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Lorsque l'incompréhension s'obstine - ft. Pavel Vetrov

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31/5/2017, 16:32
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[Suite de Quiproquo Avec Pavel Vetrol]

15 Février 1930

La porte d'entrée se referma sur eux avec le petit tintement cristallin de la cloche en verre accrochée au montant de bois laqué. Les oreilles du lièvre remuèrent en tout sens avant qu'il ne pope sa tête d'entre les boutons du manteau et ne regarde d'un œil inquisiteur l'intérieur de sa boutique. Les animaux diurnes dormaient profondément, mais les chouettes et les hiboux, perchés sur les poutres ou les branches vissées sur la hauteur des murs, fixaient Pavel avec des airs outrés, curieux ou même impérieux et hostiles. Dans les quatre vitrines qui formaient une mosaïque au centre de la pièce, l'on pouvait voir tantôt les rongeurs empilés les uns sur les autres, les chats étalés dans leur litière de copeaux de bois et les Boursoufs qui bourdonnaient leur ronflement. Il n'y avait qu'un cristal magique aux essences bleutées qui illuminait chichement la pièce, projetant sur son environnement une lueur lunaire évanescente et douce, rassurante. Satisfait de voir que tout était en ordre, Andreï se tortilla pour retourner dans le manteau et attendit que son escorte l'en libère. Soulevé par la peau du cou, il lui lança un regard outré avant de le fixer d'un air contrarié qui fondit rapidement en un rire silencieux à son commentaire.

Pattes posées sur sa truffe pour ravaler les petits couinements amusés qui lui échappaient, il lui lança un regard de velours appréciateur avant de bondir derrière l'un des îlots de la pièce. Lorsqu'il reparu, le jeune sorcier avait de nouveau sa forme humaine et vint à ajuster son uniforme avec un léger soupir de soulagement. Depuis sa nouvelle hauteur, il se pencha au dessus des bassins vitrés pour s'assurer que les animaux n'avaient rien dérangé ou ne s'étaient pas blessés. Rassuré, il regarda ensuite les cages et les filets où dormaient les chats, puis fixa les nids de chouettes, les branches de hiboux avant de soupirer d'aise. Un sourire paisible aux lèvres, il fit signe à Pavel de le suivre et posa un index sur ses lèvres pour lui demander le silence. Il gagna la porte cachée et l'ouvrit après avoir fouillé dans ses poches, il fit encore signe à l'adulte de le suivre et grimpa l'escalier étroit qui menait à son domicile.

Il s'agissait du même appartement sous les toits qui, de son salon ouvert, composait la pièce principale. Le parquet fraîchement ciré sentait bon, douillettement ajusté d'un tapis persan aux couleurs vibrantes et chaudes. Les poutres apparentes vernies joignaient des murs tantôt de lambris boisés, tantôt de briques rouges qui apportaient à l'endroit une note rustique habilement compensée par le mobilier. Il était certes de seconde main, mais bien entretenu, sans mentionner la finesse de menuiserie qui s'accordait aux décorations exotiques et rares qui en encombraient les surfaces. Le bouquet de plumes d'Oiseaux Tonnerre agrémentait toujours la table basse, accompagné cependant de quelques longues plumes de chouettes qui apportaient à la vibrante composition quelques touches neigeuses des plus délicates. Le fauteuil près de la fenêtre était cette fois encombré d'un plaid en patchwork pastel avec un plateau d'écriture lui-même embrouillé d'un parchemin, d'un stylo plume et de plusieurs ouvrages d'études ouverts et empilés les uns sur les autres.

Andreï sauta les dernières marches pour atteindre le palier, visiblement pressé de finir l'escorte de son invité impromptu. Si la pièce était parfaitement rangée, il ne pu s'empêcher d'ajuster nerveusement quelques affaires ici et là, ne les déplaçant au final que de quelques centimètres. Ses yeux survolèrent le salon pour tomber sur la kitchenette et il sembla sursauter alors qu'une idée lui vint à l'esprit. Jetant un coup d'oeil à Pavel qui le suivait de près, il l'invita à s'asseoir sur le canapé et rejoignit ses fourneaux pour ouvrir l'arrivée de gaz et faire chauffer une plaque de cuisson qui se retrouva avec une casserole d'eau en un rien de temps. S'immobilisant, l'albinos releva la tête pour fixer l'adulte et resta un moment immobile à la façon d'un lièvre pris dans les phares d'une voiture. Il tenait dans ses mains, à hauteur de torse, une petite boite en fer blanc qui contenait du thé noir russe, il s'agissait de celui des « Steppes » : parfumé d'orange et d'une pointe d'arôme de vodka. Les feuilles étaient un mélange de Chine et de Ceylan, en feuilles entières, ce qui rendait son goût si tenace et considéré comme bien plus masculin que les autres dérivés.

« - Vous pouvez rester ici le temps que je finisse... ? »

La phrase avait commencé avec un aplomb abrupte, presque un ordre, mais elle finissait en un souffle plus inquiet et quémandeur alors que le jeune étudiant réalisait l'audace de ses paroles et leur impolitesse. Bien qu'il soit le maître de maison et qu'ils se trouvent désormais hors de Koldovstoretz, Pavel restait tout de même un Surveillant et un ex-Auror. Il ne méritait pas d'être traité avec rudesse, surtout après le service qu'il venait de lui rendre ! L'albinos baissa le nez vers la théière en rougissant un peu et versa deux cuillères de son thé dans une petite boule d'infusion avant de ranger la boite en fer blanc au sec dans l'un de ses tiroirs. En silence, il prit une profonde inspiration et jeta un coup d’œil vers l'eau frémissante avant de sortir de la kitchenette pour gagner le salon et s'asseoir à cheval sur l'un des accoudoirs du canapé. Mains jointes entre ses cuisses écartées, prenant appuis sur l'assise matelassée, il regarda distraitement le bouquet de plumes avant de couler un œil farouche vers l'adulte. Il sentit sa gorge s'assécher et l'angoisse le reprendre aux tripes alors qu'il venait se gratter la nuque puis tentait d'ajuster un peu les mèches vaporeuses qui chatouillaient son front.

« - Je vous remercie vraiment pour m'avoir aidé... et je suis désolé que le temps soit aussi mauvais dehors. On dirait bien que l'on va écoper d'un blizzard. Il détourna la tête en rougissant très légèrement sur les pommettes, gêné d'avance par ce qu'il s'apprêtait à dire. Il ne serait pas prudent de repartir pour Koldo' par ce temps, surtout à cette heure, alors... si vous le désirez, vous pouvez passer la nuit ici. »

Il expira sèchement et se leva de son siège improvisé comme si des aiguilles se plantaient dans ses fesses. Il croisa les mains sur son estomac et commença à tortiller ses doigts alors qu'il regardait partout sauf en direction de Pavel.

« - Je veux dire... je me sentirais mal de vous remettre dehors avec ce temps ! Hors si je vous raccompagne jusqu'au pont du château... on se retrouvera encore dans une situation ridicule et demain nous y serons toujours ! »

Il eut un rire à la fois gêné et amusé par le tableau qu'il se peignait de leur dilemme. Ce fut un bon moyen pour lui de lâcher un peu de la tension qui s'accumulait, lui faisant aussi oublier l'embarras de son transport dans les rues ou le souvenir de la chaleur du russe et son parfum entêtant. Andreï leva les yeux vers le plafond et se mordit la lèvre.

« - Je ne vais pas tarder à m'occuper des animaux, en bas. Vous pouvez m'accompagner, surtout que cela vous permettra de choisir votre paiement pour le service, mais... en ce qui concerne ceux de la réserve, je ne peux pas vous y amener. J'en suis vraiment désolé ! C'est simplement que... que l'entrée est interdite aux clients. C'est trop dangereux pour eux. »

Entendant l'eau bouillir, le jeune homme retourna dans la cuisine ouverte et tira la casserole hors du feu en prenant bien soin de nouer un torchon autour de sa queue chauffée au même titre que le reste du récipient : elle était fondue d'une seule pièce, ou presque, sans isolant pour le manche. Il attendit que l'eau cesse de frémir, puis la versa dans la théière qui éleva aussitôt le parfum fort du thé des Steppes.

« - J'ai des ouvrages, si vous souhaitez lire pendant mon absence. Il y en a même dont les auteurs sont des moldus d’Amérique, si je me souviens bien. Mes grands-parents y sont allés récemment, comme en témoigne le bouquet sur la table basse et ils me rapportent toujours des souvenirs. Sinon j'ai bien un jeu de cartes moldus ou un échiquier sorcier, mais juste... ne touchez à rien qui semble venir d'Afrique. »

Andreï apporta la théière avec une tasse et les posa sur la table basse, devant le sorcier. Il lui fit un sourire en coin, l'air ennuyé alors qu'il avouait sur le ton de la confidence, à moitié sérieux :

« - Je crois que certains sont encore ensorcelés. »
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7/6/2017, 20:06
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Il pénétra dans l'appartement sans rien dire, mains dans les poches, démarche nonchalante, observant l'intérieur sans rien dire. En vérité, il n'était pas spécialement curieux, mais après tout, si le jeune homme poussait l'audace jusqu'à l'inviter chez lui, ça voulait bien dire ce que ça voulait dire, donc l'étape suivante, c'était de trouver une surface adaptée à ce genre d'activité. Le canapé sur lequel il l'invitait à s'asseoir était déjà acceptable, personnellement, il n'était pas très difficile sur le confort, tant que ce n'était pas une planche de bois pleine d'échardes. Évidemment, si on lui proposait un hôtel cinq étoiles, il ne dirait pas non, mais il doutait de trouver quoi que ce soit correspondant à ce critère ici, à part peut-être le postérieur du gamin. S'installant sur le bord du canapé, il croisa les bras en regardant l'albinos avec sa boîte de fer et haussa un sourcil avant de répondre en retenant un renâclement de rire : « Oui, je ne suis plus à ça près  » Il était amusant à réagir comme il le faisait, et il resta là avec une petite expression d'encouragement affectueux mais un peu moqueur. L'autre avait l'air de s'effrayer de sa propre audace dès qu'il ouvrait la bouche. Heureusement qu'il le prenait par le bon bout, cela dit, s'il avait été irritable, une telle attitude l'aurait rapidement achevé et il aurait coupé court à tout ça de façon radicale. A la place, il trouvait la situation drôle et se prêtait au jeu, assuré de refermer ses griffes sur l'adolescent une fois qu'il lui reviendrait, surtout en le voyant revenir avec cet air ingénue de biche effarouchée… Sérieusement, comment arrivait-il à lui faire une telle expression aussi aisément ? Lui aussi était bon acteur mais pas à ce point !

« Hm  » Il l'observa en coin, sembla un instant hésiter sur l'attitude à adopter, indécis pendant l'espace d'une minute maximum avant qu'il ne hausse simplement les épaules avec un léger sourire de persifleur. Oh oui, le coup du blizzard, quelle bonne idée, tout juste ce qu'il fallait pour lui donner une bonne excuse et rester ici à l'aise. « Tu ne contrôles pas le temps après tout, je ne vais pas te blâmer, tant pis...  » Feindre la résignation un bref instant l'amusa, avant qu'il ne lui décoche un regard légèrement malicieux. « Sauf si tu tiens à ce que je te blâme...  » S'il était aussi bon acteur et aussi courageux à venir le ferrer comme ça, qui lui disait que le gosse n'avait pas aussi quelques inclinaisons plus douteuses encore. Dans le même temps, la taquinerie était normalement suffisamment légère pour ne pas vexer l'autre, ou pas durablement, il ne prenait donc que peu de risques. L'albinos s'était déjà relevé, à croire qu'il avait touché juste, mais il ne poussa pas plus son avantage pour le moment, n'ayant pas envie qu'il s'interrompt au beau milieu de quoi que ce soit pour aller veiller sur l'une de ses bestioles. D'humeur relativement altruiste, il hocha la tête en affichant un accord unanime. « Bien sûr, c'est tout à ton honneur  » Bon, à noter, à l'avenir, il faudrait quand même qu'il garde le jeu dans des proportions raisonnables sinon il allait s'impatienter… d'ailleurs, il commencer à l'être, impatient. Se relevant dans un jeu de muscles puissants, il fit mine d’épousseter sa veste puis l'invita à achever quoi que ce soit qu'il veuille faire pour le moment avant de s'y mettre. Une fois que ce serait fait, il passerait au plat principal.

Avec un sourire de loup, il haussa un sourcil. « Ne t'inquiète donc pas de moi… j'ai l'habitude de voir le mobilier essayer de me suriner  » Pas vraiment adepte du thé, il n'y toucha que peu, laissant le jeune homme se réchauffer le temps qu'il voulait. Il s'installa de nouveau, même s'il était encore assez en forme pour n'avoir pas forcément envie de faisander les fesses dans un fauteuil… Pourtant, d'habitude, il n'était pas forcément toujours très frais la nuit, et de façon générale, il était toujours moins délicat et plus ombrageux dans ces moments-là. Pour cette fois, la nuit avait relativement mal commencée, et à présent la perspective qu'on lui agitait sous le nez suffisait à l'empêcher de s'apaiser réellement… il attendait en jugulant sa hâte, observant l'autre en se demandant à quelle sauce il allait le manger. Après tout ça, le gosse allait avoir du mal à faire machine arrière s'il s'effarouchait subitement. « Je t'aiderais volontiers si tu en as besoin, cela te fera gagner du temps  » La proposition était foncièrement intéressée et il n'en avait strictement rien à faire, on aurait tout aussi bien pu l'affublait de la paternité de tous les maux du monde, ça aurait été la même chose. Le vent à l'extérieur sifflait effectivement, faisant claquer la neige avec une violence encore couvée mais qui promettait de s'aggraver… A croire que la météo était de leur côté, ou alors le petit malin s'était assuré du temps qu'il ferait avant de se lancer et de venir le voir. Dans un cas comme dans l'autre, ça ne l'incitait pas à s'irriter, plutôt à en profiter.

« Tu vis seul ?  » La réponse l'intéressait, bien qu'il ait déjà une idée de la réponse. Voir quelqu'un débarquer au mauvais moment serait vraiment le coup de trop. Il attendit, jouant la carte d'une cordialité sensiblement joueuse, plus l'accompagna en bas s'il désirait effectivement un coup de main. Lorsqu'il revint, ce fut seul, le laissant simplement s'occuper de ses petits secrets. Seul dans la pièce, il prit le partit de mettre à porter ce qu'il fallait, d'enlever ce qu'il ne fallait pas, et d'attendre en s'intéressant vaguement aux objets de décoration présents sous ses yeux. De sorte que quand il revint, le surveillant commençait à s'ennuyer ferme et s'était replongé dans des considérations beaucoup plus sérieuses que la raison pour laquelle il se retrouvait là… En sortir lui prit de longues minutes, mais il le fit finalement, et releva le regard vers lui, sa silhouette se découpant dans la lumière douce avec une certaine sévérité. « Tu as pu faire tout ce que tu devais ?  » Si oui, ils allaient enfin pouvoir passer à la suite, ce n'était vraiment pas trop tôt. S'approchant, il vint l'étudier de plus près, et referma une main sur son bras pour l'approcher de lui… « Tu sembles fatiguer… c'est vrai qu'on est au milieu de la nuit...  »


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