. Il avait réussi à la manipuler, à merveille, voilà qu'elle doutait de sa propre nature. En tout cas sa phrase sembla choquer son interlocuteur, un long silence s'en suivi. Comme pour conclure la conversation, Maksim insulta sa soeur en insinuant qu'elle n'avait plus la capacité de raisonner, contrôlée par l'influence grandissante du patriarche, et prit l'ultime décision de la faire avorter.  « Q ... Quoi ?! » S'exclama-t-elle. Au moment où la jeune femme s'apprêta à reculer, celui-ci posa son bras sur elle et tous les deux disparurent de l'hôtel.

Sasha et Maksim réapparurent dans une ruelle sombre et désaffectée de la ville portuaire. La russe lança un regard autour d'elle, tentant de se situer vainement dans ce paysage inconnu. Elle n'eut pas le temps, on s'empara fermement de sa main et elle se faisait littéralement tirer dans la ruelle. « Maksim Ivanov, arrête immédiatement ce que tu es entrain de faire ! » Hurlait-elle à s'en casser la voix, tirant de toutes ses forces sur ce bras qui ne voulait pas la lâcher. « Je t'en supplie mon frère, arrête, laisse-moi partir ». A côté d'elle, le sorcier était déterminé, ne lui lançant pas un seul regard. Ils continuaient leur avancé, difficile, dans les ruelles de la ville française. Aucun moldu, aucun sorcier, ne se présentait face à eux, personne pour l'aider. Alexandra se débattait, encore et toujours, tentant de se rattraper à un volet ou à un pan de mur. Rien à faire, il était beaucoup plus fort qu'elle. « Pitié, pitié » Se voix se tordit en un murmure désespéré, un flot de larmes s'écoulait désormais sur son visage. Elle souffrait de voir le comportement de son frère, elle avait peur de ce qui allait lui arriver s'il réussissait à faire ce qu'il avait annoncer. Non, elle ne pouvait décemment pas se le permettre. Impossible de transplaner sans l'emporter avec elle, il fallait qu'elle s'échappe, par tous les moyens à sa disposition.

« Aaah ! » Cria-t-elle, comme un hurlement de douleur, elle se plia en deux, tombant à genoux sur le sol. Sa réaction brutale fit arrêter son frère, elle sentit sa main se desserrer, il se tourna dans sa direction. Rapide, furtif, Alexandra donna un coup dans le tibia de son frère pour le faire tomber. La sorcière profita de cet instant de flottement pour quitter l'endroit en courant. Sa robe et sa chevelure dorée flottaient dans le vent. Elle était très endurante, elle réussit à courir assez vite pour ne pas se faire rattraper par son frère. Enfin pas tout de suite. Un sortilège siffla près de ses oreilles, elle eut à peine le temps de tourner à gauche dans une autre ruelle, l'éclaire rouge s'écrasa contre un mur en pierre. Elle ne pouvait pas se permettre qu'il l'attrape, pas aujourd'hui. Elle répliqua aussi, une fois, puis une autre fois, à l'aveugle. Une pierre mal placée, des chaussures à talons peu adaptées pour la course de rue, la sorcière trébucha et tomba par terre. Entendant les bruits de pas de son frère, elle transplana immédiatement dans sa chambre d'hôtel.

Son corps tomba sur son lit moelleux, grinçant sous le poids de son corps. Sa tête plongée dans son oreiller, elle dut rouler pour se mettre sur le dos. Respiration haletante, Alexandra refusa de bouger pendant quelques secondes, profitant de l'instant pour reprendre son souffle. La course fut longue et fatigante, Maksim était un excellent coureur, et ne ratait jamais sa prise. Il y avait un risque qu'il rapplique à nouveau. Elle ne pouvait pas s'enfuir bien loin. Ses jambes fines recouvertes de bleus et d'écorchures, elle ne leur prêta pas la moindre attention, préférant se redresser. La jeune russe empoigna sa valise de voyage et se hâta de sortir de cet hôtel pour rejoindre le bateau encore à quai.

Arrivée au niveau du RMS Saint Jean, la belle encore toute essoufflée, montra sa carte d'embarquement et se dépêcha de rejoindre la cabine qu'elle avait réservée pour elle et son compagnon de route qui tardait à se présenter. Il y avait encore peu de touristes sur le pont, le navire ne quitterait le port qu'en fin d'après-midi. Alexandra posa sa valise sur la banquette à côté d'elle, puis s'allongea sur la sienne. Il ne lui suffisait que de quelques secondes pour terminer dans les limbes d'un sommeil profond, un moment bien mérité. Son voyage avait commencé de façon explosive. Elle revoyait l'expression de dégoût sur le visage de son frère, probablement énervé au moment où elle fermait ses prunelles délicates. Pauvre Maksim.

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take my hands
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21/5/2017, 20:56
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Nikolaï se montrait sourd aux demandes de sa fiancée, autant qu’il était ébahi par sa férocité et la façon dont elle campait sur ses positions. Elle était admirable et il se jugulait férocement de ne pas lui rouler un patin langoureux. Déjà qu’entre cousins, c’était assez tendancieux, mais avec l’apparence de Maksim… Cette seule idée parvenait à lui donner la force de retenir l’envie qui le tenaillait. En lieu et place de cela, il se montrait ferme et déterminé, transplanant dans une autre partie de la ville où il n’y avait pas un chat. Elle se débattait comme une lionne et s’il n’avait pas les traits de Maksim, il aurait sûrement ri de bon cœur à la voir donner un tel fil à retordre à son frère. Au cri, il se retourna subitement, craignant qu’elle se soit blessée gravement, à force, mais ce ne fut que pour se prendre un coup en traître et la voir lui échapper.

Il lui courut après, transplanant par moment pour combler la défaillance de son tibia endommagé. Le corps de Maskim était plus fluide que le sien, un peu plus jeune. Cela lui faisait du bien de courir ainsi, autant que de retrouver l’usage d’un bras droit. Il tenta les sorts, évita les siens et en la voyant choir au sol, il serra les dents. Elle disparut. Ralentissant sa course, Nikolaï s’adossa à un mur, reprenant son souffle, un large sourire satisfait ornait ses lèvres. Pour la première fois depuis longtemps, il s’avouait satisfait émotionnellement. Il la possédait. Elle lui appartenait, quel-qu’en soit les conséquences et plus que tout… Elle portait son enfant. La joie indicible qui saisissait son cœur n’avait pas de prix. Il laissa son dos glisser contre le mur de briques de la maisonnée, fessier sur le sol humide. Il reprenait son souffle, savourait l’instant et alla même jusqu’à s’allumer une cigarette pour fêter cela dignement.

Après plusieurs minutes, il songea à sa fiancée qui devait être exténuée. Son ancienne épouse était souvent très épuisée lorsqu’elle portait un enfant, et la course poursuite avait du consumer ses forces. Il ne bougea pas jusqu’à ce que ses traits reprennent douloureusement leur apparence initiale. La souffrance de son bras droit ne lui avait pas manqué. Il l’enviait, Maksim. Il l’enviait d’être entier. Il se releva, transplana à nouveau là où il pourrait se changer, brûler ces vêtements comme on efface des preuves. S’allumant un cigare, il prit le chemin du bateau, montrant sa carte d’embarquement, ses papiers russes sans prononcer un mot. Fort heureusement, il captait les pensées de l’autre pour comprendre ce qu’il voulait exactement, découvrant, blasé par la nature humaine, que cet homme entretenait des relations sexuelles avec son chien. Foutus français.

Un soupir, et il montait à bord, laissant les autres dévisager sa large carrure de russe. Quoi donc ? Ça n’était tout de même pas sa faute si ces français étaient tous de petits gringalets ! Il dut baisser la tête plusieurs fois et passer de profil pour rejoindre la cabine qui lui était attribuée, roulant des yeux à chaque fois que le passage était trop étroit pour lui. Foutus français. Son regard céruléen se posa sur la belle endormie, sans la réveiller. Si elle avait besoin de repos, il lui laisserait. Il souleva lentement ses jambes pour s’asseoir sur le bout du lit et posa ces frêles chevilles endommagées sur ses cuisses. Sa baguette parcourait lentement les écorchures et les bleus pour les faire disparaître. Il n’était pas médicomage, cela lui prenait du temps et de l’énergie… Mais il n’avait strictement rien faire d’autres donc autant prendre soin de sa future épouse.

Enfin, elle se réveillait. Il n’avait pas terminé son travail tant qu’il poursuivait sans demander son reste. Entre deux sortilèges informulés, il porta ses iris aux teintes céruléennes sur elle, silencieux. « Comment tu t’es fait cela ? » demanda-t-il d’une voix grave mais posée alors qu’il reprenait ses soins, comme si c’était parfaitement normal qu’il soit sorti hors de son pays adoré. Il retenait son angoisse, dans un sang-froid parfait. Les reproches qu’il avait pu avoir à son égard disparaissaient depuis l’annonce de la grossesse qu’il était censé ignorer. « Ton coéquipier… A été saisi par une maladie contraignante, l’obligeant à décommander sa présence à tes côtés. S’agissant d’une mission diplomatique, j’ai été convié à l’assumer à sa place. » C’était la version officielle.

Plus détendu, il laissa un petit sourire sarcastique tordre ses lèvres amusé : « Je n’ai absolument pas fait des mains et des pieds pour te suivre. Nos retrouvailles sont parfaitement fortuites. » L’ironie transpirait dans ses mots comme une plaisanterie avant qu’il n’ajoute : « Et je ne savais absolument pas que ton coéquipier allait boire dans ce verre-là précisément. Un accident malheureux. Je sais que cela fait beaucoup de coïncidences mais… Non, vraiment, je n’y suis pour rien. » Il poussa un soupir puis s’occupa à nouveau de ces jambes blessées. Il secoua la tête de gauche à droite, dépité : « Qu’est ce que tu ne me fais pas faire… ? Que tu passes du temps avec l’un de tes professeurs… Soit. » Oh non, il encaissait cela très mal, mais ça n’était que peu comparé à ce qu’elle s’apprêtait à faire s’il n’était pas intervenu : « Que tu partes à des milliers de kilomètres en compagnie d’un autre homme… Non. Sasha, que fais-tu de mon honneur et du tien ? »
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Alexandra I. Ivanova
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Actuellement je suis : fiancée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : à la défense magique.
, aujourd'hui je travaille en tant : qu'élève à Koldovstoretz.
Sans le cacher je soutiens : la Main Noire.
J'ai rédigé : 398
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Dengi. Mon portraitiste s'appelle : Blondie (avatar) + cheap thrills (sign).
Dans la vie, je suis aussi : Maria G. Raspoutina, Kathleen M. Goustov.
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Mon niveau de combat est : 3.


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21/5/2017, 22:46
       
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DES JOURS ET DES JOURS DE PRÉPARATION POUR CETTE PREMIÈRE MISSION A L’ÉTRANGER. ME VOILA PRÊTE POUR UNE NOUVELLE AVENTURE. CES DERNIERS JOURS ONT ÉTÉ COMPLIQUE, JE ME SENS ÉTRANGE. J’ESPÈRE QUE JE N'AI PAS SIMPLEMENT LE MAL DU PAYS.
La belle russe somnolait paisiblement, allongée sur la banquette, la face plongée dans un coussin de la compagnie. Sa position n'avait rien de séduisant, rien de distingué pour une femme de son rang. Sa bouche, semi-ouverte, laissait couler un fin filet de bave, net et régulier, sur le tissu en coton blanc. Ses bras et ses jambes, écartées, lui donnaient l'air d'une étoile de mer échouée sur une plage. Ses cheveux blonds étaient étalés un peu partout, cachant une partie de son visage endormi. Alexandra était drôle à voir, cela lui donnait un air enfantin, pour ses vingt-trois printemps. De temps-en-temps, on pouvait l'entendre grogner ou grommeler une phrase ou deux, incompréhensible pour le commun des mortels, sauf pour ceux qui arrivent à lire dans les rêves. Des images de sa journée défilaient dans son esprit. Le trajet en portoloin où elle avait pu prendre des nouvelles de son futur poste à la Douma, sa découverte de la ville française de Calais et de ses habitants au caractère particulier, et cette rencontre avec son frère. A vrai dire, ce fut surtout l'entretien avec Maksim qui repassait en boucle dans sa tête. Ses mots, ses expressions si spécifiques. Cela faisait tellement longtemps qu'elle ne l'avait pas vu, c'était comme si elle venait de redécouvrir son frère. Ce fut une explosion de joie, terminée par une fuite en bonne et due forme. Il lui avait demandé de fuir avec elle, elle avait refusé. Il avait voulu lui enlever son futur enfant, pour la libérer du joug de son inséminateur, elle avait refusé. Aujourd'hui, la sorcière avait clairement choisi son camp, inconsciemment celui de Nikolaï. Le regretterait-elle un jour ? Peut-être. En attendant, elle roula sur elle-même pour se mettre sur le dos, sans entendre l'intrusion du patriarche dans sa cabine.

Ses bras en l'air, posé de part et d'autre de sa tête, elle affichait un sourire satisfait. Alexandra ne se réveilla toujours pas quand, d'un geste habile et lent, son fiancé s'installa au bout de la banquette et porta ses chevilles sur ses propres cuisses. Son sourire s'élargit encore plus, laissant échapper un soupire de soulagement, peu discret, quand elle sentit la chaleur du sortilège sur ses jambes blessées. Rien, toujours rien. Une après l'autre, ses paupières s'entrouvrirent. La vision floue s'estompa progressivement, pour laisser apparaître la silhouette imposante de Nikolaï. Alexandra se redressa presque en un sursaut. Elle n'avait pas prévu la venue de cet homme, et surtout pas qu'il soit en train de la soigner. Intriguée, suspicieuse, elle l'observa en silence, la pointe de sa baguette illuminée traversait chaque parcelle de sa peau lésée. Rien, pas un bonjour, pas la moindre explication. Sa question posée avec sa voix si grave la fit froncer les sourcils. Boudait-elle ? Certainement, elle connaissait le personnage et savait pertinemment pourquoi il était là. « Je suis tombée dans l'escalier, à l'hôtel. J'ai écrasé un chat qui m'a sauté dessus et qui a griffé mes jambes ». Explication peu convaincante, néanmoins il devrait se faire à l'idée qu'aujourd'hui il était probablement la dernière personne qu'elle s'attendait à voir. « Il était très ... sauvage » Dit-elle sur un ton très froid, comme pour accentuer encore plus son mensonge. Elle ne pouvait pas lui dire la vérité, cela risquerait de mettre en danger son frère, elle ne voulait pas qu'il le traque jusqu'en France. Au lieu de ça, la belle se rallongea pour laisser ses jambes dénudées à la merci des mains expertes de son fiancé.

Chaque passage de sa baguette régénérait un peu plus sa peau blessée. Ses bleus s'estompaient, ses écorchures se refermaient. Elle en regrettait presque sa main qu'elle avait senti, pendant un court instant, le long de ses mollets. Il avait ce don magique de réussir à lui faire perdre la tête, d'un simple geste qui pourrait paraître anodin. Ses iris céruléennes figées sur le plafond, elle l'écoutait justifier sa présence dans ce voyage diplomatique. Il se moquait, ouvertement. Son ironie flagrante que démontrait qu'une chose, il était là pour la surveiller, en personne. Jaloux, possessif, envieux. Il avait brisé sa peur de l'étranger pour la suivre. Avait-il réellement peur qu'elle s'enfuit définitivement ou craignait-il l'adultère ? La sorcière se mit à ricaner à la fin de ses explications peu convaincantes. « Sincèrement Kolya, quelle image as-tu de moi ? A en croire tes insinuations, je ne suis pas digne de confiance ». La belle leva la tête, pendant un court moment, juste l'occasion de fixer le visage de son fiancé. Elle leva les yeux au ciel, exaspérée par son comportement intrusif. Un vrai gamin, il était juste possessif, il n'y avait là rien d'autre que ça. La sorcière reprit sa position. « Quand je pense que tu me fais suivre, c'est un comble » S'exclama-t-elle. Il parlait d'honneur, alors que lui-même se vantait de ne pas suivre les normes imposées par leur société. L'honneur n'était-il pas basé sur un ensemble de principes moraux ? Elle soupira à nouveau, exaspérée. Alexandra finit par repousser ses jambes des cuisses du patriarche. Elle quitta sa position pour s'asseoir face à lui, sur l'autre banquette, les jambes croisées dans une position très féminine et sensuelle. Ses mains se posèrent sur ses genoux, elle se tenait droite, sérieuse. « Le bateau va quitter le port de Calais d'ici quelques heures, nous naviguerons de nuit. L'arrivée au port de Londres est prévu à vingt-heure trente. De là nous rejoindrons à pied une auberge sorcière, le Leaky Cauldron. Deux chambres ont été réservées. Nous aurons chacun la notre ». La russe s'arrêta dans les explications, marquant ce silence pour bien accentuer la fin de sa phrase. « Ce n'était pas prévu que j'arrive avec mon fiancé, nous allons peut-être devoir garder nos distances pour éviter ... d'attirer trop l'attention. Donc je souhaiterai que tu gardes en tête que nous ne sommes pas là en voyage mais pour une mission. Chacun sa chambre ». Cassante, elle se permet tout de même un rictus à la fin de sa phrase. C'était sa mission, à la base, elle ne voulait pas se laisser marcher sur les pieds par ce manipulateur de génie. « Tu t'es sûrement renseigné sur la mission avant de te débarrasser de la concurrence, mais notre objectif est de retrouver Gellert Grindelwald, un mage noir très puissant que notre Maître souhaiterait rallier à sa cause. Nous entamerons nos recherches le lendemain matin, dès l'aube. Des questions ? »

Une envie de vomir ses tripes la prit brutalement. La belle se leva brusquement pour sortir de la cabine, à la recherche d'un lieu propice à la vidange. Quelques pas seulement dans le couloir, une porte, et un placard à balais. Un seau si justement posé, elle tomba à genoux et vomi dans le récipient en tôle. Des gouttes de sueur perlaient sur son front moite. D'un coup de baguette, elle vida le liquide nauséabond. La jeune femme dut attendre quelques secondes avant se s'extirper de l'endroit, sa bassine à la main, retrouvant la silhouette de Nikolaï dans la même position. Sans la moindre explication, elle posa la bassine entre les deux banquettes et retourna s'allonger. « J'ai besoin d'un peu de repos, je pense que j'ai attrapé quelque chose avant d'arriver ici », se contenta-t-elle d'exposer en signe d'explications. Effectivement, la maladie qu'elle avait attrapé allait se prolonger sur plusieurs mois, quelle ironie du sort. Elle se mit sur le côté, de dos à Nikolaï, et essaya de fermer les yeux. Impossible, elle n'arrivait pas à se rendormir. Ses prunelles restaient ouvertes, elle sentait la présence de l'homme derrière elle, son souffle si caractéristique. « En fait, j'ai besoin de me rafraîchir les idées, on se retrouve plus tard ». La sorcière se redressa sur son lit, empoigna sa valise et quitta à nouveau la cabine, sous le regard observateur du patriarche.

Alexandra parcourut les allées encore désertes du navire. Elle ne lisait pas bien l'anglais, peu le français, elle réussit tout de même à s'orienter. Des escaliers à monter, d'autres à descendre, puis finalement le Graal. La belle actionna la clanche d'une porte pour pénétrer dans les douches communes, celles des femmes. D'un clic, la porte se verrouilla mécaniquement. Ces moldus étaient inventifs, ils savaient créer des choses utiles dès fois. Elle posa sa valise dans un coin de la pièce, en sorti des vêtements propres qu'elle posa à côté de la valise. Alexandra se déshabilla au dernier moment, la pièce était glaciale, il fallait faire vite. Elle dut attendre un certain moment avant que l'eau ne s'écoule sur sa tête, le changement de température la réveilla brusquement, poussant un cris d'exclamation qui raisonna dans la pièce. Le puissant jet d'eau, qui lui coulait sur le haut du crâne, aplatissait ses cheveux dorés sur son visage. Cela lui faisait presque du bien, elle se sentait apaisée. La sorcière s'accroupit sur le sol, prenant une position fœtale, et laissa l'eau fraîche s'écouler le long de sa colonne vertébrale. Il n'y avait personne, aucun bruit, aucune menace. Juste le son de l'eau qui coulait. Rien, il n'y avait rien. Elle était prête à s'endormir dans cette position. La puissance du jet diminua progressivement.

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take my hands
let me see our future.
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23/5/2017, 01:14
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Rah… Ne pouvait-elle pas un peu se détendre par moment ? Il avait déjà lui-même assez à gérer avec ses propres émotions et ses peurs, ici, hors de Russie, pour se voir opposer une pareille résistance. Il n’avait fait qu’arriver, lui soigner ses jambes blessées, lui donner des explications distillées avec un humour pour détendre l’atmosphère et lui préciser qu’il n’appréciait guère qu’elle traîne avec d’autres hommes. Pour la simple et très bonne raison qu’il avait assez à jouer avec sa monstruosité pour se voir coller l’étiquette de cocu. A tord ou à raison en fait. L’important n’était que ce qu’en diraient les autres et s’il n’était pas capable de garder sa propre épouse en laisse, il perdrait définitivement en crédibilité. Ne voyait-il pas à quel point il était clément avec elle ? Le coup de ceinture lui manquait-il pour lui remettre les idées en place ?

D’un verbe acéré, grondant l’ironie suintante dans un calme olympien, il répondait du tac au tac à ses répliques, maniant les mots avec une aisance déconcertante et une finesse de politicien. « Oh. Je vois. Il faudra que tu me présentes ce chat en forme de pavés. » Il savait encore faire la différence entre des griffes d’animal et les blessures d’une rencontre avec le sol. Il roula des yeux, à la seconde réplique de la demoiselle, au sujet de la confiance qu’il devait lui accorder. « Digne ou non de confiance, tu es une femme dans un monde d’hommes affamés et de commères prêtes à déformer la réalité pour en faire des calomnies dont je n’ai vraiment pas envie d’être l’objet. » Ses mots étaient secs, francs, forts et ne laissaient pas la place à tolérer la moindre contestation. Il refusait d’être couvert de ridicule, et plus en amont de cela, il n’appréciait nullement qu’un autre homme vienne la toucher elle. Par excessive jalousie.

« Prends ma protection pour un comble si tu le souhaites. Tu a été torturée, tu as été attaquée et ta sœur a failli être enlevée à ta place. S’il est ton bon plaisir de vivre dans l’insouciance et la recherche du trépas, je ne le partage pas. Mes hommes sont en capacité de te sortir d’affaire et je leur ai demandé de te laisser vivre. Parce que tu en as besoin. » Il appuya sur ces derniers mots, parce qu’il agissait de la sorte uniquement pour elle, en rien pour lui-même. De la clémence à l’état pur. « Je ne te demande pas ta gratitude mais épargne-moi ton ingratitude. Elle est déplacée et toi-même tu le sais. » Il serra les dents en la voyant se lever et aller s’installer sur la banquette qui faisait face.

Un sourcil arqué, il l’observait faire sa dame et s’il n’avait pas ce sang-froid émérite, il l’aurait giflée pour la remettre à sa place. En lieu et place de cela, il s’enferma dans un humour glacial, sec et raide. « Je n’aime pas les chaudrons. » claqua-t-il entre deux répliques, le regard rude. Elle l’agaçait. Le prenait-elle pour un ignorant ? Le terrain étranger était suffisamment inquiétant à ses yeux pour qu’il ait pris la peine de prendre connaissance de toute leur mission dans les moindres détails. « Je vois : tu as tes règles. » rétorqua-t-il devant l’insistance qu’elle mettait à vouloir qu’ils aient des chambres séparées. C’était à croire qu’elle cherchait à le provoquer pour qu’il viole cette instruction et s’introduise dans sa chambre pour la tringler. Le choix de la réponse n’était toutefois pas anodin. Il savait qu’elle n’avait justement pas ses règles et que celles-ci lui manquaient, annonçant l’enfant qu’elle portait.

« Oui, j’ai une question. Me prends-tu vraiment pour un débutant ou tu es sciemment en train de m’insulter ? » Ses yeux aux teintes céruléennes lui jetaient des éclairs assassins. Sa voix grondait la violence qu’il retenait, visiblement peu enclin à se laisser de la sorte marcher sur les pieds. Il avait parfaitement l’habitude des traques à l’homme ainsi que des missions et de la diplomatie. Il savait ce qu’il avait à faire. C’était plutôt elle qui ignorait pleinement ce dans quoi elle mettait les pieds. Il n’eut toutefois pas de réponse puisque sa fiancée se leva en trombe pour aller vomir puis revint avec son seau qu’elle posait à ses côtés. Il l’observa se coucher, sans perdre de sa colère étouffée. Un courroux qu’elle avait du sentir, ne trouvant la paix, fuyant finalement sa proximité… Et il la suivit.

De loin. Lorsqu’elle entra dans la douche des femmes, il s’adossa à l’extérieur les bras croisés, grommelant mentalement comme un vieux. Oui, il était en train de faire le guet pour qu’on ne vienne pas ennuyer sa promise. Et oui, son comportement était parfaitement ridicule ! Mais il emmerdait le monde et il en avait déjà marre de ce foutu pays ! Les minutes passaient et il se décida finalement à entrer, baguette magique pour déverrouiller. Il la trouva recroquevillée et endormie, l’eau avait cessé de couler. Par désespoir, il poussa un soupir, lui lança un sort pour la sécher. Il faisait froid dans la pièce et ainsi trempée, elle aurait fini par attraper du mal. Ses chaussures claquaient doucement les sol recouvert d’eau alors qu’il avançait vers elle, l’entourait de son bras valide pour la soulever, son torse contre le dos de sa fiancée. Faisant venir à lui par magie la valise, il transplana dans leur cabine.

La valise tomba au sol tandis qu’il conduisait sa dame sur une banquette pour l’allonger. Après avoir défait sa veste et sa cravate, ses yeux dévorant le corps nu de sa promise, il vint près d’elle, passant son bras sous la tête blonde pour l’attirer contre lui. D’un geste de la baguette, il les couvrit d’une épaisseur de laine duveteuse et verrouilla la porte de leur antre. Sans dormir, il ferma les yeux dans cet instant de calme retrouvé, en profitant pour apaiser la colère qui grondait en lui. Il aimait la sentir contre lui, ce petit bout de femme si fragile au creux de sa carrure imposante. Il s’y habituait malgré lui, y trouvant une certaine forme de confort. Il caressait pensivement ses mèches blondes, comme s’il s’agissait de précieux fils d’or. Il aimait l’odeur de son corps, la douceur de la jeunesse de sa peau et son souffle lent lorsqu’elle dormait.

De petits détails.

Auxquels il s’attachait sans le vouloir, sans même l’espérer. Il se laissait bercer par un plaisir inhabituel, singulier et en ce sens, unique. Il la sentit bouger, s’éveiller et instinctivement, il avait légèrement resserré son étreinte, refusant qu’elle se défasse de lui, incapable de juguler sa réaction. Il la réadapta néanmoins rapidement, la relâchant délicatement sur le dos, retirant son bras de sous sa tête et relevant le buste au dessus d’elle, avant de s’asseoir. Mais il n’eut pas la force de quitter le lit. Il n’avait pas envie. D’un geste de la baguette, un informulé, sa valise s’ouvrait et une tablette de chocolat au lait rejoignit sa main. Il en cassa un carré de sa main valide, habituée à une dextérité solitaire et nécessaire par l’infirmité de sa jumelle. Il reposa la tablette derrière lui et glissa la fine épaisseur chocolatée entre les lèvres de sa fiancée. Du sucre. Pour les nausées. Sa femme défunte en prenait. Au pire, si cela ne marchait pas, la douceur n’était jamais déplaisante.

Ses doigts quittaient ses lèvres pour effleurer la peau tendre de sa joue, jusqu’aux abords de son oreille, avant de revenir le long de sa jugulaire, jusqu’au menton. Ses prunelles ne la lâchaient pas du regard, plongeant dans ses iris avec une patience tendre. Il se penchait en avant, son visage rejoignait la proximité du sien, ses lèvres amorçaient un baiser à l’effleurement de celles au goût à présent chocolaté. Et pour autant, le baiser ne vint pas, comme si quelque chose le bloquait, l’empêchait de faire ce qu’il avait si bien auparavant feinté par manipulation. Non, décidément, il n’y arrivait pas. Ses doigts tombaient lentement de son menton jusque dans sa gorge, d’un effleurement vaporeux sur sa poitrine tendue. Il le sentait, comme la confirmation de la grossesse à demi-mots annoncée.

Il vint chercher sa main, la conduisant, la dirigeant jusqu’à sa propre joue. Il traçait son chemin dans sa barbe. Il fermait les yeux au contact des doigts d’Alexandra qu’il faisait lentement remonter jusque dans sa nuque, à travers ses cheveux d’ébène. De frustration inconnue, il se crispait, resserrant sa poigne sur celle de sa fiancée, et elle-même sur ses cheveux qu’il tirait pour en sentir la douleur. Une douleur pour détourner son attention d’une autre, plus violente. Il vint coller son front au niveau du sternum de sa promise. Elle pouvait sentir son souffle chaud et admirablement régulier malgré le tourment et puis, bientôt, des perles d’eau salées tomber sur sa poitrine. En silence. Sa main lâchait sa sienne, l’abandonnant quelques part dans ses mèches d’un noir chu dans les ténèbres, pour remonter le long de son bras, comme un chemin tout tracé.

Il souleva légèrement le front, trop honteux pour oser la regarder, sa tête descendit de long de son corps dénudé pour venir embrasser ce ventre encore plat mais dont il savait ce qu’il renfermait. Une caverne au trésor inestimable. Son amour était déjà donné pour cette parcelle de vie en devenir, comme à chacun de ses enfants, équitablement et excessivement. Il en avait perdu deux. Il ne voulait pas en perdre le moindre autre. Cela le prenait aux tripes, plus fort que sa plus robuste volonté. Il revoyait le sang entre les cuisses de sa précédente femme. Il revoyait l’éclair vert qu’il avait été contraint d’infliger au ventre rond qui gisait dans le sol de son bureau, agonisant. Il n’avait rien montré, traits de marbre, froideur et détermination, mais son âme s’était déchirée irrémédiablement. Il avait peur, si peur à présent. Il étouffa un sanglot qui passa pour un spasme, un sursaut à la douleur contenue, contorsionnée, renvoyée dans le fond de son esprit torturé.

Sa poigne s’était refermée sur l’une des crêtes d’iliaque de sa promisse, refusant qu’elle bouge, qu’elle s’écarte ou qu’elle le force à lui faire face. Sa pudeur refusait d’exhiber ce qui maltraitait son cœur. Ce qu’il avait trahi était déjà bien assez. Il resta longuement le front dans le creux de son ventre, les minutes nécessaires pour se calmer. Plus une larme, pas un son, juste son souffle qui redevenait régulier et sa poigne sur sa hanche qui se desserrait. Lentement, comme ankylosé, il se redressait, assis et son regard si habitué à se plonger dans le sien s’évada. Il observait par le hublot du mur contre lequel la banquette se trouvait. Les terres françaises s’éloignaient. Ils avaient débuté leur traversée vers l’Angleterre. Il posa sa tempe contre le bord du hublot, le regard perdu. Son visage dénué d’expression semblait avoir pris dix ans, fatigué par toute l’horreur du monde qu’il voyait.

Enfin, son regard revint vers elle, l’affrontant en silence, les lèvres scellées dans un mutisme qui lui convenait assez bien. Il n’avait pas envie de parler, d’exprimer quoique ce soit. Il n’avait pas non plus envie de fuir et d’aller prendre l’air, ça n’était pas son tempérament. Il ne fuyait que lorsqu’il se savait trop violent, trop en colère et qu’il risquait de faire un mal qu’il regretterait. C’était alors plus de la sagesse qu’une réelle fuite. Là, il n’avait pas de violence, il ne sentait pas de douleur. Il se sentait vide, pour une fois, et cela lui faisait beaucoup de bien. Il n’avait pas envie de briser cela.
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Alexandra I. Ivanova
Elève à Koldovstoretz
Né(e) il y a : vingt-trois ans
, à : Saint-Pétersbourg
, mes proches me surnomment : Sasha
et pensent que je ressemble à : Margot Robbie.
Actuellement je suis : fiancée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : à la défense magique.
, aujourd'hui je travaille en tant : qu'élève à Koldovstoretz.
Sans le cacher je soutiens : la Main Noire.
J'ai rédigé : 398
parchemins, et récolté : 14589
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : Blondie (avatar) + cheap thrills (sign).
Dans la vie, je suis aussi : Maria G. Raspoutina, Kathleen M. Goustov.
Ma baguette est faite en : Palissandre des Indes et son coeur est en écaille de Zmey.
Mon niveau de combat est : 3.


Sacoche magique
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http://koldovstoretz.forumactif.com/t97-fiches-de-rp-d-alexandra
23/5/2017, 21:52
       
comme une braise sous la cendre

   
-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

DES JOURS ET DES JOURS DE PRÉPARATION POUR CETTE PREMIÈRE MISSION A L’ÉTRANGER. ME VOILA PRÊTE POUR UNE NOUVELLE AVENTURE. CES DERNIERS JOURS ONT ÉTÉ COMPLIQUE, JE ME SENS ÉTRANGE. J’ESPÈRE QUE JE N'AI PAS SIMPLEMENT LE MAL DU PAYS.
Ploc, ploc, ploc. L'eau gouttait dans un rythme régulier sur le sol de la salle de douche. L'air frais qui s'était engouffré dans la pièce mordait la peau sensible de la jeune femme endormie, dressant son duvet blanc sur ses bras, ce qui ne suffit pas à la sortir des limbes de son sommeil profond. Elle s'était accroupie, assoupie, épuisée par sa journée mouvementée, incapable d'ouvrir les yeux dans son état actuel. La belle n'avait pas senti le torse puissant du patriarche se lover contre son dos, la transportant rapidement dans leur cabine personnelle.

Un contact chaud, fort agréable, sembla la sortir de sa somnolence prolongée. Alexandra n'ouvrit pas immédiatement les yeux, elle se délectait du parfum de l'homme allongé à ses côtés. Les ailes de ses narines bougeaient, lentement, inspirant les effluves de la fragrance qu'elle avait appris à apprécier. Si caractéristique, elle avait l'impression de se plonger dans son cou. Ce n'était pas le cas, hélas. Son bras se tendit à l'aveugle à sa droite, la pulpe de ses doigts frôla une barbe rugueuse de plusieurs jours. Il était là, tout contre elle, un sourire se logea dans le creux de ses lèvres. Oh, elle était satisfaite, tellement heureuse de se sentir ainsi protégée. Dans les bras de Nikolaï, rien ne pouvait lui arriver, elle en avait presque oublié son comportement possessif qui l'avait tellement énervé. Il avait ce don de réussir à lui faire perdre la tête, si facilement. La belle remua pour se replacer, l'étreinte du sorcier se resserra presque instantanément pour se détendre par la suite. A travers ce geste, la belle comprit qu'il ne voulait pas qu'elle s'écarte. Cette proximité, sa présence, la chaleur de son corps, il en avait besoin autant qu'elle. Oui, elle avait besoin de lui, enfin elle se l'avouait. Ses iris bleutées apparurent enfin, examinant avec attention l'environnement qui l'entourait. Un instant de réflexion lui suffit à comprendre ce qui s'était passé. La jeune femme avait probablement dû s'endormir et il l'avait ramassé, comme à chaque fois. Ses mains palpèrent son ventre nu, remontant sur sa poitrine pour descendre le long de ses cuisses. Nue, entièrement nue. Évidemment, elle s'était douchée sans ses vêtements. Il l'avait donc ainsi transporté et recouvert d'une épaisse couverture, gardé tout contre lui depuis ces dernières heures, comme on gardait précieusement un être cher. Elle était touchée, profondément.

Et cette nudité bien présente. Ses joues ne se parèrent pas de rose, comme elles l'auraient fait quelques jours auparavant, son visage observait avec une tendresse mesurée son fiancé, assis à côté d'elle. Sa pudeur avait disparu, effacé par l'attitude tendre d'un homme qui avait pris soin d'elle. Nikolaï était un homme étrange, il continuait de troubler son esprit sensible. Au fond, sûrement masochiste, elle aimait ça. Sa main caressait instinctivement son ventre, perdue dans ses pensées de femme. Ses lèvres s'entrouvrirent pour accueillir le carreau de chocolat qu'il lui offrit. Délicate attention, la russe adorait cette sucrerie chocolatée. Son sourire s'agrandit encore plus tandis qu'elle mâchait doucement ce qu'elle avait en bouche. Cela lui faisait du bien, elle sentait la chaleur retrouver son corps, progressivement, elle revivait. Docile, elle l'observait de son regard bleu azur. Chaque parcelle de son visage semblait avoir été créée pour séduire, pour manipuler, pour dominer. Cette mâchoire carrée des Ivanov, ses iris si caractéristiques et si semblables aux siennes, et ce regard qui la faisait trembler de désir, inconsciemment. Elle devenait folle, tellement folle de voir s'effacer cette étiquette héréditaire qu'elle lui avait collé au front. De ses prunelles, elle ne le regardait plus comme un simple cousin, comme elle l'avait regardé tout au long de leur vie, aujourd'hui c'était un homme qu'elle voyait, un homme fort attirant.

Son souffle vint mourir sur ses lèvres. Leur proximité réduite coupa la respiration de la jeune femme, qui se laissa ainsi cajoler, profitant de cet instant pour se détendre. Leurs lèvres se frôlèrent sans se heurter. Rien, juste une caresse délicate, instantanée, il ne bougea pas. S'était-il attendu à ce qu'elle l'embrasse ? En tout cas la belle regretta presque qu'il n'aille pas plus loin. Au moment où le bout de ses doigts s'aventurait sur la peau déjà si sensible de sa poitrine, elle sentit ses muscles se contracter et tendre encore plus le derme. Guidant cette main si fine qu'il avait empoigné avec douceur, sur la peau de son visage, profitant les yeux fermé d'un contact plein de tendresse. Sa main passa dans ses cheveux, entremêlant ses doigts dans ses mèches sombres. Une pression, brutale, obligeant sa douce à refermer sa poigne sur une touffe de cheveux, tirant en arrière et provoquant irrémédiablement chez lui une douleur. Alexandra s'exclama presque d'être ainsi prise en traître à le faire souffrir, sans le vouloir. Nikolaï la lâcha. Elle sentait désormais son souffle sur sa poitrine, son sternum se soulevait au rythme de sa respiration lente. Son visage n'était plus visible, comme s'il tenait sciemment à se cacher de son regard. Il descendit encore, plus bas, jusqu'à son ventre qu'il embrassa.

Durant un court instant, la sorcière se demanda s'il avait su. Non, impossible. Elle n'en avait parlé à personne pour l'instant. Devait-elle déjà lui dire ? Quelle serait sa réaction ? Alexandra avait laissé sa main sur sa tête, elle massait son cuir chevelu, doucement pour ne pas le brusquer. Sa respiration régulière, chaude, agréable sur son nombril, se transforma en l'espace d'un court instant en un espèce de sanglot masqué. Etait-il triste ? La jeune femme, intriguée, inquiète, tenta de bouger. Impossible, la poigne du patriarche retenait fermement son bassin, elle resta alors allongée sur le dos, silencieuse. La peau de son abdomen se recouvrait d'une fine pellicule aqueuse née des larmes versées par son fiancé. Les minutes défilèrent, aucun des deux ne parla. La belle continuait d'offrir un semblant d'affection à cet homme qui semblait souffrir, sans oser l'avouer. Nikolaï était un homme fort, puissant, qui ne pouvait se permettre d'avouer ses faiblesses et ne se confessait jamais, avec sincérité. Là, au creux de son ventre, il était en train de s'apaiser. Il n'y eu plus un bruit, plus une larme, il se redressait en évitant soigneusement de la fixer. C'était la première fois que leurs iris céruléennes ne se croisaient pas. Elle crut voir ses yeux rougies par un instant de chagrin. A nouveau elle se tut, le laissant observer par le hublot l'extérieur du bateau. Elle s'était redressée sur la banquette.

« Kolya » Murmura-t-elle de sa voix douce. Le patriarche était sorti de son état second pour la regarder, enfin. La belle pencha la tête d'un côté, puis de l'autre. Elle était adorable, sa bouille lui donnait l'air d'une gamine avec ses yeux brillants. Alors qu'elle s'approcha de lui, hésitante. « Kolya, je dois te dire quelque chose ». Alexandra prit sa main gauche entre les siennes, sans quitter ses iris intriguées une seule seconde, la porta à sa bouche. Elle déposa un baiser délicat sur le revers, et se stoppa. Les secondes lui paraissaient les plus longues de sa vie. « Non je n'ai pas mes menstruations, je suis enceinte », annonça-t-elle, le souffle presque inexistant. Il fallait qu'il le sache, qu'elle lui avoue. Il l'aurait remarqué au fil des jours. Ses vomissements réguliers, ses nausées, la fermeté de sa poitrine qui s'accentuerait de jour-en-jour. Il n'était pas né de la dernière pluie, sa femme avant elle avait été de nombreuses fois grosses. Le patriarche pouvait reconnaître une femme enceinte à des kilomètres, sans aucun doute. La belle, le visage innocent dans ses jeunes années, s'était rallongée sur le dos, offrant la peau nue de son ventre à sa main. Etait-il étonné ou non, elle ne put le dire. Ses paupières se fermèrent, elle profitait de cette main qui frôlait son ventre encore plat. Tout se concrétisait rapidement pour ce couple étrange.

Ils passèrent encore quelques minutes dans cette même position. Personne ne pouvait les déranger dans leur intimité. Des touristes étrangers faisaient des vas-et-viens dans les couloirs étroits du bateau, brisant ponctuellement le silence qui s'y était installé. « Kolya » Susurra-t-elle, profitant une dernière fois du calme de la bête pour dégager une mèche de cheveux noir de son front. « Je suis affamée, allons chercher à manger ». Elle avait l'estomac vide, sans la moindre nausée, il fallait en profiter. La belle russe quitta sa banquette après avoir frôlé la mâchoire de son fiancé du bout des doigts, pour aller chercher des vêtements décents pour sortir en public. Silhouette encore longiligne, elle se changea sous le regard attentif de Nikolaï. Elle arborait une robe bleu nuit qui descendait sous les genoux. « Je ne voulais pas te froisser avant, excuse-moi que tu te sois senti insulté ». Avoua-t-elle, pendant qu'elle enfilait une paire de bas, sans oser le regarder directement dans les yeux. « J'imagine que ça n'a pas dû être facile de te libérer pour m'accompagner ». La sorcière noua sa chevelure en une longue tresse, d'un coup de baguette magique. « Je te suis aussi reconnaissante de me protéger, malgré tout, même si me sentir surveillée ne m'enchante pas. Cela devient nécessaire, je ne suis plus seule ». Elle baissa instinctivement sa tête pour fixer son nombril. C'était encore difficile pour elle, devenir mère ne faisait pas parti de ses priorités.

Le couple Ivanov avait quitté les bas-fonds des soutes. Tous deux déambulaient dans de plus larges allées, à la recherche d'un endroit où acheter de la nourriture. Alexandra tenait son fiancé par le bras gauche, pour une fois de son plein gré. La dernière fois qu'ils étaient apparus ainsi en public, en dehors de cette journée de traque à Koldovstoretz, c'était lors de leur soirée à l'opéra. Sacré souvenir. Ils avaient quitté ce lieu avec pertes et fracas, elle avait manqué de tuer un prétendant en le poignardant et lui l'avait défloré peu de temps après. La belle sentait le bateau tanguer, elle dut se retenir quelques fois avec plus de fermeté à Nikolaï, manquant même de lui arracher la manche. « Wah » S'exclama-t-elle en ralentissant la marche. Face à eux, dans un groupe de touristes français, une sublime créature se détachait des autres. Élancée, merveilleusement formée, la chevelure brillante, vêtue d'une longue robe rouge. Alexandra fut surprise par la beauté de cette femme, c'était la première fois qu'elle se sentait aussi laide face à un tel morceau. La sorcière tira légèrement sur la chemise de Nikolaï pour attirer son attention. « Est-ce une vélane ? » Par là, elle voulait principalement demander si sa beauté était naturelle. Elle était complètement hypnotisée par cette étrangère, elle n'arrivait même pas à détacher son regard de sa silhouette de rêve, elle ne sentait même plus la présence de son fiancé à ses côtés. Tout-à-coup, une sensation étrange. Alexandra fit demi-tour, sans prévenir, et se mis à marcher machinalement dans la direction opposée. Que faisait-elle exactement. Démarche saccadée, le regard vide, la belle sentait que son corps ne lui appartenait plus.

Ses pas la menaient à l'autre bout du pont supérieur. Dehors, le temps était menaçant, il faisait nuit noire. Seules quelques lanternes éclairaient les passerelles du bateau. Alexandra continuait son chemin sur une de ces passerelles, contrôlée par une force inconnue. Puis, elle s'arrêta, au milieu de nul-part. Ce fut comme si elle se réveillait d'un rêve, perdue elle observait autour d'elle. Qui avait bien pu l'ensorceler, et pourquoi ? Alexandra serra ses bras contre sa poitrine, ressentant désormais le froid sur sa peau puis sentit une présence derrière-elle, ils étaient deux.

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24/5/2017, 19:08
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Sa voix était douce. Nikolaï appréciait d’avantage cette tendresse que la furie des autres fois. Même s’il ne l’avouerait jamais vraiment. Il préférait avoir moins de fils à retordre et il n’aimait pas se prendre la tête. Il n’avait rien contre un peu de challenge ou de piment… Mais il était aussi un quarantenaire qui adorait son petit confort de bourgeois. Il se prit à chercher ce qu’elle pouvait bien avoir à lui dire : qu’elle avait vu Maksim, qu’elle était enceinte, qu’elle voulait adopter un chien ou il ne savait quelle bestiole puante et encombrante, qu’elle avait envie de fraises ? Sans legillimancie, il jouait un peu à la chance du hasard, laissant sa main être embrassée sur son revers. Il aurait voulu esquiver le geste tendre et pourtant, il ne se retirait pas, mirant ses prunelles intensément, avec une patience squ’il avait depuis longtemps fait sienne.

Elle fut récompensée à l’annonce qui tombait. Son seul regret fut d’être la seconde personne à l’apprendre après ce stupide ‘frère’ mais elle n’avait pas tardé à lui en faire part néanmoins. Il ne pouvait qu’apprécier qu’elle se confie à lui et s’attendait à ce qu’elle ne fasse de plus en plus, comme on repose sur un pilier pour lequel on a confiance. Sa main à la poigne forte se fit tendresse en reposant sur ce ventre, laissant apparaître sur ses lèvres un sourire plein de réserve. S’il écoutait son fort intérieur, il serait en train de sauter sur les lits toute sa joie, hurlant et criant qu’il allait être père. Mais sa noble éducation lui réclamait la pudeur de ses sentiments. Son regard se remplissait néanmoins de fierté dans un accomplissement sincère. Elle portait son enfant, il était là et dans les mois à venir, il se ferait de plus en plus présent, jusqu’à inspirer sa première bouffée d’air et pousser son premier cri.

Il était là, le fruit de ses entrailles, la chair de sa chair, au chaud, harmonieusement combiné à ce que pouvait offrir la cavité fertile de celle qui serait bientôt son épouse. Le silence était retombé, son pouce caressait lentement la peau douce et encore trop peu tendue autour de son nombril, et ses prunelles aux teintes céruléennes fixaient ses yeux avec l’intensité déroutante qu’il savait y placer, donnant l’impression de s’enfoncer en elle, jusqu’à son âme, jusqu’à l’essence même de son être. Il y accrochait sa fierté, ses attentes, ses espoirs. Il y martelait la sagesse qui devrait être sienne pour les mois à venir, afin que leur enfant grandisse dans les meilleures conditions possibles, hors du danger avec lequel elle flirtait bien trop souvent. Il y veillerait, assurément.

Tandis qu’elle se changeait sous ses yeux, repoussant au loin la pudeur de leurs débuts, il remit sa cravate et sa veste avant de sortir à ses côtés. Il n’avait pas bronché un mot aux excuses qu’elle formulait, les acceptant silencieusement. Il refusait d’entrer à nouveau dans le débat. Elle avait compris le principal : elle n’était plus seule à présent. Pour plusieurs mois et même après : leur enfant aurait besoin de sa mère et il refuserait qu’elle prenne des risques inconsidérés. Elle viendrait elle-même à cette évidence en tenant pour la première fois, leur progéniture entre ses bras, accroché à son sein pour en boire ce liquide vital. Le pont était occupé de quelques riches têtes qui pouvaient se payer la traversée. Ils voyageaient, mais Nikolaï sondaient leurs esprits, vérifiant qu’aucun d’eux ne leur ferait du mal, fusillant du regard ceux qui nourrissaient quelques envies charnelles à l’égard de sa fiancée pour leur faire comprendre que c’était mort. Vraiment.

Car soit ce serait l’envie qui mourrait soit ce serait l’homme s’il ne savait pas se tenir. Il porta son regard sur la dame que lui désignait Alexandra et son attention fut immédiatement adsorbée, ensorcelée et subjuguée par la beauté resplendissante qu’il examinait. Oh que oui, il y avait quelque chose de magique là-dedans et il lui fallut toute sa force mentale pour détacher son regard de la créature. Il pesta mentalement et eut un profond sentiment de malaise lorsqu’il réalisa que sa cousine avait disparu de son bras. La crainte lui noua le ventre, autant qu’il y était habitué. Le stress brûlant avait fait partie de ses précédentes fonctions à la Douma. Il le gérait et le régulait admirablement, quoi qu’avec un peu trop d’implication vu qu’il s’agissait de sa fiancée et de son enfant : « Alexandra ? » appela-t-il en regardant autour de lui, en vain. Sondant les esprits environnant pour capturer leurs souvenirs récents, il laissa très vite de côté les têtes des hommes qui avaient tous d’yeux que pour l’incroyable vélane sur le pont. D’esprit en esprit, il remontait la piste, suivait le sillage de sa promise.

Par moment, il n’y avait personne, il continuait d’avancer, espérant trouver quelqu’un d’autre un peu plus loin. Il lui arrivait de rebrousser chemin et puis, enfin. Elle était là, seule sur le pont. « Sasha... » souffla-t-il, réalisant qu’elle se tournait vers lui, l’air complètement perdue. Qu’avait-elle ? « Tu ne te sens pas bien ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils. Il ôta sa veste pour la mettre sur les épaules de la demoiselle. Ici, sur l’avant du bateau, le vent était plus frais qu’à l’abri, un peu plus tôt. Son regard l’interrogeait sans comprendre jusqu’à ce qu’en anglais une voix masculine ordonne sans que Nikolaï ne comprenne : « Débarrassez-vous du sang-de-bourbe. » Il eut tout juste le temps d’un « Protego » pour s’éviter une lumière verte qui allait lui exploser dans le dos. Sa legillimencie passa en revue les esprits. Trois hommes, dont un qui parlait russe. Il comprit enfin le sens de la phrase qui avait été lancé mais… C’était lui qu’on prenait pour un sang-de-bourbe ?

Il se contenta de parer les sorts un à un avant de claquer un : « Suffit ! » Voix forte, grondante, autoritaire. « Je ne suis pas celui que vous croyez. » L’ancien coéquipier d’Alexandra était de naissance moldue. Ceux qui l’agressaient avaient des idéaux pro-sang pur et n’avaient, résolument, voulu s’adresser qu’à Alexandra. Les sorts cessaient mais Nikolaï ne baissa pas sa baguette pour autant. « Mon nom est Nikolaï Sergueïevitch Ivanov. » Il y eut un silence, pendant lequel les trois silhouettes, dans l’obscurité, semblaient s’observer mutuellement. L’un des hommes, celui qui parlait russe, vint à reprendre la parole : « Pardonnez-nous, Monsieur Ivanov, nous attendions une femme. Vous aviez un peu trop de barbe pour correspondre à la description. » Bien sûr, ils attendaient Alexandra. Ses lèvres se crochetèrent d’un sourire en coin, ne perdant pas, même dans le danger, son charisme et son humour : « Promis, la prochaine fois, je la raserai. »

Il porta son regard sur Sasha qui camouflait et protégeait en partie par sa haute stature, désabusé. « Mon épouse, Alexandra. » Cela sembla mettre un peu de temps à réfléchir, et puis, la compréhension. L’autre avait aussi beaucoup d’humour semblait-il : « Oh. Je vois. Vous êtes un mari jaloux. » Qui avait pris la place d’un concurrent dans cet épopée. « Vous n’imaginez pas le nombre d’hommes qui ont fantasmé sur elle rien que sur ce bateau. » avoua-t-il, sans mentir. C’était ce qui l’inquiétait tant. Une femme seule, jeune, le minois agréable, ça attirait les regards… Et les envies d’actes interdits. « Vous êtes legillimens. » conclut l’autre. « Et vous très perspicace, c'est agréable. Et dans le noir, moins agréable. Montrez-vous. » Le bout de sa baguette s’illumina et Nikolaï patientait, sur la défensive, que l’autre veuille bien approcher et montrer son visage.
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Alexandra I. Ivanova
Elève à Koldovstoretz
Né(e) il y a : vingt-trois ans
, à : Saint-Pétersbourg
, mes proches me surnomment : Sasha
et pensent que je ressemble à : Margot Robbie.
Actuellement je suis : fiancée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : à la défense magique.
, aujourd'hui je travaille en tant : qu'élève à Koldovstoretz.
Sans le cacher je soutiens : la Main Noire.
J'ai rédigé : 398
parchemins, et récolté : 14589
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : Blondie (avatar) + cheap thrills (sign).
Dans la vie, je suis aussi : Maria G. Raspoutina, Kathleen M. Goustov.
Ma baguette est faite en : Palissandre des Indes et son coeur est en écaille de Zmey.
Mon niveau de combat est : 3.


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25/5/2017, 01:24
       
comme une braise sous la cendre

   
-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

DES JOURS ET DES JOURS DE PRÉPARATION POUR CETTE PREMIÈRE MISSION A L’ÉTRANGER. ME VOILA PRÊTE POUR UNE NOUVELLE AVENTURE. CES DERNIERS JOURS ONT ÉTÉ COMPLIQUE, JE ME SENS ÉTRANGE. J’ESPÈRE QUE JE N'AI PAS SIMPLEMENT LE MAL DU PAYS.
Comment était-elle arrivée là, sur ce pont, seule, elle l'ignorait. On l'avait ensorcelé, profitant de la diversion créée intelligemment par la sublime vélane pour détourner l'attention. Le patriarche avait lui aussi succombé à ses charmes magiques, comme n'importe quel homme, c'est pour cela qu'il n'était pas à côté d'elle. La belle commençait à se sentir inquiète, perdue, elle observait autour d'elle à la recherche d'un élément pour la rassurer. Fort heureusement, une voix masculine à l'accent russe se fit entendre derrière elle, un timbre de voix qu'elle connaissait parfaitement et qui détendit légèrement les traits de son visage. Alexandra pivota, soupira de soulagement à la vue de la silhouette de son fiancé. « Kolya ». Elle aurait voulu l'enlacer, quelque chose la retint, une force invisible flottait près d'eux, elle se contenta d'une main posée sur son bras gauche. Le rassurer, lui aussi, il en avait besoin. Ses iris intriguées parcouraient l'environnement. Rien, il n'y avait rien. Elle n'entendit même pas la question posée par le sorcier, perdue dans ses pensées, sa main droite s'était serrée fermement sur sa baguette. D'un geste protecteur, l'Ivanov déposa sa veste sur les épaules de sa douce, la protégeant du vent froid qui fouettait sa peau sensible. Un simple signe de tête, en remerciement, mais son regard était ailleurs. Quelque chose clochait. On ne l'avait pas emmené à l'écart pour rien, quelqu'un avait cherché à l'isolé. Cette personne se fit rapidement connaître. Un homme prit la parole derrière eux, en anglais. Rapide et vif, Nikolaï para de façon magistrale un sortilège létal qui lui était adressé. Alexandra fit volte-face, et se mit à parer à son tour les attaques qu'on leur envoyait. Plusieurs lanceurs, au moins trois. Les échanges ne durèrent pas plus d'une minute, ils furent intenses. La voix sèche du patriarche retentit, assez puissante pour forcer leurs assaillants à arrêter. Le combat était stoppé, mais les deux russes gardaient leur position offensive, conscients qu'ils n'avaient pas affaire à de simples touristes sorciers saoules.

Un sorcier d'origine russe, il semblerait, entama un échange verbale avec Nikolaï. Alexandra fronça les sourcils, tentant de distinguer leurs ombres dans la nuit. Elle ne parla pas, préférant laisser ce plaisir au politicien fort habile pour les discours. Non, elle restait sur ses gardes. Ils l'attendaient, c'était elle qu'ils voulaient. Pour éviter de s'encombrer avec un interlocuteur supplémentaire, ils avaient tenté d'éliminer celui qu'ils avaient pris pour le coéquipier qu'elle aurait dû avoir. Lui était un sang-de-bourbe, pas Nikolaï, non de Dieu ! La belle gardait un visage fermé, sérieux, consciente que ces hommes avaient été prévenu de sa mission. Ils devaient être les contacts qui les mèneraient à ce Grindelwald. Alexandra retint un sourire amusé, prenant au mot la phrase de son fiancé qui promettait de se raser. Oh oui, un jour prochain cette épaisse couche de poils disparaîtrait sous le tranchant d'une lame bien affûtée. Le patriarche la présenta comme son épouse, même s'ils n'étaient que fiancés. La jeune femme inclina sa tête, sobrement, les lèvres scellées. La voix de l'étranger se fit à nouveau entendre, après un court silence, il décrit avec une certaine justesse la présence du patriarche de la famille Ivanov comme étant celle d'un époux jaloux. A ce moment-là, la sorcière ne put retenir les commissures de ses lèvres qui s'arquèrent délicieusement. Il ne les connaissait pas, pourtant il avait visé juste. Le concerné ne désapprouva pas, illustrant son comportement par les informations glanées dans les esprits qu'il avait sondé auparavant. Alexandra lui lança un regard, amusée par ce qu'elle n'avait elle-même pas remarqué. Elle reporta rapidement son attention sur les assaillants, attendant leur réaction après que son fiancé leur ait demandé de sortir de la pénombre. Un 'lumos' fit scintiller la pointe de la baguette de l'Ivanov.

La belle tressailli à la vue des trois silhouettes qui se rapprochaient d'eux, ses doigts se cramponnaient avec fermeté sur le bois de sa baguette, toujours tendue dans leur direction. Trois hommes blancs vinrent à leur rencontre, à l'allure de gentlemen, pointant leurs baguettes devant eux. L'un d'entre eux portait une cicatrice au milieu du visage, il avait une tête de tueur et son regard carnassier effraya la jeune femme. Le second, celui du milieu, avait une posture de leader. Grand, costaud, il avait une épaisse barbe rousse qui pendait à sa mâchoire carrée. Un espèce de borsalino trônait sur son crâne. Le dernier, un peu en retrait par rapport aux autres, était plus chétif, mais ses prunelles les fixaient avec une intensité phénoménale. « Dis leur de baisser leurs baguettes » Murmura l'homme à droite. « Nous les baisserons après que vous ayez baissé les vôtres » Rétorqua la jeune femme, dans un anglais plus qu'acceptable, faisant rouler les 'r' de façon typiquement russe. Les étrangers furent étonnés d'avoir une réponse dans leur langue, ne s'attendant probablement qu'à devoir s'exprimer en russe. Le silence se fit sentir, durant lequel tout le monde s'observa. Finalement, celui du milieu baissa sa garde, entraînant par la même occasion ses deux acolytes à le suivre. De son côté, Alexandra échangea un regard avec son fiancé, décidant elle-aussi de baisser sa baguette, tout en restant prête à répliquer en cas de coup de traîtres. Le roux barbu se détache de son groupe, d'une démarche lente il s'approcha d'Alexandra, il prit sa main d'un geste ample et souple, lui offrant un baise-main suivit d'un « Ma dame ». Elle sentit que ce geste ne fut pas apprécié par l'homme à ses côtés, ressentant probablement cela comme un affront. Ils les testaient, c'était claire comme de l'eau de roche. La sorcière ôta sa petite main de la grosse paluche de l'anglais, avec douceur, puis repris sa place aux côtés de celui qui s'était présenté comme son époux. « Qui êtes-vous et que voulez-vous ? »

Le trio étranger se regroupa à nouveau, se présentant en ligne parfaite devant le couple Ivanov. Oui, qui étaient-ils ? L'homme bizarre, celui de gauche, croisa ses bras contre son costume, sa baguette pointée en l'air illuminait son visage. Il était laid, terriblement effrayant, un frisson parcourut l'échine de la belle. « Nous cherchons une femme russe, qui souhaiterait rencontrer notre maître » Glissa-t-il de sa voix stridente. Le visage de marbre, Alexandra ne lui répondit pas immédiatement. « Qui vous dit que je suis la bonne personne ? Et pourquoi avez-vous tenté de tuer mon époux ? » Son ton s'était fait sévère, les muscles de sa mâchoire étaient tendus. Ils échangeaient toujours en anglais, la jeune femme espérait que Nikolaï capte l'essence de leur conversation. L'homme à droite se mit à pouffer de rire, murmurant quelques paroles au sorcier à sa gauche. Il y eu un blanc, puis le leader reprit la parole. « Nous vous avons suivi, nous savons qui vous êtes. Vous devriez penser à sécuriser votre chambre la nuit, n'importe qui peut y pénétrer ». Choquée par de telles révélations, la jeune femme sentit son sang ne faire qu'un tour. Ils avaient visité sa chambre d'hôtel, la nuit dernière, pour vérifier son identité. « Pour ce qui est de votre époux ... » Commença l'homme du milieu, hésitant il se caressait la barbe « Ce n'était pas prévu qu'il soit présent ». Il observa de façon presque taquine le patriarche qui se tenait toujours aux côtés de sa femme.

Tout-à-coup, la sorcière commença à se sentir partir. Elle ne tomba pas, au contraire, elle se tenait bien droite, son regard plongé dans le vide. A nouveau on la contrôlait, elle ne pouvait plus bouger, plus user de sa volonté. Alexandra lâcha sa baguette, qui tomba au sol, aux pieds de Nikolaï. Elle se mit à avancer, dans une démarche lente, en direction du trio de sorciers étrangers. Luttant de toute ses forces contre l'esprit qui prenait possession de ses mouvements, Alexandra se mit à s'arrêter en milieu du chemin. Ils voulaient qu'elle vienne à eux, pour transplaner directement chez leur maître. Sans Nikolaï. « Ne bougez-pas » Lança l'homme qui parlait russe, il pointait sa baguette sur Alexandra qui était tombée à terre, elle luttait pour ne plus bouger, à genoux, la tête dans ses mains. Aucun des trois ne semblaient être l'origine de ce sortilège, un quatrième personnage était caché quelque part et œuvrait dans l'ombre. « Notre maître l'attend, vous pouvez rentrer dans votre pays, nous nous chargerons de sa sécurité ». Sentant la tension monter en flèche, il rajouta. « Si vous faites un pas de plus, nous nous verrons dans l'obligation de lui faire du mal, ce serait fort regrettable ». L'homme à barbe se rapprocha de la belle, se mettant à genoux face à elle. Il porta sa main gauche à son menton, pour l'obliger à redresser la tête. Sa tête pencha à gauche, puis à droite, essayant de capter ses iris azurées qui restaient closes. De ses doigts grossiers, il dégagea une mèche blonde de ses cheveux. « Allons-y ma belle, laisse-toi faire », murmurait-il dans le creux de son oreille.

La russe luttait toujours dans son esprit, sentant l'emprise du sorcier se resserrer sur elle comme un étau brûlant. Elle ne voyait pas toutes les baguettes qui étaient pointées, prêtes à s'enflammer dans la bataille. On la visait, par trois fois ou plus. Tout-à-coup, une douleur vive se fit sentir derrière son crâne. Elle s'écroula, la tête dans le cou du roux barbu. Alexandra perdit connaissance. La dernière pensée qui lui traversé l'esprit : elle avait terriblement faim. Le sorcier hissa la blonde devant lui, comme un bouclier, la baguette légèrement enfoncée dans sa gorge. Il fixait le patriarche, le regard menaçant. « Ne faites pas un geste que vous risquerez de regretter, mon ami, il ne lui arrivera rien si vous ne bougez pas. Mon maître l'attend ».

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25/5/2017, 20:30
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Un instant, Nikolaï crut que l’éclair vert aller quitter spontanément sa baguette tant il n’appréciait nullement le comportement de l’autre idiot qui offrait un baiser disgracieux sur le revers de la main d’Alexandra. Ce porc mal léché ne faisait que mimer des gestes dont il ignorait toute la splendeur et l’attrait, tout paysan qu’il était. Il avait peut-être vu jouer cela dans les films français, mais il ne connaissait rien à la subtilité, l’effleurement à peine sensible des lèvres sur une peau qu’on respectait avec le plus grand soin sans y étaler la bave d’un désir sexuel. Ses traits de marbre se tiraient, son regard le fusillait, mais il ne s’y opposa pas purement et simplement, relevant légèrement le menton en signe de supériorité. La situation était assez tendue pour qu’il y rajoute du piment et Alexandra eut grand soin de retirer promptement sa main dès que possible, ce dont il la remerciait mentalement pour le courroux que cela lui épargnait. Baguette baissée, il prenait de sa main droite, invalide, sa taille fine pour s’assurer de sa pleine possession. Elle posait des questions et lui sondait ces esprits friables, à sa merci, prenant les informations qu’il désirait, se servant sans modération, sans aucune crainte d’indigestion. S’il voulait les défaire, ce ne serait pas par la force : ils étaient plus nombreux. En revanche, il se savait suffisamment bon politicien pour les amadouer et un excellent officié des crises pour gérer cette urgence dangereuse qui leur causait du tord. Il évaluait toutes les options possibles, anticipait les conséquences, captait les réactions que ces anglais pouvaient avoir et prévoyait le moyen de les contrer. Il voyait leur vies inintéressantes, leurs faiblesses, ce qu’ils aimaient et ce qui leur déplaisait. Il se gavait de leurs failles, de la stupidité de leurs raisonnements, leurs orgueils et leurs péchés.

La baguette tombant des mains d’Alexandra le tira de sa chasse mentale, observant le bois au sol et sachant pertinemment ce qu’il signifiait. Des prunelles d’un bleu céruléen se relevèrent lentement sur le profil calme, droit, et figé de sa fiancé. De toutes les informations qu’il avait récoltées, il s’acheminait sur l’arbre des possibles, des différentes options qui se présentaient à lui, opérant ses choix avec une justesse souvent mise à l’épreuve. « Sasha... » fit-il doucement, sa main effleurant délicatement ses cheveux blonds où le bourgeon d’une rose blanche fit discrètement son apparition, près de son oreille, sa tige se mêlant à la chevelure pour se fixer. Sa main gantée retomba le long de son corps alors qu’Alexandra, manipulée, avançait vers ses ravisseurs. Mais les choses ne se passaient pas comme prévu par le trio. Sa promise luttait, s’arrêtant en chemin tandis que les anglais lui ordonnaient de ne pas bouger. A trois contre un, il n’était pas encore fou à ce point. Patient, il attendait de voir ce que donnerait la résistance. Il ne pouvait lui-même pas lancer d’Impero pour en reprendre le contrôle. D’une part : il ignorait les conséquences que cela pourrait avoir sur la psyché d’Alexandra. S’il l’avait fait sur cette infirmière il y avait quelques jours, ce n’était bien que parce qu’il n’avait rien eu à faire des dommages collatéraux tant qu’on laissait l’Ivanova en paix. D’autre part : les autres l’auraient vu ou senti et l’auraient attaqué. C’était stupide, il avait déjà repoussé au loin cette possibilité de son arbre de choix. Elle fut à terre, à genoux, sa lutte était admirable mais beaucoup avaient tenté avant elle de résister au sortilège impardonnable. D’aucun ne le pouvait vraiment, même le plus ferme des esprits serait marqué de séquelles s’il luttait trop.

L’anglais se crispait se tendait là où l’Ivanov se paraît d’un sang-froid magistral. Sa baguette était toujours baissée, il n’avait pas fait le moindre mouvement et n’en ferait pas le moindre. Il le laissa approcher sa promise, cherchant à voir jusqu’où cet idiot irait et bientôt la menace de sa baguette sous la gorge de sa fiancée acheva de parfaire la décision qu’il avait prise. Nikolaï avait mis lentement un genou à terre pour ramasser la baguette perdue un peu plus tôt par sa cousine et se releva avec fluidité en même temps que l’homme à la barbe rousse. Une dernière menace et Nikolaï tournait les talons : « Fort bien. Prenez soin d’elle. » Voix grave, il les quittait, délaissant le pont et ses hommes étonnés de sa réaction. Ils s’attendaient à se battre ? Non, Nikolaï allait simplement les tuer. Il transplana. Le ciel au dessus de lui était sombre, l’air frais et humide des terres anglaises. Il y avait des champs à perte de vue, un chemin de terre et cette grange derrière lui. Une voiture noire, délaissée mais en parfait état de marche, dont il savait parfaitement l’utilité. Les fuyards qu’il avait traqué à la Douma utilisaient souvent des moyens moldus pour brouiller les pistes laissées par les reliquats du transplanage, du réseau de cheminée ou celui des portoloins. Il rangea la baguette de sa cousine dans l’intérieur de sa veste, précieusement et levait la sienne, patient, attentif. Il n’aurait pas le droit à l’erreur. Le premier homme apparaissait : ni barbe rousse ni cheveux blonds, il fut donc immédiatement mis à terre par un éclair vert avant même de réaliser qu’il était arrivé. Il y eut trois cadavres, successivement, Nikolaï ne leur laissa pas le temps de se retourner, ôtant la vie avec une froideur singulière.

La quatrième homme fut privé de la possibilité de transplaner et fut désarmé alors que sa baguette rejoignit celle du Patriarche qui, patient, laissa l’autre idiot prendre connaissance de ce qui s’était passé… Et commencer à trembler. Nikolaï avait su où ces hommes voulaient transplaner. Il l’avait vu dans leurs esprits et s’en était approprié la destination avant eux, les attendant là pour les descendre un à un. Sauf un. Qui avait à présent une mise déconfite, se servant toujours d’Alexandra comme bouclier. « Je ne vais pas te tuer. Si j’avais voulu le faire, je n’aurai pas perdu de temps. J’ai besoin d’un messager. » Calme, sa baguette levée vers lui s’abaissa. Que pouvait bien lui faire l’autre, hm ? Il n’avait pas d’arme, juste ses bras et s’il comptait faire le moindre mal à sa promise, Nikolaï avait déjà en tête le nom, les visages, et l’endroit où se trouvaient la femme et les enfants de cet homme. Il y ferait un carnage tel que le pauvre roux ne pourrait pas même encore reconnaître les visages de sa lignée décimée. « Lâche ma femme. » C’était froid, impérial et sa possessivité transpirait dans ses mots sans le moindre embarras. L’autre ne tarda pas à s’exécuter et Nikolaï la fit léviter jusqu’à lui, près de lui. Soulagé malgré sa maîtrise. Il poussa un soupir. Il avait dit avoir besoin d’un messager et n’avait pas menti. « Grigori Raspoutine, mon maître et leader de la Russie, souhaitait pourparler avec Gellert Grindelwald. En dépit de son premier choix, il a eu la révérence d’envoyer en émissaires deux sang-purs d’une éminente lignée russe à la pratique politique suffisamment exercée pour engager avec lui des négociations qui n’ont rien de l’apparat désolant de quelques paysans à peine éduqués. C’est avec respect que mon maître s’est présenté et c’est avec blasphème qu’il a été reçu. »

Son regard accusateur le fixa longuement, remettant en cause le traitement dont il avait été l’objet dans la situation imprévue et la façon dont avait été traitée l’Ivanova. « Si Grindelwald entend traiter son potentiel allié dans le sang... » On avait bien essayé de le tuer non ? Hm ? On éliminait donc les serviteurs d’un allié. Ça commençait mal. « Je crains que nous ne soyons contraints de préserver notre pays de ses assaillants. » Son regard se porta sur les trois cadavres au sol. Ce n’était qu’un avertissement. « Si toutefois il s’agit d’une regrettable erreur de la part de ses belliqueux servants… » Oh oui, il parlait de l’abruti auquel il s’adressait. « Je suis prêt à reconsidérer l’invitation. Nous séjournerons au Chaudron Baveur deux jours avant de repartir. » Tel était son message. Bien sûr qu’il craignait les représailles, mais il s’agissait d’une mission de la Main Noire, elles n’étaient pas sans danger. Par ailleurs, cela donnerait le ton pour la suite si par deux fois, Grindelwald ne comprenait pas le message d’amitié et d’abnégation qu’on lui adressait. Il transplana, retour dans la cabine du bateau où il allongea Alexandra sur la banquette avant d’immédiatement sécuriser le lieu contre le transplanage, repoussant moldus et sorcier par différents sorts de protection jetés à ces murs. Par prudence. Il ne pensait pas l’autre idiot capable de revenir vers lui tout de suite : Nikolaï avait toujours sa baguette magique, l’autre n’avait rien pour se battre. Il expira un soupir, vidant ses poumons du stress accumulé, comme il avait appris à le faire à la Douma. Il vérifia l’état de sa belle, sonnée. Quelques sorts de soin.

Il quitta la cabine un très bref instant pour revenir avec quelque chose de mangeable pour lorsqu’elle se réveillerait de son tourment. Il s’assit sur la banquette d’en face, allumant une cigarette, toujours vigilant, tendu. Ce voyage n’allait décidément pas être de tout repos… Il fallut près d’une heure à Alexandra pour se remettre et ouvrir les yeux. Nikolaï vint s’asseoir près d’elle, se penchant au dessus pour croiser son regard, patient. « Tout va bien ? »
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Alexandra I. Ivanova
Elève à Koldovstoretz
Né(e) il y a : vingt-trois ans
, à : Saint-Pétersbourg
, mes proches me surnomment : Sasha
et pensent que je ressemble à : Margot Robbie.
Actuellement je suis : fiancée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : à la défense magique.
, aujourd'hui je travaille en tant : qu'élève à Koldovstoretz.
Sans le cacher je soutiens : la Main Noire.
J'ai rédigé : 398
parchemins, et récolté : 14589
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : Blondie (avatar) + cheap thrills (sign).
Dans la vie, je suis aussi : Maria G. Raspoutina, Kathleen M. Goustov.
Ma baguette est faite en : Palissandre des Indes et son coeur est en écaille de Zmey.
Mon niveau de combat est : 3.


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26/5/2017, 10:23
       
comme une braise sous la cendre

   
-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

DES JOURS ET DES JOURS DE PRÉPARATION POUR CETTE PREMIÈRE MISSION A L’ÉTRANGER. ME VOILA PRÊTE POUR UNE NOUVELLE AVENTURE. CES DERNIERS JOURS ONT ÉTÉ COMPLIQUE, JE ME SENS ÉTRANGE. J’ESPÈRE QUE JE N'AI PAS SIMPLEMENT LE MAL DU PAYS.
Froid, elle avait très froid. Son cœur daignait à peine lui faire ressentir sa présence, ralentissant au maximum ses battements et donc l'afflux sanguin dans son organisme. Elle avait besoin d'énergie, rapidement. Chaque cellule de son corps semblait crier famine, se mettant en veille jusqu'au retour d'un apport en énergie suffisant pour pouvoir reprendre son activité. Pâle, sa silhouette délicate reposait sur la banquette du bateau, elle semblait paisiblement endormie. Assommée depuis maintenant plusieurs heures, Alexandra n'avait rien vu de la situation qui s'était déroulé. Elle n'avait pas aperçu son fiancé, défendre fièrement et avec intelligence sa petite personne ainsi que leurs intérêts communs. Il avait tué tous leurs assaillants, sauf un. Ce messager permettrait à Grindelwald de les retrouver durant leur séjour londonien, il avait été épargné, dans le seul but de mener à bien leur périlleuse mission. Mais la sorcière avait été absente pour s'en souvenir. Elle n'avait pas pu combattre, son esprit ne fut pas assez puissant pour repousser le sortilège qui l'on avait lancé. A nouveau on lui avait sauvé la vie. Le dernier visage qu'elle avait aperçu, c'était celui de Nikolaï, les traits tendus, la mine sérieuse, son sang-froid légendaire. Puis plus rien, le vide.

La jeune femme sorti progressivement de sa torpeur, sans se rendre compte que cela faisait plus d'une heure qu'elle était comateuse. Ses paupières se mirent à battre frénétiquement, laissant apparaître ses iris envoûtantes qui cherchèrent rapidement leurs jumelles. Elles apparurent, rassurantes. Le patriarche se tenait au-dessus d'elle, cet air calme si caractéristique. Il avait endigué la menace, il avait protégé son foyer de sa main de maître. Alexandra ne réussit pas à répondre à sa question. Sa bouche était encore pâteuse, comme anesthésiée. « Mh », marmonna-t-elle, suivit d'un hochement de la tête. Aïe, elle n'aurait pas dû faire ça. La sorcière se tenait désormais le crâne entre ses deux mains, essayant d'apaiser ces terribles céphalées qui apparaissaient subitement. Une bosse dans la région occipitale semblait être à l'origine de sa perte de connaissance. Quelqu'un l'avait violemment frappé, et maintenant elle avait mal à la tête. Elle ferma ses yeux, profitant d'une accalmie pour reprendre sa respiration. Des gargouillis s'échappaient de son abdomen, hurlant à sa propriétaire de se sustenter au plus vite. Faim, ce mot revenait sans cesse dans sa tête, comme si elle avait passé des heures à rêver de mets succulents et appétissants. Ses iris azurées se découvrirent à nouveau, mirant avec envie le plat pourtant simple que son futur époux lui avait rapporté. Elle observa alternativement l'assiette puis le visage détendu de Nikolaï. Un sourire, elle expira profondément avant de tenter de se redresser sur sa banquette. Ce fut laborieux. Sa tête tournait, son ventre lui criait de manger mais son corps avait du mal à lui répondre. La sorcière s'assit, elle n'avait pas quitté la banquette. Elle attrapa l'assiette de ses mains encore tremblantes, et se mit à manger la nourriture proposé. Ce n'était pas bon, ça non, mais ça avait le mérite d'être assez lourd pour combler le vide profond de son estomac. Les joues pleines de nourriture, elle mastiquait et mastiquait encore, lentement, elle ressemblait presque à un hamster avec les abajoues pleines.

Alexandra avala la dernière bouchée de son repas, elle poussa un soupir. Elle était comblée. Il ne lui fallait pas grand chose, juste de la nourriture. Voilà que son corps lui répondait enfin normalement, ses extrémités ne tremblaient plus. Juste son crâne qui lui faisait encore des siennes, mais cela durerait encore quelques heures, le temps que l'hématome à la surface du derme se résorbe. La belle reposa l'assiette de côté, puis retourna s'installer contre le mur, toujours assise sur le matelas de fortune. Elle fixait son fiancé qui ne l'avait pas quitté. « Merci, Kolya », dit-elle, le timbre de sa voix était douce, presque un murmure. Ce n'était pas le genre de personnage à apprécier les effusions de sentiments, elle se contenta de caresser du bout des doigts le derme de sa main gauche, un fin sourire dans le creux de ses lèvres. Sa main s'éloigna progressivement, rompant ce contact tendre qui s'était créé entre les deux russes. « Ah ... » Soupira-t-elle en détournant son regard du sien, portant son attention à ses genoux sous sa robe entaillée par endroits. « Décidément, je ne suis pas digne de notre héritage commun, j'aurais dû résister plus longtemps. Je n'ai pas pu ... ». Son visage se tordit en une grimace, elle était déçue. Si faible, si facilement manipulable. Elle laissa le patriarche lui rendre sa baguette, lorsque la sirène du bateau retentit. « Nous sommes arrivés », souffla-t-elle, s'approchant du hublot pour apercevoir le port de Londres, dans la nuit. Quelques lumières étaient dispersées ça-et-là, des hommes s’affairaient à l'amarrage du navire, des badauds observaient vaguement la scène. Les mains de la belle étaient posées de part et d'autre du hublot, ses yeux brillaient déjà à la simple vue des quais de la capitale anglaise. Ah, Londres !

« Nous devrions y aller » fit-elle, de sa voix qui avait repris de son assurance. Les deux sorciers revêtirent leurs vêtements chauds, puis sortirent de leur cabine, leurs bagages à la main. Alexandra avait encore du mal à marcher, elle dû se retenir au bras valide de son fiancé, elle ne remarqua pas sa démarche claudicante, s'imaginant que c'était lié à son poids qui le faisait pencher d'un côté. Ils se hâtèrent hors du navire. Lorsque leurs pieds foulèrent les pavés de la ville, la jeune femme inspira un grand coup. Cela faisait quelques années qu'elle n'était pas retourné en Angleterre. Elle y était allée, plus jeune, avec sa famille. Ils avaient des connaissances dans le pays, d'autres familles de sang-purs qui, comme eux, avaient une place importante dans la vie politique de leur pays. De délicieux souvenirs lui revenaient, offrant un sourire radieux sur son visage de jeune femme. Son regard dériva sur l'homme à ses côtés, qui lui ne semblait pas ravi de sa présence en ses lieux. La belle ne put réprimer un rire, amusée par l'attitude froide de son fiancé. Pourtant elle ne dit rien, aucune remarque, aucune moquerie, juste un rire franc qui lui était clairement adressé. Ah, Nikolaï ! Il n'était bien que dans son environnement naturel, on aurait dit un ours de Sibérie qu'on envoyait dans un désert africain. Elle se mit sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur sa joue, soit pour lui donner du courage soit pour se moquer encore plus de lui, ou les deux. Sa barbe lui gratta la surface de ses lèvres, elle retourna à sa place et tira presque le bras de son coéquipier pour l'emmener dans les rues sombres de la capitale londonienne.

Durant leur périple de nuit, les deux fiancés ne rencontrèrent que peu de gens. Des ouvriers, des prostituées, des badauds bourrés. La belle se tenait fermement contre son protecteur. Ils avaient quitté les docs de St Katharine pour pénétrer dans le quartier mal famé de Whitechapel, connu malgré lui pour les agissements d'un célèbre tueur en série qui avait sévi il y a quelques années. L'ambiance était assez glauque. Les aboiements d'un chien arrêtèrent Alexandra dans sa marche, stoppant par la même occasion les foulées de Nikolaï. Elle se mit à scruter les environs. Au loin, un animal était en train de se faire martyriser par un moldu qui lui donnait des coups de pieds. "Sale bête !", pouvaient-ils entendre. Le chien glapissait de douleur, il gisait presque à terre. Guidée par son instinct, oubliant presque le bras de Nikolaï qui la retenait, Alexandra les rapprocha de la scène. Plus ils se rapprochaient, plus la belle eut pitié de la pauvre bête que l'on frappait sans raison. Le moldu était visiblement bien alcoolisé, il tanguait. La sorcière ne tarda pas à stupéfixer l'agresseur d'un coup rapide de baguette et se dégagea de l'emprise du russe. Il ne serait pas content, tant pis pour lui. Alexandra s'accroupit aux côtés de l'animal. « Oh, le pauvre », dit-elle. « On ne peut pas le laisser comme ça ». Son regard remonta sur la silhouette du patriarche, qui lui semblait clairement s'en foutre. « Kolya ! » Insista-t-elle en fronça ses sourcils, son visage gagna un air faussement boudeur. Rien, aucun mouvement, évidemment. Alexandra tenta de réanimer comme elle le pouvait le bouledogue inconscient. Contrairement à lui, elle n'avait que peu d'expérience dans les sortilèges de soin, elle aurait apprécié avoir son soutien. Il semblait lui faire comprendre qu'elle devait se débrouiller, le fourbe. Au bout de quelques minutes passées dans le vent froid et humide de la capitale, le chien se mit à gesticuler, ses pattes s'activèrent dans le vide, puis sa frimousse se mit à s'animer. Il se réveilla. Fière de son exploit, car s'en était un, la sorcière caressa le poils ras de la bête, le sourire aux lèvres. « C'est bien, bon chien ... » De ses doigts fins, elle dégagea le médaillon où était inscrit le nom de l'animal. « Gladstone ». Quel nom curieux. Elle sentit l'insistance de son compagnon qui l'encourageait à quitter les lieux pour rejoindre l'auberge. Il était tard, ils avaient besoin de se mettre à l'abri. Oh elle avait tellement envie de serrer cette créature contre sa poitrine, l'emmener avec elle, mais ce n'était pas possible, son fiancé refuserait.

C'est la mort dans l'âme que la belle accepta finalement de suivre Nikolaï et de laisser le chien à son sort Ils s'échappèrent de Whitechapel pour rejoindre la Cité de Londres, où se trouvait le Chaudron Baveur. Ils ne remarquèrent pas immédiatement, mais le prénommé Gladstone les suivait de près. Discret comme une ombre, il réussit à se caler entre les deux fiancés, mine de rien. Alexandra baissa son regard, sentant que quelque chose se passait à ses pieds. « Kolya, il nous a suivi », fit-elle en lui tirant la manche. Sachant pertinemment qu'il ne voulait pas s'encombrer d'une telle créature, et qu'elle s'était pris d'affection pour cette bête, elle se pencha pour le prendre dans ses bras. Elle lui lança un regard pour lui faire comprendre qu'il n'aurait pas le choix, et continua de marcher, la tête haute. Elle ne savait pas si le patriarche se débarrasserait de l'animal avant de retourner sur le sol Russe, il fallait espérer que Gladstone réussisse à le séduire dans un temps imparti. Sa vie en dépendrait. Déjà que Nikolaï attachait peu d'intérêt à la vie des humains, il ne se laisserait pas facilement aguicher par le regard doux d'un animal. La pancarte du Chaudron Baveur s'afficha enfin. Le pub miteux ne donnait pas envie de s'y engouffrer. Pourtant elle y était déjà venue, autrefois, et le propriétaire était un homme très drôle, sa grosse femme, elle, était très intrusive.

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take my hands
let me see our future.
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27/5/2017, 01:39
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Silencieux, visage marbré dans un sérieux souverain, les prunelles de Nikolaï la miraient avec cette intensité constante, présente et profonde. Comme un instant d’auto-hypnotisme qui lui permettait à chaque moment de calme d’activer les mécanismes de sa réflexion, admirablement, pour programmer, planifier, contrôler. Même s’il pouvait avoir l’air flippant à fixer les gens ainsi, plusieurs minutes sans rien dire. Elle mangeait et il voyait en cela quelque chose de rassurant à son sujet. Malgré la douleur à l’arrière de sa tête qu’il avait maigrement soignée, elle semblait en pleine possession de ses moyens. L’imperium n’avait pas laissé de séquelles. De toutes manières, il avait déjà châtié par le trépas l’imbécile qui avait osé lui faire cela. Réaction excessive mais nécessaire à l’image qu’il se donnait pour le peuple russe et en accord avec son for intérieur. Celle d’un homme déterminé et inflexible, une poigne de fer capable de porter en hauteur sa nation, sa famille et sa propre personne. Les remerciements, le contact de sa main, il les balaya dans le coin de sa tête. Il n’avait jamais accordé d’importance aux mots, si ce n’était pour leur usage et la façon dont il pouvait les tirer à son avantage, principalement pour manipuler son entourage. Il préférait le comportement qu’elle aurait à son égard pour honorer ces remerciements, si elle les pensait vraiment. Si elle pouvait commencer par lui donner un peu moins de fils à retordre, cela ne serait pas de refus pour ses vieux os. Il sentait déjà qu’elle s’adaptait à lui, à sa manière singulière de fonctionner. Il aurait mal pris qu’elle se jette dans ses bras comme on adule un héros. Tout d’abord parce qu’il n’y avait rien d’héroïque au sang qu’il avait versé et à la peur qu’il avait inspirée, et ensuite parce qu’il l’aurait probablement repoussée avec plus ou moins de violence, ce qui aurait brisé l’instant. Il appréciait la réserve qu’elle plaçait dans sa relation avec lui, cette même pudeur qu’il préservait au quotidien.

« Pour une première fois, c’était tout à fait honorable. » rétorqua-t-il, sereinement, loin d’appuyer son échec comme elle le faisait à l’encontre d’elle-même. Il n’était pas simple de résister à un tel sortilège, beaucoup s’y étaient essayé avant elle et s’y étaient cassé des dents lamentablement. Il n’était, dès lors, pas aussi catégorique. Entrouvrant sa veste où trois baguettes logeaient à présent, il saisit celle d’Alexandra pour la lui rendre. La sirène du bateau annonçait l’approche du quai. Il était temps de rejoindre le pont et la capitale anglaise. Le froid humide de la ville ne lui plaisait guère, mais il n’était pas impartial dans son point de vue : ça n’était pas la Russie donc cela était forcément moins bien. Il n’accordait pas même le bénéfice du doute à ces contrées étrangères… Dans lesquelles il allait devoir voguer malgré ses propres convictions. Il poussa un soupir devant ses maisons mangées par l’obscurité de la nuit. Leur destination n’était pas très loin, y aller à pied ne serait pas problématique. Du moins le pensa-t-il jusqu’à cet événement avec le chien, appelant à grands coups de larmoiements dégoulinants le petit cœur sensible de sa promise. Le patriarche avait roulé des yeux en la voyant s’accroupir au chevet de l’animal puis arquer un sourcil lorsqu’elle sembla lui demander de l’aide. Elle était sérieuse ? Posant sa valide, Nikolaï se contenta de s’allumer une cigarette et de la griller pour passer le temps. Celui pendant lequel elle s’évertuait à sauver cette chose puante et bavante. Se préparant à devoir la consoler lorsque la bestiole clamserait entre ses bras, il n’en fut rien et il écrasa sa cigarette sur le pavé londonien. Un soupir et fort heureusement, il eut à nouveau sa fiancée au bras, sans qu’il n’ait à forcer d’avantage ou à hausser le ton.

La porte sombre du Chaudron Baveur se dessinait devant eux, ne donnant pas envie. Probablement pour ne pas attirer les moldus. Et oui, il avait remarqué que cette chose les suivait, ne sentait-elle donc pas l’odeur ? Il finit par se frotter l’arrête du nez lorsqu’elle prit la bête dans ses bras, la résolution dans l’âme de ne pas l’abandonner. Non vraiment, il trouverait le moyen de virer cet animal de sa vie. D’une façon ou d’une autre. Le meurtre était une façon comme une autre. Sa haute et large carrure et sa prestance naturelle attiraient les regards lorsque le couple entra dans le pub britannique. On les salua et il laissa celle qui parlait anglais bien mieux que lui réclamer leurs chambres. Il s’y rendirent, sans plus un mot, bien que le Patriarche ait parcouru déjà une dizaine d’esprit, en surface, au moins pour savoir qui pourrait leur vouloir du mal. Ils montèrent deux étages. Ouvrant une première chambre, Nikolaï déposa la valise de sa fiancée sur le lit, ayant laissé la sienne à la porte. Plusieurs sorts de protection furent lancés par le politicien pour sécuriser l’endroit, une rose blanche fut laissée sur les draps. Une façon probablement de marquer son territoire, étendre le pouvoir de sa maisonnée jusque dans cette chambre, comme il l’avait étendu un peu plus tôt dans la soirée dans la chevelure blonde d’Alexandra, y faisant germer un bourgeon toujours présent. Il ne laissait rien au hasard : il aurait pu échouer. Les quatre anglais auraient pu changer de plan, trop étonnés de la réaction de Nikolaï pour poursuivre leur mission comme si rien n’était. C’était un choix qu’il avait fait sur les probabilités, sur son arbre des possibles en perpétuelle évolution, mais avec la rose dans les cheveux, il aurait pu la retrouver, attiré par les pétales qui lui était liés. Dusse-t-il traverser tout le pays pour cela.

Achevant sa protection, il porta son regard sur sa fiancée, puis sur le chien qu’elle tenait dans ses bras. Il aurait voulu lui dire de laisser tomber cette créature, qu’elle était sale et pleine de maladies. Mais il n’y parvint pas, sa tolérance y jouait pour beaucoup. « Donne lui un bain. » ordonna-t-il, voix grave, ton neutre si ce n’était celui de sa royauté habituelle. Il prit sa valise à l’entrée et ferma la porte derrière lui, allant investir sa propre chambre. De façon générale… Ce n’était pas le luxe auquel il était coutumier. Mais c’était propre, au moins. C’était sûrement ce qui l’empêchait de quitter l’endroit avec dédain ou de se mettre à tout nettoyer frénétiquement. En revanche, tout semblait vieux, tant le lit grinçant que les carreaux de la fenêtre comme usés, rongés, par le temps et la pluie anglaise. Il répéta ici les mêmes sorts que dans la précédente chambre, avant de finalement descendre au bar. Il dut mimer et pointer du doigt ce qu’il désirait pour se faire comprendre. Cela l’agaçait mais le serveur eut la bienveillance d’être patient alors Nikolaï s’en montra tout autant disposé. Il parlait beaucoup, cet homme, et le russe était comme muet. C’était d’ailleurs une étrange sensation que de ne plus pouvoir parler : personne ne l’aurait compris. « Vous êtes russe ? » Nikolaï acquiesçait de la tête. « On en voit pas beaucoup des comme vous par ici. Du moins pas aussi bien habillé que vous. Ceux qui ont votre carrure sont des travailleurs et ceux qui ont votre costume sont… Et bien moins sportif. Souvent chauves d’ailleurs ou séniles. Et aigris. » Nikolaï arqua un sourcil.

« C’est marrant que vous compreniez ce que je dis mais que vous ne parliez pas. Comment vous faites ? » Nikolaï montra ses propres yeux puis vint poser un index sur la tempe de l’homme, désignant sa psyché : « Legillimens ? » Il acquiesçait de la tête. « Oh. Rendez-moi un service, est-ce que cet homme a l’argent pour payer son ardoise ? » Nikolaï décrocha enfin un sourire en coin, son regard s’orienta naturellement vers un homme en particulier dans la salle, visage rougeot et bavard, sans que le barman n’ait eu besoin de le lui désigner. Puis il coula son regard à nouveau vers lui et fit négativement signe de la tête. « Ahah ! Je vous aime bien le russe ! Je vous offre un whisky pur feu. Vous me direz ce que vous en pensez ! Vous ne devez pas avoir ça dans votre pays ! » L’homme s’éloigna de sa table, revint avec un repas qui, fort heureusement, ne dénotait pas trop de ce qu’il pouvait manger en Russie. Le serveur y avait veillé et Nikolaï appréciait la délicate attention, autant que le verre d’alcool qu’on lui offrait. Il n’avait pas mangé sur le bateau, ayant trop l’habitude des repas tardifs, le soir, sans compter que le décalage horaire le déphasait un peu. Il s’avouait bien apprécier cet anglais, dans le fond, même si cela n’allait pas de pair avec sa xénophobie. Achevant son repas en silence, il s’alluma une cigarette alors qu’il entamait les premières gorgées de l’alcool singulier, acceptant bien malgré lui se prêter au jeu de la découverte : c’était bien parce que c’était le barman qu'il appréciait qui était venu le lui offrir.

Et puis un homme vint s’asseoir à sa table. Un anglais qu’il connaissait déjà et Nikolaï en connaissait très peu. C’était le roux. « Oh. Vous avez fait vite. » signala le russe, l’ironie suintait de ses mots. « Je n’ai pas encore fait. Je suis venu récupérer ma baguette, j’en ai besoin. » Soufflant la fumée de sa cigarette, Nikolaï répliqua un ferme : « Non. Je vous ai donné une mission. Accomplissez-la et vous retrouverez ce que vous avez perdu. » Son regard se levait, une demoiselle blonde était apparue au bas de l’escalier. Leurs regards se croisaient. Hésitait-elle à venir en reconnaissant son ravisseur ? Nikolaï leva une main, lui faisant le geste ferme de le rejoindre. « J’ai besoin de ma baguette. » Insista la roux alors qu’Alexandra venait s’installer à table. « Je sais. Mais vous ferez sans. » « Vous savez ? » Nikolaï acquiesçait de la tête avant de porter à nouveau sa cigarette à ses lèvres. « Que votre maître n’est plus en Angleterre ? Oui. Depuis quelques semaines déjà. J’ai travaillé au ministère de la magie russe, je sais où prendre les informations dont j’ai besoin. De façon licite ou non d’ailleurs. » Le roux fronça les sourcils : « Mais vous avez fait le déplacement jusqu’en Angleterre pour le voir tout en sachant qu’il n’y était pas ? Ça n’a aucun sens. » « Pour vous. Sortez de vos normes, Monsieur Evans. Je ne suis pas le genre d’homme à la réflexion commune, celle qui postule qu’il ne faut pas voir plus loin que le bout de son nez. Je ne suis pas mon maître, je n’attendais donc pas à rencontrer le vôtre. Pour la simple et très bonne raison que cet homme est recherché mort ou vif par pas moins d’une trentaine de nations et que mon statut à moi est aussi blanc que neige, tant dans mon pays que dehors. Avoir des contacts directs avec votre maître n’aurait pas été prudent. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je ne vous ai pas demandé de me faire aller à lui mais de le faire venir à moi. Je peux aller n’importe où mais lui… Ne peut pas revenir ici. »

Un sourire en coin, il vint à tirer une nouvelle bouffée de sa cigarette : « Mais il y a, ici, en Angleterre, des personnes qui sont restées en arrière pour lui. » Il s’infiltrait dans l’esprit du roux, captant ce qui correspondait à l’évocation qu’il venait de souffler de vive voix, prenant des noms, des visages, des informations. « Mrs Brown, bien soit. » « Cessez de lire mes pensées. » Nikolaï eut un léger renâclement de rire. « Non. » Le roux frappa du point sur la table et le serveur réclama qu’on se calme ou qu’on sorte. L’anglais quitta sa tablée et Nikolaï laissa couler son regard vers sa fiancée, la dévorant des yeux, alors qu’il portait à ses lèvres la boisson alcoolisée qu’il terminait, tout comme la cigarette dont il tirait la dernière bouffée avant de l’écraser dans le cendrier.
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Alexandra I. Ivanova
Elève à Koldovstoretz
Né(e) il y a : vingt-trois ans
, à : Saint-Pétersbourg
, mes proches me surnomment : Sasha
et pensent que je ressemble à : Margot Robbie.
Actuellement je suis : fiancée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : à la défense magique.
, aujourd'hui je travaille en tant : qu'élève à Koldovstoretz.
Sans le cacher je soutiens : la Main Noire.
J'ai rédigé : 398
parchemins, et récolté : 14589
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : Blondie (avatar) + cheap thrills (sign).
Dans la vie, je suis aussi : Maria G. Raspoutina, Kathleen M. Goustov.
Ma baguette est faite en : Palissandre des Indes et son coeur est en écaille de Zmey.
Mon niveau de combat est : 3.


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27/5/2017, 16:22
       
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-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

DES JOURS ET DES JOURS DE PRÉPARATION POUR CETTE PREMIÈRE MISSION A L’ÉTRANGER. ME VOILA PRÊTE POUR UNE NOUVELLE AVENTURE. CES DERNIERS JOURS ONT ÉTÉ COMPLIQUE, JE ME SENS ÉTRANGE. J’ESPÈRE QUE JE N'AI PAS SIMPLEMENT LE MAL DU PAYS.
La belle, son compagnon de route, et leur nouvel animal, pénétrèrent dans l'enceinte du Chaudron Baveur. En ce début de soirée, les tables étaient encore noires de monde, les habitués buvaient leur verre et les touristes échangeaient sur les actualités. Alexandra tenait fermement Gladstone contre sa poitrine, sa langue pendait à l'extérieur et laissait couler un fin filet de bave sur le haut de sa robe. Elle ne l'avait même pas remarqué. Tandis que Nikolaï avait son regard rivé sur la foule, probablement en train de sonder les gens, la jeune femme décida de chercher les clefs de leurs chambres respectives. Accoudée au comptoir, elle attendait que Tom, le barman et propriétaire du lieu, de lui accorde son attention. Ses iris bleutées suivaient sa silhouette originale, l'observant courir à droite et à gauche pour répondre aux différentes commandes de ses clients. L'affaire devait être florissante. Il lui fallut plusieurs minutes avant que l'homme bossu au crâne chauve ne vienne vers elle avec un "bonjour mademoiselle, puis-je vous aider ?" La russe lui répondit en retour, en anglais, avec son accent fort prononcé. « J'ai réservé deux chambres dans votre établissement ». Tom la fixa pendant quelques secondes, avant de lui demander de sa voix mielleuse. "Votre nom ?" Gladstone se mis à aboyer, de joie, Alexandra dû passer une main sur son museau pour le faire taire. « Ivanov ». Le barman avait foudroyé du regard la créature, priant sûrement pour qu'elle ne fasse pas de bruit ou de dégâts. "Bien, c'est les deux chambres au deuxième étage, au bout du couloir. Bon séjour au Chaudron Baveur." La sorcière offrit un sourire poli au prénommé Tom, et s'empara du jeu de clefs qu'il lui fournit. Satisfaite, elle alla rejoindre le patriarche qui avait l'air d'avoir fini ses investigations. « C'est au deuxième étage, montons ». Le couple pris les escaliers en bois, qui grinçaient sous leur poids. Ah, de bons souvenirs revenaient par vagues, un sentiment de nostalgie s'empara de la belle.

La porte de la première chambre s'ouvrit, celle d'Alexandra. Elle posa le chien sur le vieux parquet, le laissant gambader comme un dératé à travers la pièce. L'animal tournait autour du patriarche puis, sentant son agacement, décida de jouer sous le lit avec une araignée, qui succomba très rapidement. Nikolaï jetait des sortilèges de protection un peu partout dans la chambre, laissant sa fiancée porter sa valise jusqu'à son sommier. Ah, c'était cosy. Simple, ancien, mais le style lui plaisait. « Ah » Soupira-t-elle, un sourire agréable sur le bord de ses lèvres. Ses mains étaient posées sur ses hanches, observant silencieusement son futur époux. La relation entre lui et Gladstone allait être fort compliquée, elle le ressentait déjà. Il semblait être dégoûté à la simple vue de cette boule de poils. Détestait-il les animaux ? Peut-être. A vrai dire, ils n'en n'avaient jamais parlé. Lorsqu'il lui ordonna sur un ton ferme de baigner son chien, avant de la laisser seule dans sa chambre, Alexandra leva les yeux au ciel, exaspérée par son comportement de vieux ronchon. Quand il eut fermé la porte, la belle ne se gêna pas pour lui tirer la langue en signe de protestation. Heureusement, il ne le remarqua pas. « Espèce de rabat-joie » Grommela-t-elle, reportant son attention sur son chien qui lui faisait la fête, en sautant partout. Elle le prit entre ses mains et le monta devant son visage. « Tu as l'air d'aller mieux dis-donc ! » Ses narines s'écartèrent, humant le pelage noir du petit animal. Effectivement, un bon bain serait nécessaire.

Gladstone trempait dans une eau savonneuse, à l'intérieur d'une bassine en cuivre. Celle-ci était située dans un coin de la chambre, assez loin du lit à baldaquin qui prenait énormément de place. La sorcière, à genoux à côté de la bassine, frottait le poils dru du prénommé Gladstone, grattant du bout de ses ongles le dessus de sa tête. Il était adorable, vraiment, sa petite bouille avait rapidement touché le cœur sensible de la jeune russe. Un tas de mousse trônait entre ses deux oreilles, ses yeux globuleux fixaient le visage de sa nouvelle maîtresse. « Que tu es beau ! » S'exclama-t-elle, séduite par sa frimousse. L'eau avait perdu de sa couleur naturelle, prenant une teinte marron foncé à cause de la crasse. Le toilettage terminé, Alexandra sortit le bouledogue, le sécha à l'aide de sa baguette retrouvée et le mira pendant quelques secondes. Il présentait mieux ainsi, propre, le poils luisant. Désormais assise en tailleur, la jeune femme laissa l'animal la renifler avec insistance. Il fit le tour d'elle puis, une fois terminé, il semblait la mirer avec un regard satisfait. L'avait-il adopté, lui-aussi ? Elle ne resta pas longtemps sur place. Après avoir nettoyé et vidé la grande cuve en cuivre qui servait de baignoire, elle décida d'aller rejoindre Nikolaï.

Ses talons claquaient sur le bois de l'escalier. Elle se figea brusquement à l'aperçut de cet homme barbu, ce roux flamboyant, qui l'avait agressé peu de temps auparavant. Un signe de main de son fiancé au loin, la rassura. C'est avec hésitation et retenue qu'elle se glissa à ses côtés, et s'assit à table. La sorcière ne prononça un mot, elle ne daigna même pas le regarder. Gladstone l'avait rejoint, il s'était assis à côté de ses pieds, silencieux lui aussi. Les deux hommes discutaient de Grindelwald, des raisons de leur venue en Angleterre. Le nom d'une femme s'échappa des lèvres de Nikolaï, rendant son interlocuteur fout de rage d'avoir été violé dans son esprit, à nouveau. Sa réaction força un rictus sur le visage si calme de la blonde. Elle fut comme un écho à une demande passée, elle avait elle aussi demandé à son cousin d'arrêter de lire dans son esprit. Il avait accepté pour elle, mais refusé pour lui. Normal, c'était un ennemi. Sasha remercia mentalement le patriarche de remettre cet homme à sa place, il méritait bien pire. Tapant du poing sur la table, comme un gamin colérique, il se fit recadré par le patron derrière le comptoir. Le roux décida finalement de les quitter, laissant le couple russe seul à sa table.

Alexandra avait remarqué l'assiette vide sur la table, preuve que l'homme avait lui aussi mangé. Rassurée qu'il ne se laisse pas mourir de faim, la belle s'adossa mollement contre le dossier de sa chaise, ses iris céruléennes mêlées à celles de Nikolaï. Sa façon de la fixer, si intense, si déstabilisante, manqua de la faire rougir. Ses battements cardiaques s'accéléraient, elle tenta de réguler sa respiration, reportant immédiatement son attention sur le chien couché paisiblement à ses pieds. Le sorcier ne semblaient pas vouloir la quitter des yeux. Elle ne pourrait pas indéfiniment l'ignorer, pas lui, pas Nikolaï. Tom le barman vint à sa rescousse, sans s'en rendre compte. "Mademoiselle, désirez-vous quelque chose ?". Alexandra prit la carte, lu en diagonale ce qui était proposé dans cet établissement, puis lui répondit de sa voix la plus douce. « Un chocolat chaud, s'il vous plaît », marmonna-t-elle, poliment.

La commande arriva presque instantanément. Une tasse en porcelaine fut posé devant elle, la cuillère semblait réaliser une sorte de danse autour d'elle puis décida finalement de se poser sur la soucoupe. Une cruche lévitait nonchalamment au-dessus de leur tête et laissa s'écouler le liquide chocolaté dans le contenant. Sa mission terminée, elle retourna se poser derrière le comptoir du bar. Alexandra avait observé la scène avec un certain amusement. Quand elle reprit conscience que Nikolaï la fixait encore, elle décida d'entamer un semblant de conversation. Parler, c'était un moyen pour elle de détourner l'attention. Elle ne pouvait pas se permettre de fondre devant lui, pour la simple et bonne raison qu'il se moquerait d'elle. Comme toujours. Ses doigts fins prirent l'anse de la tasse et la soulevèrent. « Ta chambre est-elle à ton goût ? » Le questionna-t-elle, poliment, prenant ensuite une gorgée de sa boisson chaude. Nikolaï était un homme particulièrement exigeant, surtout en matière de confort et d'hygiène. Même si l'endroit n'était pas luxueux ou d'un standing équivalent à la demeure familial, il ne manquait pas de charme et de chaleur humaine. Les locaux étaient vieux, mais propres. « Je peux transmettre tes exigences au propriétaire si tu le souhaites ». Un léger sourire se glissa sur ses lèvres, amusée par avance à la phrase qu'elle allait lui sortir. « Tu peux toujours prendre Gladstone avec toi si tu as trop froid cette nuit ». Oh, elle sentait que cette phrase n'allait pas passer inaperçu dans l'esprit tordu du patriarche. Allait-il s'énerver ? La remballer sec ? Alexandra patienta sagement, en sirotant son chocolat chaud.

Même si la belle n'avait pas mis un pieds dans la chambre de son compagnon, elle n'était pas bien différente de la sienne. Les mêmes vitres en décomposition, le même parquet vieillot, un lit en fer forgé qui grinçait au moindre mouvement, et ses tentures noires qui pendaient du baldaquin. Non, réellement peu de différence. La taille, sûrement. Elle avait laissé la grande chambre à Nikolaï, préférant profiter de la largeur de son lit à elle pour laisser son animal dormir avec elle. Sa chambre à elle bénéficiait de cette cuve en cuivre, tandis que Nikolaï n'avait pour se laver qu'une bassine de fortune. Le pauvre, il irait probablement se plaindre, bourgeois qu'il était. Perdue dans son regard azuré, elle lui glissa une question, mine de rien. « Mrs Brown, as-tu des informations sur sa localisation ? Est-elle à Londres ? » Son index entortillait une mèche de sa chevelure dorée, un geste inconscient qui lui donnait un air quelque peu séduisant.

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27/5/2017, 23:44
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Nikolaï sentait, comme souvent, combien son regard insistant posé sur elle avait le don de la déstabiliser. Elle régulait son pouls, sa respiration, mais lui, il avait déjà noté ces détails altérés par sa seule présence, renforcés par l’intensité de ses prunelles sur ce visage encore si jeune. Il savourait cette influence, comme une victoire délicieuse, à chaque fois qu’il gagnait. Il se délectait de la façon dont elle fuyait, comme si ce chien pouvait avoir soudain une telle importance, ou encore le choix sur la carte. Nikolaï réclama qu’on lui resserve de ce whisky pur feu de chez les anglais en tapotant légèrement sur le haut de son verre vide. « Ah ! Vous avez apprécié ! » commenta le barman et le patriarche approuva avec un sourire, amusé par ses propres goûts mais il fallait avouer que la boisson était plaisante. On le resservit, ainsi que la tasse chocolaté pour sa fiancée. Il prit une nouvelle cigarette qu’il allumait sans un mot pendant que sa dame l’interrogeait poliment sur ses convenances au sujet de sa chambre. Il n’en avait pas fait beaucoup le tour et ils n’y restaient pas trop longtemps. Il survivrait avec une envie de plus en plus pressante d’un bain chaud à son domaine de la Fleur Blanche. La dernière réplique, en revanche, lui convint beaucoup moins. Il porta le corps du bâtonnet de tabac à ses lèvres pour en inspirer une légère bouffée. Son silence pesant s’insinua lourdement, pour la mettre mal à l’aise et lui faire comprendre qu’il n’appréciait pas vraiment le trait d’humour.

Il n’aimait pas ce chien. Les seuls animaux qu’il parvenait à apprécier n’étaient que les chevaux, probablement pour cette image de noblesse qui leur était dévolue. Son silence se prolongeait plus que de mesure alors qu’il recrachait lentement la fumée toxique, veillant à tourner la tête, pour ne pas lui infliger. Manipulateur, il accueillit la question au sujet de Mrs Brown avec ce même mutisme prenant, la mirant longuement, à entortiller une mèche de cheveux autour de son index. Essayait-elle de se faire pardonner ? Ou mieux : de le séduire ? Même de façon inconsciente ? C’était amusant, en un sens touchant que de la voir agir de la sorte. La pauvre petite ne savait plus quoi faire de ses hormones. Il posa sa cigarette en équilibre sur le rebord du cendrier avant de porter deux des doigts de sa main gauche sur ce doigt qui entortillait sa chevelure. Un contact, seulement, rien que pour lui faire prendre conscience du geste qu’elle était en train d’opérer sans s’en rendre compte. Ainsi que ce qu’il impliquait comme sous-entendu et comme aveu de son désir. Il reprit sa cigarette, sans mot dire, seulement un petit sourire en coin, celui de la victoire. En théorie, elle allait à présent passer sa main dans sa nuque, par gêne, peut-être même rougir, détourner le regard, boire une gorgée de chocolat chaud pour occuper ses mains tremblantes, coupables. Il le calculait par avance, par habitude. Il vivait tant au cœur de la pensée des gens en permanence, il aurait voulu être dans la tête de sa fiancée pour l’entendre se dire qu’elle devait effectivement avoir envie de lui.

La graciant finalement, il reprit le sujet sérieux : « Oui. Elle est londonienne et travaille au Ministère de la Magie Britannique. Service international bien sûr. Il faut bien que son maître ait des personnes à ces postes en cas de guerre. Pour négocier des accords, favoriser les armistices et faire ployer l’Angleterre. » Les stratégies politiques n’avaient plus vraiment de secrets pour lui, il en avait exploré tant. Il avait même œuvré à la chute de son propre ministère entre les mains de Raspoutine. « Une petite femme, très intelligente, sérieuse. Brune. La quarantaine. Veuve. Cinq enfants, tous partis avec leur maître quelque part en Europe de l’Est. Une Europe plus facile, plus fragile que l’Angleterre. Pauvreté. Famine. Guerre. » La Pologne avait traversé un douloureux épisode, mais c’était aussi le cas de la Crimée… Et même de la Russie. La révolution rouge n’était pas si loin d’eux. « Elle aime les arômes subtils du thé et réclame à Dieu qu’il préserve la famille Royale de Galles, là où nous apprécions l’intensité violente de la vodka et avons massacré nos tsars. » Triste opposition, leurs pays n’avaient pas les mêmes reliefs. Et dans la comparaison, la Russie faisait beaucoup moins envie. Comme un pays de barbares. Il inspira une bouffée de sa cigarette avant de passer son bras droit, douloureux sur le sommet du dossier de la chaise d’Alexandra, pour étendre son bras endolori. « Je sens qu’on va s’entendre. » railla-t-il, ironique, pas certain du tout de parvenir à s’entendre avec elle, mais qui sait ?

Il retrouvait son silence, s’humectait les lèvres. Il avait détourné la conversation un peu plus tôt pour y revenir plus fortement, ne cachant pas le moins du monde le sens de ses mots. Croyait-elle avoir pu y échapper ? « Et je sens que c’est toi qui auras froid, cette nuit, et que ton chien ne suffira pas à t’apporter la chaleur de ton souvenir, quand tu es contre moi. » La satisfaction crochetait ses lèvres d’un sourire amusé, alors qu’il se détendait, incapable d’intérioriser ce que le divertissement pouvait lui faire ressentir. Approchant, se penchant, il vint déposer un baiser, chaste, sur le coin de ses lèvres, avant de glisser son nez jusqu’à son oreille, sans la toucher. Il n’y avait bien que son souffle chaud pour rappeler sa proximité : « Mais tu vas faire ta tête de mule jusqu’au bout, je le sais. » Il reculait sa tête, reprenant sa place, tirant une bouffée sur sa cigarette, un sourire en coin.
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Alexandra I. Ivanova
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J'ai rédigé : 398
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Dengi. Mon portraitiste s'appelle : Blondie (avatar) + cheap thrills (sign).
Dans la vie, je suis aussi : Maria G. Raspoutina, Kathleen M. Goustov.
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28/5/2017, 15:44
       
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-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

DES JOURS ET DES JOURS DE PRÉPARATION POUR CETTE PREMIÈRE MISSION A L’ÉTRANGER. ME VOILA PRÊTE POUR UNE NOUVELLE AVENTURE. CES DERNIERS JOURS ONT ÉTÉ COMPLIQUE, JE ME SENS ÉTRANGE. J’ESPÈRE QUE JE N'AI PAS SIMPLEMENT LE MAL DU PAYS.
Un silence pesant avait suivi ses remarques. Le patriarche s'était contenté d'un regard, intense, puissant, qui suffisait amplement à exprimer son ressenti. Cela ne l'avait pas fait rire, pas le moins du monde. Non, la belle devrait désormais éviter les touches d'humour, surtout quand celles-ci étaient mal dosées. Il continuait de s'enfoncer dans ses prunelles, la cigarette au bord des lèvres, comme s'il tentait de s'approprier une partie de son âme, encore jeune et sensible. Elle mourrait d'envie de l'embrasser, là, mais elle se retenait. Par respect pour Nikolaï qui ne voudrait probablement pas passer pour ce genre d'homme, et par pudeur, elle n'aimait pas montrer ses sentiments en public, elle n'en fit rien. Non, elle contenait ses ardeurs qui bouillonnaient en elle, plus puissantes que jamais. Pensant son calvaire sensoriel terminé, elle sentit le contact de ses doigts sur sa main. Innocente, son cœur fit mine de s'arrêter pendant une fraction de seconde, son souffle se tari, ses yeux s’écarquillèrent. Que faisait-il ? La belle remarqua enfin son propre geste, son index enroulant une mèche blonde, cette demande marquée de son fiancé lui ordonnant implicitement d'arrêter son geste. Hésitante dans un premier temps, ne comprenant pas immédiatement la portée de son action, Alexandra finit par écarter sa main de sa tête pour se poser sur la table. La sorcière sentit le sang lui monter à la tête, ornant ses pommettes d'une discrète teinte rosée, une vague de chaleur commençait à se faire sentir dans le creux de son décolleté. Il faisait chaud ce soir. Elle passa sa main dans sa nuque, pour détendre ses trapèzes, puis reporta son attention sur le chocolat chaud, profitant de cet instant pour boire une nouvelle gorgée. Il était intraitable, impitoyable, et le pire, c'est qu'il s'amusait des réactions qu'il provoquait chez elle. Mais au fond, il semblerait qu'elle aimait ça.

Le patriarche entama un monologue explicatif sur les informations qu'il avait pu recueillir concernant ladite Mrs Brown. Alexandra l'écouta, silencieuse, le visage à moitié caché derrière cette grande tasse qu'on lui avait servi, tentant de calmer l'explosion de ses émotions. Cette étrangère serait donc facile à trouver, d'après elle, une femme au ministère, à un poste important, cela ne devait pas courir les rues. La journée de demain leur permettrait sûrement d'entrer en contact, avec cette veuve férue de thé. Une anglaise en somme ! Lorsque le fiancé évoqua une probable entente avec cette sorcière et lui, elle en comprit rapidement l'ironie, masquant un sourire amusé dans une dernière gorgée de chocolat chaud. Elle posa la tasse vide sur la table, faisant signe à Tom qui commençait déjà à accourir qu'elle ne désirait plus rien. La belle avait noté son rapprochement soudain, elle s'était attendue à sentir la pulpe de ses doigts glisser sur sa nuque, il n'en fit rien. Il était contenté de laisser reposer son bras sur le dossier de la chaise. « Oui, j'imagine. Tu as un don particulier pour t'entendre avec tout le monde, c'est bien connu ». Ironisa-t-elle. C'est alors que Nikolaï s'exprima à nouveau, changeant totalement de sujet, pour répondre à la pique qu'elle lui avait envoyé auparavant. « On verra ... » Susurra-t-elle tandis que sa carrure imposante se rapprochait dangereusement d'elle. « ... Lequel de nous en pâtira le plus ». Sous-entendu, lequel gratterait en premier à la porte de l'autre pour le laisser entrer. Un baiser furtif conclus sa phrase. Son souffle chaud quitta ses lèvres assoiffées pour mourir dans sa nuque, effleurant presque son oreille. Une tête de mule, hein ? Sa dentition soignée se découvrit dans un sourire, amusée par la perspicacité de cet homme. « Tu ne crois pas si bien dire ». Il avait totalement compris le personnage, elle lui tiendrait tête dans le seul but de l'embêter. Si cela avait bien entendu à impact sur lui, ça elle n'en était pas encore certaine.

Cela faisait quelques minutes que le couple attablé n'avait pas prononcé le moindre mot. Les iris bleutées de la belle russe s'étaient fixées sur une femme, à l'autre bout de la salle, qui était en train d'étaler des cartes de tarot sur la table. Etait-elle en train de lire l'avenir à l'homme face à elle ? Ce dernier semblait totalement captivé par ses gestes. Intriguée, Alexandra poussa sa chaise en bois, réveillant par la même occasion le pauvre chien qui s'était assoupi. « Passe une bonne nuit, à demain matin ». Dit-elle en saluant vaguement de la main son fiancé. La jeune femme alla se placer derrière l'homme à qui on lisait l'avenir, écoutant sagement le discours mystique de la vieille voyante. "... Et la justice indique que votre petite vie paisible va bientôt changer, un de vos proches va sûrement vous soutirer une importante somme d'argent. Soyez vigilant". La sorcière aux yeux globuleux retourna la dernière carte de la rangée, un bateleur était représenté sur la carte. La bouche de la vieille se tordit bizarrement, elle laissa le silence se prolonger. Alexandra fixait la scène, fortement intéressée par le jugement concernant cette dernière carte. "Et cette personne vous mentira, pour prouver son innocence, elle vous trahira et vous perdrez tout ..." L'homme se mit à soupirer, apparemment déçu par les prédictions de la femme. Il posa une pièce en argent sur la table et quitta la pièce, les bras ballants, la mine basse. Ayant remarqué l'intérêt flagrant de la russe pour son jeu de carte, la femme se mit à la dévisager pendant quelques secondes, pour finalement lui dire : "asseyez-vous donc, vous vous fatiguerez-moins dans votre état". Bouche bée, Alexandra s'installa sur la chaise face à elle. Dans votre état ? Etait-ce noté sur son front qu'elle était pleine ? Elle referma ses lèvres pour effacer son étonnement, elle posa ses mains sur la tables et attendit.

D'un geste rapide, agile, la voyante mélangeait ses cartes, ses yeux perçants rivés dans ceux de sa cliente. Un telle profondeur, elle pouvait fièrement rivaliser avec Nikolaï, il ne ferait pas la poids. Elle posa cinq cartes sur la table, et se mis à retourner la première. "La roue de la fortune, votre vie a pris récemment un tournant particulier qui vous a provoqué quelques difficultés, apparemment accompagné aussi ..." Ses doigts crochus retournèrent la seconde. "d'un profond bouleversement dans votre vie affective, et sexuelle. Oh oui, très grand changement. Désignée ici par la carte de l'Amoureux". Muette, la russe écoutait attentivement ses mots, reconnaissant pour l'instant des événements qui s'étaient déjà réalisé. Consciente d'avoir captée l'attention de son interlocutrice, elle en découvrit une autre, puis une autre encore. Le soleil, et la lune. "Une union qui sera très prolifique, vous vous épanouirez, pendant un certain temps. Mais la Lune vous met en garde des désillusions. Vous rêvez beaucoup trop de choses qui ne pourront jamais se réaliser". Ses yeux verts ne la quittaient plus, sondant son âme avec douceur. La dernière carte fut retournée, marquant un temps d'arrêt beaucoup trop long aux yeux d'Alexandra. « Et ensuite ? » Demanda-t-elle, face au silence de la femme. La jeune femme tenta de deviner en décryptant le dessin sur la carte, une tour possédant 3 orifices est frappée par la foudre avec 2 individus châtiés se retrouvant projetés au sol. "La maison de Dieu. Elle indique que vous allez perdre un être cher, cela vous bouleversera profondément". La voyante réclamait déjà son dû, tendant une main avide dans sa direction. Consciente que ces divinations ne lui avaient rien appris de nouveau, enfin presque, la jeune femme se rassura rapidement. Elle disait des sottises, elle s'était laissée prendre au jeu, naïvement. Elle posa une Mornille en argent sur la table et remonta les escaliers jusqu'au deuxième étage, son chien à ses pieds.

La belle se traînait dans le couloir sombre, illuminé par endroit grâce à des bougies magiques. Sa main se posa sur la poignée de sa porte, qu'elle n'actionna pas. Elle soupira. Devait-elle se fier à ce qu'elle venait d'entendre ? La fin n'était pas rassurante. Qui perdrait-elle encore ? Son âme innocente méritait-elle encore de se faire châtier pour ses anciennes fautes ? Oh, c'était décevant. La sorcière lâcha cette poignée et s'adossa au mur, inspirant profondément pour remplir ses poumons d'air. Gladstone, assit, l'observait avec ses yeux globuleux, se demandant sûrement ce qui pouvait occuper ses pensées avec tant d'insistances.

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29/5/2017, 23:54
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Un sourire fleurissait sur les lèvres du patriarche à l’évocation de sa façon de s’entendre ou de ne pas s’entendre avec tout le monde. Il devait s’avouer qu’il avait des goûts particuliers et des actes singuliers, souvent. Que cela ne convenait pas à tout un chacun et que sa personnalité, hors des normes, se heurtait régulièrement à ces êtres bien calibrés dans leurs habitudes fermées et dans leur sacro-sainte morale toute puissante. « L’humanité est trop obtuse d’esprit pour moi. » répondit-il, d’une mauvaise foi amusée, rejetant sans le moindre regret la faute sur le monde qui l’entourait. Ça n’était pas tant erroné. On avait bien blasphémé des libres penseurs comme des fous à brûler au bûcher pour n’avoir ne serait-ce qu’un peu évoqué l’idée de penser autrement. Des idées hérétiques comme plus louables, tout dépendait du point de vue et de l’époque. Et bien évidement, du point de vue de Nikolaï, il avait raison et le reste du monde n’était que des aveugles éperdus, à quelques exceptions près.

Le jeu, enfin, l’amusait, comme un divertissement qu’on venait lui servir : jouer à celui qui craquerait le premier, laisserait son ego ou sa détermination de côté pour se jeter dans les draps de l’autre. Le sourire qu’il observa sur ses lèvres bien faites qu’il voulait embrasser ne fit que mettre de l’huile sur le feu de son envie. Elle jouait avec lui. Enfin. Elle entrait dans son monde, flirtant avec les limites des règles sans les transgresser, juste à voir jusqu’où l’autre irait si on tirait la corde du côté opposé. Elle était bonne joueuse et se battrait loyalement à la lance de sa détermination, là où lui se voyait déjà à contourner les données du problème, à contempler la situation sous un angle que lui seul semblait voir par ruse et par jeu de mots. « Je n’aurai pas besoin d’entrer dans ta chambre pour avoir ce que je veux. » répondit-il fermement, ton chaud et joueur.

Au premier abord, il semblait sous-entendre que c’était elle qui céderait et viendrait le rejoindre. En vérité, comme il l’avait évoqué, il était loin de sous-estimer la tête de mule qui serait bientôt sa femme et envisageait déjà d’autres lieux où il pourrait préserver leurs déterminations rivales et garantir leur envie commune. Voyons… Avait-elle songé qu’ils puissent faire cela en dehors du conventionnel lit ou était-elle encore trop novice pour l’entre-voir autrement ? Hm ? Dans un même temps, là où elle manifestait des signes de gêne et de chaleur qu’il avait pré-calculés, il lui avouait ce qu’il ne montrait sous le marbre brisé d’un sourire rare, son envie. Alors qu’il la mirait dans un silence dont il était le maître incontesté, elle avait son attention détournée sur une vieille femme attablée qui fabulait sur l’avenir en lisant dans les cartes.

Ah la divination… Il devait aimer cela presque autant que l’animal aux yeux globuleux qui traînait dans les pattes de se fiancée à présent. En vérité, il y avait sûrement beaucoup de choses que Nikolaï n’aimait guère, mais il avait acquis ces goûts tout au long de sa vie à ses propres dépens. Les histoires de ces diseuses de bonne aventure lui passaient à des milliers de kilomètres au dessus de la tête, aussi roula-t-il les yeux en voyant Alexandra s’approcher de cette mascarade avec toute l’innocence naïve, mais adorable, de sa jeunesse. Portant sa cigarette à ses lèvres, il l’observait d’un regard protecteur se déplacer dans la salle, jusqu’à finir à la table de cette vieille folle. Une escroquerie. Il n’avait pas besoin d’entendre pour savoir ce qui se disait, les pensées de la dite-voyante lui suffisaient amplement pour percevoir tout le grotesque de la situation.

Lorsque sa fiancée fit route vers l’escalier, il avait terminé son verre dont il laissait le paiement sur la table, alors qu’il suivait le délicat parfum laissé par la chevelure blonde comme un prédateur à l’affût, cigarette au bec. Peu à sa suite, sa haute carrure s’engouffrait dans l’escalier, gravissant lentement les marches jusqu’au second étage pour la retrouver, dos contre le mur du couloir. Oh, elle l’attendait ? Il ne pouvait s’empêcher de s’en amuser : et si elle l’attendait vraiment, même si de façon inconscience ? Avait-elle compris le sous-entendu qu’il avait glissé ? Il vint face à elle, d’une démarche posée, quoique hâtée malgré lui par le désir qu’il nourrissait pour la femme qu’il accostait par une caresse délicate le long de sa mâchoire. La cigarette dans le coin des lèvres, il prit la parole sans interrompre la caresse de son pouce sur la joue d’Alexandra. « Je ne suis pas un utopiste et j’aurais tord de te promettre que rien n’arrivera jamais à ceux qui te sont chers. Notre pays est en guère et les gens meurent. Qu’on le désire ou non. »

Il retira sa dextre de la peau féminine pour pincer sa cigarette entre son index et son majeur, lâchant le mégot au sol pour l’écraser de sa chaussure. Il savoura la fumée avant de la recracher sur le côté et posa sa main sur le mur où Alexandra était adossée, non loin de sa tête blonde : « Ta mère, ta sœur, notre enfant et toi-même êtes sous ma protection constante. Je ferai toute ce qui est en mon pouvoir pour vous préserver. N’en doute pas un seul instant. » Et son pouvoir, son ombre était grande. La toile d’araignée qu’il tissait en permanence était un fléau pour leurs ennemis et pourtant, certains d’entre eux passeraient forcément. Il le savait. Il ne cesserait jamais de se battre. « Ton frère... » Il savait qu’il comptait pour elle : « Est hors de mon atteinte et, s’il est encore en vie, il vaut mieux qu’il reste loin de moi. » Ses prunelles plongées dans les siennes, il ajouta, bas : « Quoiqu’il serait possible… Que je l’épargne. »

Son nez frôlait à présent de sien, fronts collés l’un à l’autre, et il fermait les yeux : « Pour toi. » Ça ne l’aiderait nullement dans ses affaires que d’épargner Maksim. Il n’était pas même certain d’être capable de juguler sa colère s’il venait à croiser le traître mais, avec toute l’honnêteté qu’il avait envers lui même, il savait aussi qu’il serait capable de lui laisser la vie sauve si Alexandra intervenait dans son jugement. Et il savait qu’elle le ferait. Même absente, elle serait dans un coin de la tête du patriarche, le jour où il lèverait sa baguette sur son cousin. Peut-être trouverait-il même à y gagner dans ce geste retenu, qui sait ? « Quant à moi... » Il savait compter pour elle, de plus en plus. Son trépas serait une libération autant qu’il savait qu’elle serait bouleversée. « Je suis bien trop condamné par mes propres actes, passés comme futurs, pour me faufiler entre les mailles du filet. A moins que la paix ne s’installe et que je ne devienne le maître incontesté de ce monde... »

Un sourire amusé marquait ses lèvres face à l’utopie ridicule et improbable qu’il lui exposait. Il ne prononça toutefois pas les mots funestes. Il ne se donnait pas plus de cinq années à vivre encore dans le marasme dans lequel il baignait. Il comptait bien imposer sa marque dans l’Histoire de la Russie, il y œuvrait, pas à pas et deviendrait de plus en plus fortement un homme, une tête, à élimer. Et il mourrait. Il l’embrassait, du bout des lèvres, comme s’il cherchait à l’apaiser. N’avait-elle pas voulu sa sincérité ? Elle l’avait, mais ainsi crue, elle n’était pas facile à digérer. Les pensées de Nikolaï n’avaient rien de tendres, aussi ne pouvait-il pas lui offrir à la fois sa tendresse et sa sincérité. Elles étaient incompatibles en même temps. Un instant, il se demanda s’il y avait d’autres personnes dont la perte bouleverserait sa fiancée, avant de balayer le sujet dans le fond de sa pensée.

Délicatement, il enveloppait les lèvres de sa promise du souffle chaud de sa passion, tendre durant les longues premières secondes, et puis elle s’arma d’une intensité croissante d’instant en instant. Il ne comptait même plus le temps qui passait. Cela faisait-il combien de minutes qu’il l’embrassait presque sagement juste pour le plaisir de l’avoir près de lui ? Ils étaient comme des adolescents dans les couloirs d’une école, cachés du surveillant qui rôdait, pour échanger un peu d’affection et du tumulte de leurs envies. Sans la brusquer, il s’arrêtait et ses prunelles s’ouvraient sur les siennes, y plongeant sans crainte, ses mains étaient restées contre le le mur, de chaque côté de sa fiancée. S’il l’avait touchée, caressée, il se serait enflammé et n’aurait pas été capable de se retenir. « Si je m’écoutais... » Les muscles de son corps se crispaient alors qu’il inspirait et puis… Il sursauta soudain en entendant ce foutu chien aboyer. Il ne s’y était pas attendu le moins du monde tant il était absorbé.

Tendu, il baissa les yeux sur la créature jalouse. Quoi ? Il voulait un câlin lui aussi ? Même pas en rêve ! Exaspéré, il poussa un soupir et s’écarta d’elle. Il posa un genou à terre pour ramasser son mégot éteint, ne manquant pas de fusiller ce foutu chien du regard qui l’avait à nouveau mis de mauvaise humeur. Il se releva et poussa un grognement irrité avant de rejoindre sa chambre, mâchoires serrées, le pas royal mais raide.
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Alexandra I. Ivanova
Elève à Koldovstoretz
Né(e) il y a : vingt-trois ans
, à : Saint-Pétersbourg
, mes proches me surnomment : Sasha
et pensent que je ressemble à : Margot Robbie.
Actuellement je suis : fiancée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : à la défense magique.
, aujourd'hui je travaille en tant : qu'élève à Koldovstoretz.
Sans le cacher je soutiens : la Main Noire.
J'ai rédigé : 398
parchemins, et récolté : 14589
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : Blondie (avatar) + cheap thrills (sign).
Dans la vie, je suis aussi : Maria G. Raspoutina, Kathleen M. Goustov.
Ma baguette est faite en : Palissandre des Indes et son coeur est en écaille de Zmey.
Mon niveau de combat est : 3.


Sacoche magique
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30/5/2017, 10:49
       
comme une braise sous la cendre

   
-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

DES JOURS ET DES JOURS DE PRÉPARATION POUR CETTE PREMIÈRE MISSION A L’ÉTRANGER. ME VOILA PRÊTE POUR UNE NOUVELLE AVENTURE. CES DERNIERS JOURS ONT ÉTÉ COMPLIQUE, JE ME SENS ÉTRANGE. J’ESPÈRE QUE JE N'AI PAS SIMPLEMENT LE MAL DU PAYS.
La belle se pensait encore seule dans ce long couloir, adossée contre ce mur froid. Qu'elle était naïve. Elle n'avait pas entendu le patriarche la suivre dans l'escalier, ni le bruit léger de ses pas sur le parquet. C'est avec une certaine surprise qu'elle accueillit sa main sur son visage, ses iris se plantèrent rapidement dans les siennes. Il était là, si près. Alexandra serra ses poings dans les pans de son jupon, régulant fermement ses sentiments en se murant dans une expression de neutralité, enfin en essayant. La tâche était ardue, elle n'avait pas l'habitude, pas encore. Pourtant derrière ce marbre feinté, le brasier au fond de sa poitrine s'était enflammé à la seconde où ce simple contact de peau à peau s'était fait sentir. Il l'avait à sa merci, il le savait. La jeune femme brûlait d'envie de se jeter sauvagement sur lui. Elle tiendrait, son inexpérience et sa jeunesse réussiraient à la museler férocement. Ses prunelles se refermèrent, profitant de cette infime caresse sur sa joue, humectant par moment ses lèvres pour finalement revenir à la réalité. Le patriarche la sauva, sûrement sans le vouloir, en revenant sur les prédictions de la voyante. La tension dans le petit corps de la jeune femme s'apaisa, plongeant ses iris céruléennes dans les siennes, empruntent d'un sentiment de tristesse. Il avait capté ses angoisses, sa peur de la perte de l'être cher annoncée précédemment. Oui, ils étaient en guerre. Tous le monde risquait sa vie au fil des jours. Le regard lourd, la belle ne put s'empêcher, pendant un court instant, de le détourner du sien. Nikolaï n'y croyait pas, à ces prédictions. Il était trop terre-à-terre. Peut-être qu'Alexandra n'aurait pas dû y porter autant d'attention qu'elle l'aurait dû. Pourtant, derrière le mysticisme de ces mots, elle craignait un fond de réalité. N'avait-elle pas capté cet semence qui se développait au plus profond de sa cavité reproductrice ? Des doutes subsistaient, ils enfermaient la pauvre et naïve jeune femme dans une spirale de craintes. Nikolaï ne réussirait pas à la rassurer.

Sa main quitta sa joue, faisait sortir la belle de ses pensées. Elle l'observa détruire ce mégot de cigarette qu'il avait gardé entre ses lèvres, reposant sa main à côté de sa tête. Le souffle court, silencieuse, elle restait immobile à l'écouter apaiser ses craintes. Elle ne doutait pas de la protection qu'il plaçait sur les membres de son foyer. Bien avant qu'elle ne réussisse à s'avouer ses sentiments naissants pour ce curieux personnage, que leur relation se transforme, il n'avait fait que prouver son contrôle total sur tout ce qui lui 'appartenait'. A Koldovstoretz, elle avait senti son regard puissant sur elle, installé au loin dans le groupe professoral. Ces fleurs qu'il avait placé dans ses cheveux pour la protéger, ces hommes qu'il avait engagé pour la suivre lors de ses virées nocturnes, et plus récemment sur le bateau. Oui, Nikolaï faisait preuve d'une imagination sans limite lorsqu'il s'agissait de la protection des siens. La belle ne put réprimer l'esquisse d'un sourire en coin. Il se rapprochait d'elle, progressivement son souffle venait caresser sa peau, leurs nez se touchaient désormais alors qu'il évoquait la clémence dont il pouvait faire preuve envers son frère. Alexandra sentait son cœur s'alléger d'un poids. Ses mots étaient-ils réels ou continuait-il de la manipuler ? La puissance de l'instant, cette proximité soudaine, la sensualité de sa voix, elle priait pour que cela dure éternellement. Nikolaï réussissait à l'amadouer avec si peu, elle fondait presque sous la chaleur de son souffle, comme un simple carreau de chocolat. La belle aurait voulu le remercier, pour ces mots, pour cette simple parcelle d'espoir qu'il lui tendait, pour lui insuffler l'idée qu'elle pouvait peut-être faire pencher la balance de ses passions violentes. Sa main passa au-dessus de son épaule, laissant ses doigts s'enfoncer dans son épaisse chevelure. « Kolya » Susurrait-elle, tout contre ses lèvres, sans l'embrasser. Épargner Maksim. Ses mots raisonnaient dans son esprit. Le patriarche était-il lui aussi en train de tomber sous le charme de sa cousine ? Cette illusion qu'elle plaçait dans un coin de sa tête la fit sourire, tendrement, alors qu'il continua son discours murmuré contre son visage.

La brutalité de ses paroles glaça le sang de la jeune fiancée. N'avait-elle pas demandé sa sincérité ? Il la lui exposait presque sur un plateau, à évoquer sur un ton léger son propre trépas. Il y a quelques semaines, Alexandra aurait rêvé de le voir pendu, empoisonné, torturé, pour se venger de la mort d'un père innocent, de ses paroles durs et de son comportement rustre qu'il avait eu envers elle. Mais aujourd'hui, tout était différent. Elle avait sombré dans la folie, à ses côtés, elle ne pouvait plus le quitter. Pas en vie, en tout cas. Ses longs doigts fins se resserrèrent sur une touffe de cheveux, comme pour le punir gentiment des mots qu'il avait prononcé. Plongeant son regard intense dans le sien, elle se contenta de lui dire sur un ton sérieux : « Tais-toi, tu resteras en vie, je m'en assurerai ». C'était presque ironique sortant de la bouche d'une personne qu'on ne cessait de sauver de tous les dangers. A travers ses mots, elle lui jurait presque une fidélité sans limite, au point qu'elle risquerait sa propre vie pour lui. Non. Même si ses actions n'étaient pas toujours nettes, s'il méritait de payer pour tous les morts qu'il avait fait, Alexandra ne désirait plus son trépas. « Nous vieillirons, ensemble. Et tu seras le premier à perdre tes dents ... » Sa main se dégagea de sa nuque en retirant son emprise de sa chevelure, passant ses doigts le long de sa mâchoire. « Je me moquerai de toi, tu me le rendras bien ». Ils jouaient déjà bien de la différence de leurs caractères respectifs, explosifs par moment.

Les lèvres de Nikolaï vinrent mourir contre les siennes, lui arrachant un baiser sensuel comme il savait si bien les faire. Alexandra se laissait aller, portant ses mains sur ses hanches, comme pour le rapprocher un peu plus contre elle. Elle sentait le désir monter en lui, tout comme il avait grimpé en elle. Malgré la retenue dont il arrivait encore à faire preuve, la belle le sentait faiblir au fil du temps, l'ardeur et la puissance de ses baisers mordaient presque ses lèvres avides. Oh qu'il était bon de se faire désirer, un sentiment bien nouveau qu'il faisait naître en elle. Cette passion, presque interdite, qui naissant et grandissait dans ce couloir glauque. Leurs lèvres se décollèrent enfin. Alexandra, la respiration saccadée, la bouche entrouverte, elle mirait le visage de son fiancé. Elle sentait ses muscles bandés à l'extrême, ceux de cet homme qui se tenait si près d'elle que son torse frôlait sa poitrine dressée sous son tissu. Quelques mots, l'expression de cette retenue dont il faisait preuve. Cet aveu fit sourire la jeune femme, alors qu'ils se firent sortir de leur proximité par les aboiements de Gladstone. Amusée par la situation, et par la réaction passablement énervée du patriarche, la sorcière laissa sa tête basculer en arrière pour se heurter sans douleur au mur derrière elle. Sa silhouette massive disparu derrière une porte presque claquée de jalousie. Un échange de regard avec l'animal à ses pieds. Il avait l'air tellement innocent avec ses yeux globuleux, on ne pouvait pas lui en vouloir. La belle s'accroupit pour lui gratter la tête, le remercier de faire tourner en bourrique cet homme habitué à recevoir tout ce qu'il désirait. Le voilà frustré de ne pas avoir pu terminer comme il le voulait. Dommage, il y était presque arrivé.

Alexandra était repartie elle aussi dans sa chambre, fermant la porte derrière elle après avoir jeté un regard plein d'envie en direction de celle du patriarche. Elle sortit de quoi écrire de sa valise puis alla s'asseoir à une vieille table en bois, dont il manquait un pied qui était remplacé par une pile de livres. Ses doigts entouraient une plume d'oie, plongeant la pointe acérée dans l'encrier. Pour se détendre de ses émotions que lui avait fait vivre son fiancé, Alexandra se mit à rédiger quelques mots sur un morceau de parchemin, à destination de sa sœur, Ioulia. « ... aie été rejointe par Nikolaï. Tu le connais, il n'a pas apprécié que je parte avec un autre homme, il l'a donc éliminé de la liste pour le remplacer. J'aurais dû m'en douter quand on m'a proposé de partir ... » Marmonnait-elle tout en continuant de gratter la pointe sur le grain épais du parchemin. « ... Sommes entiers, j'aurais quelque chose à t'annoncer en rentrant d'Angleterre. A très bientôt, ta sœur qui t'aime, Sasha ». La réaction terminée, Alexandra relut sa lettre puis la laissa reposer sur la table.

La jeune femme s'était changée, elle avait revêtue sa tenue de nuit, une robe de nuit en satin noir qui couvrait ses cuisses encore marquées de sa proximité avec le patriarche. Elle faisait les cent pas dans sa chambre, pensive. Sa longue chevelure dorée était relâchée sur ses épaules chétive, flottant par moment en grès des mouvements de sa propriétaire. Elle finit enfin par se calme, ses iris fixaient une culotte qui reposait sur le rebord de sa valise.  Son regard glissa ensuite sur le bouledogue qui était en train de gratter la porte avec sa patte. Un sourire joueur vint se fondre sur son visage, repensant aux mots de Nikolaï concernant sa capacité d'avoir ce qu'il désirait sans avoir à entrer dans sa chambre. C'était le moment où jamais de tester ses limites. Alexandra vint saisir ce morceau de dentelle puis le glissa dans la gueule de l'animal. « Va rejoindre ton autre maître, donne-lui ceci pour t'excuser ». Le pauvre chien ne devait probablement pas comprendre un mot de ce qu'elle lui disait. Il l'observait avec son regard vide d'humanité. Pourtant, quand elle lui ouvrit la porte, Gladstone alla immédiatement gratter sa patte contre celle de la chambre du patriarche. Son sourire ne l'avait pas quitté, elle referma la porte et patienta. Le retour de l'animal fut rapide. Lui dégageant le passage pour entrer, la belle afficha une mine déçue de ne pas voir la silhouette du patriarche. Il avait gardé sa culotte, mais n'avait pas montré son visage. Le fourbe, il avait comprit son manège de séduction. C'était un excellent joueur.

Alexandra avait rejoint son lit, consciente qu'aucun des deux ne céderait ce soir. Elle avait hâte de revoir sa tête le lendemain matin, pour avoir un avant-goût de sa réaction à la réception de son petit cadeau. Elle referma les épais rideaux noirs de son lit à baldaquin, la lueur argentée de la lune réussissait à traverser les mailles du tissu, ne la plongeant pas dans une totale obscurité. Elle s'allongea, le visage rivé vers le plafond. Son chien s'était lui aussi glissa sous les draps, il reposait désormais couché sur le dos, les pattes en l'air. De longues minutes avaient défilés. Gladstone s'était endormi, son corps était parcourut de soubresauts liés à ses ronflements. La belle tardait à trouver le sommeil, le corps encore torturé par les émotions que lui avait offert le patriarche. Ses prunelles se refermèrent enfin, son souffle commença à se ralentir, progressivement.

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4/6/2017, 15:11
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Le patriarche avait refusé de croire qu’elle viendrait. Son for intérieur le désirait mais il était un homme de raison qui n’acceptait pas que son cœur batifole en espérances oisives. Fausses de surcroît. Elle ne viendrait pas. Il défaisait ses vêtements, pour passer ceux de nuit, un pantalon de lin, clair. Il ne parvenait pas à se couvrir le torse néanmoins, tant parce qu’il trouvait qu’il faisait plus chaud ici qu’en Russie que parce que le frottement du vêtement sur son bras mutilé le jour lui suffisait amplement pour qu’il veuille s’infliger un tourment similaire la nuit. Il avait grillé deux cigarettes pour s’apaiser, trouver le calme qui se jouait de lui à vouloir le quitter. Lorsqu’on gratta à la porte, ses prunelles céruléennes fixa cette dernière longuement, pas certain que son esprit désireux ne lui ait pas joué des tours. Ce n’était pas la première fois qu’il voyait ou entendait ce qui n’existait pas. Des hallucinations, souvent des incarnations de ses peurs, perfides. Il se levait finalement, ouvrant sa porte pour laisser ce foutu chien rentrer. Il roula des yeux et ramassa l’objet qu’on lui portait. Elle jouait. Un sourire marquait ses lèvres amusées en découvrant de quoi il s’agissait. Oh non, il ne viendrait pas. D’un sort, il congédia l’animal dans ses pénates, courant sur ses petites pattes pour fuir le claquement magique qu’on imposait à son arrière train.

Rejoignant son lit, il patientait, sachant pertinemment que sa fiancée devait constater l’échec de son plan à l’heure actuelle. Jouant à faire tourner la culotte au bout de son index, un petit sourire se dessinait sur ses lèvres. Le jeu était divertissant et assez frustrant à sa manière. Ils avaient l’air fins, tout les deux, à se chercher et à se juguler de la sorte. Les mots qu’elle avait prononcé lui restaient en tête, trottant, faisant leur chemin dans le fil de ses réflexions. Elle l’avait détesté, haï du plus profond de son cœur, elle avait appelé à sa mort et aujourd’hui, se plaçait entre la faucheuse et lui. Ce n’était pas tant la capacité qu’elle aurait ou non au moment venu à le protéger du trépas qui l’interpellait, c’était cette volonté même qui logeait dans son âme et qui tendait à prouver que les sentiments qu’elle nourrissait à son égard étaient bien réels. Même pour feinter, manipuler, il n’aurait lui-même pas prononcé de tels mots sans être certain de pouvoir en tenir la promesse. Sa respiration était lente et ses yeux fixaient un point dans le vide, parfaitement conscient de ce qu’était en train de faire cette affection à sa propre âme. Il savait que ça le perturbait, que l’idée lui était étrangère, incompatible, qu’elle le rebutait. Il n’avait jamais compté que sur lui-même pour assurer sa propre survie et celles de ceux qui avaient une importance pour lui. L’amour naissant le dérangeait autant qu’il était attiré par lui. Sa souffrance lui insufflait le désir de laisser cela croître et d’y goûter, au moins un peu.

Ressentir cet affect, cette accroche irréelle et si prenante pour l’humanité que tant d’œuvres avaient essayé de le peindre, de le jouer, de l’imager. Et Nikolaï adorait cette musique, ces ballets, ces peintures comme on adore l’inatteignable. Il ressentait beaucoup de choses, des pulsions antagonistes, et une quantité monstrueuse de colère. Mais de l’amour comme elle lui en demandait… Non. Le seul amour qui sortait de lui était l’attachement sincère et viscéral qui le reliait à sa progéniture. Il avait fermé les yeux, habitué à sommeiller avec le marasme houleux qui agitait sa psyché. Il n’avait jamais de répits, son esprit voulait fonctionner en permanence, contrôler, diriger et comprendre. Il détestait Alexandra d’être aussi dévouée, cela aurait été plus facile si elle s’était contenté de le détester… Et dans un même temps, il savait qu’il avait lui-même recherché cet état de fait, qu’il n’avait pas réellement œuvré au maintient de sa haine. Il savait qu’il voulait y goûter. Qu’il avait encore si peu à vivre qu’il voulait savoir ce que c’était. Savoir s’il y parviendrait, à aimer vraiment.

Il se levait au milieu de la nuit, empoignant sa baguette magique, il transplanait. Pour gagner, il fallait savoir perdre alors il perdrait… Il avait tant à gagner à courber l’échine. Elle dormait, là allongée dans des draps qu’il voulait froisser, le sale chien à ses côtés qui, lui, ouvrait les yeux et sautait du lit pour venir l’accueillir. Niko le pétrifia sur le champ, refusant qu’il fasse un tapage quelconque. Et… Il voulait être tranquille avec elle sans avoir une paire d’yeux globuleux pour les fixer intensément. D’un autre sort, il allumait la bougie qui reposait sur la table de chevet, y délaissant également sa baguette alors qu’il tirait lentement les draps pour la découvrir et la rejoindre.

~~~

Il avait du lui enfoncer, au début, la tête dans l’oreiller pour étouffer les gémissements qu’elle laissait échapper, loin de vouloir que l’hôtel complet soit au courant de leurs agissements hors mariage. Dressé sur ses deux genoux, dans le dos délicat et cambré de sa promise qu’il avait relevée pour sentir son corps contre le sien, il la maintenait contre lui, fermement de son bras valide, tandis que sa main bâillonnait hermétiquement sa bouche. Le nez logé dans le creux du cou d’Alexandra, sa respiration était forte, saccadée et pourtant, il jugulait le moindre râle, la moindre expression de sa satisfaction aux coups de rein extasiants qu’il lui assenait, retenant sa violence latente autant qu’il le pouvait. Alexandra était un bout de femme bien trop fragile pour la bête qu’il était, il l’aurait brisée même sans le vouloir. Ses mouvements et sa fermeté témoignaient toutefois qu’il cherchait progressivement les limites de sa promise, accroissant lentement la violence retenue pour s’ajuster à ce qu’elle pouvait supporter sans se frustrer lui-même. Puis il bascula la tête en arrière, étouffant de ses lèvres scellées avec rigueur l’extase qui menaçait de s’échapper. Il l’embrassait et mordillait la peau de son cou, le corps en sueur dont la tension s’échappait. Lentement, il libérait les lèvres d’Alexandra de sa main, celle-ci venant se refermer sur son cou, sans violence mais dans une menace latente, provisoire. Sa dextre descendait le long de son corps jusqu’entre ses cuisses.

Il se calmait, satisfait, sa respiration et les battements de son cœur ralentissaient et sa tête reposait sur l’épaule de sa future femme. Il fermait les yeux, laissant son imagination vagabonder plus qu’il ne l’aurait du. Il sentir des gouttes chaudes quitter l’intimité de sa belle pour tomber sur ses doigts. Il se crispait. Son esprit traumatisé y sentait du sang alors qu’il ne s’agissait que de leurs fluides respectifs soumis à la pesanteur terrestre. Ses muscles se tendaient à la crainte, à chaque goutte sur ses doigts qu’il retirait, les portant à sa vue. Il se relâchait au constat de la vision hors du carmin sanguin. Il la libérait de son étreinte, la laissant retomber doucement contre le matelas alors qu’il quittait le lit pour se laver la main de façon quasi frénétique et maniaque, pour passer le cauchemar.
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5/6/2017, 23:00
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Tout se simplifiait entre eux, passant jour après jour de nouveaux caps, levant des barrières, se rapprochant sensiblement. Cela n’irait jamais assez vite pour un Patriarche pressé par l’approche de sa propre mort à venir, mais les efforts et leurs avancées le rassuraient amplement sur l’avenir qui leur serait donné. Pour l’heure, il éradiquait ses propres cauchemars. Ils le poursuivaient. Le temps avait pourtant bien passé, cela faisait quinze années qu’il avait perdu son enfant. Le trépas du second avait ravivé une ancienne douleur qu’il avait espéré éteinte, comme on rouvrait une plaie qui avait pourtant cicatrisé. Cela faisait si mal et la peur lui tiraillait les entrailles. Il la jugulait, il lui fallait juste un peu de temps, retirer ces tâches de sang… Il la vit, dans le miroir entamer un geste à son égard, vouloir poser ses mains sur ses hanches et puis se raviser. Elle s’habituait à lui, évitait ce qu’il n’aimait pas. Et il y avait beaucoup de choses qu’il n’aimait pas. Un vrai ronchon. Mais un ronchon reconnaissant. Il appréciait sa manière de se moduler, de prendre forme contre des affects, de respecter sa différence. Probablement par crainte du mal qu’il pourrait lui faire mais… Était-ce fou de croire qu’elle le faisait aussi tout simplement par attention, par affection à son égard ?

Poignet saisi, il orienta lentement son regard vers elle, cherchant ce qu’elle lui voulait. Il claqua sa langue derrière ses dents en signe d’agacement alors qu’elle le relâchait. Au moins, ça lui avait coupé l’envie frénétique de se laver les mains. Il se les essuyait, l’écoutant l’interroger. Elle n’était pas sotte, mais elle ignorait encore ce qui pouvait bien tant le déranger. Se détendant, il finit par sourire à sa question et étouffer un rire. Elle était adorable dans sa naïveté, ça l’avait sortit pleinement de ses pensées lugubres : « Non. » fit-il rapidement, pour qu’elle s’ôte cela de la tête. « Tu n’as rien d’anormal. » Il reposait la serviette et revenait près du lit qu’il rejoignait. Il venait s’asseoir à ses côtés, silencieux bien que son sourire restait encore gravé sur le coin de ses lèvres : « Tu es étroite du bassin. Plus fine. » Ça pouvait impliquer pas mal de complications à la grossesse et à l’accouchement, mais il veillerait au grain. Comme toujours. « Je vais te trouver une médicomage pour te suivre, je pense… Avoir une idée. Nous verrons si elle est prête à s’investir dans cette responsabilité. » Car oui, autant dire que si elle était défaillante, l’Ivanov répandrait ses entrailles aux quatre coins de la Russie.

Il la prenait contre lui avant de s’allonger sur le dos, sa tête trouvant place sur le coussin, et ses jambes remontant sur le matelas. Il caressait la tête blonde, pensivement, alors que ses yeux fixaient le haut du lit à baldaquin. Il n’avait, au final, pas répondu à la question première d’Alexandra, gardant ses craintes pour lui-même tant parce qu’il n’aimait pas exprimer ce qui le tourmentait, que parce qu’il ne voulait pas que cela engage une certaine forme de peur pour sa fiancée. Sa grossesse risquait déjà d’être assez bien mouvementée sans qu’il n’en rajoute une couche. Il savait aussi qu’Alexandra était têtue comme une mule et qu’elle risquait de ne pas abandonner tant qu’elle n’aurait pas une explication. Il fermait néanmoins les yeux et s’endormait, bonne aise qu’il était avec ce petit bout de femme entre ses bras. Il n’avait pas envie de répondre à sa question.

~~~

L’aube pointait le bout de son nez sur un Londres grisonnant. Nikolaï avait quitté le lit pendant la nuit pour rejoindre sa chambre. Il se rafraîchissait avant de s’habiller, et descendre dans la salle principale de l’auberge. Il réclama un petit-déjeuner et contemplait le repas copieux qu’on lui apportait, satisfait de constater que ces anglais se remplissaient autant la panse que les russes dès le réveil. Au moins, il n’était pas trop dépaysé pour l’heure. Sa fiancée vint à le rejoindre. « Bonjour Sasha. Remise ? » railla-t-il, bas, pour elle, un léger sourire en coin. On servait déjà un petit déjeuner à sa promise et il garda le silence pendant tout le temps que l’aubergiste passa à leurs côtés. Il se contenta d’une inclinaison de la tête en guise de remerciements. « Nous allons rendre visite à notre dame ce matin. Si cela se passe bien, j’irai rencontrer… Un homme, pour mon fils Kiril. Tu pourras rester ici, avec… Ta chose. » Il parlait du chien. « Je préférerai que tu ne sortes pas, eu égard des derniers événements. Je ne désire pas un nouvel enlèvement, tu comprends ? »
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Alexandra I. Ivanova
Elève à Koldovstoretz
Né(e) il y a : vingt-trois ans
, à : Saint-Pétersbourg
, mes proches me surnomment : Sasha
et pensent que je ressemble à : Margot Robbie.
Actuellement je suis : fiancée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : à la défense magique.
, aujourd'hui je travaille en tant : qu'élève à Koldovstoretz.
Sans le cacher je soutiens : la Main Noire.
J'ai rédigé : 398
parchemins, et récolté : 14589
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : Blondie (avatar) + cheap thrills (sign).
Dans la vie, je suis aussi : Maria G. Raspoutina, Kathleen M. Goustov.
Ma baguette est faite en : Palissandre des Indes et son coeur est en écaille de Zmey.
Mon niveau de combat est : 3.


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6/6/2017, 16:33
       
comme une braise sous la cendre

   
-  Nikolaï S. Ivanov — Alexandra I. Ivanova -

   

DES JOURS ET DES JOURS DE PRÉPARATION POUR CETTE PREMIÈRE MISSION A L’ÉTRANGER. ME VOILA PRÊTE POUR UNE NOUVELLE AVENTURE. CES DERNIERS JOURS ONT ÉTÉ COMPLIQUE, JE ME SENS ÉTRANGE. J’ESPÈRE QUE JE N'AI PAS SIMPLEMENT LE MAL DU PAYS.
Nikolaï répondit à ses interrogations en jouant la carte de la fausse sincérité, sa fiancé l'avait parfaitement remarqué. Elle était jeune, mais pas idiote. L'étroitesse de son bassin ne justifiait absolument pas une telle réaction, un tel dégoût, une telle crainte. Il cachait ses réelles inquiétudes derrière une réalité. Elle était fine, délicate, comme une fleur fragile. Sa mère le lui avait souvent reproché, mais y pouvait-elle réellement quelque chose ? Ses prunelles se baissèrent un instant, mirant cette partie d'elle même qui accueillerait prochainement leur enfant à naître. Une moue dubitative se logea sur son visage, puis elle reporta son attention sur Nikolaï, qui lui proposait un suivi médical. L'idée qu'une médicomage viennent fouiner autour de son ventre arrondi ne l'enchantait nullement. Cependant une voix dans sa tête lui soufflait de le soutenir, que l'avis d'une médicomage compétente serait la bienvenue. Cela pour tous les deux. Alexandra se laissa emporter dans les draps, logée contre la carrure de son futur époux. Elle n'allait pas insister, pas ce soir. Mais qu'il ne se croit pas tiré d'affaire, elle reviendrait sur le sujet prochainement. Cette capacité constante qu'avait le patriarche à dévier les conversations qu'il ne voulait pas suivre était impressionnante. En fait, il était un peu comme elle au final. Ils n'étaient pas si différents l'un de l'autre. L'une était plus novice en la matière, moins douée, l'autre savait parfaitement manipuler les mots et les esprits pour s'en sortir sans le moindre problème. La belle cala sa tête blonde contre son torse, laissant l'homme caresser sa chevelure dorée tandis qu'elle plongeait dans les bras de Morphée.

~~~~~~~~~~~~~~~~

Le petit bout de femme s'était enroulé dans un épaisse couverture en laine, ses cheveux blonds sortaient à peine de l'extrémité du boudin, un pied qui semblait perdu pendait mollement du lit. Silencieuse, Alexandra récupérait encore de sa nuit mouvementée. Elle avait finir par s'endormir sur le ventre, soulageant inconsciemment son fessier qui portaient encore les marques des coups de reins du patriarche. Son sommeil fut parsemé des images de la nuit torride qu'ils avaient passé, souriant par moment à l'évocation de ces bons souvenirs. La suite fut beaucoup moins plaisante. Ces mots que lui avait lancé le patriarche, pour simplement justifier son comportement, l'avaient plus marqué qu'elle ne l'aurait prévue. Elle se voyait avec un ventre rond, trop lourd pour que son dos ne puisse le supporter, et des phrases qu'on lui lançait. "Tu n'y arriveras pas, tu es trop fine". De la souffrance, une douleur atroce, du sang, puis la mort. Tout-à-coup, une drôle de sensation lui parcourut la plante du pied. Ça la chatouillait. Encore, toujours plus. La belle joua du pied pour stopper le responsable, poussant par la même occasion la petite tête poilue du pauvre bulldog. Un grognement, quelques gémissements, puis Gladstone continua d'essayer de réveiller sa maîtresse endormie. « Non » Murmurait-elle, toujours à moitié endormie. L'animal ne lâcha pas l'affaire, allant jusqu'à sauter sur la roulade de couverture dans laquelle était enveloppée la sorcière. « Ah ... » Soupira-t-elle longuement avant de réussir à ouvrir les yeux. Alexandra se défit de son enveloppe de tissus, puis tâta autour d'elle avec ses mains. Rien, elle était seule. La belle fixait avec une pointe de déception le lit qui ne contenait qu'elle. Nikolaï l'avait donc bel et bien laissé, il avait suivi les instructions qu'ils s'étaient fixés. Après tout, ils n'avaient rien à faire dans le même lit, ils n'étaient pas encore mariés.

Nauséeuse de bon matin, la sorcière mit de longues minutes avant d'enclencher le mouvement pour se lever. Elle resta pendant quelques instants devant l'unique miroir de la chambre, s'observant sous tous les angles. Ses doigts fins caressèrent son ventre encore plat, profitant d'un court instant de rêverie pour sentir un soupçon de vie au plus profond d'elle-même. Un futur petit être né de l'union des Ivanov. Pivotant sur le côté, Alexandra s'examina le dessous de son postérieur où deux hématomes parfaitement symétriques patientaient encore fièrement. Elle quitta son reflet pour faire un brin de toilette, effacer les quelques traces encore présentes entre ses cuisses, et se pomponner pour avoir l'air présentable. Cette fois-ci elle opta pour une tunique monochrome grise qui lui tombait jusqu'aux genoux, un ruban rouge lui cintrait la taille et lui affinait encore plus la silhouette. Ses cheveux étaient tressés finement grâce à la magie, le bourgeon de rose placé par le patriarche était toujours caché près de son oreille. Sasha quitta sa chambre, en emportant son manteau sous le bras, pour aller rejoindre le patriarche qui était déjà en train de petit-déjeuner dans la salle principale. Dans l'escalier, elle croisa un jeune homme blond, au physique avantageux, qui la gracia d'une salutation courtoise et d'un sourire charmeur. Alexandra lui sourit poliment, en retour, mais continua sa route sans y accorder plus d'attention, ne sachant pas que l'étranger continuait de la suivre du regard jusqu'à ce qu'elle s'assoit à la table où patientait Nikolaï. « Bonjour Kolya » Dit-elle tout en s'installant face à lui, Gladstone à ses pieds. « Parfaitement, et toi ? Pas trop mal aux articulations ? » Murmura-t-elle d'un ton aussi bas que le sien. Son regard s'illumina d'un sourire charmeur, consciente de la portée des mots qu'elle prononçait. Alexandra s'amusa de sa propre phrase. Il semblait se venter ouvertement de ses prouesses de la nuit passée, elle lui rappelait non sans risque son âge par rapport au sien.

On vint lui servir une assiette chargée en bacon, œuf brouillé, saucisse, marmelade et pain grillé. Les diverses odeurs remontèrent à travers ses narines, et Alexandra retint une remontée nauséeuse en posant une main devant sa bouche. Non, elle ne pouvait décemment pas ce nourrir ce matin. Consciente qu'elle ne pouvait pas se permettre de vomir dans l'assiette de son voisin d'en face, la belle repoussa l'assiette de côté, préférant se contenter d'un thé anglais bien brûlant.  Alexandra soufflait sur la surface de sa boisson, écoutant les explications de Nikolaï quant à leur déroulement de journée. « Ne penses-tu pas qu'il soit préférable que je continue à te suivre ? » Demanda-t-elle en se redressant sur sa chaise, le fixant de ses iris céruléennes. « Je suis consciente que le risque de kidnapping est élevé. Cependant ne penses-tu pas que je serais plus en sécurité à tes côtés ? Au lieu de me laisser moisir seule dans la chambre ? Même avec ma ... chose comme tu dis, qui au passage a un nom ». La jeune femme dégusta quelques gorgées de ce liquide exquis qu'était le thé anglais, puis reposa la tasse sur la table. Elle croisa ses jambes l'une sur l'autre, sous la table, admirant en silence le visage de son fiancé. A nouveau il jouait de son influence sur elle en la dévisageant. Cette fois-ci elle ne détourna pas son regard du sien, combattant modestement la puissance de ses iris azurées.  Voyant qu'il ne réagissait pas, probablement car il ne souhaitait pas qu'elle vienne, la jeune blonde finit par soupirer. « Soit, tu iras seul rencontrer cet homme. J'ai à faire à Londres, ça tombe bien ». Ah, elle avait réussi à capter son attention. Un sourire satisfait vint mourir dans le coin de ses lèvres charnues.

Le serveur avait quitté la table depuis quelques minutes. Le beau jeune homme, qu'avait croisé Alexandra dans l'escalier, s'était posé au bar et continuait de mirer avec insistance le couple attablé, il finit par détourner son attention lorsque le barman lui pris sa commande. « Je dois t'avouer que je ne pensais pas que tu viendrais, hier soir » Dit la sorcière en parlant bien bas, pour que personne d'autre que son interlocuteur de l'entendre. « Tu as été très ... » Hésitante sur les mots, elle n'était pas habituée à mener ce genre de conversation, surtout avec un homme. « Efficace ». Par là, elle voulait insinuer qu'il avait laissé peu de places au préliminaires, même si elle ne pouvait pas mettre de mots dessus à cause de son inexpérience. Il faut dire qu'il était venu et il avait fait son affaire sans attendre. Mais elle avait grandement apprécié. Ça, elle ne le rajouta pas, se contentant de fixer un point de le vide. « Je pense que tu peux me remettre ... ce que tu as reçu hier ? » Demanda-t-elle, innocente dans ses regard bleuté qui réussi tout de même à le mirer. Le chien se mit à se frotter contre le mollet du patriarche, l'observant en contre-plonger avec ses yeux globuleux. « Elle ne t'est plus d'aucune utilité de toute façon ». Conclusion faite, elle approcha sa main de celle de Nikolaï, l'ouvrant comme si elle souhaitait qu'il la lui rende immédiatement. On pouvait voir la magnifique bague de fiançailles qui ornait son annulaire.

code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 1453 WORDS.



take my hands
let me see our future.
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7/6/2017, 20:50
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Le patriarche laissa un sourire en coin marquer ses lèvres lorsqu’elle lui évoqua l’état de ses articulations. La moquerie sur son âge était vile : il était en bon état pour un homme de quarante années. Il s’entretenait, au moins pour toute la violence qu’il avait besoin d’extérioriser. Il aurait été intimement frustré de ne pas mettre des coups à la hauteur de ce qu’il espérait : « Je n’ai pas encore ce genre de soucis. » Cela ne saurait tarder, il sentait son corps se tendre par moment, épuisé. Probablement tirait-il un peu trop sur la corde également. Il fallait dire que ses préoccupations et ses ambitions ne lui laissaient que peu de répit. Voilà encore qu’il était obligé de se traîner en Angleterre pour résoudre un x-ième problème. Il s’amusait du sourire charmeur qu’elle lui adressait. Il se souvenait encore de la furie qui avait hurlé contre l’assassin de son père : le changement d’attitude était flagrant. Cela lui convenait, c’était la preuve qu’ils faisaient des progrès.

Les progrès étaient moindres sur la nourriture que sa fiancée pourrait avaler. Les nausées ne devait pas aider la jeune femme, peut-être aurait-il du lui laisser la tablette de chocolat pour qu’elle se stabilise. D’un geste ferme, il devenait celui qui contrôlait sa vie allant jusqu’à décider ce qu’il y aurait dans sa tasse de thé puisqu’il y ajoutait une bonne cuillère de miel tout en écoutant protester d’être mise à l’écart. Il garda toutefois le silence, ayant parfaitement arrêté son avis sur la question jusqu’à ce qu’elle le titille sur un ‘j’ai à faire à Londres’. Il relevait les prunelles sur elle. Ne venait-il pas tout juste de lui demander de rester ici, à l’habit des sort de protection. L’avait-elle seulement écouté ? Ou cherchait-elle à lui faire payer l’abandon ? Le regard azuré du patriarche se posait sur ce jeune homme, blond, lui faisait férocement comprendre dans l’ombre de ses yeux qu’Alexandra était une chasse gardée.

Il reporta son attention sur sa fiancée qui traitait de leur nuit commune. Efficace ? Il arqua un sourcil, amusé : « Est-ce un reproche ou une appréciation ? » Cette fois, il lui demandait son avis. Qu’importe si cela la mettait dans l’embarras de la réponse. Il n’était pas du genre à laisser filer une telle occasion de la mettre face à ses propos. Achevant son assiette, il cherchant dans l’intérieur de sa veste son étui à cigarette pour en prendre une et la caler entre ses lèvres. « Tu crois vraiment que je me promène avec tes sous-vêtements sur moi, Sasha ? » répliqua-t-il à la main tendue vers lui dans expectative. Il alluma le bâtonnet toxique et en inspira une première bouffée. « Non. » répondit-il de lui-même, en conclusion : « Elle est dans ma chambre. Tu n’auras qu’à venir la chercher cette nuit ou bien… »

Ses lèvres s’arquèrent d’un sourire en coin : « Faire ta tête de mule et te retrouver sans rien à mettre sous ta robe sur la fin de notre séjour. Je suppose que tu n’es pas venue avec plus qu’il n’en faut. » Au moins pour ne pas se charger inutilement. Il inspira une nouvelle bouffée de fumée, prenant le temps d’en savourer l’arôme avant de la libérer. « Dans tout les cas, j’aurai ce que je veux une nouvelle fois. Reste à savoir si tu viendras sagement à moi ou si je devrai t’attraper au détour d’un couloir. » Il tapota sa cigarette au dessus du cendrier, conscient de n’avoir aucunement mâché ses mots et de s’amuser comme un enfant avec un jouet extraordinaire. « Tu viendras avec moi, j’ai rendez-vous avec Albus Dumbledore. Raspoutine n'est pas le seul à vouloir sceller des alliances... » finit-il par conclure, refusant qu’elle vagabonde dans Londres comme elle avait annoncé le faire. « Kiril… » était un traître. Son garçon se tournait vers l’Ursa Major mais pour tout l’amour qu’il lui portait, il ne pouvait pas laisser son enfant se perdre dans une rébellion fragile. Nikolaï espérait obtenir la protection du mage. « Souhaite poursuivre ses études à Londres. J’ai refusé son départ mais si je venais à ne plus être là pour le retenir... »

Mourir. Il se préparait à cette idée, résolument et rien de ce que lui avait soufflé la jeune femme, la veille, ne le détournait de l’évidence. Elle ne le sauverait pas. Il était bien trop embourbé pour survivre. « J’aimerais qu’il puisse bénéficier de ce que j’aurais construit pour lui de mon vivant. » Elle pouvait bien être mise au courant, non ? Au fond... Elle allait être sa belle-mère. Qu'elle le veuille ou non, elle devrait prendre son rôle en main avec les trois enfants du patriarche.
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