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Mars 1930 - Sur le palier feat. Kiril Ivanov

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Kathleen M. Goustov
Membre de l'Ursa Major
Né(e) il y a : trente ans
, à : New-York
, mes proches me surnomment : Kath
et pensent que je ressemble à : Jessica De Gouw.
Actuellement je suis : mariée
, je suis : attirée par les hommes.
J'ai fait des études : en soins magiques à Ilvermorny
, aujourd'hui je travaille en tant : médicomage à Patriarkh.
Sans le cacher je soutiens : Main Noire, officiellement, Ursa Major officieusement.
J'ai rédigé : 30
parchemins, et récolté : 106
Dengi. Mon portraitiste s'appelle : ky-crea.
Dans la vie, je suis aussi : Alexandra I. Ivanova, Maria G. Raspoutina.
Ma baguette est faite en : en bois de sycomore, son cœur est fait d'une dent de vampire.
Mon niveau de combat est : 3.


Sacoche magique
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31/5/2017, 11:22

SUR LE PALIER
kiril ivanov & kathleen goustov
Ses iris azurées parcouraient les lignes tracées à l'encre noire du dossier d'un de ses patients. Cela faisait plusieurs minutes qu'elle relisait la même phrase, sans le remarquer. Elle était plongée dans ses pensées, elle n'arrivait pas à se concentrer. Hypoxie tissulaire, hypoxie tissulaire suite à une contention trop serrée. Hypoxie. Catatonie musculaire. Kathleen cligna des yeux, à deux reprises, se rendant enfin compte de l'idiotie de la scène. D'un geste sec, elle referma le dossier qui claqua brutalement, faisant voler au passage quelques boucles brunes, elle le reposa sur son bureau, devant elle. Un long silence s'en suivie, durant lequel l'américaine expira profondément son désespoir. Comment en était-elle arrivée là ? A se morfondre durant son temps de travail, sur sa vie personnelle ? Kathleen passa ses mains sur ses joues, les massant délicatement pour détendre les traits tirés de son visage. Sa journée de travail était terminée, à Patriarkh, et la jeune médicomage redoutait son retour dans son foyer. Elle avait dû passer la nuit à l'hôpital, à cause d'un collègue décédé qu'elle avait dû remplacer au pied-levé. Le décès était une chose impossible à prévoir. Une lettre envoyée rapidement à son époux, pour le prévenir de la situation. Aucun retour, aucun morceau de papier rédigé de sa main, juste le hibou rentré le bec vide. Ce n'était pas bon signe. "Seigneur !" Expira-t-elle en laissant tomber sa tête sur son bureau, sans heurt. Ses prunelles se fermèrent pendant un court instant, jusqu'à ce qu'un collègue ne la sorte de sa tranquillité en pénétrant dans son bureau. "Goustov !" Kathleen releva péniblement la tête en direction du sorcier. "Andreïevitch ?". Le russe marqua un temps d'arrêt après avoir remarqué le dérangement qu'il avait occasionné. Il reprit, sur un ton sérieux. "J'aurais besoin de votre bureau pour une réunion. Que faites-vous encore à Patriarkh, votre journée n'est-elle pas terminée ?". La jeune femme fit une moue dubitative. Une réunion ? N'y avait-il aucun local de disponible dans tout l'hôpital ? Fallait-il obligatoirement se servir de sa pièce attitrée ? Elle plongea son regard intensément bleu dans le sien. Cet homme savait qu'elle ne pouvait pas lui refuser, c'est pour cela qu'il semblait si sûr de lui. En plus, il avait raison, sa garde aurait dû se terminer il y a deux heures maintenant. Décidément, la médicomage n'avait plus d’échappatoire. Il fallait rentrer.

Le soleil disparaissait progressivement derrière les hautes demeures de Saint-Pétersbourg, plongeant la ville dans une ambiance feutrée en cette fin d'après-midi. Quasiment expulsée de son bureau, Kathleen traînait dans les ruelles, le pas lent, l'air agar. Sa tunique prune des médicomages sous le bras, son sac dans l'autre main, elle vagabondait sous le regard intrigué des passants. Sa crinière brune n'était plus maintenue par une pince, elle pendait derrière sa nuque. Ses talons claquaient paisiblement sur le sol pavé, manquant à plusieurs reprises de marcher dans un excrément d'animal. Elle avait l'air définitivement perdue. Malgré le détour opéré, sa démarche ralenti, la belle jeune femme arriva finalement devant la porte de sa demeure. Belle grand bâtisse du quartier chic de Saint-Pétersbourg, la demeure des Goustov n'avait rien à envier aux maisons environnantes. Elle soupira, observant longuement ce cadrant de porte qu'elle redoutait tellement. Comment Gregory allait-il l'accueillir ? Son corps portait encore les marques de sa dernière explosion. Kathleen était une médicomage compétente, il y avait pourtant des blessures qui mettaient du temps à guérir, elles étaient beaucoup trop cachées pour disparaître si facilement. Une main posée sur sa poitrine, elle se sentait déjà à bout de souffle. La belle prit quelques secondes pour calmer cette angoisse qui commençait à apparaître, sournoisement. Il fallait se lancer, elle ne pouvait pas fuir indéfiniment. Sa main se posa sur la poignée. Rien ne se passa.

Quoi ? La surprise pouvait se lire sur son visage. C'est avec plus de force qu'elle tenta de l'actionner. Toujours rien. Elle sortit sa baguette de son épais manteau. D'un sortilège informulé, elle tendant d'ouvrir la porte. Aucune réaction, le bourdonnement de la serrure pouvait cependant se faire entendre. Avait-on changé le sortilège de protection sans la prévenir ? Kathleen posa ses affaires au sol, essayant plusieurs sorts différant avant de se rendre compte de la gravité de la situation. "Gregory ?" S'exclama-t-elle en toquant à la porte. "Gregory ouvre-moi s'il te plait !" Son poing cognait contre le bois, la force du geste devenait croissante au fil des minutes. L'oreille posée contre la vitre opaque, elle tentait de repérer le son des pas de son époux. Il était là, juste derrière, mais ne bougeait pas. Aucune réponse. A quel jeu jouait-il exactement. "Gregory, je sais que tu es là, ouvre-moi !" Marmonna-t-elle. Kathleen sursauta quand la porte s'ouvrit à la volée. L'homme de la maison se présentait face à elle, le regard remplit de colère et de honte. Il croisait les bras contre son torse. Son attitude voulait lui faire comprendre qu'elle n'était plus la bienvenue en ces lieux, elle le ressentit clairement à la vue de son époux. La belle se présentait à lui, les bras ballants, la mine basse. Elle fit un pas en avant pour rentrer à l'intérieur, Gregory la repoussa avec brutalité. "Non, tu ne rentreras pas". Choquée par sa réaction, le visage pâle, Kathleen bégaya avant de réussir à aligner deux mots correctement. "Comment ça je ne rentre pas ? Que se passe-t-il ? Gregory ..." Elle tenta une approche toute en tendresse, approchant sa main droite en direction de sa joue pour l'attendrir d'une caresse délicate. Il repoussa sèchement le geste, et lui répondit sur un ton ferme et catégorique : "Les femmes infidèles dorment sur les trottoirs, tu n'auras que ce que tu mérites". Ébahie, Kathleen sentit la porte lui claquer au nez. Elle resta quelques secondes immobile devant la maison, incapable de faire le moindre geste. Sa respiration s'était stoppée, son cœur avait loupé quelques battements. Que venait-il de se passer exactement ? Avait-elle rêvé ? Son mari venait de la foutre dehors, sans la moindre pitié.

La première chose qui lui traversa l'esprit, ce fut le visage d'Ivan, son fils unique. Elle ne le reverrait plus s'il l'empêchait de venir. Empêcher une mère de voir son enfant était une chose horrible, elle ne survivrait pas à ça. Kathleen se réveilla brutalement de ses pensées pour s'acharner à nouveau sur cette porte, tapant du poing malgré la douleur qui commençait à se faire ressentir. Elle ne criait pas, gardant ses mots durs dans sa gorge serrée, et des larmes qui perlaient le long de ses joues. Non, il ne pouvait pas lui faire ça, elle ne méritait pas ça. L'américaine avait accepté ses frasques, sa jalousie maladive, ses coups, ses viols. C'était une femme, que pouvait-elle faire face à son mari ? Cependant elle ne pouvait pas accepter qu'il la rejette ainsi, dans la rue, comme une vulgaire putain du peuple. Ses coups se stoppèrent brutalement, sa main resta à plat sur la porte. La tête de la médicomage se baissa, cachant derrière un rideau de boucles brunes son visage noyé dans une rivière de larmes. Elle ravala ses sanglots et essuya ses prunelles d'un revers de manche. Non, il ne pouvait pas, c'était un vrai cauchemar.

mars 1930
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something strange
Survivre, combattre, espérer.
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8/6/2017, 19:33
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Ils étaient en pleine discussion, sur le pallier de l'appartement, une garçonnière en tout sauf en taille, appartenant à l'un de ses amis. Sa visite n'avait rien eut de particulier, il entretenait un réseau peu étendu mais qualitatif, dont l'autre jeune homme était un membre de longue date, avec qui il se sentait bien en règle générale. Et c'était justement ce qu'il recherchait à l'heure présente, le confort, fusse-t-il psychologique. L'autre était l'un des rares qui le connaissait suffisamment pour qu'il puisse se laisser apprivoiser dans sa douleur et sa vindicte, pour s'ouvrir quelque peu et entamer un processus difficile vers une réhabilitation totale de ses liens sociaux. Ils avaient passé une partie de la journée ensemble, ne parlant que par intermittence, travaillant tous deux, profitant simplement de la présence de l'autre, silencieuse, pleine d'acceptation, son compagnon était l'un des rares à ne pas persifler sur le compte de sa famille après tout, aussi pouvait-il lui adjuger une forme de confiance. En fin de journée, Kiril avait finalement décidé de rentrer, bien qu'on lui eut offert de passer la nuit sur place s'il le désirait, et ce malgré un fort penchant à l'acceptation, nonobstant les potentiels reproches de sa famille, dont il n'avait pour une fois que faire. Pourtant, ce spectre d'agrément était resté entre eux et ils avaient continué de discuter même une fois la porte d'entrée ouverte, lui arrachant chaque pas au prix de plusieurs minutes à chaque fois, leurs voix ne portant guère, dans la douceur qu'ils mettait à s'entretenir. Leur échange les porta donc à être des témoins involontaires d'un lambeau de vie sur l'un des paliers inférieurs.

Relativement gênés, ils s'entre regardèrent tous deux en quête d'un indice sur la façon de réagir, répugnant tout de même légèrement à simplement ignorer ce qui ne les regardait pourtant pas vraiment. Pour Kiril, il y avait également le fait qu'il devrait bien passer par là pour redescendre et quitter les lieux… Néanmoins, il était toujours envisageable de jouer les aveugles, quoi que ce soit délicat pour un homme avec son éducation. Il écarta rapidement l'idée et décida d'aller voir, après avoir obtenu un assentiment secourable de la part de son hôte. Descendant lentement, il nota distraitement que l'algarade avait eut lieu sur un palier plus élevé qu'il n'avait cru, expliquant, de fait, pourquoi tous deux avaient pu si bien entendre ce qui se passait… et peut-être le houleux sujet expliquait-il pourquoi eux n'avaient pas noté qu'ils n'étaient pas seuls. Le jeune homme estimait que malgré l'implication émotionnelle que cela représentait, ils n'auraient pas voulu avoir de public s'ils l'avaient voulu. Descendu au niveau de la femme, il la considéra d'un œil prudent mais dépourvu de froideur, même s'il ne se défaisait pas d'une gêne compréhensible compte tenu de son rôle extérieur et de la délicatesse de s'impliquer lui-même dans ce qui venait de se passer. «  Madame ? » fit-il d'une voix qu'il espérait courtoise et assez douce pour ne pas malmener davantage les nerfs de l'épouse ainsi humiliée. Il s'était exprimé dans un russe à la diction exemplaire mais docte, trahissant le caractère studieux de cette intonation, adoptée à force de leçons strictes. Il attendit de la voir se tourner vers lui, faisant mine de ne pas voir ce qui pourrait marquer sa dignité.

Une fois qu'il eut son attention, le jeune homme s'avança pour la rejoindre et regarda un instant la porte fermée sur laquelle elle s'était appuyée, fronçant légèrement les sourcils avant de la mirer de nouveau. Lui proposant un bras avec courtoisie, il reprit la parole : «  Madame, vous ne pouvez pas rester là… » Cela finirait par jaser si elle restait plantée là, elle allait attirer la curiosité sur son foyer, ses voisins allaient finir par vouloir espionner, persifleraient et la situation empirerait. Après tout, qu'y avait-il de pire que l'imagination malsaine d'un entourage oisif n'ayant presque rien d'autre à faire ? D'ici que sa situation soit connue de tous, les faits auraient été déformés et amplifiés drastiquement. En dehors de cela, le jour arrivait à son terme et elle avait besoin d'un endroit où se reposer et passer la nuit, aucune femme avec de la dignité ne pourrait passer la nuit dehors. «  Voulez-vous m'accompagner ? » En soi, elle devrait refuser, puisqu'elle ne le connaissait pas, qu'il était un sombre inconnu et un homme et qu'elle ne pouvait pas être certaine qu'il ne lui voulait pas du mal. Mais en même temps, avait-elle une autre solution dans l'immédiat ? Si c'était le cas, il se proposerait simplement pour l'escorter, sinon… «  Vous pourrez vous reposer et vous remettre. Et si vous avez besoin de quoi que ce soit ensuite, nous pourrons peut-être vous assister » Par précaution, il indiqua son ami, venu les rejoindre pour qu'elle ne soit pas surprise de sa présence. Avec bienveillance, il l'observa, pour jauger de l'état de ses nerfs, mais en se gardant bien de sourire pour ne pas la mettre plus mal à l'aise.


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Kathleen M. Goustov
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9/6/2017, 23:27

SUR LE PALIER
kiril ivanov & kathleen goustov
Le sombre désespoir, qui s'abattait sur la pauvre femme, semblait ne lui laisser aucun répit. Sa main remettait doucement ses bouclettes brunes derrière ses oreilles, pour dégager son visage sali par la honte, lorsqu'une voix masculine retentit derrière elle. Kathleen se retourna à peine, ses yeux rougis par la peine qui s'était emparée d'elle fixaient avec désespoir le jeune homme qui était apparu. Un instant lui suffit, quelques secondes, et un nom se glissa sur cette mâchoire carrée si caractéristique, ces traits fins et princiers, cette allure distinguée des plus nobles familles de Russie : Ivanov. Son timbre doux, sa façon de tirer une once de gentillesse vers elle, elle reconnu là le Kiril qui avait été admis dans son service quelques années auparavant. Kathleen passa une main sur son visage, se détournant de lui quelques instants. La façon dont il l'appelait, "Madame", semblait indiquer qu'il ne l'avait pas identifié, pas encore. La jeune américaine eut un mouvement d'hésitation, retenant un sanglot du bout de ses lèvres encore tremblantes. Elle le vit tendre son bras, d'un geste des plus galants, elle eut un mouvement de recul, comme un animal blessé craintif. Kathleen n'avait pas l'habitude de ce genre d'attention, elle redoutait cet instant de poser ses mains sur ce bras noble. Elle ne méritait nullement ce geste, elle reculait jusqu'à s'adosser contre le bois de la porte. Au fond, espérait-elle qu'il ne prenne pas sa réaction pour du dégoût, ou pire. Non, elle ne voulait pas qu'il soit associé à elle, qu'il soit sali par la mauvaise réputation qu'on lui avait collé. Ce serait tellement dommage, pourtant il lui proposait son aide avec une sincérité très émouvante.

L'homme derrière lui, probablement un ami, acquiesça d'un signe de tête lorsque l'Ivanov insista poliment, proposant leur aide dans cet instant difficile. Ils avaient assisté à la scène, ils avaient entendu les mots durs d'un époux à sa femme. La théâtralité de la scène l'avait fait passer pour une vulgaire infidèle. Au fond, elle l'était. Infidèle à un groupe qu'elle avait intégré dans le seul but de rester en vie, près de sa famille. Infidèle aux idées d'un époux jaloux, possessif, et sanguin. Elle ne méritait pas ces hommes qui se battaient pour elle. Kathleen resta silencieuse face à la main tendue qu'on lui proposait, déstabilisée, encore sous le choc. C'est alors qu'un bruit se fit entendre, la porte s'ouvrit. Kathleen manqua de tomber à la renverse, elle se rattrapa du justesse au bras de Kiril. Son regard azure se planta dans le sien, on pouvait aisément lire de la peur à travers ses iris tremblantes. Un homme s'exprima d'une voix forte, grondant sa présence pour s'imposer en maître incontesté. "Kathleen, te voilà pendu au bras d'un jeune puceau, n'as-tu pas honte de t'afficher ainsi en publique ?" Ayant à peine remarqué son propre geste, la médicomage relâcha immédiatement le membre de l'étudiant pour se détacher de lui. "Non ... Non, c'est une coïncidence". Les muscles de la mâchoire du sorcier se tendirent, il toisait sévèrement le jeune homme qui se tenait devant le pas de sa porte. Gregory reconnut rapidement la haute naissance de Kiril, l'associant rapidement à son célèbre père Nikolaï Ivanov, un homme influent qui servait la cause de la Main Noire. Une hésitation sembla marquer l'époux, serrant fermement sa main sur sa baguette sans pour autant la pointer dans sa direction. Il avait des limites, celle-là en était une. Gregory Goustov n'aimait pas se plonger dans un combat perdu d'avance, il ne voulait pas de conflit avec ce jeune garçon sorti des jupes de sa mère et toujours tenu au collet par la poigne ferme d'un père dictateur.

Kathleen s'approcha de son époux, tendant une main dans sa direction, un geste de tendresse vite repoussé. Il la dévisagea, les traits tirés par une expression de violant dégoût. Faisant mine d'oublier la présence du nuisible qu'était devenue sa femme, il reporta son attention en direction de Kiril. L'américaine le sentait toujours indécis quant à sa réaction, elle porta sa main sur sa baguette, dans son dos. Elle ne voulait pas d'un bain de sang, surtout que l'élève ne pourrait pas rivaliser face à la dextérité au combat de son époux sur-entraîné. Le mari bomba le torse, posant une main sur l'encadrement de la porte, il lui dit sur un ton calme. "Dites à cette femme de s'éloigner, elle se ridiculise à s'afficher ainsi, surtout face à vous, Monsieur Ivanov" Comme en conclusion à un débat qu'il voulait éviter, il leur claqua la porte après les avoir salué d'un signe de tête faussement courtois. L'américaine manqua de s'effondrer sur ses genoux tremblotants, elle tentait de se tenir digne face aux deux sorciers à côté d'elle. Sa main se posa sur le mur adjacent, elle évitait clairement le regard de Kiril en fixant le sol de ses prunelles injectées de sang. A plusieurs reprises, elle tenta de parler, de prononcer ne serait-ce qu'un mot, rien ne sortait. Sa gorge trop serrée, elle dû patienter sous le regard pesant des deux jeunes hommes.

La honte la rongeait jusqu'à l'os. A ce moment, elle aurait tellement souhaité disparaître, loin. Pourquoi fallait-il qu'à ce moment précis, Kiril Ivanov vienne à sa rencontre ? Que devait-il penser de la médicomage qui l'avait soignée ? "Monsieur Ivanov". Commença-t-elle d'une voix très faible, à peine audible, tandis qu'elle se redressait péniblement pour lui faire face. "Je vous prie de m'excuser pour la scène dont vous avez été témoin. Cela n'aurait jamais dû ... arriver à vous". Oui, la vie d'une femme comme elle ne méritait pas qu'on lui apporte la moindre attention. Surtout pas de la part de ce riche jeune homme prédit à un avenir radieux. Non, elle ne pouvait pas se le permettre, même si son aide était la bienvenue. "Je ... Je ne ..." Kathleen dû se faire violence pour ne pas tomber, adossée contre un mur, elle porta une main à son crâne parcourut d'une céphalée brutale. Les yeux fermés pour essayer d'estomper la douleur, elle continua. "Excusez les mots de mon mari à votre encontre, il les regrette fortement. Vous ne méritez pas que l'on vous décrive de cette façon".

Sentant la tension monter sur le pallier de la porte, l'américaine voulait à tout prix éviter que l'un des jeunes ne rentre en conflit avec son époux. C'est alors que, contre toute attente et luttant contre ses puissants ressentiments, la belle brune se mit à murmurer, doucement : "Allons ailleurs, voulez-vous ?".

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